GANGLIONS DE LA CINQUIEME PAIRE
Neuf ganglions dépendent de la cinquième paire : 1° ganglion de
Gasser, origine des trois branches du trijumeau ; 2 et 3° ganglions ophthalmique et ciliaire de Ja branche ophthalmique : 4° et 5° gan-
GANGLIONS DE LA CINQUIÈME FAIRE. 497 glions sphéno-palatin et naso-palatin du maxillaire supérieur ; 6° ganglion supra-maxillaire ; 7°, 8° et 9° ganglions otique, sous-maxillaire, sublingual du maxillaire inférieur. Quatre de ces ganglions, le ciliaire, le naso-palatin, le sublingual et le supra-maxillaire, ne sont pas admis par tous les anatomistes.
1° Ganglion de Gasser (A, fig. 1 et 1, fig. 3). — IL peut être classé parmi les ganglions a double racine et comparé aux ganglions rachidiens.
Les autres ganglions constants appartiennent aux ganglions a triple racine.
2 Ganglion ophthalmique (6, fig. 1; 2, fig. 3). — Il reçoit sa courte racine du nerf du muscle du petit oblique (branche du moteur oculaire commun), sa racine longue et gréle (racine sensitive) de la branche nasale de l’ophthalmique, sa racine végétative du plexus carotidien et partant du grand sympathique. Les nerfs ciliaires (5, fig. 1) qui en émanent au nombre de dix à seize perforent la sclérotique, et parvenus au cercle ciliaire, forment un plexus d’où émanent les nerfs du muscle tenseur de la choroïde, de Viris de la conjonctive et les nerfs trés-gréles de la cornée.
3° Ganglion ciliaire. — Quelques anciens anatomistes ont considéré le cercle ciliaire comme un ganglion qu'ils ont nommé ganglion ciliaire. Les modernes, au contraire, le désignent sous le nom de muscle tenseur de la choroide.
A’ Ganglion sphéno-palatin ou de Meckel (9, fig. 1; 3, fig. 2). — Il a pour racine motrice le filet pétreux du nerf vidien, pour racine végétative le filet carotidien du nerf vidien ; le maxillaire supérieur lui fournit des racines sensitives.
5° Ganglion naso-palatin (12, fig. 3). — Son existence est encore douteuse ; quant à moi, je n’ai jamais vu qu’un petit renflement communiquant avec les nerfs naso-palatin et palatin antérieur, et dans lequel je n’ai pas encore pu constater la présence de la substance grise. À
6° Ganglion supra-mazxillaire. — Il occupe la partie antérieure de Yantre d'Highmore, et reçoit des rameaux du plexus dentaire, indépendamment d’autres petits ganglions qu'on trouve dans les cloisons des alvéoles.
7° Ganglion otique (9, fig. 2; 43, fig. 3). — Il reçoit une racine sensitive du glosso-pharyngien, par l'intermédiaire du petit pétreux superficiel d’ Arnold, une racine motrice du facial, au moyen du petit pétreux de M. Longet, ou plutôt de la racine motrice du ganglion de
Gasser ; sa racine végétative lui vient du plexus du grand sympathique qui entoure l'artère méningée moyenne.
8° Ganglion sous-maxillaire (12, fig. 2 ; 45, fig. 3). — On lui donne pour racine motrice la corde du tympan, mais ne pourrait-elle pas venir de la branche récurrente de l’'hypoglosse qui, s’accolant au nerf lingual, se rend toujours à ce ganglion ; sa racine sensitive est fournie par le lingual; quant à la racine végétative, elle vient du plexus nerveux du grand sympathique qui enlace l'artère de la glande sousmaxillaire.
9 Ganglion sublingual (16, fig. 3). — La racine sensitive vient du nerf lingual, la végétative du grand sympathique par le plexus de l'artère sublinguale ; sa racine motrice est formée par la corde du tympan ou peut être aussi par l’hypoglosse.
USAGES
Pour étudier, même d’une manière générale, l'usage de la cinquième paire, il est bon avant tout de distinguer les fonctions de la portion ganglionnaire de celles de la portion non ganglionnaire.
Portion ganglionnaire ou sensitive. — Celle-ci, se distribue à la peau du front, des paupières, de la joue, du nez, des lèvres, de l'oreille et se terminant par une ou deux branches au pourtour des orifices sensoriaux, oculaire, nasal, buccal et auriculaire, transmet la sensibilité aux téguments muqueux et cutanés de la moitié antérieure du crane et de la face. Elle tient également sous sa dépendance les sécrétions glandulaires et folliculaires: aussi la voyons-nous se rendre aux glandes lacrymale, palpébrale, sous-maxillaire, sublinguale, parotide, aux glandules labiales, à l’amygdale, aux follicules cérumineux de l'oreille et aux follicules nasaux. Par ses branches dentaires elle donne la sensibilité aux dents et anime les muscles mylo-hyoidiens et le ventre antérieur du digastrique. Gette anomalie apparente s’explique, si l’on se rappelle que la racine sensitive du trijumeau reçoit des fibres motrices du faisceau intermédiaire du bulbe.
Portion non ganglionnaire ou motrice. — Elle préside aux mouvements de la mâchoire inférieure, c’est-à-dire à son élévation, à son abaissement et à ses mouvements de latéralité, partant à la mastication. De plus, les mouvements du voile du palais et du marteau dépendent également de cette portion, car, outre qu’elle se ramifie dans les muscles temporal, masséter, ptérygoïdiens, mylo-hyoïdiens, et le ventre antérieur du muscle digastrique, elle fournit également des
USAGES. 199 rameaux aux muscles péristaphylin externe et interne du marteau. Quant aux muscles péristaphylin interne et palato-staphylin, ils reçoivent leurs rameaux du nerf facial, par l'intermédiaire du nerf grand pétreux superficiel. :
Les portions sensitives et motrices du maxillaire inférieur donnent naissance par deux ordres de racines, au nerf auriculo-temporal, qui se distribue à la peau de Voreille, de la région temporale, et par ses anastomoses avec le facial, à la peau de la joue.
Nous savons enfin que le nerf trijumeau exerce une influence sur l’action du muscle lingual supérieur ; car M. Cl, Bernard a démontré que la corde du tympan n’est pas étrangère au sens du goût, au moyen des mouvements qu’elle communique au muscle lingual supérieur, qui fait entrer en érection, pour ainsi dire, les papilles de la langue, et les rend plus aptes à limpression de saveur.
D’après M. Sappey, cette part que le nerf trijumeau pr end a la sensation du goût, proviendrait du filet nerveux qui s’étendrait du nerf mylo-hyoïdien au rameau lingual, rameau qu il ne m’a pas été donné de voir jusqu’à présent. Quant à moi, je pense que le nerf mylo-hyoidien, quoiqu'il vienne du nerf dentaire inférieur qui est certainement un nerf très-sensible, se perd tout simplement dans les muscles mylohyoidiens et le ventre antérieur du digastrique, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut, et ne prend aucune part dans la gustation ; et j'adopte plus volontiers l opinion de M. Bernard, en y donnant toutefois une autre interprétation : c’est-à-dire que, selon moi, la corde du tympan exerce son influence sur le goût, non par l'extrémité au moyen de laquelle elle s’accole au nerf lingual, et qu'on ne. peut pas poursuivre jusqu'à la langue, mais par l'extrémité opposée qui, jointe au nerf facial, se continue presque avec le filet lingual émané de ce dernier nerf, dont le prolongement a lieu toujours jusqu'à la langue.
Les faits pathologiques et les vivisections nous montrent que la perte du trijumeau prive de la sensibilité non-seulement tous les points où il se distribue, mais qu'elle cause aussi dans les organes spéciaux des sens, des lésions médiates ou immédiates qui peuvent faire regarder ce nerf comme nerf complémentaire des sens.
En effet, la section du trijumeau semble priver l'œil de tous ses mouvements (Magendie), diminue la sécrétion des larmes, rend Piris immobile, le contracte ou le dilate suivant l'espèce animale (contracte chez le lapin, dilate chez le chien) sans changement de forme de la pupille ; affaiblit la faculté visuelle, et même par la suite occasionne
des troubles de nutrition assez grands pour amener la perte complète de l’organe de la vue.
Relativement à l’odorat, les phénomènes que l’on observe ne sont pas moins’ curieux : l'olfaction est presque toujours abolie, non pas que le trijumeau soit impressionnable aux odeurs, mais parce que la sécrétion des mucosités nasales n'existe plus, parce que le mode de vitalité de la pituitaire est vicié.
M. Magendie a remarqué la perte de louie consécutivement à la section du trijumeau ; de nombreux faits pathologiques viennent à l'appui de cette assertion. Sans parler de l’action que ce nerf peut avoir sur la sécrétion des liquides et des concrétions labyrinthiques, ne pourrait-on pas invoquer ici l’anastomose que j'ai vue entre le nerf auditif et l’origine de la cinquième paire ?
Quant au sens du goût, la sensibilité générale et gustative est complétement abolie dans les deux tiers antérieurs de la langue par la section du trijumeau. :
Par cette section, en effet, la peau, sens du tact et du toucher, change sa couleur; le tissu cellulaire sous-cutané disparaît; la croissance des cheveux diminue ou s'’augmente ; ajoutons ici que la portion sensitive et motrice du nerf maxillaire inférieur, forme, par l'intermediaire de deux sortes de racines, le nerf auriculo-temporal superficiel qui se ramifie à la peau de l'oreille et à celle de la tempe ; et au moyen de son anastomose avec le nerf facial, à la peau de la région malaire. Nous avons mentionné plus haut qu’un état anormal du nerf de la cinquième paire, exerce une influence sur les sécrétions, dont la quantité et la qualité changent. En effet, les observations concernant les modifications des sécrétions des glandes lacrymale et salivaire, modifications causées par les souffrances des nerfs de la cinquième paire, sont trés-nombreuses.
Enfin, suivant l'opinion de quelques physiologistes, par suite de l’affaiblissement de l'influence nerveuse du trijumeau, et de l'insuffisante nutrition qui en est la conséquence, la contractilité des muscles et des vaisseaux voisins diminue.
De tout ce qui précède, il résulte 1° que la lésion accidentelle ou pathologique de la portion ganglionnaire de la cinquième paire entraîne un affaiblissement et une insensibilité des parties dans lesquelles elle se distribue. Mais ce changement survient progressivement, et non subitement et brusquement, comme l'a soutenu M. Magendie ; 2° que l'influence médiate de la cinquième paire sur les fonctions sensorielles paraît dépendre du ganglion de Gasser, c’est-à-dire de la
NERF FACIAL, 201 branche du nerf sympathique qui se rend principalement au nerf ophthalmique de Willis. L'expérience suivante est plus que suffisante pour donner du poids à cette assertion. Quand nous coupons, en effet, le nerf trijumeau au niveau du bord supérieur du rocher, les sens subissent à peine le moindre changement. Au contraire, en coupant le ganglion de Gasser ou une des branches qui en émanent, on voit se produire de profondes modifications.
Septième paire (nerf facial ; portion dure de la septième paire de Willis),
(Nervus facialis s: portio dura paris seplimi Willisi.) (PLancne XXX.)
Préparation. — Figure 1. — Enlevez sur le rocher la paroi supérieure du conduit auditif interne, depuis l’orifice de ce dernier jusqu’à Vhiatus Fallopit; mettez à nu en arrière les canaux demi-circulaires osseux, sculptez en avant une partie du limaçon, et découvrez les nerfs facial et auditif en fendant la gaine fibreuse qui les entoure.
Fréure 2. — Divisez successivement par une coupe verticale, oblique de dehors en dedans, l’apophyse mastoide, le conduit auditif externe en dehors de la membrane du tympan et de l’apophyse styloïde, la moitié interne du trou ovale, et disséquez avec précaution tous les nerfs que vous découvrirez.
Figure 4. — Enlevez la peau et la graisse de l’un des côtés de la face; puis, comme le nerf facial est profondément placé dans la glande parotide, à sa sortie du trou stylo-mastoïdien, découvrez une de ses branches là où il est souscutané, c’est-à-dire à la portion antérieure et supérieure du masséter ; suivez cette branche en arrière, dans la profondeur de la parotide, elle vous conduira au tronc du facial dont vous disséquerez avec précaution toutes les divisions, en allant alors de leur origine vers leur terminaison. Étudiez avec soin les anastomoses du facial avec la cinquième paire et avec le plexus cervical superficiel. Le facial se rendant à la face profonde des muscles, enlevez la plupart de ceux-ci et échancrez-en quelques-uns, comme on le voit sur la figure.
Nous avons vu le facial de chaque côté prendre son origine en dedans du nerf auditif, sur le faisceau antéro-latéral de la moelle (faisceau moteur), au fond de la fossette sus-olivaire ; nous l’avons vu en outre s'engager dans le conduit auditif interne et se placer dans une gouttière que lui offre intérieurement le nerf auditif, et dont il est séparé par le nerf de Wrisberg. Parvenu au fond du conduit, il abandonne cette gouttière, franchit un trou situé à la partie supérieure de la lame criblée ou auditive, et pénètre dans l’aqueduc de Fallope, canal tortueux creusé dans la paroi interne de la cavité tympanique et s'étendant de la lame criblée au trou stylo-mastoïdien.
Dans cette partie de son trajet, le facial décrit les mêmes courbures
que le canal qu'il traverse. Ainsi, dirigé horizontalement (fig. 4) de dedans en dehors et d'avant en arrière, depuis le fond du conduit auditif interne jusqu'à l’Aratus Fallopri, ilse coude brusquement d'avant en arrière (2, fig. 2) en restant horizontal, passe au-dessus de la fenêtre ovale, devient vertical (3, fig. 2) en arrière de cette ouverture et sort par le trou stylo-mastoïdien. Il marche alors obliquement de haut en bas et d’arriére en avant, dans l'épaisseur de la glande parotide (1, fig. 4), jusque vers le col du condyle du maxillaire inférieur où il se divise en deux branches terminales, l’une ascendante, temporo-faciale (9, fig. 4), l'autre descendante, cervico-faciale (18, fig. h). Pour faciliter l’ét.de du facial, nous décrirons successivement les branches qu’il fournit dans le conduit auditif interne et l’aqueduc de Fallope, et celles qu'il fournit après sa sortie par le trou stylo-mastoïdien,
1° Du nerf facial dans le conduit auditif interne.
Nerf intermédiaire ou de Wrisberg (2, fig. 3, et 8, fig. 5). — Lorsqu'on écarte légèrement le facial de l’auditif, on les voit communiquer par un petit cordon nerveux dont Wrisberg a le premier signalé la position par ces mots ; portio media inter communicantem faciei et nervum auditivum. Gertains anatomistes prétendent que ce rameau établit une anastomose entre le facial et l’auditif; d’autres, comme M. Cruveilhier, ne voient qu'un simple accolement entre le nerf acoustique et une portion distincte du facial. Bischoff et d’autres physiologistes allemands ont regardé le nerf de Wrisberg comme la racine sensitive du facial. M. Longet le considère comme un nerf particulier qui s'accolerait au facial, dont il croiserait le premier coude : une partie irait former le petit pétreux, traverserait le ganglion otique et animerait le muscle interne du marteau ; une autre partie continuerait. son trajet le long du facial pour donner le filet nerveux du muscle de l'étrier. M. Cusco, dans sa thèse pour le doctorat, adopte presque les idées de Bischoff : il assigne à ce nerf une origine distincte sur la partie interne du cordon médian postérieur, et le faitarriver jusqu'au ganglion géniculé. Dans mes dissections, je n’ai pas encore pu constater, ni l’origine donnée par M. Cusco, ni la continuité avec le petit. pétreux de M. Longet ; j'ai vu seulement le nerf intermédiaire donner quelques filets au facial et se perdre presque en totalité dans le ganglion géniculé.
Anastomose Wd’ Arnold. — Arnold a décrit une seconde anastomose (10, fig. 5) entre le facial et l’auditif, Suivant lui, ce filet, venu de la
NERF FACIAL. 203 branche vestibulaire du nerf auditif, croiserait le coude du facial, s’accolerait au petit pétreux superficiel d’Arnold, et ferait communiquer le ganglion otique avec le nerf auditif; dans cette hypothèse, la partie de cette anastomose comprise entre le coude et le petit pétreux superficiel ne serait autre que le petit pétreux de M. Longet. J'ai vu, en effet, un second filet se rendre de l’auditif au facial, et se perdre en regard du petit pétreux de M, Longet ; mais je ne l’ai jamais vu croiser le coude du facial.
Ganglion géniculé (2, fig. 1; 1, fig. 2). — Au niveau de son coude, dans l’hiatus Fallopii, le facial présente un renflement triangulaire, gris rougeatre, dont la nature et même l'existence sont encore un sujet de litige parmi les anatomistes. M. Cruveilhier le nie formellement; Arnold le regarde comme une transition entre une intumescence gangliforme et un véritable ganglion ; M. Longet ne voit qu'une intumescence rougeâtre due à la divergence des filets du grand pétreux superficiel et aux nombreuses ramifications vasculaires qui y sont entremélées. D’après Bischoff, ce serait un ganglion situé sur le nerf de Wrisberg, nerf sensitif, et partant comparable aux ganglions spinaux, M. Valentin admet ce ganglion et le décrit de la manière suivante (voy. son Traité de névrologie, p. 399) : « Le ganglion géniculé représente une masse ayant la forme d’un triangle arrondi, dont le sommet regarde en devant et en dehors, dont la base convexe est tournée en arrière et en dedans, et qui se trouve pour ainsi dire surajoutée à l'angle antérieur du genou du nerf facial. Gomme dans tous les ganglions, les fibres primitives forment dans l’intérieur de celui-là un plexus compliqué, dans l'intervalle et à la surface des mailles duquel -se trouvent les cellules ganglionnaires. » M. Cusco et M. Robin ont aussi constaté que la texture du ganglion géniculé est analogue à celle des ganglions spinaux, sous le rapport des cellules.
Au milieu d'opinions aussi diverses, j'ai voulu m’assurer par moi-même de l'existence réelle ou supposée de ce ganglion; j'ai pu voir, à l'œil nu, surtout sur des pièces fraiches, au niveau et en avant du coude du facial, un renflement gris rougeatre, contrastant avec la blancheur du nerf facial auquel il est attaché, uni à son sommet au grand nerf pétreux superficiel, et recevant à son angle postérieur la majeure partie du nerf de Wrisberg. M. le docteur Follin, alors prosecteur de la Faculté de Paris, a bien voulu m'aider dans l'étude microscopique, et nous nous sommes assurés tous les deux, en examinant de petites tranches du ganglion, qu’il présente des cellules semblables à celles des ganglions spinaux,
Grand nerf pétreux superficiel (3, fig. 1; 6, fig. 2; 3, fig. 3). — Les anatomistes ne sont pas complétement d'accord sur l'origine de ce nerf. D'après Meckel, il émane du ganglion sphéno-palatin ; M. Longet le fait venir en partie du ganglion sphéno-palatin, en partie de l’intumescence gangliforme du coude du facial ; enfin M. Cruveilhier pense qu'il est fourni tout entier par le facial. En admettant cette dernière origine, on le voit sortir par l’Aiatus Fallopir, se placer dans une gouttière au devant de cet orifice, franchir le trou déchiré antérieur, dans un canal particulier, s'engager dans le canal vidien, et arriver au ganglion de Meckel qu'il traverserait en partie, suivant M. Longet, pour se rendre aux muscles palato-staphylin et péristaphylin interne. Au devant du ganglion géniculé, le grand pétreux superficiel reçoit du nerf de Jacobson une anastomose désignée sous le nom de petit pétreux profond (13, fig. 3).
Petit pétreux de M. Longet (5, fig. 3). — Au delà de son coude, le facial donne un rameau très-grèle, qui s’accole au petit pétreux superficiel d’ Arnold, qui se rend avec lui au ganglion otique et reçoit le nom de petit pétreux par M. Longet. Nous avons vu plus haut que ce filet a été signalé par Arnold et d’autres anatomistes qui l'ont envisagé sous un autre point de vue.
Nerf du muscle de l’étrier. — Derrière la fenêtre ovale, on voit naître de la portion verticale du facial, et presque à angle droit, un filet figuré par Semmerring; rejeté d’abord, puis admis par M. Cruveilhier, ce filet traverse la pyramide et se rend au muscle de l'étrier (6, fig. 3).
Corde du tympan (4, fig. 1; 9, fig. 2). — Ce nerf, considéré aussi comme une branche du facial, se détache de ce dernier nerf un peu avant sa sortie du trou stylo-mastoïdien où il naît par deux racines, dont l’une se porte vers l’origine, l’autre vers la terminaison du facial ; il se dirige obliquement de bas en haut vers la cavité tympanique, y pénètre par un petit trou situé au niveau de l'extrémité postérieure du diamètre transverse de l'encadrement de la membrane du tympan, remonte le long de cette dernière en formant une courbure à concavité inférieure se place entre le manche du marteau et la branche de l’enclume, sort par une ouverture située à la partie postérieure de la scissure de Glaser, et se rend au nerf lingual.
Nous faisons naître ici la corde du tympan entièrement du facial. MM. H. Cloquet, Hirzel et autres la font venir du nerf maxillaire supérieur, par l'intermédiaire du grand pétreux superficiel qui s’accolerait au facial et s'en détacherait plus loin pour former la corde
NERF FACIAL. 205 du tympan. M. Longet regarde celle-ci comme un nerf mixte constitué par des filets du facial et des filets rétrogrades du lingual. Nous avons exprimé plus haut notre opinion à cet égard (voy. le résumé de la cinquième paire).
La corde du tympan ne fait que traverser la cavité tympanique, sans y laisser aucune ramification; mais hors de cette cavité, je lai vue plusieurs fois s’anastomoser avec le ganglion otique.
Quelques observations pathologiques tendent à démontrer que la motilité de la langue est en partie sous l'influence du facial; aussi a-t-on prétendu que la corde du tympan ne faisait que s’accoler au nerf lingual, allait former la racine motrice du ganglion sous-maxillaire et se perdait dans les fibres musculaires subjacentes à la muqueuse papillaire de la langue; je l'ai toujours vue se terminer au lingual avant sa pénétration dans l'épaisseur de la langue, mais j’ai souvent trouvé un filet envoyé directement à la langue par le facial et qui pourrait très-bien expliquer influence de ce dernier sur la motilité de cet organe. Du reste, je m'en réfère à ce que j'ai dit plus haut, concernant la corde du tympan et le filet lingual du facial, dans le résumé de la cinquième paire.
Rameau auriculaire d Arnold (7, fig. 3). — Au niveau de la corde du tympan, mais du côté opposé, on aperçoit le rameau auriculaire d'Arnold, anastomose remarquable entre le facial et le pneumogastrique. Ce filet sort de Paqueduc de Fallope, pénètre dans la fosse jugulaire sur la moitié antérieure de laquelle il se trouve logé dans une espèce de rigole ou même de canal complet situé entre la fosse et la veine, qui le conduit jusqu'au pneumogastrique. D’après Arnold, il se divise en trois rameaux, l’un qui s’anastomose avec le facial, l'autre avec l’occipito-auriculaire, le troisième se rend à l'oreille.
Anastomose avec le glosso-pharyngien. — Le facial fournit encore, avant sa sortie de l’aqueduc, un rameau anastomotique avec le glossopharyngien; le trajet de ce rameau est très-variable : tantôt il traverse le trou stylo-mastoidien, passe derrière l’apophyse styloïde au devant de la veine jugulaire, et s’anastomose en formant une anse avec le ganglion d’Andersh du glosso-pharyngien : cette disposition a été appelée anse de Haller ; tantôt Vanastomose a lieu d’une autre manière, le nerf descend verticalement en bas, au niveau de la partie moyenne du ventre postérieur du digastrique (14, fig. 2), le contourne en demi-spirale ou quelquefois le traverse, s'y ramifie dans tous les cas et remonte s’anastomoser avec le ganglion d’ Andersh. Ge rameau donne presque toujours au muscle stylo-hyoïdien; pourtant celui-ci
reçoit quelquefois un filet direct du facial après sa sortie du trou stylo-mastoïdien (12, fig. 2).
Rameau lingual (18, fig. 2). — J'ai vu naître du facial, et sortir par le trou stylo-mastoïdien, un rameau qui n’a pas encore fixé l'attention de tous les anatomistes, et que j'ai décrit pour la première fois sous le nom de rameau linqual du facial.
Il longe le côté externe et antérieur du muscle stylo-pharyngien, le traverse par quelques-uns de ses filets qui vont s’anastomoser avec le nerf glosso-pharyngien, se dirige vers la langue entre le pilier antérieur et le pilier postérieur du voile du palais, sous l’amygdale et se distribue, après s'être de nouveau anastomosé avec le glosso-pharyngien, aux fibres musculaires qui sont subjacentes à la muqueuse papillaire de la langue.
Nerf occipito-auriculaire (10, fig. 2; 2, fig. 4). — Le dernier nerf donné par le facial dans l’aqueduc de Fallope, et même assez souvent dans le trou stylo-mastoïdien, est le nerf occipito-auriculaire. Celui-ci sort par le trou stylo-mastoïdien, se place très-profondément en dedans de l’apophyse mastoïde sur laquelle il remonte, croise l’auriculaire du plexus cervical avec lequel il s’anastomose (3, fig. 4), et se divise en deux branches, l’une occipitale, l’autre auriculaire.
La branche occipitale (4, fig. 4) longe l’insértion inférieure du muscle occipital dans lequel elle se perd.
La branche auriculaire envoie un filet au muscle auriculaire postérieur (5, fig. A), le traverse et se rend à la partie postérieure de l’auriculaire supérieur (6, fig. 4).
2° Du nerf facial après sa sortie de l’aqueduc de Fallope.
Après avoir franchi le trou stylo-mastoïdien, le facial se dirige de haut en bas, d’arriére en avant, de dedans en dehors, dans l'épaisseur de la glande parotide, jusqu'au col du condyle, où il se divise en deux branches terminales, temporo-faciale et cervico-faciale. Avant sa bifurcation, il s’anastomose (7, fig. A) avec l’auriculaire du plexus cervical, et donne les branches du stylo-hyoïdien et du ventre postérieur du digastrique, lorsqu'elles ne naissent pas, comme nous l'avons vu plus haut, dans l’intérieur de l’aqueduc de Fallope.
Branche temporo-faciale. — Elle se dirige obliquement en haut et en avant vers le col du condyle, et se recourbe presque toujours au niveau de celui-ci, en formant une anse à concavité postérieure, à convexité antérieure, et que quelques anatomistes appellent grande patte Cove (pes anserinus major). La concavité reçoit de l’auriculo-
NERF FACIAL. 207 temporal superficiel plusieurs anastomoses (9, fig. 4) qui, d'après certains physiologistes, donnent naissance au nerf cutané fourni par le facial à la peau de la joue. De la convexité de ces nanses partent en rayonnant de nombreuses ramifications qui toutes s’anastomosent entre elles à la manière des artères mésentériques et forment des arcades d’où émanent les divisions terminales de la branche temporofaciale. Celles-ci peuvent être divisées en rameaux temporaux ou ascendants, en rameaux ascendants obliques ou frontaux et orbitaires, en rameaux horizontaux ou sous-orbitaires, en rameaux descendants ou buccaux.
Toutes ces branches se perdent dans les muscles de la face, compris entre deux lignes imaginaires dont l’une, horizontale, se dirigerait depuis le lobule de l'oreille jusqu’au lobe du nez, et l'autre, verticale, commencerait à l'extrémité postérieure de la première, avec laquelle elle formerait un angle droit, et passant au devant de l'oreille, se terminerait vers le crâne.
Rameaux ascendants ou temporaux (10, fg. h).— Ils s'anastomosent avec le temporal de l’auriculo-temporal de la cinquième paire, après s'être distribués aux muscles auriculaires antérieur et supérieur.
Rameaux ascendants obliques. — Les frontaux (11, fig. 4) se dirigent obliquement vers le bord externe du muscle frontal, et se perdent à sa face profonde après s'être anastomosés entre eux en formant une sorte de plexus à angles très-aigus, sur le sommet desquels on trouve assez souvent de petits renflements gangliformes ; il existe encore une autre anastomose de ces nerfs avec les branches orbitaires du facial et le frontal de Pophthalmique.
Rameaux orbitaires. — Ts peuvent se subdiviser en palpébraux supérieurs, moyens et inférieurs. Les supérieurs (12, fig. A) se perdent au muscle sourcilier, à la partie supérieure de l’orbiculaire dans l'épaisseur duquel ils s’anastomosent avec le frontal externe et le lacrymo-palpébral de lophthalmique. Les moyens (13, fig. 4) croisent obliquement l'extrémité supérieure du grand zygomatique, lui donnent des filets et se perdent à l’orbiculaire des paupières, vers la commissure externe de l'œil. Les inférieurs (14, fig. 4) se distribuent à la partie inférieure du muscle orbiculaire, à l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, au petit zygomatique et s’ana- Stomosent avec les nerfs malaires et nasal de la cinquième paire.
Rameaux horizontaux ou sous-orbitaires (15. fig. 4). — Ils croisent perpendiculairement le masséter, passent sous le grand zygomatique, forment entre eux un plexus à mailles serrées, se placent entre
le canin et l’élévateur propre de la lèvre supérieure, et constituent, avec le nerf sous-orbitaire de la cinquième paire, le plexus sous-orbttaire (16, fig. 4). Celui-ci n’est pas un simple accolement, mais une anastomose entre le facial et le sous-orbitaire. On peut malgré cela reconnaître assez facilement les filets nerveux du premier de ces nerfs, parce qu'ils sont horizontaux, nacrés, plus superficiels, plus minces que les filets du sous-orbitaire ; en outre ceux-ci se perdent à la peau et à la muqueuse, tandis que les autres se distribuent aux muscles. Rameaux descendants ou buccaux. — Ils traversent comme les autres la glande parotide, marchent ensuite parallèlement au canal de Sténon, au-dessus de lui; se dirigent vers le muscle buccinateur, s’anastomosent avec les filets sous-orbitaires du facial, avec les rameaux buccaux de la branche cervico-faciale et de la branche buccale de la cinquième paire, et forment aussi une espèce de plexus qui envoie ses ramifications aux muscles buccinateur et orbiculaire des lèvres ; le muscle buccinateur recoit surtout des filets du facial, le nerf buccal de la cinquième paire ne fait que le traverser.
Branche cervico-faciale (18, fig. 4). — On peut y considérer des rameaux faciaux et des rameaux cervicaux.
Rameaux faciaux. — Ge sont : 1° les buccaux inférieurs (19,
fig. 4) qui donnent à la partie inférieure du muscle buccinateur, s’anastomosent avec le buccal de la cinquième paire, les buccaux du temporo-facial et le réseau nerveux de l'artère faciale (27, fig. 4) ; rameaux mentonniers (21, fig. 4) : ceux-ci passent sous le muscle triangulaire des lèvres et le carré du menton, se distribuent à ses muscles, à la houppe du menton, et vont former avec le nerf mentonnier de la cinquième paire le plexus mentonnier (22, fig. 4), dont les filets ont une disposition analogue à ceux du plexus sous-orbitaire.
Rameaux cervicauxr (23, fig. 4). Ils se dirigent vers la région sushyoïdienne, se placent derrière le peaucier qui les sépare de la branche cervicale transverse du plexus cervical, se distribuent à la face profonde du peaucier, le traversent et s’anastomosent en formant un plexus avec la branche cervicale transverse (24, fig. 4).