A. — RAMEAUX SUPÉRIEURS OU ASCENDANTS
Ils sont habituellement au nombre de deux, l’un antérieur , l’autre postérieur. Le postérieur , très grêle, se dirige vers les ganglions du glosso-pharyngien et du pneumogastrique, quelquefois aussi vers l’hypoglosse, et s’anastomose avec eux.
Le rameau antérieur, d’une couleur grisâtre, beaucoup plus gros que le précédent, et qui semble
ET DES ORG ANES DES SENS DE L’HOMME
être la continuation «Je l’extrémité supérieure du ganglion, monte en dedans et en arrière de l’artère carotide interne, avec laquelle il s’introduit dans le canal carotidien , où il se divise en deux ramuscules , l’un externe, l’autre interne. Ces ramuscules communiquent entre eux par des fdets anastomotiques, et forment autour de l’artère un plexus constitué par l’intrication de filaments mous et rougeâtres.
a. Ramuscule externe. — Il longe le côté externe et postérieur de la carotide, communique dans son trajet ascendant par plusieurs filets très déliés, avec le ramuscule interne, et s’anastomose successivement : 1° avec le rameau tympanique du glosso-pharyngien ( nerf de Jacobson ); 2" avec le ganglion sphéno-palatin ; 3" il s’unit par un ou plusieurs filets avec le nerf moteur oculaire externe (sixième paire ) ; 4° parvenu dans le sinus caverneux , ce ramuscule se partage en plusieurs filets dont les uns produisent assez fréquemment une petite lame nerveuse appelée ganglion carotidien.
1° Anastomose avec le rameau tympanique du glosso-pharyngien ( nerf de Jacobson ). — La communication du ramuscule externe avec le nerf de Jacobson a lieu par un ou deux filets qui perforent la paroi externe du canal carotidien, parviennent dans la cavité tympanique où ils parcourent des rainures ou des canaux creusés sur le promontoire , s’y anastomosent avec les divisions du rameau de Jacobson et contribuent à la formation du plexus tympanique.
2° Anastomose avec le ganglion sphéno-palatin. — Au niveau de l’orifice supérieur du canal carotidien et sous l'artère qui parcourt ce canal, il se détache du ramuscule externe un nerf grisâtre qui traverse d’arrière en avant la substance cartilagineuse du trou déchiré antérieur , puis le canal de la base de l’apophyse ptérygoïde (canal vidien), s’y accole au grand pétreux superficiel (filet crânien du nerf vidien), et aboutit avec ce dernier au ganglion sphéno-palatin. C’est par l’intermédiaire de ce nerf que Meckel, rattachant ce dernier renflement au ganglion cervical supérieur, faisait surtout dériver le grand sympathique du trijumeau. C’est aussi cemême nerfque M. Arnold considère comme la racine végétative du ganglion sphéno-palatin. Nous avons déjà dit, à propos des nerfs crâniens, que les anatomistes qui regardent ce rameau (rameau carotidien du nerf vidien) comme une émanation du ganglion sphéno-palatin lui font parcourir un trajet inverse.
3° Anastomose avec le nerf moteur oculaire externe [sixième paire). — Dans le sinus caverneux, deux ou trois filets mous, d’un gris cendré et assez résistants, émanent du ramuscule externe , et s’unissent à angle aigu avec le moteur oculaire externe , au moment où il croise en dehors l’artère carotide interne. Au point où se fait cette anastomose, il n’est pas rare de voir un petit plexus isolé, et même quelquefois un renflement, d’où partent quelques filets qui concourent à la formation du réseau nerveux enlaçant l’artère carotide interne et ses divisions.
â Ganglion carotidien ou caverneux. — Lorsqu’il existe, il est situé sur le côté externe et un peu inférieur de la carotide interne , au niveau de sa seconde courbure ; il a l’aspect d’une lame nerveuse grisâtre; sa forme est variable, son volume est celui du ganglion ophthalmique. A son côté postérieur aboutissent quelques divisions du ramuscule externe, de son côté antérieur émergent plusieurs filaments très ténus dont les uns s’anastomosent avec le moteur oculaire externe, dont les autres, continuant leur marche ascendante , contribuent à la formation du plexus caverneux.
b. Ramuscule interne. — Ordinairement moins gros que l’externe, ce ramuscule se porte obliquement en haut et en avant , sur le côté interne de la carotide , fournit aussitôt un ou deux filets qui s’unissent par plusieurs ramifications avec le tronc commun et avec le ramuscule externe pour enlacer la carotide interne, et, parvenu au côté inférieur de la portion de l’artère comprise entre la première et la seconde courbure , donne : 1° des filets basilaires, 2” une anastomose avec, le moteur oculaire externe. Il se termine enfin dans le sinus caverneux par des filaments très grêles , dont les uns s’anastomosent avec le ramuscule externe et dont les autres contribuent à la formation du plexus caverneux.
1" Filets basilaires. — Ces filets, d’une coloration grisâtre, d’une ténuité extrême, à peine visibles à l’œil nu , mais dont le microscope constate parfaitement la réalité , sont au nombre de deux ou trois. Ils se détachent du ramuscule interne, s’enfoncent dans l’épaisseur de la dure-mère qui revêt la gouttière basilaire , s’y dirigent transversalement vers la ligne médiane pour s’anastomoser avec des filets semblables venus du côté opposé, et forment ainsi plusieurs arcades transversales qui
ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX
communiquent entre elles par des filets perpendiculaires, de manière à constituer un petit plexus que j’ai désigné sous le nom de plexus basilaire. Ce plexus, que j’ai disséqué pour la première fois en 18A5, a été le sujet d’un mémoire lu à l’Académie des sciences; j’ai su depuis queM. Valentin avait, lui aussi, décrit les filets basilaires.
2° Anastomose du minuscule interne avec le moteur oculaire externe. — Indépendamment des communications du ramuscule externe avec le nerf de la sixième paire, il existe encore une anastomose entre ce dernier et le ramuscule interne. C’est grâce à cette double communication avec le nerf moteur oculaire externe, qu’on a voulu faire venir, comme nous l’avons dit plus haut, le grand sympathique de la sixième paire.
c. Plexus caverneux. ■ — Ce plexus résulte de l’entrelacement des filets du ramuscule externe, du ramuscule interne et du ganglion carotidien. Il est situé dans le sinus caverneux, autour de la portion caverneuse de l’artère carotide interne ; sa consistance est molle, sa couleur grisâtre; on y trouve des ramifications vasculaires très fines, entremêlées aux filaments nerveux. De ce plexus partent un certain nombre de ramifications qui vont s’anastomoser avec les nerfs voisins, savoir :
1° avec le moteur oculaire commun; 2' avec le pathétique; 3° avec le ganglion de Gasser et deux de ses branches (ophthalmique deWillis et maxillaire supérieur), et 4° avec le ganglion ophthalmique. Ce dernier rameau émerge de la partie antérieure du plexus, parvient dans la cavité orbitaire conjointement avec les nerfs moteuroculaire commun et ophthalmique deWillis, entre lesquels il est placé, et se réunit tantôt à la racine grêle des ganglions, tantôt au ganglion lui-même, dans l’intervalle de ses deux racines sensitive et motrice : on l’a considéré comme la racine végétative du ganglion ophthalmique.
Le plexus caverneux fournit encore de nombreuses ramifications aux diverses branches de l’artère carotide interne, ramifications qui s’étendent en plexus autour de ces branches, comme on le voit pour les artères ophthalmique, cérébrales antérieure et moyenne, et toutes leurs divisions ; on a même vu un plexus sur l’artère centrale de la rétine. Quelques filets s’anastomosent sur l’artère communiquante antérieure avec ceux du côté opposé; ils offrent, d’après Béclard, un petit ganglion. Enfin, plusieurs rameaux se portent vers le corps pituitaire et sa tige ; les uns s’y perdent, les autres forment autour de cet organe plusieurs anastomoses médianes avec les rameaux du côté opposé: aussi plusieurs anatomistes modernes regardent-ils le corps pituitaire comme un ganglion céphalique du grand sympathique.
B. — RAMEAUX INFÉRIEURS, OU CORDON DE COMMUNICATION AVEC LE GANGLION CERVICAL MOYEN.
Ce cordon, le plus souvent blanchâtre, comme les nerfs de la vie animale, variable pour le volume , ordinairement unique, quelquefois double, naît de l’extrémité inférieure du ganglion cervical supérieur. Il descend verticalement au-devant de la colonne osseuse cervicale , derrière l’artère carotide primitive , la veine jugulaire interne et le nerf pneumogastrique, passe derrière l’artère thyroïdienne qu’il embrasse quelquefois en se bifurquant, et se rend au ganglion cervical moyen, ou à l’inférieur lorsque le moyen manque. Dans son trajet, le rameau inférieur communique le plus souvent en dehors par des ramuscules transversaux avec la troisième , la quatrième , et quelquefois avec la cinquième paire cervicale. En dedans, il fournit un ou deux ramuscules qui s’associent avec le nerf cardiaque supérieur ; il s’anastomose par quelques filets avec le nerf laryngé externe ; il communique encore avec les filets des nerfs récurrent , phrénique et avec la branche descendante de l’hypoglosse ; enfin plusieurs de ses ramifications vont au pharynx, à l’œsophage et au corps thyroïde.