‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 11 sur 210 · SINUS DE LA DURE-MÈRE · texte numérisé non relu

SINUS DE LA DURE-MÈRE

On appelle sinus de la dure-mère des canaux fibreux tapissés par la tunique interne des veines et dont la tunique extérieure est formée par cette membrane. Ces sinus servent à recueillir le sang veineux de l’encéphale, des méninges, de l’œil et des os du crâne pour le verser dans les veines jugulaires internes. Les sinus de la dure-mère sont au nombre de quinze: cinq pairs et cinq impairs. Les sinus pairs sont : 1° les sinus pétreux supérieurs; 2° les pétreux inférieurs; 3° les caverneux; h" les occipitaux postérieurs ; 5° les sinus latéraux. Les sinus impairs sont : 1° le sinus longitudinal supérieur; 2“ le longitudinal inférieur; 3° sinus droit; û° sinus transverse; 5° sinus coronaire. Six de ces sinus forment par leur convergence un réservoir commun appelé confluent postérieur, ou pressoir d’Héropliile [Torcular Herophili) ; ce sont les sinus : longitudinal supérieur, le droit, les latéraux et les occipitaux postérieurs. Ces sinus ont reçu la dénomination de sinus torculariens. Les autres sinus appelés atorculariens aboutissent à deux autres confluents nommés chacun pétrosphénoïdal , à cause de leur situation entre le sommet du rocher et le sphénoïde. Ces conlluents reçoivent les sinus caverneux, transverse, coronaire, pétreux supérieurs et pétreux inférieurs. Ces deux derniers établissent de chaque côté une communication entre les confluents antérieurs, le golfe de la veine jugulaire et les sinus latéraux correspondants.

On voit sur les figures 1 , 3 la surface intérieure de la dure-mère crânienne avec les replis , les prolongements et les sinus de cette membrane. La figure 1 montre la tente du cervelet conservée en entier et en rapport avec l’isthme. La faux du cerveau est enlevée. La figure 2 est destinée à montrer le foramen ovale de Pacchioni et les insertions des extrémités des deux circonférences de la tente du cervelet. Dans la figure 3 la tente et la faux sont coupées au niveau de leur bord postérieur; les sinus de la dure-mère sont mis à découvert. La figure h montre la cavité du pressoir d'Hérophile et les embouchures des six sinus.

Préparation. — Sciez horizontalement le crâne, l’encéphale et ses enveloppes, depuis les hosses frontales jusqu’en peu au-dessus de la ligne courbe occipitale supérieure.

Figure 1. Dans cette figure, le cerveau a été séparé du reste de l’encéphale par une section faite sur les pédoncules, au niveau des éminences mamillaires.

Figure 2. Les fosses occipitales inférieures et la gouttière basilaire ont été vidées du cervelet et de l’isthme, par une section préalable faite sur le bulbe, au niveau du trou occipital, afin de laisser voir le foramen ovale. Ici on a conservé seulement la portion centrale de la base du crâne.

Figure 3. La masse encéphalique est enlevée complètement de la base du crâne , par une section faite sur le bulbe, au niveau du trou occipital. De plus, la tente et la faux du cervelet sont coupées au niveau de leur bord postérieur, et les sinus mis à nu par la section des portions correspondantes du feuillet intérieur de la dure-mère. Pour montrer le double prolongement que cette membrane envoie dans la cavité orbitaire, enlevez la voûte orbitaire par une section triangulaire dont la base comprend l’arcade orbitaire et dont le sommet correspond au trou optique et à la fente sphénoïdale.

Figure â. Une portion de la dure-mère, d’environ 5 ou G centimètres de largeur, s’étendant à peu près du milieu de la suture sagittale au trou occipital, a été séparée du reste de cette membrane. Les sinus de cette région ont été mis à nu par la face extérieure, au moyen de l’ablation de leur paroi périoslique.

Explication «le la flgstre

Parties accessoires. — a , a , a , a. Coupe horizontale des téguments et des os du crâne. — b, b. Section des muscles temporaux. — c, c. kl. des muscles frontaux. — d. Apophyse crista-galli.

Système vasculaire. — A, A. Artères carotides internes coupées. — B. Veines de Galien. — G. Coupe du sinus longitudinal supérieur. — D. ld. du sinus droit.

Système nerveux. — 1, 1. Dure-mère recouvrant les surfaces orbitaires de la base du crâne, auxquelles elle adhère faiblement. — 2. Adhérence de la dure-mère à l’apophyse crista-galli. — 3. Dure-mère recouvrant la lame criblée de l’ethmoïde. Les trous de cette lame sont traversés par des petits canaux de la dure-mère qui

12 ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

contiennent les divisions des nerfs olfactifs. - A, A. Adhérence de la dure-mère aux apophyses d’fngrassias. - 5 5. Dure-mère tapissant les fosses sphénoïdales. Cette membrane adhère faiblement aux parties externes de ces fossés ; son adhérence est plus marquée aux parties internes. —6. Tente du cervelet. Elle recouvre le cervelet , le sépare des lobes postérieurs du cerveau, et correspond par sa circonférence postérieure: 1° 7, 7, aux gouttières latérales auxquelles elle adhère faiblement ; T 8, 8, au bord supérieur des rochers. L’adhérence de cette cloison est ici très marquée. Sa portion postérieure contient les sinus latéraux, et l'antérieure forme les sinus pétreuxsupérieurs.— 9, 9. Circonférence antérieure formant avec la gouttière basilaire un espace parabolique : c’est le foramen ovale de Paccbioni, destine a loger 1 isthme. 10 , 10. Moteur oculaiie commun. 11. Neif optique traversant le trou optique. — 12. Chiasma des nerfs optiques. — 13. Nerf pathétique. — IA. Nerf de la tente du cervelet. — 15. Tubercules mamillaires. — 16. Tubercules quadrijumeaux. — 17. Glande pinéale. — 18. Coupe du ventricule moyen.

Explicntion de la figure 2,

Système nerveux. — 1. Dure-mère tapissant la gouttière basilaire. — 2. Feuillet superficiel de cette membrane recouvrant le corps pituitaire. Il est percé d’un trou qui livre passage à la tige pituitaire et contient dans son épaisseur un canal circulaire ; c’est le sinus coronaire. Il existe un autre feuillet profond qui tapisse la selle turcique. Le corps pituitaire se trouve donc placé entre ces deux feuillets. — 3. Gaine de la dure-mère traversant le trou optique. — A. Foramen ovale de Paccbioni formé par la petite circonférence de la tente du cervelet et la gouttière basilaire. — 5, 5. Insertion des extrémités de la circonférence antérieure de la tente sur les apophyses clinoïdes antérieures. — 6, 6. Extrémités de la circonférence postérieure, subjacentes aux précédentes , se fixant aux apophyses clinoïdes postérieures et formant vers le sommet du rocher une espèce de pont au-dessous duquel passe le nerf trijumeau. Au point d’intersection de ces extrémités , on trouve le nerf pathétique.— 7. Nerf optique s’engageant dans le trou optique. — 8. Nerf moteur oculaire commun. Ce nerf traverse ladure-mère dans l’intervalle formé par l’écartement des extrémités de la grande et de la petite circonférence. — 9. Nerf pathétique. — 10. Nerf trijumeau. — 11. Moteur oculaire externe. — 12. Nerf grand hypoglosse se dirigeant du bulbe vers le trou condylien antérieur.

Explirati»n de la figure 3.

Parties accessoires. — fl, fl, a. Section horizontale du crâne et de ses téguments. — A. Muscle droit externe de l’œil. — c. Muscle droit interne. — d. Droit supérieur coupé.

Système vaseuüaire. — A, A. Sinus pétreux. — B, B. Sinus latéraux. Les premiers sont logés dans les gouttières latérales de la partie postérieure de la base du crâne. — C, C. Sinus pétreux inférieurs, d’une capacité plus grande que les supérieurs ; ils sont logés dans la portion de la dure-mère qui répond aux gouttières que l'on remarque dans la suture occipilo-pétrée. — D, D. Sinus occipitaux. Ils répondent à la crête occipitale et à la bifurcation de cette crête, et se terminent aux golfes des veines jugulaires. — E, E. Sinus caverneux. Ils sont logés dans les gouttières latérales de la selle turcique, présentent en avant une dilatation nommée sinus ophthalmique et renferment les artères carotides, les nerfs moteurs oculaires externes et les plexus caverneux. On remarque dans l’épaisseur de la paroi externe de chacun de ces sinus, les nerfs , moteur oculaire commun, pathétique et ophthalmique de Willis. — F. Sinus coronaire formé aux dépens de la portion de la dure-mère qui environne le corps pituitaire. — G. Sinus transverse, placé transversalement sur la gouttière basilaire, au niveau dubord adhérent delà lame carrée du sphénoïde. — H. Fin du sinus longitudinal supérieur. Quant au sinus droit, la planche 4 le montre dans toute son étendue.

Système nerveux. — (Côté gauche). 1. Prolongement delà dure-mère dans l’orbite à travers le trou optique, la fente sphénoïdale et formant le périoste orbitaire (côté droit). — 2. Prolongement orbitaire de la dure-mère. 11 se divise en deux portions : l’une, centrale, forme une gaine au nerf optique, laquelle semble se continuer avec la sclérotique; l’autre, périphérique, revêt les parois de l’orbite dont elle forme le périoste et se continue en avant, de chaque côté, avec le périoste extérieur. Entre ces deux portions s’insèrent les muscles droits, oblique supérieur de l’œil et le releveur de la paupière supérieure. — 3. Nerf optique. — A. Moteur oculaire commun. — 5. Pathétique. — 6. Ophthalmique de Willis. — 7. Moteur oculaire externe. — 8. Facial et auditif. — 9. Les trois portions de la huitième paire. — 10. Grand hypoglosse. — 11. Bulbe coupé.

Explication de la figure h.

Système vasculaire. — A. Pressoir d’Hérophile avec l’embouchure des six sinus qui sont : — B. Sinus longitudinal supérieur. — C, C. Sinus latéraux. — D, D. Sinus occipitaux. — E. Sinus droit ; on ne voit que son ouverture.

ne. () après nature per Léveillé

Prépaix par LudOVÎC

PL. 6 cl 7

Kig.z.

lmp Lemeicier à Pai'i-

ET DES ORGANES DES SENS DE L'HOMME

ARACHNOÏDE VERTÉBRO-CRANIENNE.

C’est une membrane mince , blanchâtre , demi-transparente , placée entre la dure-mère et la piemère. Comme toutes les séreuses , l’arachnoïde forme , tant dans sa portion encéphalique que dans sa portion rachidienne, un sac sans ouverture, et offre à considérer: 1" Un feuillet viscéral qui s’applique sur la pie-mère encéphalique et rachidienne, et fournit des gaines aux nerfs et aux vaisseaux ; 2° un feuillet pariétal adhérant à la dure-mère. L’arachnoïde diffère essentiellement des autres séreuses. Tandis que celles-ci sont libres par une face et adhérentes par l’autre, l’arachnoïde est libre par ses deux faces. De cette différence anatomique dérivent nécessairement des différences physiologiques; en elfet, dans toutes les membranes séreuses, la sécrétion est simple; car, elle n’a lieu que sur une des faces. Elle est double, au contraire, dans l’arachnoïde dont les deux surfaces sont libres d’adhérence. De là, sécrétion de deux liquides, l’un contenu dans la cavité arachnoïdienne, l’autre dans la cavité sous-arachnoïdienne. C’est ce dernier qu’on désigne généralement sous le nom de liquide céphalo-rachidien. Indépendamment de ces deux liquides, il en existe un autre renfermé dans les cavités ventriculaires. La voie de communication du liquide encéphalique et du liquide rachidien ou médullaire est admise par tout le monde, vu la continuité de l’arachnoïde encéphalique avec l’arachnoïde rachidienne. Il en est de même du mode de communication des liquides ventriculaire et sous-araclinoïdien, connus aujourd’hui de tous les anatomistes. Nous savons, en effet, depuis les recherches de M. Magendie, que cette communication a lieu par une ouverture placée au niveau du bec du calamus scriplorius. Une question se présente : le liquide ventriculaire communique-t-il avec celui de la cavité arachnoïdienne même, et, quel est son mode de communication? Je dois rappeler que Bichat a admis une communication entre les cavités arachnoïdienne et ventriculaire, faite au moyen d’un canal découvert par lui et désigné sous le nom de canal arachnoïdien de Bichat. Ce canal serait le résultat de la réflexion et de la pénétration de l’arachnoïde dans le ventricule moyen et formerait une espèce de gaine aux veines de Galien. La plupart des anatomistes nient l’existence de ce canal qu’ils considèrent comme purement artificiel et comme n’étant que le produit d’un mode particulier de préparation employé pour le démontrer. Voulant lever tous mes doutes à cet égard et m’assurer par moi-même de l’existence vraie ou fausse du canal de Bichat, j’ai dirigé mes recherches sur ce point avec la plus grande attention , en ayant soin de m’entourer de toutes les paécautions, pour me garantir des mêmes fautes attribuées à ce grand physiologiste. Je déclare ici que j’ai vu et constaté moi-même plusieurs fois l’existence de ce canal. Je suis donc autorisé à penser que le liquide ventriculaire communique à la fois avec celui de la cavité arachnoïdienne, par le canal arachnoïdien de Bichat et avec le liquide sous-arachnoïdien, au moyen de l’ouverture du bec du calamus scriptorius.

Les figures 1, 2 sont destinées à faire voir les feuillets viscéral et pariétal de l’arachnoïde rachidienne et la continuité de celle-ci avec l’arachnoïde crânienne. Le premier feuillet enveloppe l’axe nerveux médullo-encéphalique et l’origine de tous les nerfs dont il est séparé par la pie-mère et par une couche de liquide séreux. Ou voit, à travers l’arachnoïde, les divisions artérielles des rameaux spinaux antérieur et postérieur. Le deuxième feuillet tapisse la surface intérieure de la dure-mère, à laquelle il adhère intimement.

La figure 3 a pour but de montrer : 1° l’arachnoïde rachidienne entre la dure-mère et la pie-mère; 2° la cavité contenant dans l’état normal le liquide céphalo-rachidien et limitée par la surface intérieure de l’arachnoïde et de la pie-mère; 3° la continuité du feuillet viscéral avec le feuillet pariétal , au moyen des gaines que le premier fournit aux nerfset au ligament dentelé.

La figure 4 représente une coupe horizontale de la moelle et de ses enveloppes, afin d’étudier les rapports qui existent entre ces organes et les deux cavités de l’arachnoïde.

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