‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 119 sur 210 · GANGLIONS LATÉRAUX DE LA PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

GANGLIONS LATÉRAUX DE LA PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Le grand sympathique offre de chaque côté de la colonne vertébrale thoracique une suite régulière et non interrompue de ganglions grisâtres, oblongs, hordéiformes, qui communiquent les uns avec les autres par de gros rameaux, de manière à présenter un tout continu, espèce de cordon noueux ou renflé de distance en distance, étendu depuis la première côte jusqu’à la onzième.

On compte de chaque côté douze ganglions thoraciques qui correspondent ordinairement aux trous de conjugaison, et autant de cordons de jonction occupant l’intervalle de ces irous; mais souvent il n’existe que onze et même dix de ces renflements. Dans ce dernier cas, il y a fusion, ou bien entre le dernier ganglion cervical et le premier thoracique, ou bien entre le dernier thoracique et le premier lombaire, ou entre les deux premiers thoraciques, ou bien enfin entre deux ganglions centraux. Tous ces ganglions sont situés au-devant des têtes des côtes et des vaisseaux intercostaux, derrière les plèvres, dont ils sont séparés par une lame fibreuse très mince; à droite, ils sont longés en dedans par la grande veine azygos. Leur volume, variable, est peu considérable, comparativement aux gros rameaux qui les font communiquer ; toujours moins volumineux que les ganglions cervicaux, ils sont rarement égaux aux ganglions abdominaux.

La chaîne des ganglions thoraciques communique par son premier ganglion, qui est le plus volumineux, avec le ganglion cervical inférieur, et à l'aide de son dernier ganglion, en général plus court et stelliforme, avec le premier lombaire. Le rameau de jonction qui établit cette dernière communication est large et aplati; il s’incline un peu en dedans, et parvient dans l’abdomen en dehors des grand et petit splanchniques du même côté, en traversant une ouverture formée par un des piliers du diaphragme et par l’extrémité supérieure du grand psoas.

La chaîne ganglionnaire s’anastomose en dehors avec tous les nerfs intercostaux et donne des

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

filets aux artères intercostales; en dedans, elle envoie des rameaux aux viscères thoraciques et abdominaux et fournit des ramuscules aux corps des vertèbres.

Les rameaux que donne chaque ganglion thoracique peuvent être distingués en supérieurs, inférieurs, externes et internes.

1" Rameaux supérieurs et inférieurs ( cordon de communication). — Placés entre les ganglions qu’ils font communiquer les uns avec les autres, ces rameaux, toujours simples, très rarement doubles, sont très volumineux et égalent quelquefois le volume des ganglions eux-mêmes. Ils croisent perpendiculairement les artères intercostales qui passent constamment derrière eux, et fournissent souvent des filaments très grêles qui se ramifient dans le périoste des côtes, dans les muscles intercostaux et dans la plèvre

2° Rameaux externes. — Leur nombre varie: tantôt il n’y en a qu’un très volumineux pour chaque ganglion ; tantôt on en trouve deux ou trois, et même quatre, qui diffèrent de volume et de position ; d’autres fois le rameau, unique au moment où il se sépare du ganglion, se bifurque avant d’atteindre le nerf intercostal correspondant. A l’exception des deux premiers rameaux qui sont ascendants, et des deux derniers qui sont descendants, tous les autres sont légèrement obliques en haut et en dehors; après un court trajet, ils s’anastomosent avec les branches antérieures des nerfs dorsaux (nerfs intercostaux).

3° Rameaux internes. — Ceux-ci, destinés aux viscères du thorax et de l’abdomen, descendent en dedans et en avant, dans le tissu cellulaire du médiastin postérieur, croisent obliquement les parties latérales et antérieures des corps des vertèbres, et se séparent en deux groupes, l’un supérieur, l’autre inférieur.

Le groupe supérieur ( branches aorti co-pulmonaires) se compose de filets grêles et longs qui se détachent de la partie interne des cinq ou six premiers ganglions thoraciques. Au nombre de deux ou trois pour chaque ganglion, et plus longs à droite qu’a gauche, ces filets croisent la veine azygos à droite et l’aorte à gauche, fournissent quelques ramifications à ce dernier vaisseau, se joignent, pour la plupart, vers la racine du poumon, au plexus pulmonaire postérieur, et contribuent a sa formation. Quelques autres de ces filets se ramifient dans l’œsophage où ils s’entrecroisent avec le pneumogastrique; enfin d’autres, très déliés, peuvent être poursuivis jusque dans l’épaisseur des vertèbres.

Chez certains sujets, les rameaux internes des trois premiers ganglions thoraciques se réunissent ensemble pour former un tronc assez volumineux, qui a quelque analogie avec les splanchniques, et qu’on a désigné sous le nom de splanchnique pulmonaire. La distribution de ce nerf est la même que celle des rameaux qui le forment, lorsqu’ils sont isolés.

Le premier ganglion thoracique présente encore ceci de remarquable, qu’il fournit assez souvent un ou plusieurs nerfs cardiaques inférieurs, sans préjudice des cardiaques émanés du ganglion cervical inférieur.

Le groupe inférieur est formé par les rameaux qui sortent de la partie interne des six, sept ou huit derniers ganglions thoraciques; ces rameaux, en s’unissant les uns avec les autres, forment de chaque côté plusieurs gros troncs qu’on désigne sous le nom de nerfs splanchniques.

Uses gaerfo splasaelîeaiajsies.

Ces nerfs, qui semblent être l’origine de tous les plexus abdominaux, sont au nombre de trois de chaque côté, distingués en supérieur, moyen et inférieur ; on les désigne aussi sous les noms de grand , moyen et petit. Le grand et le moyen splanchniques sont constants et offrent seulement quelques variétés dans le nombre de leurs racines; le petit manque parfois complètement.

P Grand splanchnique. — Il naît par quatre ou cinq racines de la partie interne des sixième, septième, huitième et neuvième ganglions thoraciques; dans quelques cas, le nombre des racines est plus considérable, et alors elles proviennent aussi du dixième, ou du cinquième, et même du quatrième ganglion thoracique et du cordon de communication. Ces racines se diligent obliquement en bas et en dedans, sur le côté des vertèbres dorsales, parallèlement les unes aux autres, et recouvertes immédiatement par la plèvre. Elles se réunissent successivement entre elles, et constituent, vers la onzième vertèbre dorsale, un seul tronc blanchâtre et cylindrique qu’on nomme

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

grand splanchnique. Celui-ci continue le même trajet oblique, s’élargit, s’aplatit, pénètre ’de la poitrine dans la cavité abdominale, à travers un écartement particulier des libres charnues des piliers du diaphragme, puis se jette habituellement dans le ganglion semi-lunaire en s’épanouissant en de nombreux faisceaux; quelquefois aussi le faisceau le plus externe gagne les plexus rénal et capsulaire.

1° Splanchnique moyen. — Ordinairement isolé, quelquefois aussi confondu avec le précédent, ce nerf est formé par la réunion de deux ou trois racines qui viennent des dixième, onzième, et quelquefois douzième ganglions thoraciques. Il pénètre dans l’abdomen en traversant le côté externe du pilier du diaphragme, en dehors du grand splanchnique, avec lequel il s’anastomose souvent, pour se terminer également au ganglion semi-lunaire et aux plexus lombo-aortique, rénal et capsulaire.

Chez quelques sujets, j’ai trouvé sur le trajet de ce nerf, au-dessous de la perforation du diaphragme, un renflement arrondi, du volume d’une grosse tête d’épingle M. Cruveilhier signale un ganglion analogue sur le grand splanchnique, un peu au-dessus du diaphragme.

3° Petit splanchnique ( splanchnique inférieur). — Le plus petit et le plus inférieur de tous, le petit splanchnique tire son origine du douzième ganglion, ou du cordon de jonction des deux derniers ganglions thoraciques. Il descend en avant et en dehors, traverse le diaphragme en dehors du splanchnique moyen, avec lequel il s’anastomose ordinairement, et se jette en partie dans le ganglion et le plexus cardiaques, en partie dans les plexus lombo-aortique, rénal et capsulaire. Il n’est pas rare de voir ce nerf manquer complètement, ou se confondre avec le précédent.

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