GLANDE LACRYMALE
La glande lacrymale se compose de deux parties superposées ; l'une , orbitaire, située dans la fossette lacrymale du coronal, fossette dont la profondeur est en raison directe du volume de la glande; Y autre, palpébrale, placée au-dessous et un peu en avant de la précédente, dans l’épaisseur de la paupière supérieure, au-devant de la conjonctive, et séparée de la portion orbitaire par la couche fibreuse des paupières. Nous avons déjà décrit la portion palpébrale sous le nom de glande lacrymale palpébrale ; aussi nous ne nous occuperons que de la portion orbitaire qui forme la glande lacrymale proprement dite.
Cette glande présente à peu près le volume d’une petite amande; elle est aplatie de haut en bas et de dehors en dedans ; on lui considère une circonférence et deux faces, l’une supérieure et externe, l’autre inférieure et interne.
La face supérieure, légèrement convexe, adhère, à l’aide de trousseaux fibreux, au périoste qui tapisse la fossette dans laquelle la glande est contenue; la face inférieure, concave, se moule sur le globe de l’œil, dont elle est séparée par les muscles releveur de la paupière, droit supérieur et droit externe. La partie postérieure de la circonférence reçoit les vaisseaux et les nerfs lacrymaux; la partie antérieure répond à la couche fibreuse de la paupière.
La glande lacrymale est formée de plusieurs lobes réunis ensemble par du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs. Ces petits lobes sont constitués eux-mêmes par l’agglomération de grains glanduleux unis par un tissu cellulaire dense et serré; les dernières ramifications artérielles pénètrent ces petits groupes, desquels partent les radicules veineux et les conduits excréteurs.
Les artères de la glande lacrymale proviennent de la branche lacrymale de l'artère ophthalmique ; quelquefois elle reçoit aussi un petit rameau de l’artère méningée moyenne ; les veines se jettent dans la veine ophtalmique. La branche lacrymale du nerf ophthalmique de Willis, un filet lacrymal de la branche orbitaire du nerf maxillaire supérieur, se distribuent dans la glande lacrymale et tiennent en grande partie sous leur dépendance la sécrétion des larmes; car celle-ci diminue considérablement après la section de la cinquième paire, mais sans cesser, toutefois, compté-
ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
tement. Ce qui a fait supposer que les filets du grand sympathique qui accompagnent les artères de la glande lacrymale avaient aussi une certaine influence sur sa sécrétion.
Les conduits excréteurs de la glande lacrymale, bien apparents sur les grands animaux, tels que le bœuf, le cheval, etc., sont assez difficiles à apercevoir chez l’homme : ils furent découverts en 1661 par Sténon, sur le mouton; depuis, Monro fils et Ilunter parvinrent à les injecter avec du mercure et en comptèrent jusqu’à dix ou douze chez l’homme. Ces conduits se détachent de la partie inférieure de la glande, descendent parallèlement entre eux dans l’épaisseur de la paupière supérieure, immédiatement au-dessus de la conjonctive, et perforent celle-ci au niveau de la moitié externe du bord supérieur du cartilage tarse.
M. Cruveilhier dit qu’en plongeant l’œil et les paupières, tantôt dans une dissolution de carmin, tantôt dans de l’encre un peu étendue, on voit très bien leurs orifices, au nombre de douze. M. Gosselin, qui a fait de ces conduits l’objet de quelques recherches, a prouvé que de dix à douze généralement admis, deux seulement appartiennent à la portion orbitaire de la glande lacrymale, tandis que les autres viennent de la portion palpébrale. (Voyez Archives de médecine , octobre 18à3, page 202.)