‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 151 sur 210 · USAGE UES OKGANES UE LV VISION · texte numérisé non relu

USAGE UES OKGANES UE LV VISION

L’appareil de la vision se compose de parties essentielles, le nerf optique et le globe oculaire, et de parties accessoires ou tutamina oculi. Les parties essentielles sont destinées à nous rendre sensibles à l’action de la lumière, à nous faire connaître par son intermédiaire la couleur des corps , leur forme, leurs dimensions et leur position par rapport aux objets environnants. Les parties accessoires servent à mouvoir et à protéger les parties essentielles. J’ai déjà indiqué rapidement l’usage de chacune de ces parties constituantes, à mesure que je les ai décrites; aussi je me propose actuellement de tracer en quelques mots la marche des rayons lumineux depuis leur entrée dans le globe oculaire jusqu’à la rétine, et de donner une idée de la formation des images sur cette dernière membrane.

On sait que tous les points d’un corps lumineux par lui-même ou éclairé lancent en tous sens des rayons divergents de manière à former des cônes répondant par leur sommet à chacun des points du corps. Supposons un de ces faisceaux lumineux tombant sur la cornée transparente : une partie des rayons qui le composent est réfléchie par cette membrane et lui donne son brillant, l’autre partie la traverse. Parmi ces derniers, le rayon central, ou axe optique, qui arrive perpendiculairement sur la cornée, n’est pas dévié et traverse également en ligne droite toutes les humeurs de l’œil ; les autres, obliques à une surface convexe, et passant de l’air dans un milieu plus dense, subissent une réfraction qui les rapproche du rayon central. Parvenus derrière la cornée, ils trouvent l’humeur aqueuse, dont la force réfringente un peu moindre leur conserve à peu de chose près la convergence qu’ils viennent d’acquérir. Rendus moins divergents par ces deux milieux , les rayons pénètrent en plus grand nombre par l’ouverture de la pupille et rencontrent le cristallin, qui, en raison de sa densité et de sa forme lenticulaire, les réfracte avec force et augmente leur convergence; enfin se présente le corps vitré, milieu d’une densité et d’un pouvoir réfringent inférieurs à ceux du cristallin, mais dont la face antérieure concave permet aux rayons de se rapprocher encore et d’aller former leur foyer sur la rétine.

Si maintenant chacun des cônes lumineux lancés par un objet éclairé va former son foyer sur la rétine et y peindre ainsi l’image du point dont il est émané; tous ces cônes conservant entre eux les mêmes rapports d’obliquité et subissant les mêmes réfractions, on aura sur la rétine une image complète de l’objet. Cette image produit sur la membrane nerveuse de l’œil un ébranlement qui se communique au nerf optique et est transmis par lui au sensorium commun, dans lequel s’opère la sensation.

Les images qui se tonnent au fond du globe oculaire sont toujours renversées, parce que les rayons lumineux s’entrecroisent avant d’arriver sur la rétine, de manière que ceux partis du haut de l’objet se trouvent à la partie inférieure de l’espace occupé par l’image, tandis que ceux venus de la partie intérieure sont placés en haut du même espace; mais le jugement naturel, rectifié d’abord par le toucher et fortifié ensuite par l’habitude, nous fait rapporter les objets à leur véritable situation.

En résumé, les milieux diaphanes du globe oculaire laissent passer les rayons lumineux et changent leur direction de manière à les faire converger sur la rétine; celle-ci est doublée d’une couche pigmentaire noire qui absorbe la lumière et l’empêche de troubler la netteté des images; enfin la sensibilité de la rétine est encore ménagée, au moyen d’un voile membraneux, mobile, sensible au contact des rayons, qui se contracte ou se dilate suivant qu’ils sont plus intenses ou plus faibles, et n’en laisse jamais passer qu’une quantité convenable.

Tout cet ensemble constitue un instrument d’optique supérieur à ceux qu’il est permis à l’homme de construire, car en même temps qu’il donne des images parfaites, qu’il est achromatique, que 1 aberration de sphéricité est empêchée par la présence de l’iris , il peut encore s’adapter pour la vision à distance , excepté toutefois dans les infirmités connues sous le nom de myopie et de presbytie.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Elle présente la sclérotique et la cornée transparente, la choroïde et l’iris, ainsi que les vaisseaux et les nerfs de ces membranes.

i’üÉi'ARATiON. — l’our obtenir la face extérieure de la sclérotique, il suffit de couper, en rasant, les insertions des muscles sur le globe, de l’œil , et de détacher celui-ci des parties molles qui l’environnent. On aura la face intérieure, en faisant une section horizontale ou verticale du globe oculaire, en débarrassant sa cavité de son contenu, et en enlevant avec des pinces les membranes qui tapissent la face intérieure de la sclérotique.

La face extérieure de la choroïde se prépare de la manière suivante : Ou saisit la sclérotique avec le mors d’une pince, en tenant le globe oculaire suspendu ; on incise la portion pincée; puis, introduisant la pointe mousse des ciseaux entre la sclérotique et la choroïde, on coupe la première de ces membranes circulairement, dans le sens vertical ou horizontal , en ayant soin de né pas déchirer la choroïde, sans quoi les humeurs de l’œil s’échapperaient. On enlève ensuite avec précaution le lambeau de la sclérotique, en coupant les vaisseaux et les nerfs qui retiennent les deux membranes, et l’on redouble d’attention au niveau du ligament ciliaire où l’adhérence est plus intense.

Pour la face intérieure cfe la choroïde, la préparation est la même que pour la face intérieure de la sclérotique, seulement on n’enlève pas les humeurs et la rétine.

Explication «1e la figure 1.

a. Nerf optique et sa gaine fibreuse. — b. Surface extérieure de la sclérotique. — c. Cornée transparente au travers de laquelle on voit l’iris.

Explication «le la figure 2.

a. Sclérotique vue parla face antérieure. — b. Cornée transparente.

Explication «le la figure 3.

Sclérotique traversée en arrière et en avant par les vaisseaux ciliaires, qui envoient aussi des ramifications sur sa surface extérieure.

Explication «le la figure II.

a. Surface intérieure de la sclérotique. — b. Gaine du nerf optique. — c. Surface intérieure de la cornée. Cette figure, ainsi que la figure 7, permet d’apprécier les différences d’épaisseur que la sclérotique présente en avant, en arrière et au niveau des insertions des muscles droits ; on voit encore que la cornée transparente-, plus épaisse au centre qu’à la circonférence, est aussi plus épaisse que la sclérotique.

Explication «le la figure 5.

a, a, a. Coupe de la sclérotique. — b. Surface extérieure de la choroïde, sur laquelle on voit c, c, les vaisseaux veineux tourbillonnés (vasa vorticosa). Sur un plan plus superficiel, on voit encore, d, d, les nerfs ciliaires qui, après avoir traversé la sclérotique, rampent entre elle et la choroïde pour se rendre, en se divisant, vers e, cercle ou anneau ciliaire (ganglion ciliaire). — f. Face antérieure de l’iris. — g. Ouverture pupillaiie.

Explication «le la figure 6.

a, a. Surface extérieure de la choroïde et de l’iris. On voit les réseaux artériels de ces deux membranes, fournis par les artères ciliaires qui, après avoir traversé la sclérotique, se divisent en b, b, ciliaires postérieures pour la choroïde, et en c, c, c, ciliaires antérieures, destinées à l’iris.

Explication «le la figure 7.

a. a. Coupe de la sclérotique. - b. Coupe de la cornée. — c. Surface intérieure de la choroïde. — d. Corps et procès ciliaires. — e. Iris reçu dans une rigole circulaire formée en arrière par le corps ciliaire, et en avant par f, le ganglion ciliaire. — g, g. Coupe du canal de Fontana. — h. Portion delà rétine se continuant en arrière avec, i, la substance du nerf optique. - j,j. Gaine du nerf optique se continuant avec la sclérotique proprement dite.

Préparé par Ludovic

Dessiné d'après nature par Léveillé

irop .Lemercieï.r.de Seine 07 .Paris

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

Pli ANCHE 79.

On voit sur cette planche , l’emboîtement des trois membranes de l’œil, l’iris, la membrane pupillaire et la rétine.

Préparation. — Incisez la sclérotique, comme on l’a indiqué dans la planche précédente, et renversez les deux lambeaux de chaque côté, pour découvrir les nerfs ciliaires rampants entre la sclérotique et la choroïde. Échancrcz cette dernière membrane, pour mettre à nu la rétine ; enfin l’ablation d’une portion de celle-ci permet de voir plus profondément le corps vitré et le cristallin. Une section verticale montrera l’épaisseur de la cornée rt de l'iris.

Explication de la figure 1.

a, a. Lambeau de sclérotique renversé. — b. Choroïde. — c, c. Nerfs ciliaires traversant la sclérotique, pour se placer entre elle et la choroïde. — d. Rétine échancrée. — e. Corps vitré. — f. Cristallin. — g. Coupe médiane de l’iris. — h. Coupe médiane de la cornée transparente. — i. Chambre antérieure. — j. Chambre postérieure. — k. Canal de Fontana, placé entre le cercle ciliaire et l’iris, d’une part, et la sclérotique et la cornée, d’une autre part.

Préparation. — Sur la face antérieure du globe oculaire faites une section médiane et verticale d’une portion de la sclérotique et de la cornée, et enlevez un des lambeaux, de manière à mettre à nu l’iris, la pupille, le cercle ciliaire et la choroïde. L’ablation d’une partie de l’iris vous montrera les procès ciliaires placés derrière cette cloison.

Explication de la figure 2.

a. Cornée transparente taillée en biseau aux dépens de sa face extérieure, pour s’enchâsser dans le biseau tai.lé sur la surface intérieure de b, b, la sclérotique. — c. Iris. — d. Pupille. — e. Cercle ciliaire. — f. Choroïde, sur laquelle on voit la terminaison dichotomique des nerfs ciliaires. — g. Procès ciliaires. — h. Cristallin.

Préparation. — Partagez le globe oculaire en deux moitiés, l’une antérieure, l’autre postérieure , et étudiez sur la face postérieure de la moitié antérieure le corps et les procès ciliaires ainsique la face postérieure de l’iris.

Explication de la figure 3.

a, a. Coupe de la sclérotique. — b, b. Choroïde. — c, c. Corps ciliaires. — d, d. Procès ciliaires, dont une partie est renversée en dehors. — e. Face postérieure de l’iris. — f. Ouverture pupillaire au travers de laquelle on voit la cornée.

Préparation. — Injectez les artères ciliaires de l’œil d’un fœtus âgé de trois ou quatre mois, et découvrez le réseau vasculaire de la membrane pupillaire.

Explication de la figure 4.

A, A. Artères ciliaires se divisant et s'anastomosant pour former le réseau de la membrane pupillaire.

FIGURES 5, 6 et 7.

Préparation. - Découvrez la rétine par l’ablation de la sclérotique eide la choroïde.

ExplicaiioBi de la figure 5.

a, a. Rétine vue de profil, se continuant en arrière avec la substance du nerf optique. — b. Couronne ciliaire de Zinn, empiétant sur, c, la circonférence externe du cristallin. — d. Lambeau de la choroïde renversé. — e. Lambeau de la sclérotique renversé. — f. Veines de la rétine, vues par transparence et sans injection.

a, a. Rétine. — b, b. Couronne ciliaire de Zinn. — c. cristallin. Le tout vu de face.

Explication de la figure 7.

a, a. Surface intérieure de la moitié postérieure de la rétine avec son réseau veineux. — b, Tache jaune. — c. Insertion du nerf optique. — d. Choroïde. — e. Sclérotique.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

PLARTCHE 80,

Corps vitré, cristallin, et résumé général de tout le globe oculaire.

Préparation des onze premières figures. — Pour obtenir le cristallin et le corps vitré, il suffit d’enlever les trois membranes de l’œil. Cette préparation peut se faire sur un reil frais, ou sur uu œil que l’on a soumis préalablement à une macération de vingt-quatre heures dans l'alcool ou dans un acide affaibli; on voit alors la texture intime du cristallin, et l’on peut constater la présence delà membrane hyaloïde, devenue demi-transparente par la macération. On ne peut s’assurer de la texture cellulaire du corps vitré que sur un œil congelé.

Explication de la figure 1.

a, a. Corps vitré vu de profil ; son excavation antérieure se moule sur le cristallin.

Explication de la figure 2.

a, a. Segment antérieur du corps vitré, et, b, du cristallin. — c. Couronne ciliaire de Zinn, dépourvue de pigment.

Explication de la figure 3.

Section verticale et antéro-postérieure de : a, Cristallin; b, membrane hyaloïde; c, couronne ciliaire de Zinn; d, humeur vitrée, et e, canal de F. Petit.

Explication des figures h, 5 et 6.

a. Cristallin d’enfant. — b. Cristallin d’adulte. — c. Cristallin de vieillard.

Explication des figures 7 et 8.

a, a, a. Les trois segments de la face antérieure du cristallin. — b. Pôle antérieur. — c, c, c, c. Les quatre segments de la face postérieure. — d. Pôle postérieur.

Explication de la figure 9.

Segmentation de la face antérieure du cristallin, écartement des segments et leur division en lames. — a. Noyau du cristallin en partie recouvert.

Explication de la figure 10.

a. Cristallin vu de profil. — b. Pôle antérieur. — r. Pôle postérieur.

Explication «le la figure 11.

Coupe verticale et antéro-postérieure du cristallin, sur laquelle on voit la disposition concentrique des lames.

Préparation’. — Après avoir soumis un œil à la congélation, pai tagéz-le verticalement et d’arrière en avant en deux moitiés.

Explication de la figure 12.

a. Paupière supérieure, et b, paupière inférieure; on voit les différentes couches qui les composent. — c, c. Conjonctive se réfléchissant de la face postérieure de la paupière sur la face antérieure du globe oculaire. — (/, d. Aponévrose orbito-oculaire, se prolongeant sur, e, la gaine du nerf optique, et envoyant des gaines sur les muscles, f, droit supérieur, et, g, droit inférieur. — h, h. Sclérotique renforcée en arrière par la gaine du nerf optique, et en avant par l’expansion des aponévroses des muscles droits. — i. Cornée transparente coupée de manière à montrer sa texture lamelleuse. — j, j. Choroïde. — /,:. Cercle ciliaire. — /. Corps et procès ciliaires. — m. Iris et pupille. — n, n. Canal de Fontana. — o, o. Rétine se continuant avec la substance du nerf optique. — p. Couronne ciliaire de Zinn. — q, q. Membrane hyaloïde. — r. Artère capsulaire logée dans le canal hyaloïdien. — s, s. Humeur vitrée et ses cellules. — t. Cristallin et sa capsule. — u, u. Canal godronné ou de F. Petit. — v. Chambre antérieure. — x. Chambre postérieure.

Fig.

Dessiné d'après nature par LéveUlé

Préparé par Ludovic .

imp Lemeraer.r de Seine 5/.Pari:

Fig. 7.

Fig A Fig. 5. Fig. 6.

et des organes des SENS DE L'HOMME.

ORGANES DE L’OUIE

Les oreilles, ou organes de l'ouïe , sont deux appareils destinés à recueillir, à renforcer les vibrations des corps sonores, et à transmettre à ( encéphale, au moyen du nerf spécial de l’audition, les impressions produites par ces vibrations. Elles sont placées de chaque côté de la base du crâne, dans l’épaisseur du temporal, au-devant de l’apophyse mastoïdienne. Chacune d’elles se compose de trois parties distinctes par leur organisation aussi bien que par leur rôle physiologique. Ces parties sont : 1" Yoreille externe, qui comprend le pavillon et le conduit auditif externe; ‘2° Yoreille moyenne , formée par la cavité tympanique et ses annexes; 3° Yoreille interne ou labyrinthe, constituée par une série de cavités osseuses diversement contournées (vestibule, limaçon , canaux demi circulaires), dans lesquelles viennent se répandre les ramifications du nerf auditif.

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