‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 193 sur 210 · ÉPIDERME · texte numérisé non relu

ÉPIDERME

L'épiderme est une membrane mince, demi-transparente, cornée, inaltérable à l’air et peu perméable, étalée sur la surface du derme dont elle reproduit à l’extérieur toutes les inégalités.

Son épaisseur est variable suivant les individus et même suivant les diverses parties du corps. Ainsi, extrêmement mince aux lèvres, au gland, à la vulve, etc., où il se continue avec l’épithélium des membranes muqueuses, il est très épais à la paume des mains, à la plante des pieds et dans les endroits qui sont exposés à des pressions ou à des frottements continuels.

Sa surface extérieure n’est autre que la surface extérieure de la peau.

Sa surface intérieure se moule exactement sur les papilles du derme et présente une multitude de petits alvéoles coniques, séparés les uns des autres par des crêtes, d’où partent des filaments ou tractus de longueur variable.

Chaque alvéole loge une ou deux papilles, les crêtes occupent les interstices papillaires. Cette disposition se traduit à l’extérieur par les saillies et les sillons papillaires que nous avons signalés principalement à la paume des mains et à la plante des pieds.

Les filaments ou tractus, regardés à tort par Bichat comme des vaisseaux exhalants ou absorbants, sont des prolongements épidermiques canaliculés, qui tapissent l’intérieur des follicules pileux, des follicules sébacés et des conduits sudoripares, et qui ont abandonné ces organes par suite de la traction opérée afin de séparer le derme de l’épiderme. Les plus fins appartiennent aux conduits sudoripares, ils mesurent quelquefois 3 ou h millimètres de longueur.

Les micrographes sont aujourd’hui généralement d’accord sur la texture de l’épiderme, qu’ils regardent comme un épithélium pavimenteux stratifié. Les cellules qui entrent dans sa formation, renferment un noyau et des granulations élémentaires, mais elles présentent des différences notables de la profondeur vers la superficie.

Ainsi, à la surface du derme, on trouve, dans une substance amorphe, exhalée par les capillaires, une multitude de noyaux jaunâtres, sur lesquels on distingue des granulations plus foncées. Plus haut, les parois de la cellule se dessinent et renferment étroitement le noyau et ses granulations; dans les parties plus superficielles, une couche transparente de liquide sépare le noyau de la membrane cellulaire, également transparente. A mesure que les cellules se développent davantage, elles sont plus serrées les unes contre les autres et revêtent des formes polygonales; en même temps, comme elles se superposent par couches, elles s'aplatissent, leurs parois se rapprochent du noyau, qui s’aplatit à son tour et finit par disparaître complètement. Enfin, on ne trouve plus à la face extérieure de l’épiderme, que des lamelles incolores, intimement unies entre elles, et enchâssées les unes entre les autres, comme les différentes pièces d’un pavé.

L’aplatissement des lamelles et leur union intime donnent à l’épiderme une densité plus considérable à sa superficie qu’à sa profondeur, et permettent de distinguer dans cette membrane, comme l’a parfaitement démontré M. le professeur Flourens, une couche superficielle [cuticule ou premier épiderme), zi une couche profonde ( second épiderme) qui n’est autre que le corps muqueux dont je parlerai bientôt.

L’exhalaison continuelle qui se fait à la surface du derme fournit à chaqu e instant de nouvelles cellules destinées à subir les transformations que je viens d’indiquer. Ces cellules augmenteraient sans cesse l’épaisseur de l’épiderme, si les lamelles les plus superficielles de celui-ci ne se détachaient sans cesse sous forme de petites écailles ou squames. Habituellement il existe un équilibre parfait entre cette desquamation et la reproduction des nouvelles cellules ; mais il n’est pas rare de voir cet équilibre rompu, soit à la suite de certaines maladies, comme la scarlatine et la rougeole, qui déterminent une chute considérable de l’épiderme, soit sous l’influence de pressions et de Irottements répétés qui augmentent la sécrétion épidermique et donnent lieu à la formation des cors aux pieds, ou des callosités que l’on voit à la paume des mains des ouvriers.

ORGANES DU TACT OU DU TOUCHER

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