‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 48 sur 210 · PRÉPARATION UES NERFS · texte numérisé non relu

PRÉPARATION UES NERFS

Pour faciliter l’étude des nerfs, on fait choix d’un sujet très maigre, infiltré, jeune ou vieux; on laisse pendant vingt-quatre heures les pièces fraîches dans l’eau pure renouvelée deux ou trois fois, pour les dégorger du sang qu’elles contiennent. On les soumet ensuite à une macération d’un mois dans un bain acidulé d’acides azotique et chlorhydrique étendus d’eau (60 grammes d’acide azotique et autant d’acide chlorhydrique pour 10 litres d’eau environ). Dans les chaleurs, il est bon de renouveler le liquide au moins une fois. Cette macération facilite surtout l’étude si compliquée des nerfs crâniens, parce qu’elle procure le ramollissement des os en les rendant sécables comme les parties molles.

! r DES ORGANES DES SENS DE 1,’NOMYiE.

DES NERFS CRANIENS.

On comprend sous la dénomination de nerfs encéphaliques ou crâniens les cordons nerveux qui émergent de l’encéphale et sortent par les trous de la base du crâne. (Il est bon de se rappeler que le bulbe crânien est une des parties constituantes de l’encéphale.) Chacun de ces nerfs étant double, on les compte par paires, d’avant en arrière, dont le nombre est déterminé d’après la classification admise par les anatomistes.

Willis divise les nerfs crâniens en neuf paires, distinguées suivant l'ordre de leur origine, par les noms numériques de première paire [nerfs olfactifs)-, deuxième paire [nerfs optiques)-, troisième paire [nerfs moteurs oculaires communs ); quatrième paire [nerfs pathétiques , nerfs trochléu leurs); cinquième paire [nerfs trijumeaux , nerfs trifaciaux); sixième paire [nerfs moteurs oculaires externes ); septième paire, divisée en portion dure [nerfs faciaux), portion molle [nerfs auditifs ou acoustiques) ; huitième paire, divisée en glosso -pharyngiens, pneumo-gastriques [nerfs vagues), accessoires de Willis ( spinaux ) ; neuvième paire [grands hypoglosses).

Bichat a divisé les nerfs crâniens: 1° en nerfs du cerveau [olfactifs et optiques); 2° en nerfs de la protubérance [moteurs oculaires communs, pathétiques, trijumeaux , moteurs oculaires externes, faciaux et auditifs); 3° en nerfs de la moelle allongée ( glosso- pharyngiens , pneumo-gastriques, spinaux et hypoglosses) . Cette division n’a pas été adoptée.

La classification physiologique des nerfs, fondée sur la différence des foyers d’émergence, et proposée par Ch. Bell , renferme plusieurs catégories.

A l'une répondent les nerfs des sensations spéciales [olfactif, optique et auditif). L’autre comprend seulement un nerf de sensibilité générale [portion ganglionnaire du trijumeau) , qui, d’après cet anatomiste, distribue la sensibilité à la tète, à la face, et à toutes les parties qu’elles contiennent. A la troisième catégorie appartiennent les nerfs du mouvement volontaire [moteur oculaire commun, moteur oculaire externe et hypoglosse).

Enfin, la quatrième catégorie réunit les nerfs du mouvement respiratoire [pathétique, facial, glossopharyngien , pneumo-gastrique et spinal), dont l’origine serait sur les côtés de la portion médullaire prolongée dans le crâne, et que Ch. Dell appelle colonne respiratoire, parce que, selon lui, elle serait en communication avec tous les nerfs qui président aux phénomènes de la respiration.

J. Muller fait trois classes des nerfs encéphaliques ou crâniens : 1° Les nerfs purement sensitifs ou des sensations supérieures : tels sont l' olfactif , X optique et l 'acoustique. 2° Les nerfs mixtes, à racine double. Ce sont : le trijumeau, le glosso-pharyngien , le pneumo-gastrique , X accessoire de Willis, et, chez plusieurs mammifères , le grand hypoglosse. 3“ Les nerfs principalement moteurs, a racine simple. Ce sont : le nerf moteur oculaire commun , le pathétique , X abducteur et le facial.

M. Longet divise les nerfs crâniens en trois classes. La première classe renferme les nerfs de sensations spéciales (l 'olfactif, X optique et l 'auditif).

La deuxième classe contient les nerfs de sensibilité générale [portion ganglionnaire, du trijumeau), le glosso-pharyngien , et le pneumo-gastrique.

Dans la troisième classe il range les nerfs qui président â la fois aux mouvements volontaires et respiratoires : le moteur oculaire commun , le pathétique, le masticateur [portion ganglionnaire du trijumeau), le moteur oculaire externe, le facial, le spinal, et le grand hypoglosse.

Sœmmerring a divisé les nerfs crâniens en douze paires. Il a fait de la septième paire de Willis la septième paire [nerf facial) et la huitième paire [nerf auditif). La huitième paire est devenue a la fois la neuvième paire ( glosso-pharyngien ), la dixième pair o [pneumo-gastrique), et la onzième paire [accessoire de Willis on spinal). La douzième paire est constituée par le grand hypoglosse. Cette dernière classification est presque généralement admise.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

PLMCHE 25.

Elle sert à faire voir à la base du crâne l’origine des nerfs crâniens qui traversent la dure-mère , et le trajet et la terminaison des deux premières paires crâniennes. Il est indispensable d’avoir sous les yeux la figure 2 de la planche 22, qui montre l’origine des nerfs à la base de l’encéphale.

Préparation. — Cassez le crâne préalablement dénudé de ses parties molles; coupez les nerfs au milieu de leur longueur, sur la portion comprise entre l’encéphale et la base du crâne ; isolez l’encéphale avec précaution et placez-le sur la convexité afin d’étudier en même temps l’origine de ces nerfs sur l’encéphale et sur la hase du crâne.

Pour découvrir le nerf optique et le globe oculaire, enlevez la voûte de l’orbite par une section horizontale, triangulaire, dont lesommet répond au trou optique et la hase à l’arcade orbitaire. Cela fait, détachez le périoste, le nerf frontal, les muscles droits supérieurs de l’œil, l’élévateur de la paupière supérieure et l’amas de graisse qui s’y trouve.

Explication tle la ligure \ .

1, 1. Première paire ( nerfs olfactifs, nerfs elhmoïdaux).

La première paire est formée par deux rubans blancs et gris qui émergent de la partie postérieure du lobule antérieur ( frontal ) du cerveau, traversent d’arrière en avant l’anfractuosité des nerfs olfactifs et constituent dans la gouttière ethmoïdale une espèce de ganglion ou de bulbe, d’où partent des fdels qui s'épanouissent dans la muqueuse de la partie supérieure des fosses nasales.

Considérés dans leur extrémité centrale et leur trajet crânien, les nerfs olfactifs sont des nerfs à part, dont le véritable caractère n’est pas encore connu. Aux yeux des anciens, ce n’étaient point des nerfs, mais de simples prolongements du cerveau qu’ils appelaient earonculœ processus mamillares olfactorii, destinés à servir de couloir aux mucosités de cet organe.

Quelques anatomistes ont fait des nerfs olfactifs la première paire des nerfs crâniens. Aujourd’hui, ils sont regardés comme une dépendance de l’encéphale, comme le vestige des lobes olfactifs des animaux ; et la dénomination de nerfs olfactifs est réservée seulement aux filets nerveux qui, émergés du bulbe ethmoïdal, s’épanouissent dans la membrane pituitaire.

L’origine apparente des nerfs olfactifs est dans le cerveau. Ce caractère les sépare des autres nerfs : ce sont les seuls nerfs cérébraux proprement dits.

Us l aissent par trois racines, une grise et deux bla'nches. La racine grise est un mamelon ou renflement pyramidal situé sur la circonvolution la plus postérieure du lobule antérieur, au-devant (Te la substance perforée de Yicq d’Azyr. Ce renflement ou bulbe grisâtre, très visible quand on renverse le nerf d’avant en arrière, se prolonge comme une traînée linéaire de substance grise, sur le bord supérieur du nerf.

Les deux racines blanches ont plutôt l’apparence de stries, et sont distinguées en externe et en interne.

La racine externe, grêle, longue, curviligne, située dans la scissure de Sylvius, au-devant de l’espace perforé de Vicq d’Azyr, émerge du lobule moyen du cerveau. La racine interne , courte et plus épaisse, naît du lobule antérieur, sur l’extrémité postérieure de la circonvolution la plus interne, et marche en avant et en dehors pour se réunir à la racine longue. On trouve quelquefois deux ou trois stries blanches dont le nombre et la direction sont variables, qui traversent la substance perforée et s’interposent à ces racines.

Origine réelle. D’après les uns, les nerfs olfactifs proviennent de la moelle allongée; d’autres les font venir du corps calleux, des corps restiformes et de la corne d’Ammon. Enfin, les modernes les font venir, avec M. Cruveilhier, de la commissure antérieure, où les racines internes se réunissent à la manière des nerfs optiques.

Le nerf olfactif, né par les racines blanches cl le renflement gris (renflement ou bulbe d'origine), se rétrécit immédiatement, se loge dans l’anfractuosité antéro-postérieure du lobule frontal, et répond à la lame criblée de lelhmoïde, à la partie antérieure de laquelle il olfre un renflement ou bulbe de terminaison , appelé bulbe ethmoïdal, analogue au renflement ou bulbe d’origine.

Inférieurement, le nerf olfactif est aplati; si on le renverse, ou si on le coupe en travers, on reconnaît qu’il est prismatique et triangulaire. Ses deux faces latérales concaves répondent aux circonvolutions qui limitent l'anfractuosité antéro-postérieure. Son bord supérieur n’est qu’une traînée linéaire de substance grise qui unit

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Préparé par Lud-OVlO

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ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

le renflement d’origine au renflement de terminaison, et est recouvert par la pie-mère qui tapisse l’anfraptuosité correspondante. L’arachnoïde passe sous sa face inférieure et la maintient appliquée contre le lobule antérieur.

Bulbe ou renflement cthmoïdal. — Les nerfs olfactifs, après avoir convergé l’un vers l’autre, forment une espèce de bulbe olivaire cendré ( tuberculus dnereus de Sœmmerring), occupant la gouttière elhmoïdale. Ce renflement, d’une consistance très molle , résulte de l'agglomération des filaments blanchâtres qui constituent le nerf olfactif et entre lesquels s’interpose de la substance grise ou cendrée, analogue à la substance des ganglions; il est l’origine des nerfs olfactifs proprement dits, qui traversent les trous de la lame criblée de l’etliinoïde.

2, 2. Deuxième paire (nerfs optiques).

Elle naît de chaque côté, par deux racines, des corps genouillés internes et externes , communiquant euxmêmes par deux petits faisceaux blanchâtres plus ou moins apparents aux tubercules quadrijumeaux. Ces racines constituent par leur réunion une espèce de bandelette mince et large qui contourne le pédoncule cérébral et longe la portion antéro-postérieure de la grande l'ente cérébrale de Bichat. Au-devant du pédoncule, le nerf s’arrondit, se dirige en avant et en dedans pour s’unir et former avec celui du côté opposé le chiasma ou commissure.

Du chiasma émergent les nerfs optiques. Ceux-ci se portent en avant et de dedans en dehors, vers les trous optiques, qu'ils traversent conjointement avec les artères ophthalmiques.

Le chiasma est en rapport, en arrière, avec le tuber cinereum , en avant et en haut , avec une lame mince, demi-transparente , la lame sus-optique surtout visible lorsqu’on renverse le chiasma d'avant en arrière.

La disposition anatomique des nerfs optiques n’est pas la même pour tous les auteurs : les uns veulent qu’il y ait un véritable croisement de ces nerfs sur la ligne médiane; les autres regardent le chiasma comme le résultat d’un accotement ou tout au plus d’un mélange des fibres de chaque nerf optique, sans entre-croisement ; les modernes admettent un entre croisement partiel qui aurait lieu de la manière suivante : les fibres les plus externes se dirigeraient de la bandelette vers le nerf optique du même côté ; les fibres les plus internes se dirigeraient de la bandelette d'un côté vers celle du côté opposé, en formant des anses; les fibres moyennes d’un côté iraient s'entre-croiser avec celles du côté opposé (voy. lig. 5).

8, 3. Tro isième paire ( nerfs moteurs oculaires communs).

La dénomination de nerf moteur oculaire commun lui vient de ce qu’il se distribue à la plupart des muscles de l'œil. 11 naît dans l’espace intcrpédonculaire, de la partie interne du pédoncule cérébral, par plusieurs filaments très déliés que l'on peut poursuivre dans l’épaisseur du pédoncule, les uns jusqu’au prolongement du faisceau antéro-latéral de la moelle ( faisceau moteur), les autres jusqu’au locus niger de Sœmmerring. Au point d’immergence, ce nerf est large , aplati , foi nié de plusieurs filets ténus et distincts, et entouré par les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure. Au delà de ces artères, il est arrondi, dirigé en haut, en avant et en dehors, passe au-dessous de l’apophyse clinoïde postérieure, traverse la dure-mère, se rend dans le sinus caverneux et de là dans l’orbite.

h, h. Quatrième paire (nerfs pathétiques).

Le nerf pathétique [nerf trochléaleur) est le plus grêle des net fs crâniens. Il est réservé exclusivement au muscle grand oblique de l’œil, et a été ainsi appelé parce qu'il est destiné à exprimer l’amour et la pitié. L’otigine apparente de ce nerf a lieu immédiatement derrière les tubercules quadrijumeaux, sur la valvule de Vicussens, par une ou plusieurs racines molles et fragiles.

On se rappelle que la valvule de Vieussens n’est elle-même qu’un prolongement du faisceau antéro-latéral delà moelle ( faisceau moteur).

Au delà de son origine, le nerf pathétique marche transversalement en dehors, contourne le pédoncule cérébral avec l’artère cérébelleuse supérieure, se dirige en avant vers l’apophyse clinoïde postérieure, et pénètre dans le perluisde la dure-mère, situé au point d’entrc-croisement des extrémités de la grande et de la petite circonférence de la lente du cervelet.

5, 5. Cinquième paire ( nerfs trijumeaux).

Le nerf trijumeau ( trifacial , nerf sympathique moyen ) naît sur la limite du pédoncule cérébelleux moyen et de la protubérance, entre les faisceaux supérieur et moyen des fibres tiansverscs de cette dernière, par un gros cordon nerveux formé lui-même de deux racines bien distinctes, dont l’une est beaucoup plus grosse que l’autre.

ANATOMIE DU SYSTÈME iNEliVEUX

La première, nommée grosse racine, racine ganglionnaire ou sensitive , traverse la substance grise elles fibres transverses de la protubérance, et pénètre dans l'épaisseur du bulbe crânien, où son origine a lieu (voy. fig. 5, pl. 17 J par trois ordres de racines. Les unes antérieures, vont d’arrière en avant, entre la face inférieure de la protubérance et la portion cérébelleuse du corps resliforme pour s’anastomoser avec le nerf auditif. Les autre-, postérieures, passent sous la substance grise de la paroi antérieure du quatrième ventricule, pour se continuer avec le faisceau intermédiaire du bulbe ( faisceau anlèro latéral). Enfin, les dernières se continuent avec le corps restiforme dans l’épaisseur duquel on peut les suivre jusqu’au bec du calamus scriptorius.

La seconde, petite racine, non ganglionnaire, est constituée par plusieurs faisceaux grêles qui émergent de la protubérance en haut et en arrière de la grosse racine, et paraît se continuer, d’après M. Longet, avec la portion du cordon antéro-laléral * le la moelle qui traverse la protubérance annulaire.

Le nerf trijumeau se dirig • en h «ut, en dehors et en avant, s’engage dans une dépression du bord supérieur du rocher, laquelle est convertie en un canal par un repli de la dure-mère. Là, ce nerf descend en avant et en dehors, où les filets de la grosse racine s’écartent et s’entrelacent pour se rendre à la concavité d’un renflement gris, jaunâtre, semi-lunaire, nommé ganglion semi-lunaire on de Gasser.

La petite racine est au contraire étrangère à la formation de ce ganglion. Celle disposition permet de voir une analogie entre le nerf de la cinquième paire et les nerfs spinaux, qui ont les uns des racines ganglionnaires ( racines sensitives), les autres des racines non ganglionnaires ( racines motrices).

6, 6. Sixième paire ( nerfs moteurs oculaires externes).

Le nerf moteur oculaire externe a son origine dans le sillon intermédiaire à la protubérance et au bulbe crânien, par plusieurs racines qui forment, au niveau des pyramides antérieures, deux faisceaux distincts. Le faisceau interne naît du b >rd inférieur de la protubérance ; le faisceau externe, plus gros,* naît de la partie supérieure et externe de la pyramide antérieure. Ces deux faisceaux se réunissent en un seul cordon, tantôt immédiatement après leur origine, tantôt dans le sinus caverneux seulement. Ce nerf marche en avant et en divergeant, entre la protubérance annulaire et la gouttière basilaire; arrivé au niveau du tiers supérieur de celte gouttière, il traverse la dure-mère et va se loger dans le sinus caverneux accolé à l’artère carotide interne.

Son origine réelle n’est pas encore bien déterminée.

7, 7. Septième paiie ( nerfs faciaux, portions dures de la septième paire de Willis).

L’origine apparente du nerf facial est dans la fossette ( fossette de l'éminence olivaire, fossette latérale du bulbe) qui termine l’extrémité supérieure du sillon de l’olive et du corps restiforme, au-dessous de la protubérante, entre les nerfs moteur oculaire externe et auditif. Au point d’émergence, ce nerf a l’apparence d’un cordon fascicule un peu aplati, qui s’arrondit bientôt, contourne le bord inférieur et convexe de la protubérance sur les limites du pédoncule cérébelleux moyen, se dirige en avant, en dehors et en haut, et s’engage avec le nerf auditif dans le conduit auditif interne.

Son origine réelle a lieu sur les prolongements du faisceau intermédiaire du bulbe ( faisceau anléro-latéral). D’après M. Cruveilhier, ce nerf commence dans l’épaisseur de la protubérance par deux faisceaux de racines. Le faisceau interne émerge Je la protubérance sur les côtes de la ligne médiane; l’autre a son origine en dehors du côté du cervelet.

8, 8. Huitième paire (nerfs auditifs, portions molles de la septième paire).

Le, nerf auditif est le plus mou de tous les nerfs et a presque deux fois le volume du nerf facial. Il offre deux racines bien distinctes : l’une , antérieure, commence dans la fossette latérale du bulbe crânien (fossette de l’éminence olivaire), en dehors du nerf facial, au-dessus du glosso-pharyngien, au-dessous du pédoncule cérébelleux; l’autre, postérieure, contourne horizontalement la partie postérieure du corps restiforme, arrive sur la paroi antérieure du quatrième ventricule, où elle s’épanouit en filaments blancs qui contrastent avec la substance grise de cette paroi , et forment plusieurs des barbes du calamus scriptorius.

Nous avons vu plus haut qu’il y aurait une troisième racine qui lire son origine de la grosse racine de la cin quième paire.

Ce nerf monte en dehors, au-devant du lobule du cervelet appelé lobule du nerf vague, pour pénétrer conjointement avec le nerf facial dans le conduit auditif interne.

9, 9. Neuvième paire ( nerfs glosso-pharyngiens, premières portions de la huitième paire).

Le nerf glosso-pharyngien naît par plusieurs filets qui émergent des corps resliformes, au-dessus du pneumogastrique, au-dessous du nerf auditif. Chacun de c-s filets est le produit delà réunion de deux ou trois filaments

ET DES ORGAiVES DES FERS DE L’HOMME.

convergenls. Les filels du glosso-pharyngien sont les plus élevés et ne peuvent être distingués à leur origine de ceux du pneumo-gastrique. D’une ténuité extrême, ils sont tous renfeiniés dans leur névrilème au moment où ils surgissent de la moelle et se réunissent en un ou deux cordons pour traverser la partie la plus antérieure du trou déchiré postérieur.

i 0. 10. Dixième paire (nerfs pneumo- gastriques ou nerfs vagues, deuxièmes portions de ta huitième paire).

Le nerf pneumo-gastrique a son origine dans le bulbe ci ânn n, sur le corps resiiforme, au-dessous du glossopharyngien et au-dessus du neif spinal, sur la ligne des racines postérieures des nerfs spinaux, par sept ou huit filets qui se réunissent en un seul cordon, lequel, parallèle au glosso-pharyngien et au spinal, s’engage dans le trou déchiré postérieur.

11, 11. Onzième paire ( nerfs spiraux, accessoires de Willis, troisièmes portions de la huitième paire).

Le nerf spinal naît par deux groupes de racines; 1° des parties latérales de la région cervicale de la moelle,

intermédiaires aux racines antérieures et aux racines postérieures des nerfs cervicaux, derrière le ligament dentelé; 2° du bulbe crânien.

Le premier groupe de ces racines ( racines cervicales ou inter-cervicales) , prend son origine immédiatement au-devant des racines postérieures des nerfs du eou . depuis la première jusqu’à la cinquième paire cervicale. Je l’ai vu descendre, chez le chat, jusqu’à la première paire lombaire.

Le deuxième groupe de ces racines ( racines lullaircs du nerf spiral, füels resliformes, à cause du lieu précis de leur origine), monte dans toute la hauteur de l’intei valle qui se trouve entre les racines du pneumogastrique et les racines postérieures delà première paire, et établit la continuité entre ces deux ordres de racines. .Ses filels bulbaires inférieurs sont ascendants, les supérieurs sont horizontaux et ont. des connexions intimes avec le pneumo-gastrique. Ces derniers forment un petit groupe distinct du spinal et du pneumo-gastrique , qui devient horizontal en dehors, reçoit . au moment où il s’engage dans le trou déchiré postérieur, un filet du pneumo gastrique, et se confond avec le spinal ou reste isolé de ce. dernier.

Trajet verlébro-crânien. Très ténu en bas et constitué par un seul filet, rarement par deux, le nerf spinal monte verticalement sur les côtés de la région cervicale de la moelle, qu’il longe jusqu’au niveau de la première paire cervicale. Là, il s'éloigne de la moelle se porte en dehors et un peu en arrière, augmente de volume par l’accolement successif de nouveaux filets, croise perpendiculairement la partie latérale du trou occipital , sur laquelle il se réfléchit par une courbure à concavité inférieure, traverse le trou déchiré postérieur, et sort du crâne avec le nerf pneumo gastrique, en dedans et en arrière duquel il est placé.

Ce nerf constitue, avec la moelle et le nerf pneumo-gastrique, un triangle rectangle dont le côté interne est la moelle, le côté externe le spinal, et la hase le pneumo- gartiique. Il forme, tant dans sa portion intra-crânienne que dans sa portion extra-crânienne, une courbe paiabolique, à sommet contigu au trou déchiré postérieur.

12, 12. Douzième paire [grands hypoglosses).

Le grand hypoglosse a son origine dans le sillon intermédiaire aux < lives et aux pyramides, par une série linéaire de filets réunis en deux groupes bien distincts, qui passent dans le trou ou canal condylien antérieur, où ils sont séparés l’un de l’autre par une bride de la dure-mère, et foi ment un seul cordon arrondi au moment de sortir du canal.

Ces figures ont pour objet l’étude de la première paire des nerfs crâniens (nerfs olfactifs), depuis le bulbe ethmoïdal, jusqu’à leur terminaison.

Préparation. — Divisez par une section verticale, antéi o-posiérieure. la moitié antérieure de la base du crâne, en passant en dehors de l’apophyse crista- galli et de la clou on des fosses nasales. Vous obtenez, d’une part, la paroi interne des fosses nas. fis (cloison) , de l’autre, la paroi externe.

Plongez les pièces dans un bain d’acide a?olique étendu d’eau, afin de solidifier le nerf. Décollez et renversez la membrane pituitaire, vous verrez les neifs sur le lambeau renversé ; on bien enlevez la moitié de l’épaisseur de la membrane pituitaire, et les divisions du nerf resteront en place entre celte membrane et le périoste.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Explication des figures 2 et 3.

1, l. Nerf olfactif. Ce nerf, dont la description exacte est due à Scarpa, prend son origine à la face inférieure du bulbe ethmoïdal, traverse immédiatement les canaux de la lame criblée de l’ethmoïde, et se divise comme eux au sommet des fosses nasales , en trois ordres de filets entourés par une gaine de la dure-mère.

Parmi ces filets, les uns, moyens, disparaissent presque aussitôt sur la muqueuse qui tapisse la portion liorizontalede la voûte des fosses nasales; les autres se dirigent en bas, en divergeant, sur la lace externe et la face interne des fosses nasales.

Les rameaux externes s’anastomosent entre eux sous forme de plexus et s’étendent jusqu’au cornet moyen: les rameaux internes, plus grêles, forment un plexus à mailles moins serrées que celles du plexus externe et descendent jusqu’à la partie moyenne de la cloison. Toutes ces divisions se perdent dans la membrane pituitaire, par un réseau de filaments déliés et très rapprochés.

Usages. Le nerf olfactif est destiné à transmettre à l’encéphale l’impression des odeurs sur la membrane pituitaire; il appartient donc aux nerfs de sensibilité spéciale.

Elles montrent le chiasma des nerfs optiques ( voy . la ligure 1 pour le trajet et la terminaison de ces nerfs).

Nerf optique. Use dirige obliquement de dedans en dehors et d’arrière en avant, du chiasma vers le trou optique, traverse ce dernier conjointement avec l’artère ophthal inique qui lui est subjacente, et décrit dans l’orbite une courbure à concavité interne, pour se porter presque directement à la partie postérieure interne et inférieure du globe de l’œil. Au moment où il atteint la sclérotique, il présente un rétrécissement ou mieux une sorte de collet, se divise en un grand nombre de filaments qui s’expriment au travers d’une lame criblée de h sclérotique, traversent la choroïde et forment la rétine par leur épanouissement.

Depuis le chiasma jusqu’au trou optique, le nerf est entouré d’une double gaine de la pie-mère et de l’arachnoïde Celte dernière membrane l’abandonne à l’entrée du trou optique et est remplacée par une enveloppe plus forte de la dure-mère; celle-ci l'accompagne jusqu’au globe de l’œil, où elle se continue avec la sclérotique et donne attache par sa face postérieure aux quatre muscles droits de l’œil.

Dans l’orbite, le nerf, séparé des muscles droits et obliques par une grande quantité de tissu adipeux, est en rapport, en dehors et en arrière, avec le ganglion ophthalmique , est entouré par les vaisseaux et nerfs ciliaires, et les autres vaisseaux et nerfs de l’orbite.

Usages. Le nerf optique transmet à l’encéphale l’impression des rayons lumineux sur la rétine. Il est, comme le nerf olfactif, un des nerfs de sensibilité spéciale.

Dessine d après nalure par Léveillé Préparé par Ludovic IinpCeiuemei^r de Seine 5-/,Pans

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

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