‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 50 sur 210 · RÉSUMÉ DE LA CINQUIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA CINQUIÈME PAIRE

Si , après avoir étudié le trijumeau en détail et avoir consacré un chapitre spécial a chacune de ses trois grandes divisions, nous passons rapidement en revue l’ensemble de cette importante paire nerveuse, nous voyons qu’elle naît à la manière des nerfs rachidiens par deux racines, l’une ganglionnaire, l’autre non ganglionnaire. Cette dernière provient du faisceau antéro-latéral (faisceau moteur) de la moelle, et va se jeter dans le maxillaire inférieur. La racine ganglionnaire diffère toutefois de celles des nerfs rachidiens , parce qu’au lieu d’être comme elles entièrement sensitive , on peut la poursuivre jusqu’au bulbe crânien , où son origine a lieu par trois racines secondaires : l’une se confond avec le faisceau antéro-latéral (racine de mouvement), l’autre avec le corps restiforme (racine de sensibilité générale) , la dernière s’anastomose avec le nerf auditif (racine de sensibilité spéciale). Le gros faisceau qui résulte de la réunion de ces trois racines forme entièrement le ganglion de Gasser, d’où émanent trois branches : 1° ophthalmique de Willis ; 2° maxillaire supérieur ; 3° maxillaire inférieur.

1° Ophthalmique de Willis (2, fig. 1; 1, 11g. 2.; 2, fig. 3).

Il longe la paroi externe du sinus caverneux, s’anastomose avec les nerfs moteurs de l’œil et le plexus carotidien, envoie un rameau récurrent à la tente du cervelet , puis se divise en trois branches, lacrymale, frontale et nasale, dont les deux premières pénètrent dans l’orbite, en traversant la fente orbitaire au-dessus de. l’anneau des muscles droits, tandis que la troisième passe dans l’anneau.

Le nerf lacrymal (4, fig. 1 , et 3, fig. 3), ou lacrymo-palpébral , s’épanouit sous la glande lacrymale, dans la paupière supérieure et s’anastomose avec le facial et l 'orbitaire du maxillaire supérieur.

Le frontal (3, fig. 1, et 4, fig. 3j, le plus volumineux des trois, se divise en deux branches constantes, frontale externe et frontale interne, destinées à la peau du front, à la peau et à la conjonctive de la paupière supérieure, à la peau du nez. !1 fournit assez souvent une troisième branche fronto-nasale. Toutes ces divisions s’anastomosent entre elles et avec le facial.

Le nerf nasal (5, fig. 1, et 5, fig. 3) donne la racine sensitive ( racine longue et grêle) (7, fig. 3) au ganglion ophthalmique, envoie directement quelques nerfs ciliaires (G, fig. 3), et par ses branches nasale externe et nasale interne, se rend h la peau du front et du nez, s’anastomose avec le frontal, préside à la sécrétion de la membrane pituitaire de la cloison et de la paroi externe des fosses nasales.

3° Maxillaire supérieur (7, fig. 1; 2, fig. 2; 14, fig. 3).

Ce nerf, plus gros que le précédent, se place sous le globe de l’œil, dans une gouttière du plancher de l’orbite et traverse le canal sous-orbitaire dont il prend le nom ; il fournit de nombreuses branches collatérales, qui sont :

Nerf orbitaire (8, fig. 1 ). — Celui-ci est divisé en trois rameaux : l’un anastomosé avec le lacrymal de T ophthalmique ; l’autre, temporal, anastomosé avec le temporal du maxillaire inférieur; le troisième, rameau malaire, uni au facial , est variable suivant le nombre et même l’existence des trous malaires.

Branches qui émanent du ganglion sphéno-palatiri. — Elles sont encore au nombre de trois, savoir :

1° Le nerf vidien ou ptérygoïdien , issu, d’après les anciens anatomistes, du ganglion de Meckel, partagé, dans le canal vidien, en deux rameaux ; le grand pétreux du nerf vidien (10, fig. 1; 4 , fig. 2; 24, fig. 3), anastomosé avec le premier coude du facial ; et le filet carotidien du nerf vidien (4, fig. 2 ; 26, fig. 3). Celui-ci, par ses anastomoses avec des filets du ganglion cervical supérieur , du moteur oculaire externe et du nerf de Jacobson, concourt à la formation d’un plexus et quelquefois même d’un ganglion (ganglion caverneux ou carotidien), situé sur la première courbure de l’artère carotide interne. Suivant les anatomistes modernes, les deux nerfs dont je viens de parler viendraient, le premier du facial, le second du ganglion cervical supérieur , et formeraient les

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racines motrice et végétative du ganglion de Meckel, dont les racines sensitives sont fournies par le maxillaire supérieur.

2° Les palatins antérieur, postérieur et moyen (11, fig. I). L’antérieur (21, fig. 3) se rend à la pituitaire du cornet inférieur et du méat moyen ; il envoie quelques filets aux dernières molaires, aux gencives, à la muqueuse de la voûte du palais, à ses glandules, et donne encore quelques rameaux à l’angle inférieur du ganglion naso-palatin. Le palatin moyen (22, fig. 3) est destiné à la muqueuse, aux glandules du voile du palais et à la muqueuse nasale. Le palatin postérieur (23, fig. 3) se ramifie dans l’amygdale, et dans les muscles péristaphylin interne et palato-staphylin. D’après M. Longet, ces deux derniers rameaux viendraient du nerf facial, par l’intermédiaire du nerf vidien.

3° Les nerfs sphéno-palatins interne et externe (18 et 19, fig. 3), fournis également par le ganglion de Meckel , se terminent au ganglion sphéno-palatin d’HippolyteCloquet, après s’ètre ramifiés chemin faisant dans la pituitaire de la paroi externe et de la cloison des fosses nasales.

Nerfs alvéolo- dentaires postérieurs et supérieurs (13, fig. 1), antérieurs et supérieurs (7 et 8, fig. 2). — Ceux-ci s’anastomosent les uns avec les autres, et forment un plexus ( plexus dentaire) à mailles serrées, d’où partent des filets pour les alvéoles et les racines des dents. Avant de s’anastomoser, ils donnent quelques branches à la muqueuse des gencives.

La branche terminale ou sous-orbitaire du maxillaire supérieur constitue un pinceau de filaments divergents, anastomosés avec les divisions du facial pour former le plexus sous-orbitaire, destinés à la peau de la région sous-orbitaire et de l’aile du nez, à la peau et à la muqueuse de la paupière inférieure et de la lèvre supérieure.

3° Maxillaire inférieur (15, fig I, et 29, fig. 3).

Le nerf maxillaire inférieur vient à la fois de la portion motrice du nerf trijumeau et du ganglion de Casser; ses deux racines présentent, au point où elles se réunissent, un renflement appelé ganglion otique (20, fig. 2, et 35, fig. 3), et donnent des branches collatérales fournies presque entièrement par la racine motrice et destinées aux muscles qui agissent dans la mastication, la déglutition et l’audition, savoir : le masséter, le temporal, le buccal, les ptérygoïdiens interne et externe, le péristaphylin externe et le filet du muscle interne du marteau; le nerf massétérin envoie encore un filet à l’articulation temporo-maxillaire ; le buccal s’anastomose avec le facial et l’orbitaire du maxillaire supérieur ; il se distribue en outre à la muqueuse buccale.

Le nerf auriculo-temporal superficiel (16, fig. 1) naît à la fois de la portion motrice et de la portion sensitive du maxillaire inférieur : il est destiné à la peau de la région temporale et de la joue, au lobule et à la conque de l’oreille, à la glande parotide; il s’anastomose avec le facial, le nerf dentaire inférieur, la corde du tympan et le grand sympathique.

Les branches terminales du maxillaire inférieur, sont: le lingual et le dentaire inférieur , qui, d’abord réunis, se séparent, s’envoient une anastomose au-dessous de laquelle le nerf lingual (22, fig. 1, et 10, fig. 2) reçoit du facial la corde du tympan (23, fig. 1, 31, fig. 3) ; celle-ci, d’après une opinion généralement abandonnée, ferait suite au filet pélreux du nerf vidien, resterait accolée au nerf lingual jusqu’au ganglion sous-maxillaire , dont elle formerait la racine motrice, et établirait ainsi la communication entre les ganglions sous-maxillaire (12, fig. 2; 32, fig. 3) et sphéno-palatin.

S’d est difficile de démontrer anatomiquement la continuité de la corde du tympan avec le ganglion sous-maxillaire, il est au contraire assez facile, sur des pièces macérées pendant longtemps dans l’acide nitrique étendu , de décoller du facial une des racines de la corde du tympan et de la poursuivre presque jusqu’au nerf vidien.

Le nerf lingual envoie des branches à la muqueuse buccale, tonsillaire et pharyngienne , donne la racine sensitive au ganglion sous-maxillaire, concourt à la formation du ganglion sublingual se termine aux glandules (glande deNulm), a la muqueuse, aux papilles de la langue et s’anastomose avec l’hypoglosse (13, fig. 2).

Le dentaire inférieur { 19, fig. 1; 16, 16, fig. 2), se distribue à toutes les dents, par les nerfs dentaire et incisif (19, fig. 2), à la peau, à la muqueuseet aux glandules de la lèvre inférieure par labranche mentonnière (20, fig. 1, et 18, fig. 2), qui s’entre-croise avec lefacial; il fournit en outre un rameau pour les muscles mylo-hyoïdien et ventre antérieur du digastrique (21, 21 ,fig. l ; 17, 17, fig. 2.)

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

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