‹ Névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'hommeChapitre 1 sur 174 · A MADRID, CHEZ BAILLT-BAILLIËRE, CALLE DEL PRINCIPE · texte numérisé non relu

A MADRID, CHEZ BAILLT-BAILLIËRE, CALLE DEL PRINCIPE

PRÉFACE

Depuis l’antiquité, la science de l’organisation de l’homme a fixé d’une manière toute spéciale l’attention des médecins. De nos jours on a été plus loin , on a Tait de l’anatomie la base de la médecine. Les progrès récents de la physiologie expérimentale, de la chirurgie et de la médecine, ont maintenant un cachet de vérité et de certitude, parce qu’ils sont le résultat de la connaissance exacte de l’anatomie. Mais l’anatomie n’a jamais été et n’est pas encore une science facile. Son étude exige des travaux soutenus et constants, et doit se faire, non seulement dans les livres, mais particulièrement sur le cadavre. Or le cadavre humain est encore aujourd’hui plus rare qu’on ne pense.

Que de fois nos devanciers, entraînés par l’enthousiasme et par l’ardeur de connaître ces rouages si compliqués dont le mécanisme est si surprenant et si merveilleux, furent persécutés pour avoir disséqué des corps humainsf Grâce à la civilisation, nous sommes loin de cette époque. Ces vieilles idées de profanation, nées de la superstition , sont presque généralement abandonnées aujourd’hui.

Cependant de quels obstacles imprévus, de quelles difficultés souvent insurmontables ne sont pas hérissés les travaux anatomiques. Sans parler ici des conditions indispensables que doit réunir celui qui se livre à ce genre de recherches, lesquelles exigent une forte santé, de la jeunesse, une mémoire heureuse et une patience à toute épreuve, il est d’autres entraves qui naissent du manque de sujets et des accidents funestes résultant quelquefois d’un séjonr trop prolongé dans les^mphithéâtres de dissection. Aussi, y a-t-il peu d’anatomistes, malgré le besoin impérieux pour le médecin de faire de l’anatomie la base fondamentale de ses études médicales.

Le génie de l’homme, si fertile en inventions, ne pouvait manquer de créer des procédés plus ou moins ingénieux, soit pour conserver la nature, soit pour l’imiter, aGn d’aplanir les difficultés et d’obvier à tous les inconvénients. Les uns ont eu l’idée de faire des préparations naturelles sèches. Ces sortes de préparations, dont l’immense inconvénient est de ne conserver, ni la forme, ni les rapports, et d’exiger un local spécial pour la conservation, ne se trouvent

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guère que dans les musées. Les autres ont imaginé des pièces artificielles en cire, en plâtre, en carton, etc., etc. Tous ces produits ont leur utilité incontestable sans doute. Us ne peuvent toutefois rendre fidèlement les détails ; ils sont fragiles, et ne sont accessibles qu’à peu de personnes, à cause de l’élévation de leur prix.

Le dessin, cet art sublime par lequel on est parvenu à imiter la nature avec tant d’exactitude, qu’on a pu perpétuer les souvenirs les plus précieux, possède sur tous les procédés connus une supériorité bien autroment grande, par la sfaoukté de reproduire minutieusement les détails les plus délicats. Depuis les temps les plus recèles jusqu’à nos jours, on trouve dans la plupart des livres qui traitent des corps organiques et inorganiques des figures qui les représentent. En effet, le moyen le plus sûr et le plus commode pour étudier un corps, connaître exactement sa forme et comprendre sa description, c’est d’en avoir la figure sous les yeux. Si le dessin est d’un secours précieux pour la reproduction fidèle des diverses parties de l’anatomie, c’est surtout dans l’étude du système nerveux qu’on en sent la grande utilité.

Profondément pénétré de cette vérité, et après plusieurs années de travaux consacrés à ce sujet, j’ai conçu le plan d’un atlas qui représente les différentes parties du système nerveux et les organes des sens de l’homme. Les nombreuses préparations que j’ai faites et répétées moi-même bien des fois m’ont servi de modèle.

La publication de cet ouvrage, faite à une époque où cette branche importante de l’anatomie a fixé l’attention de tant d’habiles investigateurs français et allemands, paraîtra peutêtre de ma part une entreprise téméraire.

Les travaux anatomiques de Scarpa, de MM. Arnold , Bourgery, Jules Cloquet, ï’oville, Leuret, etc., sont assurément d’un grand mérite et au-dessus de tout éloge, mais iis ne sont peut-être pas assez à la portée des élèves, et l’ordre des matières, peu méthodique, en rend souvent l’intelligence très difficile.

Ces grands ouvrages, loin de paralyser mes efforts et de me décourager, n’ont fait qu’accroître mon ardeur. Témoin de l’embarras d’un grand nombre d’élèves dont je dirigeais les travaux anatomiques et de leur découragement par les obstacles qu’ils rencontraient, surtout dans les préparations névrologiques, j’ai acquis la conviction qu’il restait quelque chose à faire, et que je pouvais apporter mon tribut à la science. C’est alors que, voulant combler le vide qui existait et aplanir les obstacles signalés, je me suis décidé à publier un ouvrage qui facilitât aux élèves l’étude d’une science aride, fatigante et souvent préjudiciable à la santé.

Livré depuis huit ans à l’enseignement particulier de l’anatomie, à l’école pratique de Paris, je me suis efforcé de réduire à sa plus simple expression l’étude si compliquée du système nerveux.

Préparateur d’un grand nombre de pièces anatomiques conservées au musée de la Faculté de médecine de Paris, prosecteur et collaborateur de M. Bourgery, j’ai dû me livrer .à de nombreuses recherches et faire de l’anatomie une étude de prédilection.

Chargé de toutes les préparations névrologiques du grand ouvrage de ce savant distingué dont la science pleure la perte récente, j’ai fait de la néyrologie ma principale occupation. Il n’existe pas, j’ose le dire, un seul point du système nerveux que je n’aie vérifié moimême, le scalpel à la main. Parfois il m’est arrivé de faire quelques découvertes qui sont

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mentionnées dans le Traité d’anatomie de M. Bourgery, dans les Comptes rendus de l’Institut , ou autres écrits périodiques.

J’ai été heureux d’avoir pour collaborateur un artiste du plus grand mérite. M. Leveillé, dont le nom est depuis longtemps acquis à la science anatomique , a dessiné toutes mes pré parutions, au fur et à mesure, avec l’exactitude la plus scrupuleuse. Dès lors il m’a été possible de revoir d’un coup d’œil l’ensemble de ce travail, d’éviter les redites et de réparer les omissions.

Soutenu par les encouragements les plus flatteurs de MM. les professeurs Bérard , Cruveilhier, Denonvilliers, J. Cloquet et d’autres illustrations anatomiques, il m’a été possible de réaliser l’objet de mes vœux et de commencer la publication de cet ouvrage. '

Les étudiants y trouveront la facilité, et lej moyens de se former aux dissections dilTiciles par l'exposition du meilleur mode de préparation des parties si compliquées du système nerveux. B sera pour eux un guide qui leur économisera un temps précieux, perdu presque toujours en tâtonnements; ils auront dans les figures des modèles pour les diverses parties qu’ils désireront reproduire sur la nature humaine.

Les médecins éloignés des amphithéâtres pourront également le consulter avec fruit. Ce .sera donc à la fois, pour les uns et pour les autres, un ouvrage et un memenlo où ils seront sûrs de trouver tout ce qui leur est indispensable de revoir et de connaître.

C’est à vous, étudiants en médecine, que j’offre le fruit de mes veilles : heureux si mes efforts sont couronnés de succès et si ce travail trouve auprès de vous le même accueil qu’il a reçu de nos maîtres.

Cet ouvrage forme un atlas en un seul volume in-4° , et renferme les meilleurs modes de préparations, avec un texte concis qui sert h la fois de description et d’explication des planches.

Il contient 90 planches et plus de 250 figures dessinées d’après nature.

Une explication détaillée du plan que j’ai suivi m’a paru inutile, la table des matières l’indique suffisamment.

Paris, 1" février 1850.

AVIS Al LECTEIR.

Afin de faciliter l’étude des figures, j’ai adopté trois séries de signes :

1“ Les lettres désignent les os, les cartilages, les ligaments, les

muscles et les téguments, sous la dénomination de parties accessoires.

2“ Les majuscules indiquent les vaisseaux et les sinus : c’est le système vasculaire.

3“ Les chiffres marquent tout ce qui appartient au système nerveux.

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