LABYRINTHE MEMBRANEUX
Le labyrinthe membraneux se compose ; 1° du périoste, qui tapisse le vestibule, les canaux demicirculaires et le limaçon ; 2° des canaux demi-circulaires membraneux ; 3“ et k° de deux poches
(1) Encyclopédie anatomique, 1. V, Splanchnologie. Paris, 1845, p. 798.
DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
placées à l’intérieur du vestibule, Yutricule et le saceule ; 5° du limaçon membr aneux, ou portion molle de la cloison spirale. Il renferme encore deux liquides; l’un qui est contenu dans les canaux demi-circulaires, l’utricule et le saccule [endolymp/ie] ; l’autre qui entoure ces organes, les sépare du périoste et remplit le limaçon [périlymphe].
1“ Périoste. — C’est une membrane très mince, adhérente par sa surface extérieure aux parois du labyrinthe osseux, en contact par sa face intérieure avec la périlymphe.
Après avoir tapissé les canaux demi-circulaires et le vestibule, le périoste pénètre dans le limaçon par l’ouverture vestibulaire, recouvre les parois osseuses des deux rampes, ainsi que les deux faces de la cloison spirale, et vient se terminer sur le tympanum secundarium, dont il constitue le feuillet interne.
Il est formé d’une couche externe fibreuse et d’une couche interne épithéliale. On le considère comme un prolongement du feuillet externe de la dure-mère, avec laquelle il communique par l’aqueduc du vestibule ; d’autre part il se continue par l’aqueduc du limaçon, avec le périoste de la face inférieure du rocher.
2" Canaux demi-circulaires membraneux. — Ces canaux , distingués par Breschet en antérieur [canal vertical supérieur), postérieur [canal vertical postérieur) et externe [canal horizontal) , ont une forme analogue à celle des tubes osseux, et présentent comme eux une branche simple et une branche ampullaire. Ils n’occupent guère que le tiers ou le quart de leur enveloppe osseuse, dans laquelle ils flottent, entourés par la périlymphe et retenus seulement par quelques prolongements fibreux. Tous s’ouvrent dans Yutricule de la même manière que les canaux osseux s’ouvrent dans le vestibule, c’est-à-dire : Yexterne par deux orifices distincts ; Yantérieur et le postérieur par deux orifices ampullaires et par un tube commun dû à la jonction de leurs branches simples.
Les ampoules membraneuses ne sont pas exactement contenues dans les ampoules os.seuses, qu’elles débordent vers le vestibule. A l’extérieur, chacune d’elles est excavée du côté de la concavité du tube, et convexe en sens opposé ; à la face convexe arrivent les filets nerveux, qui aboutissent, vers le milieu de la hauteur de l’ampoule, à une petite dépression. A l’intérieur, au niveau de cette dépression, on trouve une cloison semi-lunaire, libre par son bord concave et continue aux parois de l’ampoule par son bord convexe. Les nerfs se ramifient et s’anaslomosent dans l’épaisseur de la cloison ; les uns s’y terminent en anses, les autres l’abandonnent pour se distribuer aux parties voisines.
Chaque tube membraneux ne reçoit d’expansion nerveuse qu’à son extrémité ampullaire; son extrémité simple n’est pas cloisonnée, à l’exception de celle du canal externe, qui est aussi un peu renflée, mais dépourvue de nerfs.
3" Utricule [sinus médian de Breschet). — C’est une poche allongée, située à l’intérieur du vestibule et maintenue en place par les filets nerveux , les tubes membraneux et le saccule. Sa face extérieure, en grande partie libre et entourée par la périlymphe, n’adhère aux parois osseuses qu’au niveau de la fossette semi-elliptique, où elle est retenue par les nerfs utriculaires. Sa cavité est remplie par l’endolymphe, et communique probablement avec le sac; on y voit, près de l’endroit où pénètrent les nerfs, un peu en arrière des ampoules antérieure et externe, un petit amas blanchâtre de matière calcaire, sur lequel je reviendrai tout à l’heure.
à” Sac ou saccule. — 11 est placé en partie dans la fosse ronde, à laquelle il est fixé par les filels sacculaires; son extrémité postérieure tient à l’utricule, et, d’après Scarpa, y est reçue dans une excavation particulière. Sa cavité, remplie par l’endolymphe, renferme également un petit amas calcaire.
Structure. — Les tubes membraneux, l’utricule et le saccule , offrent une structure analogue ; ils sont constitués par une membrane mince, transparente, plus épaisse là où s’épanouissent les filets nerveux, et formée d’un feuillet externe celluleux et d’un feuillet interne épithélial. Les vaisseaux et les nerfs se ramifient dans la tunique celluleuse ; les nerfs s’y terminent en anses, et leurs extrémités n’arrivent jamais à l’intérieur des cavités: d’après Husebke, elles sont toujours séparées de l’endolympe, soit par l’épithélium, soit par les concrétions calcaires.
Concrétions calcaires. — Dans les ampoules, le saccule et l’utricule, on voit, là où pénètrent les
ORGANES DE L’OUIE
sot
nerfs, de petits amas d’une poudre crétacée, désignée par Breschet sous le nom ^otoconie. Cette poudre n’est que le rudiment de véritables pierres auditives (otolithes), qui existent chez certains poissons ; examinée au microscope, elle est formée de petits cristaux prismatiques appliqués sur la couche celluleuse, et affectant des rapports immédiats avec les extrémités nerveuses. M. Huschke la regarde comme une transformation particulière de l’épithélium.
Liquides du labyrinthe. — J’ai déjà dit qu’il y avait à l’intérieur du labyrinthe deux liquides appelés par Breschet périlymphe et endolymphe.
La périlymphe {humeur de Cotugnd), indiquée par Valsai va, mais étudiée principalement par Cotugno, qui lui a laissé son nom, est une humeur limpide et transparente, légèrement troublée par l’alcool, qui entoure les tubes membraneux, le saccule et l’utricule, et remplit les deux rampes du limaçon. Elle est plus abondante chez l’homme et les mammifères que chez les oiseaux et les reptiles, où elle disparaît presque entièrement. On la considère comme un produit de sécrétion du périoste.
L’endolymphe, découverte par Scarpa, est renfermée dans les tubes membraneux , le saccule et l’utricule ; chez l’adulte, elle ne diffère pas sensiblement de la périlymphe, mais chez le fœtus elle s’en distingue par une couleur roussâtre. Sa consistance varie dans les différentes espèces ; fluide comme de l’eau chez l’homme et les mammifères, elle est plus visqueuse dans l’oreille des oiseaux et des reptiles, et principalement chez les poissons chondroptérygiens, où elle ressemble à une petite masse gélatineuse.
5“ Limaçon membraneux. — Il se compose du périoste et de la portion molle de la cloison spirale.
Le périoste est la continuation de celui du vestibule, et a déjà été décrit; nous n’avons donc plus à nous occuper que de la portion molle de la cloison spirale.
Celle-ci, examinée dans son ensemble, tient par son bord concave au bord convexe de la cloison osseuse, et par son bord convexe à la paroi externe du limaçon. Étroite à son origine dans le vestibule, elle s’élargit de plus en plus jusqu’au sommet du limaçon, où elle complète en haut et en arrière l’hélicotrème, et sépare à elle seule les deux rampes- On la divise en deux zones, l’une cartilagineuse, l’autre membraneuse.
La zone cartilagineuse ou moyenne , intermédiaire à la cloison osseuse et à la zone membraneuse, est mince, transparente, et de nature fibro-cartilagineuse. Vers son bord convexe, elle semble se partager en deux lames qui interceptent entre elles un sillon visible seulement sur la face vestibulaire. Une des lames se continue avec la zone membraneuse, l’autre est libre dans la rampe vestibulaire, saillante en forme de crête, recourbée et surmontée de petites éminences placées les unes à côté des autres comme des dents {crête auditive). Le sillon est le vestige d’un canal complet qui existe chez le fœtus et communique avec le saccule. M. Corti, dans un travail publié récemment, décrit aussi la crête auditive et le sillon qui sépare les deux lames, mais il indique en outre, sur la face vestibulaire de la seconde lame, une nouvelle rangée de dents {dents de la deuxième rangée). D’après cet anatomiste, les filets nerveux limaciens n’aboutissent pas à ces nombreuses saillies, ils sont appliqués sur la face tympanique de la zone cartilagineuse, où ils forment un réseau ; les divisions de ce réseau s’entrelaçent avec des ramifications vasculaires qui s’ouvrent à angle droit dans un petit vaisseau {vas spirale de M. Huschke) situé au niveau des dents de la deuxième rangée.
La zone membraneuse , transparente, plus mince à son bord concave qu’à son bord convexe, où elle est percée, d’après Breschet, d’un sinus veineux, est formée de trois couches superposées, deux superficielles, épithéliales, et une moyenne, fibreuse.
Les couches épithéliales ne sont probablement qu’un prolongement du périoste aminci ; la couche fibreuse résulte, suivant Breschet, de l’entrecroisement des gaînes névriléma tiques des filets nerveux limaciens, mais les autres anatomistes n’y ont vu que des fibres parallèles dirigées de la zone cartilagineuse vers la paroi externe du limaçon. M. Corti a noté un épaississement remarquable de la zone membraneuse au moment où elle se continue avec le périoste; celui-ci présenterait à cct endroit des plis ou des espèces de colonnes.
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