DU NEZ
Le nez est cette éminence triangulaire et pyramidale qui est placée à la partie supérieure et moyenne de la face, au-dessus de l’ouverture antérieure des fosses nasales qu’il recouvre et qu’il protège, entre le front et la lèvre supérieure, les orbites et les joues. Ou lui distingue deux faces latérales, un bord antérieur, un sommet et une base ; celle-ci est percée de deux ouvertures toujours béantes, nommées narines.
Faces latérales. — Elles sont plus étroites en haut qu’en bas, et plus ou moins étendues et inclinées en dehors, où elles se continuent avec les joues. On y remarque inférieurement un silfon demicirculaire, à concavité tournée en bas et en avant, qui, après avoir séparé le nez de la joue, remonte au-dessus d’une éminence appelée aile du nez.
Bord. — Les deux faces latérales, en se réunissant sur la ligne médiane, constituent le bord antérieur ou le dos du nez. Celui-ci, incliné de haut en bas et d’arrière en avant, a une forme variable suivant les individus, convexe dans les nez aquilins, il est droit dans les nez grecs, et même concave dans les nez retroussés. Il se termine inférieurement par une éminence arrondie, nommée le lobe, ou le bout du nez.
Base. — Ordinairement horizontale, souvent aussi tournée un peu en avant, elle présente les deux narines, ouvertures ovalaires qui sont quelquefois réduites à de simples fentes.
Les narines conduisent dans les fosses nasales ; elles sont limitées en dehors, de chaque côté, par l’aile du nez correspondante, en dedans par la sous-cloison qui les sépare l’une de l’autre.
Sommet ou racine. — Il est étroit et séparé de la bosse frontale moyenne par une dépression plus ou moins profonde, qui manque dans les nez grecs.
Le nez varie beaucoup quant à sa direction ; et bien qu’il occupe généralement la ligne médiane, il n’est pas rare de le voir plus ou moins dévié à droite ou à gauche.
Les variétés de forme et de volume sont aussi très nombreuses ; on les rapporte à trois espèces principales, savoir : les nez proéminents, auxquels se rattachent les nez aquilins, c’est-à-dire ceux qui sont convexes, minces, allongés et pointus; les nez droits ou grecs, qui se continuent sans ligne de démarcation avec le front ; 2° les nez retroussés, dont le lobe plus ou moins pointu est relevé ; 3“ les nez aplatis, dont le dos est plat à partir de la racine, quelquefois concave, dont les ailes sont très larges et les narines tournées en avant. Ces nez sont généralement plus larges que longs.
Les nez des deux premières espèces appartiennent à la race caucasique ; les nez proéminents, plus particulièrement aux hommes, les nez retroussés aux femmes et aux enfants. Les nez aplatis se voient dans les races nègre et mongole.
Structure.—\\ entre dans la structure dunez:unecharpenteouun squelette osseux, cartilagineux et membraneux; des muscles, des vaisseaux, des nerfs ; une enveloppe cutanée, une membrane muqueuse, des follicules muqueux et sébacés, et quelques poils.
OES OJJGANES DES SENS DE L’HOMME
SQDELETTE Dü NEZ.
Il est osseux et solide en haut, cartilagineux, membraneux et un peu mobile en bas.
La portion osseuse est formée parles os propres du nez et les apophyses montantes des os maxillaires, qui s’articulent avec l’épine nasale du coronal et avec les apophyses orbitaires internes. Elle offre à considérer une face interne faisant partie des fosses nasales et qui sera décrite avec elles ; une face externe, une base et un sommet.
On distingue encore à la face externe deux faces latérales et un bord antérieur. Chacune de ces faces, plus étroite en haut qu’en bas, plus ou moins inclinée en dehors, concave à sa partie moyenne, est parcourue dans toute sa longueur par la ligne de suture de l’os propre du nez avec l’apophyse montante de l’os maxillaire. Sur le premier de ces os, on voit vers la partie moyenne, deux ou trois trous pour le passage de petits vaisseaux qui font communiquer ceux de la peau avec ceux de la muqueuse pituitaire ; inférieurement se trouvent des inégalités pour l’insertion du muscle pyramidal. L’apophyse montante présente en haut des inégalités auxquelles s’attache le muscle élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, et en bas des trous vasculaires pour la nutrition de l’os.
Le bord antérieur, incliné de haut en bas et d’arrière en avant, est formé par la suture harmonique des deux os propres du nez.
La base n’est autre chose que l’ouverture antérieure des fosses nasales, dont nous parlerons tout à l’heure.
Le sommet répond à la suture des os propres du nez avec l’épine nasale du coronal, et est limité par un sillon plus ou moins profond, concave inférieurement, qui s’étend de l’une à l’autre des apophyses orbitaires internes du coronal. Ce sillon se continue de chaque côté avec les sutures de l’apophyse montante avec l’os propre du nez et l’apophyse orbitaire interne ; il est coupé à angle droit, dans sa partie moyenne, supérieurement par la suture des deux moitiés latérales du coronal, inférieurement par la suture des deux os propres du nez.
Cartilages du nez.
On en compte cinq principaux, qui sont distingués eu pairs et eu impairs. Les premiers , au nombre de quatre, occupent les parties latérales : ce sont les deux cartilages latéraux proprement dits, et les deux cartilages des ailes du nez ou des narines ; le dernier est situé sur la ligne médiane et s'appelle cartilage médian, ou de la cloison.
11 existe encore des noyaux cartilagineux pairs, en nombre indéterminé, développés entre les cartilages précédents, et parmi lesquels on en a décrit plus spécialement trois de chaque côté, sous le nom de cartilages carrés. Enfin, Huschke fait mention de deux lamelles cartilagineuses (cartilages vomériens), entre lesquelles vient se placer le bord inférieur du cartilage médian.
De cette manière, le nombre des cartilages du nez, porté à onze par Santorini, s’élèverait jusqu’à treize, dont douze pairs, indépendamment des cartilages sésamoïdes proprement dits.
1° Cartilages latéraux proprement dits. —Irrégulièrement triangulaires, aplatisde dehors en dedans, ils sont situés au-dessous des os propres du nez et au-dessus des cartilages des narines, à la branche externe desquels ils adhèrent par un tissu fibreux dense et serre. Leur bord supérieur s’enfonce sous le bord inférieur de l’os propre du nez et de la partie voisine de l’apophyse montante, et s’y attache par du tissu fibreux ; leur bord interne, uni à celui du côté opposé dont il est à peine séparé par un sillon superficiel, se continue avec le bord supérieur du cartilage delà cloison. Leur face externe est couverte par les mu.scles triangulaire et pyramidal; leur face interne est tapissée par la membrane pituitaire.
2“ Cartilages des ailes du nez ou des narines. — Situés au-dessous des précédents, ces cartilages appartiennent spécialement aux ouvertures des narines, qu’ils maintiennent continuellement béantes. Ils sont recourbés sur eux-mêmes, de manière a représenter de chaque côté une ellipse coupée en
OKGANES DE 1,’ODORAT OU DE l.'OLFACTION.
arrière, ou deux branches coudées à angle arrondi tourné en avant. Des deux branches, l’une est externe et l’autre interne
La première [branche pinnole), très mince, se dirige un peu en haut et en arrière au-dessus de l’aile du nez, dont son bord inférieur forme le sillon, et se termine par une extrémité arrondie dans le tissu fibreux qui la réunit au cartilage précédent. Elle est recouverte en dehors, où elle est convexe, par le muscle triangulaire et par la peau ; en dedans, où elle est concave. par la muqueuse pituitaire.
La seconde, horizontale, plus étroite que la précédente qu’elle déborde inférieurement, revêtue en dehors par la pituitaire, est contiguë en dedans à la cloison, supérieurement, et à la branche du côté opposé, inférieurement. Elle adhère à cette dernière par un tissu cellulaire lâche, dans lequel se prolonge habituellement l’artère de la sous-cloison. Large en avant, la branche interne se termine en arrière par une extrémité étroite, mince et recourbée en dehors, fixée par du tissu cellulaire à l’épine nasale antérieure et inférieure. La contiguïté, de son bord inférieur à celui du côté opposé constitue la sous-cloison, recouverte par la peau. La contiguïté des angles des deux cartilages des narines constitue en avant une saillie plus ou moins prononcée, qui détermine la forme du lobe du nez et qui offre dans son milieu une rainure appréciable sous la peau, par le toucher.
3° Cartilage de la cloison .— Il est situé à la partie antérieure et inférieure de la paroi interne des fosses nasales, dans l’échancrure triangulaire interceptée par la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et le vomer. Il est aplati transversalement et à peu près triangulaire; le plus ordinairement vertical, il est souvent aussi plus ou moins dévié à droite ou à gauche, et surtout dans ce dernier sens. Ses deux faces, revêtues par la membrane pituitaire, servent à constituer les parois internes des fosses nasales. Son bord supérieur et postérieur, épais, rugueux, incliné en arrière et en bas, s’articule par continuité de tissu avec le bord inférieur de la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. Son bord inférieur répond en avant aux branches internes des cartilages des narines, auxquelles il adhère par un tissu cellulaire lâche ; en arrière, il repose sur le tissu cellulaire qui unit les deux cartilages noménews et sur le bord antérieur du vomer, entreles deux lames duquel il envoie chez les jeunes sujets un prolongement {prolongement caudal) (\m va se fixer au rostrum du sphénoïde. Les deux faces latéralesde ce prolongement sont longées de chaque côté par le nerf naso-palatin interne.
Soft bord antérieur, continu en haut avec les cartilages latéraux qui lui forment des espèces d’ailes, est contigu inférieurement aux branches internes des cartilages des narines, et se termine en formant avec le bord inférieur un angle obtus.
k° Cartilages vomériens. —Huschke décrit sous ce nom deux petites lamelles cartilagineuses, longues de 15 millimètres à peu près, dirigées horizontalement en arrière depuis l’épine nasale antérieure et inférieure jusqu’à l’extrémité antérieure du vomer. Ces cartilages, réunis par un tissu cellulaire lâche, laissent entre eux un sillon dans lequel vient se placer le bord inférieur du cartilage de la cloison et le bord in férieur du vomer. Dans quelques cas, ils se joignent en arrière à deux autres bandelettes cartilagineuses qui leur sont parallèles, et avec lesquelles ils forment de chaque côté, sur la paroi inférieure des fosses nasales, un sillon longitudinal.
Les cartilages carrés sont de petits disques, au nombre de trois de chaque côté, situés sur la face externe de l’aile du nez, et unis en arrière à l’extrémité postérieure de la branche externe du cartilage des narines.
Il existe encore des noyaux cartilagineux {cartilages sésamoîdes), en nombre indéterminé, placés dans la membrane fibreuse qui s’étend entre les cartilages la téraux et les cartilages des narines.
Usages des cartilages. — Les cartilages du nez donnent par leur élasticité, à la partie la plus saillante de cet organe, le degré de souplesse et de mobilité dont elle jouit. C’est de cette manière qu’ils préviennent les ruptures auxquelles elle aurait été infailliblement exposée, si le nez possédait dans toute son étendue la structure osseuse. Les cartilages des narines sont aussi destinés à maintenir ces ouvertures béantes.
Toutes ces pièces que nous venons de décrire rappellent d’ailleurs parfaitement la formedes parties osseuses. Le cartilage latéral proprement dit, la membrane fibreuse placée au devant, et la branche externe du cartilage de la narine, représentent les os propres du nez. Le cartilage de la cloison fait
DES Or.GANES DES SENS DE L’HOMME.
suite à la lame perpendiculaire de l’ethmoïde ; son bord inférieur, comme celui de cette dernière, est reçu entre les deux lames du vomer, et plus en avant entre les cartilages vomériens et les branches internes des cartilages des narines ; le mode d’union de son bord supérieur avec les cartilages latéraux explique la solidité que présente encore à cet endroit le bord antérieur du nez, et ressemble exactement au mode d’union de la lame perpendiculaire avec les os propres du nez.
Membrane fibreuse du nez.
Placée entre le cartilage latéral et celui de la narine, qu’elle unit l’un à l’autre, elle contient dans son épaisseur des segments cartilagineux irréguliers qui la rendent plus résistante. En dehors elle reçoit les insertions de quelques fibres du muscle triangulaire ; en dedans elle est tapissée par la muqueuse pituitaire.
Cette membrane sert à donner une mobilité plus considérable au lobe du nez.