STRUCTURE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
Les diverses coupes horizontales de la moelle montrent qu’elle est formée de deux substances, l’une blanche, et l’autre grise, dont la forme et les proportions respectives varient à différentes hauteurs. La première, périphérique, présente dessillons à sa circonférence et enveloppe la deuxième. En examinant ces coupes, on remarque que la substance grise envoie dans la substance blanche des prolongements curvilignes se regardant par leur convexité et réunis par un trait transversal de même couleur, qui leur donnent la forme d’une espèce d’)-(. Ces prolongements constituent, en arrière, les cornes postérieures, en avant, les cornes antérieures. La ligne qui les unit est la commissure grise ou postérieure. Les cornes postérieures, minces, effilées, traversent la substance blanche, du centre à la périphérie, et se terminent dans les sillons latéraux postérieurs. Les cornes antérieures, plus courtes et plus épaisses, se dirigent aussi, en sens opposé, vers les sillons latéraux antérieurs et se terminent par un léger renflement, sans atteindre les sillons collatéraux antérieurs. La substance grise est plus abondante à la partie inférieure de la moelle qu’à sa partie supérieure ; sa coloration, assez marquée dans la jeunesse, diminue de plus en plus avec l’âge et devient jaunâtre chez les vieillards, de manière à se confondre avecla substance blanche.
D’après Rolando, la substance grise de la moelle est formée de deux portions : Tune, d’un gris cendré, spongieuse et vasculaire, constitue les cornes antérieures ; l’autre, de même nuance et gélatineuse, constitue les cornes postérieures. Ces deux substances s’engrèneraient réciproquement à la manière des os du crâne.
Avant le quatrième mois de la vie intra-utérine, la substance grise n’existe pas : on trouve à sa place un liquide gélatineux renfermé dans lé canal que chacune des moitiés de la moelle présente à cette époque ; plus tard, ce liquide est remplacé par la substance grise qui oblitère ces canaux.
Ces coupes démontrent également que la substance blanche est formée, dans toute sa longueur, de deux moitiés demi-ovalaires, réunies par une lamelle transversale qu’on nomme commissure blanche ou antérieure, doublée elle-même par la commissure grise. Chaque moitié se compose aussi de deux cordons ou faisceaux : l’un, postérieur, triangulaire; l’autre , antéro-latéral, plus grand, séparé du précédent par la corne postérieure de la substance grise et une portion de la commissure de la même substance , est divisé, dans une partie de son étendue, par la corne antérieure. De là, dissidence des anatomistes sur le nombre des cordons qui constituent chaque moitié de la moelle. Chaque cordon se compose d’un grand nombre de lamelles ou segments longitudinaux, prismatiques, constitués eux-mêmes par un amas de fibres longitudinales, extensibles, légèrement flexueuses, qui sont considérées comme autant de tubes remplis d’un liquide clair, transparent et oléiforme ou mucilagineux.
ET DES ORGANES DES SENS DE LTIOMME