‹ Névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'hommeChapitre 16 sur 174 · MOELLE ALLONGÉE · texte numérisé non relu

MOELLE ALLONGÉE

La moelle allongée est cette portion de la face inférieure et postérieure de l’encéphale intermédiaire au cerveau, au cervelet et à la moelle épinière qu’elle lie entre eux, et avec lesquels elle se continue. Elle est l’origine de presque tous les nerfs crâniens ; sa couleur blanchâtre et l’absence d’anfractuosités et de circonvolutions la distinguent facilement des autres organes encéphaliques qui l’entourent et dont la coloration est au contraire grisâtre à la superticie. Quand un l'examine isolée, on voit que sa forme est très irrégulière et que sa direction est oblique de haut en bas et d’avant en arrière.

La moelle allongée comprend la protubérance annulaire, le bulbe crânien, les pédoncules cérébraux et cérébelleux moyens, les tubercules quadrijumeaux et la valvule de Vieussens. L’ensemble de ces diverses parties a été comparé par les anciens à un animal, dont la protubérance serait le corps, les pédoncules cérébraux les bras, les pédoncules cérébelleux moyens les cuisses et le bulbe crânien la queue ; d’où l’origine de la dénomination de mtes et testes pour désigner les tubercules quadrijumeaux.

On peut distinguer à la moelle allongée quatre faces et deux extrémités : r une face inférieure et antérieure qui repose sur la gouttière basilaire, dont elle est séparée par les vaisseaux et les méninges ; 2° une face postérieure et supérieure, recouverte par le cervelet et par le corps calleux dont elle est séparée par la toile choroïdienne, la glande pinéale et le canal arachnoïdien de Bichat ; 3“ deux faces latérales plus étroites, irrégulièrement convexes, libres d’adhérem^e en haut, recouvertes en bas seulement par le cerveau et le cervelet, et réunies à celui-ci à leur partie moyenne, à l’aide des pédoncules cérébelleux.

L’extrémité anterieure et supérieure est continue aux lobes du cerveau ; l’extrémité postérieure et intérieure à la moelle épinière.

Cette planche a pour objet de montrer la conformation extérieure des différentes parties de la moelle allongée.

Préparation. — Placez l’encéphale sur sa couvexilé et détachez la pie-mère qui recouvre la hase; écartez l’un de l’autre leslobes moyens du cerveau, pour mettre à nu la face inférieure de la moelle allongée. En renversant d’arrière en avant le cervelet, et en détachant avec précaution la pie-mère qui entoure les veines de Galien, on met à nu la portion horizontale de la fente de Bichat, les tubercules qu<idrijuraeauxet la glande pinéale.

Cela fait, divisez les pédoncules du cerveau par une section perpendiculaire, qui passe au-devant des tubercules quadrijumeaux. De cette manière vous détachez du cerveau la moelle allongée et le cervelet.

Ensuite enlevez par une coupe horizontale toute la portion du cervelet située au-dessus et en arrière des tubercules quadrijumeaux : vous découvrez alors ces organes et les pédoncules supérieurs du cervelet, qui sont unis entre eux par une lamelle mince, mi-transparente et légèrement déprimée. Cette lamelle est la valvule de Vieussens.

Immédiatement derrière, et un peu en dehors des tubercules quadrijutneaux, on voit les faisceaux triangulaires. Une solution de continuité pratiquée sur la valvule de Vieussens permet de pénétrer dans le quatrième ventricule.

Si vous enlevez toute la portion médiane et un lobe latéral du cervelet au moyen d’une section qui divise les pédoncules cérébelleux, vous découvrez complètement la paroi antérieure du quatrième ventricule, les corps resiiformes et les renflements mamelonnés qui bordent le bec du calamus scriptorius.

VACR ANTÉRO-mrÉaiEORE DE LA MOELLE ALLOMAB.

La face antéro-inférieure de la moelle allongée présente la protubérance annulaire ou pont de Varole,le bulbe rachidien ou crânien, les pédoncules cérébelleux moyens et les pédoncules cérébraux

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Explicatioii de la figure 1.

1. Protubérance annulaire {pont de Varole, tnésocéphale,nceudde l’encéphale). C’est un renflement blanc, cuboïJe, placé à la base de l’encéphale, et intermédiaire , d’une part, à la moelle épinière, au cerveau et au cervelet, dont il est en quelque sorte le lien commun ; de Tautre, à la gouttière basilaire, sur la partie supérieure de laquelle il repose. Elle offre à sa face inférieure ou antérieure et sur la ligne médiane, un sillon lai-ge, antéro-postérieur, qui loge le tronc basilaire : ce sillon est le produit de deux saillies longitudinales, ducs au soulèvement des fibres transverses de la protubérance par les pyramides qui 1^ traversent. Trois séries de fibres transversales et blanchâtres, disposées en autant de bandelettes ou faisceaux, se remarquent sur celte face : Tune, supérieure, se contourne de bas en haut, pour constituer la partie supérieure des pédoncules moyens du cervelet; l’autre, moyenne, croise en descendant et en dehors la bandelette inférieure, pour former avec celle-ci la partie inférieure des pédoncules moyens du cervelet.

Dans l’écartement qui sépare Tune de l’autre la bandelette moyenne et la bandelette supérieure, on voit, 2,2, l'origine apparente de la cinquième paire. Les faces latérales de la protubérance se confondent avec, 3, 3, les pédoncules moyens du cervelet. Ces pédoncules se continuent directement avec les fibres Iranscerses de la protubérance, lesquelles se contournent en se réunissant en faisceaux, pour contribuer à la formation du noyau blanc du cervelet.

(Ici le pédoncule droit est conservé pour montrer ses irradiations jusque dans les lamelles du cervelet; le pédoncule gauche est coupé.)

La protubérance se continue eu arrière, avec, à , le bulbe crânien.

Le bulbe crânien est un renflement couoïde et tronqué, légèrement aplati d’avant en arrière, à sommet dirigé en bas; sa base est limitée par un sillon transversal, curviligne et superficiel, qui le sépare de la protubérance avec laquelle il se confond. Ce sillon est Torigine apparente de la sixième paire. Ce renflement occupe, en haut et en arrière, Técbancrure médiane du cervelet, eu bas et en avant, la gouttière basilaire de l’occipital, dont il est séparé par les artères vertébrales. 11 constitue, d’après les uns, Texlrémité supérieure ou portion crânienne de la moelle épinière (pars cephalica medullœ spinalis) ; d’après les autres, Texlrémité inférieure de la moelle allongée, queue de la moelle allongée tpaudex medullœ oblongalœ ), et réunit la moelle épinière au cerveau et au cervelet. 11 offre au milieu le sillon médian superficiel, qui se continue, en bas, avec le sillon antérieur de la moelle épinière. L’extrémité supérieure de ce sillon se termine par une fossette appelée trou borgne de Vicq d'Azgr, et tombe perpendiculairement sur le sillon curviligne précédent ; son extrémité inférieure est déviée un peu par Teffet d’un entre-croisement qui a lieu sur ce point. L’écartement des bords de ce sillon laisse voir au fond une lame blanchâtre criblée de trous vasculaires.

De chaque côté de ce sillon se voient, 5, 5, les pyramides : elles sont constituées par deux cordons prismatiques, triangulaires, légèrement renflés au milieu, à base périphérique et â sommet central, qui pénètre jusque vers le milieu de l’épaisseur du bulbe; elles mesurent toute la longueur du bulbe crânien. Leur extrémité supérieure se rétrécit et s’arrondit un peu au moment de pénétrer dans la protubérance, et présente quelquefois des fibres arciformes.

En dehors et en arrière des pyramides se trouvent, 6, 6, les corps olicaires , ainsi nommés à cause de leur ressemblance avec une olive : ils sont blancs à l’extérieur, quelquefois bosselés, et plus courts que les pyramides antérieures. Leurs extrémités supérieures divergent Tune de Tautre, sans atteindre la protubérance, et sont séparées de celle-ci par une dépression assez profonde : celte dépression est la fossette de l’éminence olivairede Vicqd’Azyr, dans laquelle naissent le nerf facial et la portion antérieure du nerf auditif. Les extrémités inférieures, moins volumineuses, sont croisées souvent par deux faisceaux de fibres disposées en arcs, à concavité supérieure : ce sont les faisceaux arciformes de l'olive.

A 5 ou 6 millimètres au-dessous et en arrière des olives, on remarque, 7, 7, les tubercules cendrés de Rolando. Deux sillons profonds, qui sont la continuation des sillons collatéraux antérieurs de la moelle, lesquels sont, au contraire, très superficiels, séparent les olives des pyramides. Au fond de ces sillons s’insèrent les radicules du neif grand hypoglosse.

Immédiatement en dehors de ces sillons, on aperçoit, 8, 8, les corps restiformes, dont une portion seulement est visible ici. Le reste se voit à la face postéro-supérieure de la moelle allongée, qui sera décrite plus loin.

La face antérieure de la protubérance annulaire se continue, en grande partie, avec, 9, 9, les pédoncules cérébraux dont elle se distingue par la direction de ses fibres, qui n’est pas la même, et par une saillie qui est beaucoup plus considérable, surtout chez Thomme.

Les pédoncules cérébraux sont deux grosses colonnes blanches, fasciculées, à fibres parallèles. Cylindriques au point d’immergence avec la protubérance, bientôt ces deux colonnes s’aplatissent en s’élargissant, et se dirigent

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eu divergeant vers les lobes cérébraux, dans lesquels elles s’enfoncent : là, elles sont limitées par les bandelettes des nerfs optiques qui les croisent obliquement.

In espace triangulaire sépare l'un de l'autre les pédoncules. Cet espace inter-pédonculaire forme, conjointement avec un autre espace triangulaire, circonscrit par le chiasma et les bandelettes des nerfs optiques, un grand espace losangique qui loge, d'arrière en avant, un cul-de-sac assez profond, appelé irou borgne antérieur, les nerfs moteurs oculaires communs, les lamelles perforées médianes ou lamelles criblées inter-pédonculaires. les tubercules pisiformes ou éminences mamillaires, le luber cinereum et sa tige pituitaire.

En dehors et en arrière des pédoncules, sont, 10,10, les corps ^enouiffés ; ce sont quatre rendements, deux de chaque cdté, qui se continuent avec les bandelettes des nerfs optiques. Les internes sont gris et saillants, les externes sont blanchâtres et moins marqués.

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