FACE LATÉRALE DE LA MOELLE ALLONGÉE
1. Pyramide antérieure. — 2. Olive. — 3. Sillon longitudinal qui sépare la pyramidedeTolive, et dans lequel s’insèrent les filets radiculaires du nerf grand hypoglosse.— 4. Fibres arciformes et tubercule cendré de Rolande. — 5. Corps resliforme. — 6. Sillon qui le sépare de l’olive. — 7. Ligne d insertion des nerfs glosso-pliaryngien, pneumo-gastrique et des racines bulbaires du nerf spinal ; elle est la continuation du sillon latéral postérieur correspondant. — 8. Faisceau intermédiaire à cette ligne et à l’olive, ou faisceau respiratoire du bulbe de Ch. Bell. — 9. Nerf auditif, contournant le corps restiforme. — 10. Pédoncule moyen du cervelet, coupé. — 11. Grosse racine de la cinquième paire, se dégageant de la protubérance, entre les bandelettes supérieure et moyenne. — 12. Deux des tubercules quadrijumeaux. — 13. Corps genouillés externe ei interne : ils se continuent avec les racines externe et interne de la bandelette optique, — 14. Pédoncule du cerveau coupé.
Préparé par Lud0Vic.
Fig. 2.
Tmp TifiTnercier àPans
ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
PIiA.NrCHE 15.
CETTE PLAMCHE MONTEE LA CONFORMATION INTÉRIEÜEE DES PARTIES OONSTTTDANTES DE LA MOELLE ALLONGÉE.
Préparation. — Afin d'étudier toutes les parties reproduites sur cette planche et de suivre la direction des fibres constituantes des renflements encéphaliques, il est indispensable d’avoir à sa disposition plusieurs moelles allongées très fraîches. Quelques unes serviront à l’étude telles quelles, sans aucune préparation préalable; les autres devront être durcies par une immersion de dix à douze jours dans l’alcool concentré.
On peut aussi employer la coction dans l’huile ou dans l’eau salée.
Le jet d’eau, dont on varie la force à volonté, donne aussi de bons résultats; mais à la condition de n’agir que sur des organes excessivement frais et n’ayant subi aucune espèce de macération, ni coction.
L’étude de la conformation intérieure de la moelle allongée réclame la combinaison de plusieurs moyens nécessaires au succès d’une bonne préparation.
Ainsi, pour reproduire les figures 1 et 2, on pratiquera des coupes horizontales faites par tranches successives et très minces. La reproduction des figures A et 6 sera pratiquée d’abord par des incisions faites avec le scalpel, ét terminée par l’écartement complet ou incomplet à l'aide des doigts.
Trois moyens seront mis en usage pour fa reproduction des figures 3 et 7 : le scalpel, la dissociation des fibres au mqyen d’un écartement suffisant, et l’action de racler.
La figure 5 sera préparée par des coupes pratiquées à la fois avec le scalpel et par l’action de racler. J’ajouterai, pour prémunir les élèves contre les mécomptes et les découragements qui seraient la suite des mauvais succès des préparations, que la cause tient assez souvent à l’emploi qu'ils ont pu faire, à leur insu, de sujets qui, ayant au deliors toutes les apparences d’une fraîcheur convenable, contenaient au dedans un commencement d'altération.
Une autre cause peut,indépendammeut de celle-ci, faire manquer une préparation ; c’est le défaut d’habitude et de dextérité, si utiles dans ces sortes de préparations, et que la pratique seule peut donner.
F,x|»li«>atlon de la fliriire 1.
U Coupe horizontale et superficielle de la face intérieure de la protubérance. Celte face constitue un plan de fibres blanches, transversales, disséminées au milieu d’une substance d’un gris jaunâtre. Les fibres blanches, moins marquées que celles de la couche superficielle, qui est enlevée ici, sont à peine sensibles sur la ligne médiane, où elles paraissent former une espèce de raphé. — 2. Coupe horizontale et superficielle du bulbe crânien. On voit les olives se rapprocher de la ligne médiane, en passant derrière les pyramides. On reconuatt qu’elles sont formées à la périphérie par une écorce blanche, doublée elle-même d'une substance grise jaunâtre plissée sur elle-même, ouverte sur la ligue médiane, et dans laquelle se trouve un noyau de substance blanche et grise.
Expliratioii de la ÜKiire 2.
1. C.oupe horizontale et plus profonde de la protubérance, faite au niveau du pl.in du bulbe et des pédoncules du cerveau. On voit les fibres Iransverses continues, de chaque cêlé, avec les pédoncules cérébelleux moyens, qui sont coupés ici. Ces fibres iransverses sont croisées perpendiculairement, et comme iiatées, par des faisceaux de fibres blanches antéro-postérieures, qui vont des pyramides, dont elles ne sont que des prolongements, dans les pédoncules cérébraux. La substance grise est interposée à ces fibres. — 2, 2. Pyramides conservées en entier. — 3, 3. Olives dont on ne voit qu’une portion, l’autre portion étant cachée par les pyramides. — A, A. Pédoncules du cerveau.
ExLplicMtion de la fleure 3.
1. Coupe des fibres transversales, superficielles de la protubérance, pratiquée sur un côté , pour voir plus profondément, 2, les fibres antéro-postérieures de la pyramide se continuant, à travers la protubérance, avec
ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX
les fibres superficielles du pédoncule cérébr<nl correspondant. — 3. Coupe des fibres transversales moyennes delà protubérance, pour laisser voir, A, d’autres fibres longitudinales qui appartiennent à la face antérieure du cordon intermédiaire ou latéral du iulbe (faisceau moyen, faisceau innominé, faisceau de renforcemeni). La face postérieure de chaque cordon latéral proémine sur la paroi antérieure du quatrième ventricule, où elle forme, en dehors du sillon médian, une saillie antéro-postérieure ; elle est tapissée par la substance grise qui revêt celte paroi. Ce faisceau ou cordon n’est autre chose que toute celte portion du faisceau antéro-latéral étrangère à la formation de l’enlre-croisement des pyramides; il traverse la protubérance, d’arrière en avant, pour se continuer : 1" avec la couche profonde des fibres du pédoncule cérébral ; 2“ avec la lamelle perforée médiane; 3® avec le pédoncule cérébelleux moyen, par une petite portion qui se détourne pour se rendre dans cet organe. Nous verrons que la face postérieure des deux cordons latéraux on moyens donne, de chaque côté de la ligne médiane, deux autres prolongements. L’un, le faisceau triangulaire latéral, forme avec celui du côté opposé une sorte de commissure au-dessous des tubercules quadrijumeaux ; l’autre, qui constitue une des moitiés de la calvulede Vieuseens, s’entre-croise avec celui du côté opposé, à la manière du chiasma des nerfs optiques, pour compléter cette valvule, laquelle occupe l’intervalle qui sépare les bords internes des pédoncules cérébelleux supérieurs, et se prolonge dans l’épaisseur du lobe médian du cervelet. On voit donc que le faisceau intermédiaire, ou cordon latéral, fournit cinq prolongements. Ce cordon contient dans son épaisseur l’olive, et a été nommé, à cause de cela, faisceau sous-olivaire, ou mieux olivaire; il est placé entre le corps restiforme et la pyramide, dont il est séparé par une couche de fibres transverses de ta protubérance, et par un noyau de substance grise.
D’après M. Cruveilhier, le faisceau moyen serait formé par une portion seulement (la portion la plus profonde) du faisceau ou cordon latéral, qui serait renforcée par un tissu propre, d’un gris jaunâtre, ayant quelque analogie avec la substance des couches optiques; de lâ, son nom de faisceau de renforcement. L’autre portion du faisceau antéro-latéral, la plus grande, constituerait le corps restiforme correspondant. Les résultats de mes dissections contredisent formellement cette opinion ; j’adopte la première, énoncée ci-dessus, qui est aussi celle de M. Longet.
5. Fibres transversales profondes de la protubérance annulaire. —6. Corps genouillés externe et interne, donnant naissance aux racines interne et externe de la bandelette optique.— 7. Substance noirâtre (locus niger de Sœmmerring), placée dans l’épaisseur des pédoncules cérébraux, immédiatement au-devant de la protubérance, entre les fibres pédonculaires de la pyramide et celles du faisceau moyen. — 8. Section de la portion cérébelleuse du corps restiforme. — 9. Pyramide. — 10. Pyramide coupée en partie, pour laisser voir toute l’olive correspondante. — 11. Point d’entre-croisement ou de décussation des pyramides, rendu visible par un léger écartemant de ces corps.
Explication de la flj^iire i|,
1. Entre-croisement des fibres, vu au fond du sillon médian de la paroi antérieure du quatrième ventricule. On le voit au moyen d’une section verticale et médiane des tubercules quadrijumeaux, de la glande pinéale et par l’écartement, au moyen des doigts, du sillon médian de la paroi antérieure du quatrième ventricule. Cet entre-croisement ou décussation, que M. Foville a représenté dans son atlas, peut être obtenu facilement. Quant à son existence réelle, elle est encore un sujet de doute. D’après MM. Valentin et Longet, qui l’admettent, la partie supérieure de cet entre-croisement aurait lieu entre les pédoncules supérieurs du cervelet, qui sont euxmêmes une dépendance des faisceaux postérieurs, et les prolongements des cordons latéraux (faisceaux moyens du bulbe, faisceaux innominés). Sa partie inférieure serait due uniquement à l’entre-croisement des faisceaux moyens (faisceaux innommés).
M. Cruveilhiers’exprime ainsi : «11 n’y a pas entre-croisement, mais apparence d’entre-croisement dans toute la hauteur du faisceau innominé du bulbe, depuis le collet du bulbe jusqu’au niveau de l’extrémité postérieure de l’espace inter-pédonculairc ; que celte apparence d’entre-croisement est le résultat de l’accolementdes deux moitiés du bulbe; que d’ailleurs cet entre-croisement, s’il avait lieu, ne se ferait qu’aux dépens des fibres antéropostérieures, lesquelles forment un système particulier de fibres entre les deux faisceaux innominés, et ne se continuent, en aucune façon, avec les fibres longitudinales de ces faisceaux innominés; mais que l'en tre-croisement est sinon démontré d’nne manière incontestable, au moins infiniment probable, entre ces faisceaux innominés dans toute l’étendue de l’espace inter-pédonculaire, c’est-à-dire au niveau des tubercules quadrijumeaux.);
Un peu plus haut M. Cruveilhier dit : «Au niveau des pédoncules cérébraux, il ni’a paru qu'il n’y avait pas seulement juxia-position avec accolement des deux faisceaux innominés, mais bien véritable entre-croisement. Le faisceau innominé du côté droit m’a paru s’entre-croiser par fascicules avec le faisceau innominé du côté gauche, pour aller se jeter dans la couche optique gauche, et réciproquement.» M. Cruveilher ajoute : «Toute-
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fois la chose n'est pas aussi évidente, aussi incontestablement démontrée pour moi que l'entre croisement des pyramides. »
Malgré l’autorité imposante de .MM. Foville, Valentin et Longet, je me range à l’opinion de M. Cruveilbier, qui nie Tentre-croisement réel et qui n’admet qu’une simple apparence d’entre-croisement. .Mes préparations m’ont démontré que cette apparence était uniquement le résultat des procédés employés pour le démontrer. En écartant l’un de l’autre les bords ou lèvres du sillon médian du quatrième ventricule, on dissocie les fibres antéro-postérieures qui étaient simplementjuxta-posées, et, pendant que les extrémités supérieures de ces fibres s’écartent, leurs extrémités inférieures se rapprochent, se pressent les unes contre les autres, de manière à s’engrener réciproquement. Quand on complète la séparation des deux moitiés, un examen attentif démontre que toutes les fibres antéro-postérieures sont parallèles entre elles; on ne trouve nulle part aucun vestige de déchirure de ces fibres; ce qui aurait lieu inévitablement, si leur passage s’effectuait d’un côté à l'autre.
2,2. Corps restiformes. Ils sont le résultat de la bifurcation des faisceaux postérieurs de la moelle épinière. On peut distinguer à chacun deux portions. L’une, plus considérable, se recourbe pour pénétrer dans le cervelet : c’est, 3, la portion cérébelleuse du corps restiforme (pédoncule cérébelleux inférieur du cervelet). L’autre portion, h, plus grêle, se dirige de bas en haut, longe le sillon médian de la paroi antérieure du quatrième ventricule, se réunit avec l’extrémité supérieure du processus cerebelli ad testes, et s’engage sous les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques, pour se rendre au pédoncule cérébral correspondant.
5, 5. Pédoncules supérieurs du cervelet {processus cerebelli ad testes, ou mieuxprocesstis cerebelli ad cerebrum). Chacun d’eux se dégage du noyau blanc du cervelet, dans l’épaisseur duquel il semble se continuer avec le pédoncule inférieur de cet organe. Parallèle d’abord au pédoncule cérébelleux inférieur, il se dirige bientôt en haut et en dedans, et le croise presque perpendiculairement au moment où il émerge du cervelet, et arrive aux tubercules quadrijumeaux, sous lesquels il s’engage pour constituer avec la portion interne du corps restiforme correspondant l’étage supérieur du pédoncule cérébral.
6, 6. Faisceaux triangulaires: ils contournent les extrémités supérieures des pédoncules cérébelleux supérieurs où ils forment relief, et passent sous les tubercules quadrijumeaux, en constituant par leur réunion une commissure transversale. M. Longet les considère comme une dépendance des faisceaux moyens ou innominés du bulbe, sur les côtés desquels ils ont leur origine.
7, Valvule de Vieussens. Elle est regardée généralement comme la continuation des bords internes des pédoncules supérieurs du cervelet,
.Mes dissections m'ont démontré que son origine et son trajet sont ceux du faisceau triangulaire avec iequel elle se confond supérieurement. En effet, il est facile de voir que chacune des moitiés de ia valvule prend naissance au niveau du bord externe du pédoncule supérieur correspondant du cervelet, où elle se continue avec le faisceau intermédiaire du bulbe ou faisceau innominé. Là, elle se recourbe de dehors en dedans, recouvre la face supérieure du pédoncule cérébelleux supérieur; arrivée au niveau du bord interne du pédoncule correspondant, elle se réunit et s’entre-croise avec celle du côté opposé. Cette valvule n’est donc que le résultat d’un entre-croisement des fibres les plus externes des faisceaux innominés du bulbe ou faisceaux intermédiaires.
8, [8. Tubercules quadrijumeaux. Ils sont formés principalement par une substance grise centrale, qui semble se continuer avec celle de la couche optique. Une couche mince de substance blanche recouvre la périphérie. La substance grise est traversée par quelques fibres longitudinales, qui paraissent se continuer avec les pédoncules supérieurs du cervelet et avec des fibres transverses qui émergent des faisceaux triangulaires. — 9, 9. Moitiés de la glande pinéale. — 10,10. Couches optiques. —11, 11. Coupe des pédoncules cérébelleux moyens.
Elle représente la moelle allongée de profil, sur laquelle on voit l’origine réelle de la grosse racine de la cinquième paire.
Préparatio.v. — Après avoir séparé le pédoncule moyen de la protubérance par une section pratiquée sur la limite de ces deux organes, on enlève avec le scalpel, sur la coupe obtenue, des couches minces, soit par tranches successives, soit par l’action de racler, en procédant de haut en bas et d’avant en arrière, c’est-à-dire dans la direction d’une ligne oblique allant de la face antérieure de la protubérance, vers l’angle latéral du quatrième ventricule; on découvre alors un gros faisceau qui n’est que la continuation de la grosse racine de la cinquième paire, et dont i’origine réelle a lieu par trois ordres de racines. Les unes, antérieures, se dirigent en avant, entre la face inférieure de la protubérance et la portion cérébelleuse du corps restiforme, pour s’anastomoser avec le nerf auditif. Les deuxièmes, postérieures , se continuent sons la substance grise de la paroi antérieure du
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quatrième ventricule, avec le faisceau intermédiaire du bulbe ou faisceau moyen ; enQn, les autres descendent dans l’épaisseur du corps restiforme, pour se continuer avec celui-ci, dans l’intérieur duquel on peut les suivre jusqu’au niveau du bec du calamm scriptorius.
Expliration de la figure 5-
1. Protubérance annulaire. — 2. Bulbe crânien.— 3. Pédoncule cérébral. — li. Grosse racine de la cinquième |)aire. — 5. Nerf auditif.
Ex|ilieafioii de la figure 6.
1. Moitié de la moelle allongée obtenue au moyeu d’une coupe veriicale antéro-postérieure, pratiquée sur la ligne médiane. On y voit, 2, des fibres anléro-poslérieures et transversales. Chez quelques sujets, une portion de ces fibres se continue, an niveau du sillon médian antérieur, avec les fibres arciformes qui recouvrent les pyramides et les olives. Ce sont ces fibres qui, avec les fibres semblables de l’autre moitié de la moelle allongée, concourent à produire l’apparence d’entre-croisement signalée plus haut.
Explication de la figure 7.
1,1. Coupe antéro-postérieure et verticale de la moelle allongée, faite un peu en dehors delà ligne médiane.
— 2. Protubérance annulaire coupée. —3. Bulbe crânien. — U- Faisceau moyen ou faisceau innominé, placé dans l’épaisseur du bulbe, entre, 5,1a pyramide antérieure et, 6, le corps restiforme : on voit ce faisceau traverser ta protubérance et passer au-devant, 7, du pédoncule supérieur du cervelet et, 8, des tubercules quadrijumeaux, dont il est séparé par, 9, l’aqueduc de Sylvius. On aperçoit, 10, quelques fibres se détacher de ce faisceau, pour se continuer avec le collier interpédonculaire delà protubérance. —11. Coupe des fibres qui out formé la décussation des pyramides.
Explication de la figure 8.
1. Coupe transversale et horizontale de la moelle allongée, à 5 millimètres au-dessus des pyramides. Les fibres transversales prennent une direction onduleuse pour s’entre-croiser avec les fibres antéro-postérieures.
— 2. Protubérance. — 3,3. Pédoncule moyen du cervelet.—4,4. Tubercules testes. — 5. Valvule de Vieussens.
— 6. Aqueduc de Sylvius.