‹ Névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'hommeChapitre 28 sur 174 · DES GANGLIONS NERVEUX · texte numérisé non relu

DES GANGLIONS NERVEUX

On désigne sous le nom de ganglions nerveux, des espèces de renflements gris-rougeâtres, plus ou moins volumineux, placés sur le trajet des nerfs, qui sont le produit de l’entrelacement d’un nombre variable de filaments nerveux, et analogues par leur aspect aux ganglions lymphatiques. Ils sont pour ainsi dire autant de centres où aboutissent et d’où émergent les filets nerveux. Winslow les a comparés à de petits cerveaux.

On peut diviser les ganglions nerveux en deux classes parfaitement distinctes par la nature de leurs fonctions.

PiiEMiÈRE CLASSE. —Elle réunit les ganglions qui appartiennent aux nerfs de la vie de relation : ce sont les ganglions inter-vertébro-ci'âniens ; ils sont constants, réguliers et symétriques.

Deuxième classe. — Elle compi’end les ganglions destinés aux nerfs de la vie nutritive ou végétative : ce sont les ganglions sur-vertébro splanvhniqnes dont l’ensemble constitue le système du grand sympathique ou système ganglionnaire.

. CREMIÈr.E CLASSE.

Première série. — Ganglions inter-vertébraux (spinaux), situés dans les trous de conjugaison des vertèbres et dans le canal sacré. Ces ganglions, le plus souvent au nombre de trente et une paires comme les nerfs spinaux, se divisent en cervicaux, dorsaux, lombaires et sacrés. Un de leurs caractères distinctifs, c’est de prendre naissance par deux groupes de racines. L’un antérieur, racine antérieure, racine motrice ; l’autre postérieur, racine postérieure, racine sensitive. Ces ganglions émanent principalement des racines postérieures, et donnent trois branches : l’une, antérieure ou ganglionnah-e, va dans le ganglion correspondant du grand sympathique ; l’autre, moyenne, est destinée à la peau et aux muscles de la partie antérieure du tronc et des extrémités ; la troisième, pos/énettre, se rend aux muscles et à la peau de la région postérieure du tronc.

Deuxième série. — Ganglions crâniens. Ils sont placés sur le trajet ou dans le voisinage des nerfs crâniens et peuvent être distingués en ganglions à double racine et en ganglions à triple racine.

Les ganglions à double racine sont : le ganglion de Casser, le ganglion géniculaire du facial, le ganglion pneumo-gastrique, et à la rigueur le ganglion glosso-pharyngien. De ces deux racines, l’une est la racine sensitive, l’autre la t'acine motrice. Ces ganglions émanent principalement des racines postérieures. On peut donc les considérer comme les analogues des ganglions inter-vertébraux.

Les ganglions à triple racine sont : les ganglions ophthalmiques, spbéno-palatins, otiques, sousmaxillaire, et peut-être aussi les ganglions sublinguaux. Indépendamment des racines motrice et sensitive, ces ganglions ont de plus une troisième racine fournie par le grand sympathique : c’est la racine végétative.

DEÜXIÈ.ME CLASSE.

Première série. — Ganglions sur-vertébraux. Ils sont situés sur les côtés de la colonne vertébrale, depuis la première cervicale jusqu’à la dernière sacrée. Réunis en général par des cordons nerveux, ils forment en quelque sorte deux chaînes renflées de distance en distance. Le nombre de ces ganglions aux régions dorsale, lombaire et sacrée, égale presque toujours celui des ganglions intervertébraux (spinaux). A la région cervicale trois de ces ganglions correspondent aux huit ganglions inter-vertébraux.

Les ganglions sur-vertébraux ont pour caractère commun de communiquer par un ou plusieurs filets avec les ganglions inter-vertébraux, et d’émettre des branches qui se perdent directement, soit dans les viscères, soit dans les ganglions splanchniques.

Deuxième série. — Ganglions splanchniques. Situés à la portion médiane du tronc, ils forment une série de ganglions renfermés dans la cavité splanchnique, et sont autant de centres plexiformes où

ET DES OBGANES DES SENS DE L’HOMME

convergent un grand nombre de nerfs qui viennent : les uns de l’axe méduUo-encéphalique, les autres des deux chaînes ganglionnaires, et d’où émanent des branches qui enlacent les artères viscérales en formant autour des plexus secondaires qui prennent le nom de ces vaisseaux et se perdent avec eux dans l'épaisseur des organes.

M. Cruveilliier divise les ganglions nerveux en trois séries : les ganglions spinaux ou rachidiem (ganglionsde la vie de relation) ; les ganglions intercostaux ; les ganglions splanchniques (système du grand sympathique ou système ganglionnaire).

M. Gosselin fait de tous les ganglions nerveux deux grandes classes, savoir... (l oy. sa thèse de concours jwur une chaire d’anatomie, 1846.)

Première classe. — Henflementssitués sur le trajet d'un.seul cordon nerveux exclusivement sensitil (branches postérieures spinales, cinquième paire, etc.), et peut-être quelquefois sur un nerf exclusivement moteur, comme le facial d’après Arnold, l’hypoglosse d’apr^ Mayer, ou, si l’on veut, renflements situés sur le trajet d’un nerf avant sa sortie complète delà cavité céphalo-rachidienne.

Deuxième classe. —Renflements situés sur le trajet de plusieurs cordons qui sont habituellement. les uns sensitifs, les autres moteurs, et à une certaine distance de leur origine.

üans l’état actuel de la science, le système nerveux ganglionnaire se compose de tous les ganglions de la deuxième classe; mais il distingue trois variétés sous les noms de ganglions, du premier, du deuxième el du troisième ordre.

Müller rapporte aussi les ganglions nerveux à deux classes ;

1* Ganglions des racines postérieures des nerfs rachidiens et cérébraux, ganglion de la grandeportion du nerf trijumeau, ganglion de la paire vague, ganglion jugulaire supérieur du nerf glossopharyngien.

2° Ganglions du grand sympathique, divisés en deux séries.

Première série. —Ganglions limitrophes situés dans les points où les racines du grand sympathique qui proviennent des nerfs cérébraux et rachidiens : s’unissent pour produire le cordon limitrophe ; ce sont les ganglions du cordon vertébral du grand sympathique et plusieurs ganglions des nerfs cérébraux, comme le ganglion pétreux du glosso-pharyngien, le renflement gangliformo du genou du facial, le ganglion sphéno-palatin à la seconde branche du trijumeau, et le ganglion otique à la troisième branche du même.

Deuxième série. — Elle comprend les ganglions périphériques, comme ceux des plexus abdominaux. et à la tête le ganglion ciliaire, le ganglion sous-maxillaire.

Page 1