‹ Névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'hommeChapitre 32 sur 174 · GANGLIONS DE LA CINQUIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

GANGLIONS DE LA CINQUIÈME PAIRE

Huit ganglions dépendent de la cinquième paire : 1° ganglion de Gasser, origine des trois branches du trijumeau; 2"et 3“ ganglionsophtlialmique et ciliaire de la branche ophthalmique; 4° et 5» ganglions spliéno-palatin et naso-palatin du maxillaire supérieur; 6", 7”, 8° ganglions otique, sous-maxillaire, sublingual du maxillaire inférieur. Trois de ces ganglions, le ciliaire, le nasopalatins et le sublingual ne sont pas admis par fous les anatomistes.

r Le ganglion de Gasser {l, fig. 1, et 1, fig. 3) peut être classé parmi les ganglions à double racine et comparé aux ganglions rachidiens.

Tous les autres appartiennent aux ganglions à triple racine.

2° et 3” Le ganglion ophthalmique (6, fig. I ; 10, fig. 3) reçoit sa courte racine du nerf du muscle du petit oblique (branche du moteur oculaire commun), sa racine longue et grêle (racine sensitive) de la branche nasale de l’ophtlialmique, sa racine végétative du plexus carotidien et partant du grand sympathique. Les nerfs ciliaires (11, fig. 3) qui en émanent se rendent au ^'an^r/ion ciliaire {\% fig. 3) duquel parlent des branches pour l’iris et la conjonctive.

Ganglion sphéno - palatin ou de Metkel (9, fig. 1; 3, fig. 2; 17, fig. 3). Il a pour racine motrice le filet pétreux du nerf vidien, pour racine végétative le filet carotidien du nerf vidien ; te maxillaire supérieur lui fournit des racines sensitives.

5" L’exislencb du ganglion naso-palatin (20, fig. 3) est encore douteuse; quant à moi, je n’ai jamais vu qu’un petit renflement communiquant avec les nerfs naso-palatins interne et externe, dans lequel je n’ai pas encore pu constater la présence de la substance grise.

6» Le ganglion otique (20, fig. 2 ; 3.5, fig. 3) reçoit une racine sensitive du glosso-pharyngien, par l’intermédiaire du petit pétreux superficiel d’Arnold, une racine motrice du facial, au moyen du petit pétreux de M. Longet; sa racine végétative lui vient du plexus du grand sympathique qui entoure l’artère méningée moyenne.

7“ Ganglion sous-maxillaire (12, fig. 2 ; 32, fig. 3). On lui donne pour racine motrice la corde du tympan, mais ne pourrait-elle pas venir de la branche récurrente de l’hypoglosse qui s’accole au lingual ; sa racine sensitive est fournie par le lingual ; quant à la racine végétative, elle vient du plexus nerveux du grand sympathique qui enlace l’artère sous-maxillaire.

8° Ganglion sublingual (33 , fig. 3). La racine sensitive vient du nerf lingual, la végétative du grand sympathique par le plexus de l’artère sublinguale ; sa racine motrice est formée par la corde du tympan ou peut être aussi par l’hypoglosse.

Usages du nerf trijumeau. — La portion sensitive de la cinquième paire est destinée aux téguments muqueux et cutanés de la moitié antérieure du crâne et de la face; elle se distribue à la peau du front, des paupières, de la joue, du nez, des lèvres, de l’oreille et se termine par une ou deux branches au pourtour des orifices sensoriaux, oculaire, nasal, buccal, auriculaire. Elle tient sous sa dépendance les sécrétions glandulaires et folliculaires; aussi la voyons-nous se rendre aux glandes lacrymale, palpébrale, sous-maxillaire, sublinguale, parotide, aux glandules labiales, à l’amygdale, aux follicules cérumineux de l’oreille et aux follicules nasaux. Par ses branches dentaires elle donne la sensibilité aux dents et anime les muscles mylo-hyoïdien et le ventre antérieur du digastrique. Cette anomalie apparente s’explique, si l’on se rappelle que la racine sensitive du trijumeau reçoit des fibres motrices du faisceau intermédiaire du bulbe.

Les muscles qui agissent dans la mastication, de même que le péristaphylin externe et le muscle interne du marteau , dépendent de la portion motrice de la cinquième paire; le péristaphylin interne et lepalato-staphylin reçoivent des filets du facial, par l’intermédiaire du grand pétreux du nerf vidien.

Les portioJis sensitive et motrice du maxillaire inférieur donnent naissance par deux ordres de racines au nerf auriculo temporal, qui se distribue à la peau de l’oreille, de la région temporale, et par ses anastomoses avec le faci.al, à la peau de la joue.

Les faits pathologiques et les vivisections nous montrent que la perte du trijumeau prive de la sensibilité tous les points où il se distribue, mais elle cause aussi dans les organes spéciaux des

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sens, des lésions médiates ou immédiates qui peuvent faire regarder ce nerf comme nerf complémentaire des sens.

En effet, la section du trijumeau semble priver l’œil de tous ses mouvements (Magendie), diminue la sécrétion des larmes, rend l’iris immobile, le contracte ou le dilate suivant l’espèce animale (contracte chez le lapin, dilate chez le chien) sans changement de forme de la pupille; affaiblit la faculté visuelle, et même par la suite occasionne des troubles de nutrition assez grands pour amener la perte complète de l’organe de la vue.

Relativement à l’odorat, les phénomènes que l’on observe ne sont pas moins curieux ; l’olfaction est presque toujours abolie, non pas que lelrijumeau soit impressionnable aux odeurs, mais parceque la sécrétion des mucosités nasales n’existe plus, parce que le mode de vitalitéde la pituitaire est vicié.

M. Magendie a remarqué la pei-te de l’ouïe consécutivement à la section du trijumeau ; de nombreux faits pathologiques viennent à l’appui de cette assertion. Sans parler de l’action que ce nerf peut avoir sur la sécrétion des liquides et des concrétions labyrinthiques,'ne pourrait-on pas invoquer ici l’anastomose que j’ai vue entre le nerf auditif et l’origine de la cinquième paire?

Quant au sens du goût, la sensibilité générale et gustative est complètement abolie dans les deux tiers antérieurs de la langue par la section du trijumeau.

Elle montre le ganglion de Casser, ses trois briinches, leurs divisions et subdivisions et leurs rapports avec les autres nerfs, les artères et les muscles de la face et du cou.

Préparation. — Enlevez toute la porlioii de la base du crâne comprise entre deux lignes, dont Tune divise obliquement l'apophyse mastoïde, raqueduc de Fallope, le conduit auditif externe au-devant de la membrane du tympan, les trous petit rond et ovale; dont l’autre sépare le frontal, la voûte et l’arcade orbitaire, au point de jonction de leur tiers interne avec les deux tiers externes, le plancher de l'orbite vers la gouttière sousorbitaire, l’apophyse ptérygoïde, la moitié du trou grand nmd, et arrive enfin jusqu’au trou ovale.

Disséquez alors tons les nerfs qui parlent du ganglion de Gasser, sculptez le canal ptérygoïdien pour mettre à nu le nerf du même nom; désarticulez le condyle, détacbez-le en coupant le muscle ptérygoïdien externe près de «on insertion à l’apophyse ptérygoïde , détachez l’apophyse coronoïde et ouvrez le canal dentaire inférieur jusqu’au trou mentonnier. Écartez les mâchoires et échancrez le muscle orbiculaire des lèvres, afin de poursuivre jusqu’à la muqueuse la terminaison des nerfs mentonnier et sous-orbitaire.

Explication de la finçnre 1.

Pa-iics accessoires. — a. Membrane du tympan presque entière et osseleK — h. Cavité glénoïde. — c. Orbiculaire des lèvres échancré. — d. lîuccinateur traversé par le canal de Sténon.— e. Ptérygoïdien Interne. — f. Ptérygoïdien externe coupé, pour montrer les rapports des branches terminales du nerf maxillaire inférieur avec les deux muscles plérygoïdiens. — g. Muscle digastrique. — h. Sterno-cléïdo-mastoïdien coupé.

Système vasculaire. — A. Artère carotide externe. — B. Artère faciale. — C. Artère temporale. — D. Artère maxillaire interne située en dehors des branches terminales du maxillaire inférieur. —E. Sa branche dentaire. — F. Sa branche méningée moyenne dans le trou petit rond à moitié ouvert.

Système nerveux— 1. Ganglion de Casser. — 2. OpiUhalmique de Willis et ses trois branches. — 3. Branche frontale. ~ 4. Lacrymale, et 5, nasale. —6. Ganglion opbibalmiquc, ses trois racines et ses branches ciliaires. — 7. Nerf maxillaire supérieur. — 8. Branche orbitaire et ses trois rameaux; le temporal et le malaire sont coupés : le lacrymal s’anastomose avec le filet du même nom de l’oplithalmique de Willis. —9. Ganglion de Meckel et racines sensitives données par le maxillaire supérieur. — 10. Filet pétreux du nerf vidien qui fai^ communiquer te ganglion géniculé avec le ganglion de Meckel. — il. Nerfs palatins s’enfonçant dans le canal du môme nom. — 12. Anastomoses du ganglion de Meckel avec le plexus nerveux, qui enlace l’artère maxillaire interne. —13. Nerfs dentaires postérieurs et supérieurs; ils pénètrent dans des canaux de l’os maxillaire supérieur. —14. Épanouissement du nerf sous-orbitaire, ses anastomoses avec le facial et plus haut avec le nasal. —15 Nerf maxillaire inférieur recevant la portion motrice delà cinquième paire. *— 16. Nerf auriculo-temporal superficiel ; scs racines embrassent l’artère méningée moyenne; il contourne ensuite le col du condyle, forme des anses autour de l’artère temporale, donne des branches anastomotiques au facial et des branches a.scendantes coupées ici. — 17. Nerf buccal anastomosé au facial. On a coupé sa-branche temporale. — 18. Section des autres branches collatérales du maxillaire inférieur. —19. Nerfdentaire inférieur et ses ramifications aux racines des

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

dents. — 20. Nerf mentonnicr; sa terminaison à la muqueuse labiale inférieure, ses anastomoses avec le facial. — 21. Lingual passant entre le buccin<iteur et la branche de la mâchoire inférieure. — 22. Corde du tympan ; elle monte entre le manche du marteau et la branche de l'enclume, et établit la communication entre le lingual et, 23, le facial.

Parties de la cinquième paire qui n’ont pas été étudiées sur la figure précédente. On a détaché le ganglion de Casser de ses branches, afin de montrer le plexus nerveux de fartère carotide interne.

Préparation. — Même coupe osseuse que la précédente. Détachez la membrane du tympan pour voir les rameaux nerveux de la paroi interne de la cavité tympanique ; ouvrez les canaux dentaires de l’os maxillaire supérieur et enlevez une portion du corps de la mâchoire inférieure, après l’avoir séparée du muscle mylo-hyoîdicn, afin de mettre â nu le ganglion et la glande sous-maxillaire ; tirez la langue hors de la bouche pour montrer les anastomoses de l’hypoglosse avec le lingual et le ganglion sublingual.

Explicatioi* de la ligure 2.

Parties accessoires. —fl. Os maxillaire supérieur dont la table externe a été enlevée afin de voir le plexus dentaire. — b. Cartilages du nez. — c. Paroi interne de la cavité tympanique. —d. Muscle ptérygoïdien interne cl angle de la mâchoire. — e. Muscle buccinateur coupé. — f. Muscle mylo-byoïdien détaché en partie de l’os maxillaire. — g. Portion du ventre antérieur du digastrique. — h. Portion du sterno-cléido-mastoïdien renversé.

Système nervcn.v. — 1. Ophthalmique de Willis coupé. — 2. Maxillaire supérieur coupé à ses deux extrémités. — 3. Ganglion de Meckel. — 4. Filet pétreux et filet carotidien du nerf vidien. Ce dernier concourt, avec les branches du, 5, moteur oculaire externe, du, 6, nerf de Jacobson et du grand sympathique , à la formation d’un plexus ou quelquefois d’un ganglion {ganglion caverneux ou carotidien), placé sur la première courbure de l’artère carotide interne, — 7. Nerfs dentaires postérieurs et supérieurs, formant avec, 8, le nerf dentaire antérieur et .'■upérieur, un plexus d’où partent des branches pour les dents et l’os maxillaire supérieur. — 9. Ganglion olique et tronc commun des deux petit.» pétreux. — 10. Lingual. —11. Corde du tympan. — 12. Ganglion sous-maxillaire , ses racines et ies branches qu’il envoie à la glande sous-maxillaire. —13. Anastomoses du lingual avec l’hypoglosse. — l/i. Ganglion ou plexus sublingual. — 15. Branches terminales du nerf lingual, destinées à la muqueuse. —16, 16. Nerfs dentaires inférieurs. —17, 17. Branche mylo-hyoïdicnne pour le muscle mylo-byoïdien cl le ventre antérieur du digastrique. — 18. Nerf mentonnicr coupé. — 19. Nerf incisif. — 20. Ganglion du glosso-pharyngien.— 21. Facial dans l’aqueduc de Fallopc. — 22. Nerf hypoglosse.

Figure scliématique montrant la cinquième paire en connexion avec la plupart des ganglions crâniens.

Expliratioii de la ligure 3.

Système nerveux.— 1. Ganglion deGasscr, ses racines et .ses brandies.— 2. Ganglion ophthalmique.—3. Sa racine longue et grêle fournie par le rameau nasal.— 4. Sa racine grosse et courte émanée du nerf du petit oblique, branche du moteur oculaire commun. — 5. Racine végétative provenant du plexus qui entoure l’artère carotide interne. — 6. Nerfs ciliaires traversant la sclérotique, pour se placer entre elle et la choroïde, et se rendre au, 7, ganglion ciliaire. — 8. Ganglion de Meckel. — 9. .Ses racines sensitives données par le maxillaire supérieur. — 10. Filet pétreux du nerf vidien ou racine motrice du ganglion de Meckel.—11. Filet carotidien considéré comme sa racine végétative. —12. Ganglion naso-palatin recevant par son angle supérieur le nerf sphéno-palalin interne (naso palatin), et par son angle inférieur, le nerf palatin antérieur. — 13. Ganglion otique. — 14. Petit pétreux superficiel d’Arnold. — 15. Ganglion sous-maxillaire tenant au nerf lingual par ses racines sensitives et donnant des branches à la glande sous-maxillaire dont une portion seulement est conservée ici. — 16. Ganglion sublingual tenant aussi au nerf lingual et se distribuant à la glande sublinguale. — 17. Ganglion géniculé qui adhère au premier coude du /acial et donne naissance au grand pétreux superficiel. —18. Ganglion caverneux.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

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