‹ Nicolas Le Roy et ses descendants [microforme]Chapitre 41 sur 84 · CHARLES, né le 10 février · texte numérisé non relu

CHARLES, né le 10 février

7: JOSEPH-MARIE, né le 16 avril et mort le 12 mai 1744, après 26

jours de vie,

8 MARIE-LOUISE, née le 28 avril 1745, épousa le rer août 1763, Jean-Baptiste Royer,

9. JEAN-BAPTISTE, né le 10 juin 1747, mourut le 2 septembre 1747,

Tous ces actes sont enregistrés à Beaumont. L'abbé Tanguay, dans le 6me volume de son Dictionnaire rattache à cette union un dixième enfant : HENRI, qui épousa, le 2

mai 1763, Cécile Audet, à Saint-Laurent de l'île d'Orléans. (1) Elle était née À Beaumont le 26 septembre 1704.

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Six mois après la mort de sa femme, Pierre-Bernard Roy épousait à Beaumont, le 8 novembre 1756, Marie Audet, veuve de Mathurin Boilard. Il n’y eut pas d'enfant

de cette union. Marie Audet mourut à Beaumont le 29

avril 1782.

Pierre- Bernard le Roy la suivit dans la tombe le 24 mars 1783. Il était âgé à sa mort de 78 ans.

Pendant sa longue et paisible carrière Pierre-Bernard le Roy ne sortit jamais de sa paroisse natale de Beaumont. Quelle vie plus douce, quelle existence plus agréable ! Cultiver le champ de ses pères, ne jamais prêter l'oreille aux bruits du dehors, être content de son sort, chercher l'amitié de ses voisins, être charitable à son prochain, élever chrétiennement sa famille, l'homme peut-il désirer mieux ? La petite paroisse de Beaumont respirait alors le calme et la tranquillité la plus parfaite. Elle avait traversé la période pénible des commencements, ses habitants étaient heureux. Personne n'était riche, mais chacun

vivait du fruit de son travail.

Le 6 août 1748, Charles Couillard, seigneur de Beaumont, “ voulant faciliter la bâtisse d’ne église pour l’utilité des habitants établis dans la profondeur des terres sur la rivière Boyer, dans les seigneuries de Beaumont, de Péan et de la Martinière, donnait un arpent de terrain de front. Jean Gosselin, Jean-Baptiste Gontier et Gabriel Duquet furent nommés syndics pour surveiller la cons-

truction du temple projeté (1).

(1) Greffe Barolet.

ard C'est en l'honneur de Charles Couillard, deuxième seirie gneur de Beaumont, qué la nouvelle paroisse fut nommée ant Saint-Charles, On se souvient que c’est à la demande de 29 celui-ci que, le 10 avril 1713, le gouverneur de Vaudreuil et l'intendant Bégon avaient consenti que la seigneurie de die Beaumont fut augmentée dans l’intérieur des terres sur | une lieue et demie de profondeur. Saint-Charles se trouvait donc en grande partie sur ses domaines. C'est lui, ve du reste, qui avait dirigé les cu'ons dans cette région et He qui venait de consacrer son œuvre en donnant un terrain Me Pour y construire une église.

ille Lab Après le partage qui eut lieu en 1728 de la seigneurie de in, Beauniont entre les héritiers du seigneur primitif, Charles rer Couillard, comme fils aîné, avait continué d'habiter le le manoir et d'exploiter le domaine. Il y vécut pendant vingtrsé cinq ans, menant la vie des champs comme ses censitaires, ñts s'intéressant à leur sort, se mêlant À eux comme un bon père de famille au milieu des siens, Charles Couillard mourut à Beaumont le 19 février 1753, laissant de son mariage avec Marie-Françoise Couture, qu'il avait épousb sée en 1726, deux enfants, Charles et Marie-Françoise. Us Charles épousa à Beaumont, le 7 janvier 1757, Mariene Françoise Boïilard. Le 6 novembre 1758, Marie-Françoise de acceptait la main de Louis Turgeon, ain . . . . nn iel C’est ainsi que cette famille s'identifiait de plus en plus és avec les colons en allant chercher Parmi eux ses alliances.

Il n’y a pas une seuie vieille famille de Beaumont qui ne

tienne par le sang aux Couillard ou à leurs descendants.

ame

En 1781, Charles Couillard rendait foi et hommage comme propriétaire des deux tiers de sa belle seigneurie,

et Louis Turgeon pour un tiers, du chef de sa femme.

Charles Couillard mourut à Beaumont le 13 octobre

1819, à l'âge patriarchale de 86 ans, 3 mois et 12 jours.

Les Couillard de Beaumont ont possédé cette seigneurie pendant plus d'un siècle et demi. Ils l'ont ouverte, colonisée, et se sont si intimement mêlé à son existence qu'il est difficile de faire un retour vers les temps anciens sans rencontrer à chaque pas leur nom ou l'empreinte de leur œuvre. Cette brave famille, aux mœurs antiques, qui donna à la patrie ses enfants sans compter, a joué dans la colonisation de la rive sud du Saint-Laurent, tant dans la région de Beaumont qu'aux alentours de Saint-Thomas de Montmagny, un rôle qui n’est pas assez mis en lumière

par les historiens contemporains.

Les rois de France avaient bien compris, eux, le mérite

de ces pionniers.

Aussi, avaient-ils annobli par des lettres patentes, qui

nous ont été conservées, le premier seigneur de Beaumont.

Cette famille, appauvrie aujourd’hui, se rappelle de ses

origines avec orgueil.

Je me souviens qu'une fois je fus appelé à recevoir un testament dans un misérable taudis, le long d’une voie de chemin de fer. Un homme était sur le lit de la mort, en-

touré de toute sa famille. Un train d'équipe lui avait broyé

(1) Prad 1742, seur,

les deux jambes, Le malheureux souffrait des douleurs

affreuses.

J'avais souvent entendu prononcer le nom de ce pauvre client par ses camarades qui l'appelaient entre eux Alexis Couillard. Je préparai mon acte et j'y inscrivis le nom que je connaissais. Je commencai la lecture solennelle, ainsi que le veut la loi : Æ#7 Présent, malade de corps, mais

sain d'esprit, Alexis Couillard.

“ Mettez Alexis Couillard de Beaumont n me dit le mou-

rant, d'une voix brève, en appuyant sur les derniers mots,

Le nom de ce pauvre homme aux prises avec la mort, dr pe ; jeu c était son seul héritage, à peu près le seul bien qu'il laissait à sa famille, et dans ma brutalité de notaire, j'allais le lui enlever. Je fis ce que me demandait ce malheureux, J mon répertoire son nom tel qu'il l'avait voulu et tel que

écrivis de Beaumont et je pris bien garde d'inscrire dans

ses ancêtres l'avaient porté. La volonté d'un mourant est

sacre.

Cette homme descendait du seigneur Jean-Baptiste Couillard que les Anglais tuèrent à Saint-Thomas, le 14 septembre 1759, avec son fils Joseph Couillard, ecclésiastique, René D'Amours de Courberon, époux de Louise

Couillard, et Paul Côté, veuf de Geneviève Langlois. (1)

(1) Noms nouveaux signalés aux registres de Beaumont de 1733 à 1759 : 1733, Boucher, Ouellet ; 1735, Masson, Jollivet ; 1736, Pouliot, Pradet dit Laforge ; 1739, Samson, Charron, Duquet ; 1740, Danio : 1742. Baucher dit Morency, Chabot ; 1746, Goulet : 1748, Le Chasseur,

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Jusqu'à l’âge de 50 ans, la vie de Pierre-Bernard Roy s'était écoulé douce et tranquille. Mais si la première partie de son existence avait été heureuse, il devait sur le milieu de sa vie assister aux tristes scènes de la conquête, voir sa paroisse envahie par l'ennemi, ses champs dévastés, ses proches tomber sur les champs de bataille, sa patrie

raincue et humiliée.

Dans l’automne de 1756, les paroissiens de Beaumont virent arriver au milieu d'eux plusieurs réfugiés acadiens, Ils accueïllirent ces malheureux comme des frères. Mais, épuisés eux-mêmes par des levées incessantes, ruinés par plusieurs années de mauvaises récoltes, ils dûrent appeler l'aide du gouvernement. Un habitant de Beaumont, Joseph Roberge, s’engagea alors envers Joseph Cadet, pourvoyeur des autorités, à fournir et livrer à chacun des Acadiens réfugiés dans la paroisse et à Saint-Michel une demie livre de bœuf ou un quarteron de lard de quatre

onces de poids par jour pendant six mois (1).

Le 27 juin 1759, les habitants de Beaumont voyaient les navires sur lesquels étaient montés les soldats anglais de Wolfe jeter l’ancre près de l'île d'Orléans, en face du Saint-Laurent. Deux jours après, avant l'aube, un détachement commandé par Monckton abordait sur la grève de Beaumont, gravissait la falaise et prenait possession de l’église paroissiale, après une escarmouche avec les troupes de la colonie dans laquelle cinq hommes furent tués et sept blessis. Une poignée de soldats bien com-

(1) Grefe de Jean-Claude Panet, 14 novembre 1756,

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ai

mandés aurait pu empêcher ce débarquement audacieux, Mais l'officier chargé de la défense de ce poste important s'était enfui précipitamment sans même emporter son épée qu'il avait laissée sur une table. Monckton, craignant un retour de l'ennemi, se préparait à se retrancher dans une grande maison de pierre qui se trouvait près de l'église, lorsque tout-à-coup il entendit des voix de femmes et des pleurs d'enfants. La maison fut fouillée, mais on ne put rien découvrir. On y mit le feu. Les flammes s’'élevèérent avec rapidité et les pauvres malheureux qui étaient cachés sous les caves, au milieu des cordes de bois de chauffage, périrent misérablement, Ainsi le voulait le sort de la guerre. La légende veut que les Anglais essayèrent alors de mettre le feu à la vieille église de Beaumont, Par trois fois ils repétèrent leur tentative, mais sans succès. Le temple résista à la torche des incendiaires pour demeurer

jusqu’à nous, témoin séculaire de ces jours de tristesse,

C'est à la suite de ces actes de barbarie que Monckton fit afficher sur l’église de Beaumont le fameux placard que

l’histoire nous a conservé :

Par Son Excellence James Wolfe, Er Colonel d'un Regiment d'infanterie, Major-Général et Commandant-en-chef des Troupes de Sa Majesté Britannique sur le fleuve Saint-

Laurent, etc., etc.

L'armement formidable de terre et de mer, que le peuple du Canada voit maintenant au sein de son pays, est destiné par le Roi,

mon maître, à réprimer l'insolence de la France, à venger les insultes

aites aux colonies anglaises, et À enlever complètement aux Fransg ; P

çais leurs meilleurs établissements dans l'Amérique du Nord. C'est et L 4 4 ’ e . * ! . * .

pour cette fin qu'a été levée la formidable armée qui est sous mes in ordres. Le Roi de la Grande-Bretagne ne porte pas la guerre aux 2 paysans industrieux, aux ordres religieux, aux femmes et aux enfants ? sans défense : à ceux-ci, dans leurs pénibies positions, sa clémence ! #23 ECS royale offre protection. Le peuple ne sera pas troublé sur ses terres, 1" ' su il peut habiter ses maisons et pratiquer sa religion en sécurité ; pour ces inestimables bienfaits, j'espère que les Canadiens ne prendront L LLC, aucune part au grand conflit entre les deux Couronnes, Mais si, 4 le ! { | are par une vaine obstination et par un courage mal guidé, ils veulent n 5%, prendre les armes, ils doivent s'attendre aux conséquences les plus ! fatales ; leurs habitations seront piliées, leurs églises exposées à une Pr} soldatesque exaspérée, leurs récoltes seront complètement détruites, . Pe et la flotte la plus formidable les empêchera d'avoir aucun secours, lot Dans cette situation malheureuse, et attaqués de près par une autre sa grande armée, que peuvent attendre les habitants du pays d'une dé ition ?—Les actes de barbarie sans exemple exercés par les opposition : es actes de barbarie sans exemple exercés par les ce

Français sur nos colonies d'Amérique pourraient justifier la plus

dure revanche de l'armée sous mes ordres. Mais les Anglais ont de

ton plus grands sentiments d'humanité, et ils écoutent les préceptes miséricordieux de la religion chrétienne. Cependant, si vous vous bercez

d'illusions dans l'espoir de notre défaite, si vous refusez nos condi-

‘ \ : + , ‘ " CO tions et persistez à vous opposer, alors la loi des nations justifiera pleinement la nécessité de ila guerre qui oblige à détruire un lâche me . . î x . . 1 ! enneimi ; et alors les misérables Canadiens auront ia douleur de voir À dé: leurs familles, pour qui ils ont exercés un courage inutile et dange- : pet reux, périr dans la plus grande famine, durant l'hiver qui s'approche. du Dans ce dilemne que la sagesse du peuple du Canada se montre ; au l'Angleterre tend une main puissante, cependant miséricordieuse : = ‘ cut i fidèle à ses engagements, et prêt à protéger ses droits et ses possesj sions, la France, incapabie de défendre le Canada, déserte votre de: : cause dans cette occasion importante, et, pendant toute la guerre, | { :

. NES elle vous a assisté de ses troupes qui ont été maintenues seulement | (20 14 a s M | if : ON 1.1 il'æ 4 MAR 4 dE | + fi AE | ir hit

en faisant sentir aux habitants du pays tout le poids d'une oppression injuste et illégale, Donné À Saint-Laurent dans l'île d'Orléans, ce

28 juin 1759.

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