THÉOPHILE, mort À Lévis vers 1869, marié à une Couture
La modeste charge d’huissier qu’exerçait le grand père Ferréol lui apporta quelqu’aisance. Très rangé, sobre, ponctuel à rendre ses comptes, il s’attira bientôt la confiance des avocats.
Vers 1840, il put faire l’ecauisition de M. Joseph-Noël Bossé, avocat, d'un empla nent situé au faubourg Saint- Roch, de vingt pieds de front sur cinquante pieds de profondeur, borné devant au nord à la rue R::hardson, au sudouest à François Emond et au nord-est à Pierre Thom,
avec maison (1).
M. Bossé avait acquis cet emplacement de François Petit, scieur de long, et de dame Angèle Manseau, veuve Narcisse Suzor, le 24 mars 1837, pour le prix de dix-huit louis. (Greffe A.-B. Sirois). François Petit l’avait eu de Louis Pepin, le 8 mars 1836, (loc. cit.), et ce dernier '2 tenait d’une échange consentie par François Allaire, le 8
février 1834, (loc. cit.).
Le 2 mai 1837, M. Bossé avait vendu cet emplacement pour le prix de quarante louis à Louis Vidal, inspecteur et mesureur de bois, de la paroisse de Saint-Ambroise. (Greffe François Rouleau).
Le 13 septembre 1847, M. Bossé donnait à Ferréol Roy
le certificat suivant :
u M. Ferréoi Roy, huissier de cette ville, est à ma connaissance propriétaire d'une maison dans le faubourg
Saint-Roch de Québec, lui ayant vendu moi-même cette
(1) Greffe E.-G. Cannon à Québec.
it et
AA és pa
maison, le dit sieur Roy gagne dans mon bureau par
année, comme huissier au-delà de trente louis courant, «
Le 1er juin 1849, M. Bossé reconnaissait que Ferréol Roy, huissier de Québec, lui avait payé la somme de trente louis et les intérêts, prix de la maison qu'il lui avait vendue, laquelle était située dans le faubourg Saint-Roch, rue Richardson.
Le 13 mai 1846, Ferréol Roy achetait encore de Pierre Boisseau, marchand, demeurant en la Haute-Ville de Québec, rue de la Fabrique, un emplacement situé au lieu nommé Boisseau-Ville au Bas-Bijou, 1 près de Québec, qui contenait, suivant le plan tracé par l’arpenteur Joseph Hamel, dans l'automne de 1843, 40 pieds de front sur 60 pieds de profondeur, borné devant au nord à la rue Napoléon, au sud au numéro 33 des concessions de la rue
Bagot, au nord-est au numéro 103, au sud-ouest au numéro
105, contenant en superficie 2,400 pieds. Cet emplacement portait le numéro 104 des concessions de la rue Napoléon côté sud.
Cette vente était faite pour le prix de cinquante louis, payable cinq louis dans deux ans, et ensuite cinq louis par an, avec intérêt à 57. L’acquéreur devait bâtir une mai-
son sur cet emplacement dans un délai d’un an Cr}
Mon grand père habitait une maison située au coin des rues Fleury et de la Chapelle lorsqu'éclata le terrible
incendie de 1845 qui réduisit de fond en comble le fauboursr
(1) Greffe A.-B, Sirois,
Saint-Roch. Ce lugubre évènement, qui arrivait au moment même où il avait besoin de toutes ses petites économies pour faire instruire sa famille déjà grandissante, n'était point de nature à relever l'état de sa fortune. Les lettres qu'il écrivait dans le temps à son fils aîné, alors pensionnaire au collège de Sainte-Anne, nous démontrent cependant qu'il ne perdit pas courage. Il reprit le harnais avec autant d'énergie que jamais. Le gouvernement vint quelque peu en aide aux malheureuses victimes, et Saint-Roch put
renaître de ses cendres.
Je retrouve dans les vieux papiers du grand père une note lugubre, c'est un Avis à ceux qui ont souffert du
grand incendie de Québec. 1
un On fait savoir que les soussignés ayant été nommés commissaires pour avancer et prêter des sommes d'argent d'après les dispositions d’un acte passé dans la dernière session de la législature provinciale, ‘ pour mettre sa majesté en état d’ordonner l'émission de débentures jusqu’à un montant limité, et pour venir au secours de la cité de Québec, 1 s’assembleront lundi le 30 novembre courant pour recevoir toutes demandes par écrit qui leur seront faites par des personnes qui ont essuyé des pertes par les incendies de cette ville des 28 mai et 28 juin 1845, et qui désirent obtenir des prêts et avances d'argent pour rebâtir leurs maisons et autres bâtiments détruits par les dits
incendies.
ü [ faudra spécifier dans telles demandes les particula-
rités et la date des pertes essuyées, le site, la désignation
et la valeur des propriétés détruites et des bâtiments qu'on se propose d’ériger, le nom, l'état et la résidence du propriétaire actuel du terrain, la somme dont on demande l'avance, et la nature et le montant de la garantie, privi-
lège ou hypothèque que l’on offre pour cette avance.
" Les assemblées des commissaires se tiendront pour le présent en la maison du premier des soussignés, N° 10, rue Sainte-Anne, haute-ville, où toutes telles demandes et autres communications devront être adressées jusqu'à
nouvel avis.
‘On pourra se procurer des formes d'application en s'adressant au bureau des commissaires, ou à la demeure de F. Glackmeyer, à l’encoignure des rues Saint-François
et Aiguillon.
n A.-W. COCHRAN, ï Louis PANET,
nn Commissaires.
# Québec, 26 novembre 1846. »
En 1844, Ferréol Roy fut nommé gardien de la garderobe de l'association du barreau de Québec, Cette charge, qu'il cumula jusqu'à sa mort avec celle d'huissier, lui rapportait chaque année une somme de soixante et dix
piastres. Chaque trois mois, l'association lui donnait un
bon de salaire qu'il collectait lui-même des avocats. Entré
en fonctions le 7 mai 1844, le premier de ces bons, daté du 8 novembre de la même année, est signé par A.-O. Gauthier et J.-P. Bradley. Les bons subséquents sont signés par S. Lelièvre, C. Delagrave et F.-Réal Angers, tour à
tour secrétaires de l'association de 1845 à 1848.
Les avocats qui pratiquaient alors à Québec étaient MM. Ahern, Austin, Aylwin, Anderson, Bacquet, B :ssé, Black, Belleau, Bradley, Cairns, Chauveau, Chambers, Crémazie, Cannon, Duval, Deblois, Faucher, Gauthier, McTavish, C. Panet, J.-T. Taschereau, A. Taschereau, Ls Plamondon, Rhéaume, Ross, O. Stuart, Smith, Tourangeau, Tessier, Vanfelson, Cauchon, de Léry, J.-F. Deblois,
Deguise, Fiset, Green, Gardner, Himsworth, Lemieux,
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lièvre, Morin, Maguire, P. Plamondon, Place, D. Roy,
Trembiay, Delagrave.
Ferréol Roy fut plus particulièrement en relation avec MM. Chauveau, Roy et Bossé. Tous les avocats qui l'ont
connu à l’époque vantaient sa probité à toute épreuve.
Sévère pour les autres comme pour lui-même, le grand père ne pouvait pas souffrir une injustice. Il exécutait son devoir à la lettre, sans chercher cependant à rendre plus rigoureuse qu'il ne le fallait l'exécution de son pénible et
ingrat métier.
Dans l'intimité de la famille, Ferréol Roy était de com-
merce agréable sans se dépouiller cependant du caractère
un peu sérieux qu'il avait naturellement. Les revers de
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fortune subis au commencement de sa carrière, la modicité des émoluments qu’il percevait de l'exercice de sa charge le rendaient soucieux pour l'avenir des siens. Il passa ainsi modestement les dix-huit dernières années de sa vie,
en bon chrétien, craignant Dieu et ne doutant pas de ja Providence,
Ferréol Roy mourut à Saint-Roch de Québec, le 18 septembre 1855, à l’âge de 58 ans, d’une attaque d’apoplexie, Il fut inhumé le 21 du même mois dans l'ancien cimetière de la paroisse de Notre-Dame de la Victoire de Lévis, où demeurait alors son fils aîné. Son corps repose mainte-
nant dans le cimetière Mont-Marie, de la même paroisse,
Sa bonne et fidèle épouse, Charlotte Côté, iui survécut pendant vingt-huit années, jusqu'au jour où elle s’endormit dans le Seigneur, le 18 décembre 1883, à l’âge de 80 ans. Elle décéda à Lévis chez son fils Flavien et fut
inhumée dans le cimetière Mont-Marie.
Du mariage de Ferréol Roy et de Charlotte Côté
naquirent six enfants dont suivent les noms : 1. LÉON, né à Notre-Dame de Bonsecours de l'Islet, le 27 juin 1824, I] fut mon père.
2. MARIE-ROSE, née à Beaumont, le 14 janvier 1829. Célibataire,
demeure à Saint-David de Lauberivière.