Livre parisis
Sou parisis . .
Denier parisis .
IL — Système parisis
Au 5 décembre
Au 10 avril
rvu %r uuv^cuji/ic tx\L lu avril
I franc et 6 blancs i franc et 4 gros (ou 20 gros)
I blanc et4 parisis 1 parisis
1 gros 1 parisis
On voit par ce tableau que rordonnance du 5 décembre exag^érait bien un peu quand elle disait que les diverses pièces ne pouvaient être mieux a ajustées » les unes aux autres. Certainement le système était en progrès considérable sur la pratique antérieure, mais il était loin encore d*être parfait. Il s'adaptait malaisément, nous venons de le voir, à la monnaie de compte; et d'autre part, pour les paiements réels, il était certainement peu pratique, parce qu'il manquait de monnaies divisionnaires. Il y avait trop d'intervalle évidemment du franc au gros denier, trop d'intervalle aussi de celuici au blanc denier; tandis que les deux pièces inférieures formaient un doublet qui pouvait s'expliquer historiquement, et s'imposait peut-être par la force d'habitudes invétérées, mais qui n'en était pas moins rationnellement inutile.
Le mandement d'avril avait essayé, il faut le dire» de combler quelques-unes de ces lacunes, en créant des pièces divisionnaires. Entre le gros et le blanc, il intercalait le demi-gros de 7 1/2 d. t. = 6 d. par. ; entre le blanc et les espèces inférieures, il avait placé le double tour' nois, qui valait deux petits tournois nouveaux et dont quatre faisaient un blanc aux fleurs de lys (i). Il superposait même au franc un grand franc d'or, qui valait une livre et demie (2). Mais l'intervalle le plus sensible, et pratiquement le plus gênant, n'était pas comblé; entre la pièce d'or et la plus haute pièce d'argent, entre le franc et le gros denier, l'intervalle restait de 16 uni-
1. « Et doubles tournois, à 2 d. 12 gr. de loy, de 1 1 sols 8 den. de poix au marc, qui courront par 2 d t. la pièce » {Ord. 14 avril 1361, \\h 486).
2. « D'autres francs d'or plus grans, de 42 au marc, pour 3o sois t. pièce, en y mectant différence et donnant de chacun marc d'or fin 60 1. t. » (Mandement du 14 avril 1361, III, 486).
tés, sans aucune pièce intermédiaire. C'était, on Ta fait remarquer, à peu près comme si dans notre système moderne, il n*y avait aucune monnaie intermédiaire entre la pièce d'or de 5o francs, et la pièce d'argent de 2 francs (i).
Il convient d'ajouter, pour se rendre complètement compte de la circulation monétaire de cette période, que le mandement du 5 décembre avait laissé subsister dans la circulation plusieurs pièces anciennes, qui ne disparurent qu'au cours de Tannée suivante : le royal d'or, qu'on avait maintenu avec côté du francà une valeur légèrement inférieure (i6 s. 8 d.); et à côté du denier à la fleurs de lys, le blanc à la couronne, qui successivement ramené de 4 d. à 3 d. (2), persista près d'une année à côté du nouveau blanc à la fleur de lys. Ces espèces anciennes, qui ne cadraient plus avec le système nou-
1. Vuitry, op. cit.. H, p. 320. En définitive, au mois d'avril, la réforme une fois complète, réchelle des pièces s'établissait ainsi qu'il suit :
Valeur Valeur
en monnaie tour, en monnaie par.
Grand franc d'or. ... 1 1. 10 s. i 1. 4 s.
Franc d'or il. 16 s.
Gros denier is. 5d. i s.
Demi-gros 7 d. 1/2 6 d.
Blanc à la fleur de lis . 8d. 6 d. a/S
Double tournois. ... 2d. i d. 3/5
Parisis 1 d. 1/4 1 d.
Tournois 1 d. 4/^ d.
A partir d'octobre 1372, il faut ajouter à ce système la maille, qui vaut 1/2 d. tournois ou 3/8 de parisis. — Pour lestimation de la valeur intrinsèque de chaque pièce, et la comparaison avec les séries modernes, v. Ch. Benoist, La politique de Charles V, p. 86; et Vuitry, op. cit., n,5io-3ii et 3i8 32o.