‹ Nicole OresmeChapitre 249 sur 321 · Ord. du 19 janvier 1370 (VI · texte numérisé non relu

Ord. du 19 janvier 1370 (VI

ceau, c'était en réalité un système d'impositions complet, une série de taxes frappant successivement toutes les manifestations de la richesse, qu'il avait fallu organiser.

Encore faut-il dire que cela ne suffît point. Les impôts nouveaux rentraient peu ou mal, les dépenses excédaient toujours les recettes, le gouvernement était à court d'argent : à la fin du règne, la gène allait croissant chaque jour. Le fouage d'une année était mangé d'avance, le roi, à bout de ressources, devait se vouer aux expédients. Nous le voyons dans les mandements suspendre le paiement des gens de son Parlement, révoquer toutes les aliénations de domaines depuis Philippe le Bel sans tenir compte des droits acquis (i) ; nous le voyons une fois essayer d'établir, sans l'aveu des Etats, un droit sur la mouture du blé, qu'il fallut retirer devant l'agitation populaire.

Mais il pratiqua surtout, semble-t-il, l'emprunt forcé. Oresme lui avait donné à cet égard, dans le Traité, un bien malencontreux conseil, qui ne fut certainement que trop écouté. L'emprunt forcé fut élevé, on peut le dire, sous ce règne, à la hauteur d'un système normal de gouvernement. Les mandements de cette nature sont innombrables. Certains peuvent se justifier. Lorsque le roi emprunte à des professionnels du prêt, à des banquiers, à des changeurs (2), aux juifs du Languedoc (3),

I. Sous le prétexte assez spécieux que « pour tels dons excessifs, la hauteur et noblesse de ladicte couronne de France ont est-ê et sont appeticiees en grant partie » {Mandement du 24 juillet 1366, Ord. IV, 466). Cf. Mandement du 5 octobre 1364, Ord.'

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