‹ Nicole OresmeChapitre 260 sur 321 · Idem, ibidem, p. 35. Cf. Oresme, Tract., c. 8, p. GIII · texte numérisé non relu

Idem, ibidem, p. 35. Cf. Oresme, Tract., c. 8, p. GIII

5. Idem, ibidem. Conclus. II, p. 36. Cf. Oresme, Tract.,* c. 9, p. GIV;c. 10, p. CV; c. 22, p. GXXVII.

6. Idem, ibidem,, Gonclus. II, p. 36 : c Mutansmonetam in damnum reipublicœ, etc. Dicitur notanter, in damnum Reipublicae, quia si mutaretur ex raciooabili causa, ad utilitatem reipublicae^ restitutio non haberet locum. Sunt autem très causas, propter quas licite mutatur moneta. Prima est falsitas introducta, ut si aliquis extraneus princeps aut falsarius effigiri malitiose fecerit, vel contrafaceret formularia seu modules... Secunda causa si antiqua moneta nimia vetustate esset pejorata, ac in substantia et pondère imminuta percontinuamattrectationem,tunc cudenda esset moneta nova. Tertia causa est raritas materiae, propter quam materia baberi non posset tali precio quo prius solita est haberi.

blicœ. Bye\ n'ose pas Tadmetlre nettement dans le texte, *il la réserve pour un de ses doutes (Dub. II) (i). Il est en

tune iDutanda esset moneta, vel consliluendo alium ejus valorem respectu monelae alterius materiîB, vel fabricando novam roinoris ponderis et œqualis precii cuni priore. » Cf. Oresme, Tractât,, c. 9, p. GIV ; c. 10, p. CV.

1. Idem, ibidem, Dubium H, p. 4o-4>- Ce passage est capital, et nous croyons utile de le transcrire en entier, pour faciliter les rapprochements :

« Dubitatur secundo, utrum in aliquo casu Princeps possit mutare monetara propter lucrum suum ; vel generalius an Princeps possit habere lucrum ex moneta, constitUendo majorem valorem monetae quam valeat ejus materia non monetata, dcviuctis necessariis impensis ; vel minuendo pondus aut ligam sub priori valore ?

rtespondetur breviter, quod in uno casu solo, Princeps potest sentire lucrum ex moneta, scilicet dum lucrum illud redundat in utilitatem Reipublicœ, ut tactum est conclusione secunda. Puta, quando Princeps indiget subsidio pro defensione Reipublicae, ad quod prœstandum subditi obligantur; tune posset fieri aliqua mutatio in moneta, ut pondus vel materia sub eodem valore minueretur, ut sic populus minus sentiret se gravari ; dum tamen non extendatur lucrum ultra necessariam Principis indigentiam supradictam. Sed hœc mutatio ileri non débet sine consensu subditoruni, quorum (ut dictum fuit) est moneta. Potest enim quilibet renunciari juri suo, VII q. i, quam periculosum. Sic et communitas. Et vult Innocentius, quod sufficiat consensus majoris partis magnatum ; sed de hoc dubitat Panorm. loco allegato, cum tractetur de negocio singulorum. Ideo dicit Angel. requiri consensum singulorum Non tamen suffîcit consensus populi ad dispergendum hujusmodi monetam minoris ponderis extra taie dominium; quia cum damno non subditorum non potest suas indigentias sublevare. In quo satis omnes concordant.

Videtur etiam quibusdam, quod in casu quo coUigenda est magna pecunia pro redemlione Principis aut defensione, facilior fit modus et expeditior per mutationem monetae ; tum quia hic modus facilior est ad congregandam pecuniam necessariam citius, sine fraude, et ex facultatibus subditorum, tum quia minus sensibilis, et per hoc magis portabilis sine murmure et periculo rebel-

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effet très hésitant : il admettrait bien qu'en cas de nécessité publique le prince pût faire un gain sur la monnaie {dum Incrum illud rednndat in utilitate reipublicœ) et il n'admettrait, avec Oresme toujours, dans ce cas que la , seule mutation m pondère vel maieria^ autovisée par le consentement des sujets. Mais cette mutation. qu'Innocent IV admet ici, Panormitanus la repousse. Et alors Byel se trouve très hésitant : il ne nomme point Oresme directement, mais c'est bien à lui qu'il pense certainement quand il nous dit que, dans le cas de rédemption de prince, certains ont cru que la mutation était le procédé le plus convenable et le plus sûr, le plus expéditif surtout pour se procurer rapidement une grosse somme d'argeniysine murmure populi et periculo rebellionis. Mais, il n'ose pas se prononcer, et sa conclusion est pleine de prudence: « Verum, an hœc ita se habeant, consulo diligenti lectori ».

En dehors de ce qu'il doit à Oresme, Byel n'apporte en propre que bien peu de chose : quelques citations de Bartole, de Panormitanus, des développements assez peu intéressants pour nous sur les cas de conscience dans ses cinq conclusions (i), toute une analyse sur les procédés de

lionis populi ; lum quia est generalissima, comprehendens omnes tara clericos quam laicos, nobiles et plebeios, divites etpauperes. Verum an haec ita se habeant, comilto diligenti lectori. Duo tamen necessario attendenda sunt. Primum quod moneta illa tantum currat inter subditos illius dominii, qui tenentur subvenire domino, et suae reipublicœ ; quoniam si dispergeretur ad alios, isti per hoc injuste gravarenlur. Secundum, quod collecta necessaria pecunia, moneta reducatur ad priorem statum ; quia cessante causa cessare débet et effectus. » Cf. principalement Oresme, Tractât., c. 22 et 23, p. CXXVl sq.

I. V. particulièrement les développements des deux premières Conclusions : I « Falsificans monetam in siihsiantia, forma vel pondère, peccat mortaliler, etc. » (p 35); Il a Mutahs monetam

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falsification de la monnaie (i). sur le change de locoad locum. L'œuvre est intéressante, mais c'est certainement lui faire trop d'honneur que de dire, avec M. de Girard, que « Byel a retourné sous toutes ses faces le problème monétaire » (2), Byel n'a point, dans son très court traité, dit, et loin de là, tout ce que l'on pouvait dire, même de son temps. Et ce qu'il a de meilleur n'est point proprement de lui, c'est le Traité d'Oresme à peine démarqué.

Il est de tradition de répéter que Touvrage de Copernic, Monetœ cudendœ ratio, est inspiré aussi du Traité d'Oresme. M. Wolowski Tavaitsi bien cru qu'il l'a édité en même temps qu'Oresme, avec une traduction moderne (3).

Rien pourtant n'est moins sûr que cette filiation. Loin de procéder directement d'Oresme, il est même probable, à notre avis, que Copernic ne l'a jamais lu. Son ouvrage, qui n'est d'ailleurs qu'une consultation pratique sur un fait déterminé, et où la partie théorique compte trois pages à peine, ne nomme point Oresme une seule fois. Les rares notions théoriques qu'il expose, en quelques lignes très serrées, — définition de la monnaie comme

in damnum reipublicse lenetur damnum illatum restituendo com* parare » (p. 36).

1. G. Byel, op. cit., Expositio, p. 33-34. c Secundo notandum est quod moneta tribus modis falsificari potest, etc. >

2. E. de Girard, histoire de l'Economte sociale, p. 204. M. Roscher avait qualifié plus justement Tœuvre de Byel : c'est un écho d'Oresme {Nationafôkonomie, 1874, p. 25).

3. Wolowski, Traictie, Introduction, p. vi, et 2« partie : Copernic, p. 2 ; J. Bertrand, Copernic et ses travaux, dans le Journal des Savants, 1864, P- 69 ; Gossa, Introduzione allô studio deli economia politica, p. 191 ; Brantz, Les théories économiques aux XI W et XIV* siècles, p. 193.

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mesure (i), nécessité de la stabilité des deniers, distinction de la valeur et de Vœstimatio (2), origine et raison d'être de la monnaie et du billon (3) — n'offrent pas avec la doctrine du Traité de point de contact plus immédiat que toute autre apologie d'une monnaie droite ne pourrait le faire ; la connaissance commune d'Aristote, la similitude des situations dans lesquelles ont paru les deux ouvrages, suffit à expliquer ces quelques analogies, sans qu'on doive conclure aune filiation directe, alors surtout qu'on ne retrouve chez Fauteur polonais aucune des idées caractéristiques d'Oresme sur les mutations et le droit de la communauté.

Après Byel donc — et pendant près d'un siècle — nous ne retrouvons plus Tinfluense visible d'Oresme. Tous les auteurs édités de cette période sont d'ailleurs italiens ou espagnols, et celte circonstance a dû être décisive, puisque l'œuvre d'Oresme ne paraît point avoir pénétré dans les nations méditerranéennes.

Les Italiens des xv* et xvi* siècles, Carafa, Davanzati, Scaruffi, ne le connaissent point. Fornari, qui a étudié assez longuement les idées économiques de Diomede Carafa, n'a pu que déplorer que, sur la monnaie, ses notions soient si en retard sur la théorie d'Oresme : le

1. N. Copernic, Monetœ cudendœ ratio, « Tanquam mensura quaedam communis aestimationum » (éd. Wolowski, à la suite du Traiclie, p. 5o).

2. Idem, Ibidem. • Polest enim pluris estimari moneta, quam ejus qua constat materia, et e converso » {éd. cit., p. 5o).

3. Idem, ibidem. « Solet etiam raonete et maxime argento es commisceri, propler duas (ut existimo) causas, videlicet quo minus exposita sit insidiis expilantium et conflantium ipsam, quod futurum esset, si ex sincero argento constaret. Secundo, quod massa argenti in minutas parles et scrupulos nummorum fracta retineat^ cum ère admixto, convenientem magnitudinem » {éd, cit., p. 5o).

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peu qu'il ait écrit, en effet, sur la nécessité d'une bonne monnaie et le danger de Taltération des espèces (i), ne dépasse pas la valeur de généralités morales.

Daoanzati (2), plus tard, nous offre une doctrine plus complète et se présente avec un appareil de notes assez respectable. Sa littérature s'étend des légistes à Aristote, et il connaît à peu près tous les monographes antérieurs (3). Mais justement il ne nomme point Oresme, et malgré une page sur l'origine de la monnaie que l'imitation commune d'Arislote suffit probablement à expliquer (4), malgré une rencontre de mots assez curieuse à propos des effets des mutations dans les contrats (5), nous avons peine à croire qu'il l'ait directement pratiqué.

Scaruffi (6), lui, Ta très certainement ignoré. Sous la

î. Diomede Carafa, De régis et boni principio officio. Pars IV. De subditorum civitatisque commodis procurandis. « Moneta eo 'modo, eaque prudentia excudenda est, ut in ea re nihil auctori lucri fiât. . . Si quis auteip Princeps signando a»re lucrari voluerit, magno detrimento populares officiel, et cum his conferri posse videbitur, qui ut quotidie aliquid adquirantur, de ordeo equis suis demunt; nec intelligunt ipsorum periculo eos macescere. y> (éd. Neapoli, 1668, in-8°, p. 84).

a. Davanzati, Lezione délie monefe, di Bei^ardo Davanzati Fiorentino (i588) fdans Custodi, Scriltori classici di Ëconomia politica, t. II, 1804, p. 19-50).

3. Il cite Bartole, Bornitius, Anton. Faber, Curtius Junior, Marquard Freher, Covarruvias; l'éditeur annonce d^ailleurs qu'il n'a pas reproduit toutes les notes.

4. Davanzati, Lezione {éd. cit., p. 24-26). Cf. Oresme, Traictie, c. l, p. II-III.

5. Idem, ibidem, p. 42. (Cf. Oresme, Tracint.^ c. 20, p. CXX1\'); et p. 41 (comparaison de la mutation des mesures de blé et de liquide). Cf. Oresme, Tract., c. 12, p. CX.

2. G. Scaruffi, Discorso sopra Icmonete, e délia vera proporiiotra l'oro et Vargento (i575); dans Custodi, Scrittori classici. Il, 71 sq.

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forme un peu cavalière de cet auteur, qui semble ignorer l'usage des références, et qui ne fait pas une fois allusion à la littérature antérieure, il est difficile de connaître ses sources. Mais dans cetle singulière doctrine, toute construite a />r('or/, tous les détails, depuis la conception si aventurée d'une « monnaie impériale » (i), jusqu'à la croyance à une juste et naturelle proportion de l'or et de l'argent (2), jusqu'à l'immutabilité des règles de l'économie (3), sont aussi contraires qu'il est possible, évidemment, à la méthode prudente d'Oresme, toute de déduction et de conclusions expérimentales. Malgré une rencontre d'expressions assez singulière de son prologue avec le proœmium du Traité (4), il ne paraît point qu'il s'en soit directement inspiré.

Au xvii® siècle, la situation reste, semble-t-il, la même. Quelques pages d'Antonio Serra sur les inconvénients et les désordres qu'amène l'altération des monnaies (5), quelques rencontres d'expressions de Turbolo{6) ou de

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