‹ Nicole OresmeChapitre 283 sur 321 · LE PROLOGUE DE LA TRANSLATION DE ÉTHIQUES ET POLITIQUES · texte numérisé non relu

LE PROLOGUE DE LA TRANSLATION DE ÉTHIQUES ET POLITIQUES

A la confiance de laide de nostre seig-neur ihesu crist, du commandement de très noble et très excellent prince Charles, par la grâce de dieu roy de France, Je propose translater de latin en François aucuns livres lesquelz fist Aristote le souverain philosophe, qui fu docteur et conseillier du grant roy Alexandre. Et duquel la doctrine, pour la valeur et excellence délie, a esté multipliée et en grant réputation vers les sages presque par tout le monde. Et a esté translatée en pluseurs langag'es et exposée a très grant diligence de pluseurs docteurs catholiques et autres. Et receue en toutes lois et sectes renommées, et tenue en garant auctorite des deuant laduenement nostre seigneur ihesu crist environ V^ ans, et depuis jusques a maintenant par lespace de MCGGLXX ans, et sera ou temps avenir tant comme a dieu plaira. Et de toute ceste doctrine la meilleur, la plus digne et la plus profitable, cest la science de moralité contenue par especial

i. Nous avons cru utile de rapprocher, en regard, le texte latin de VAntiqaa translatio ; nous l'empruntons à l'édition des Opéra de Saint- Thomas, Rome, 1670, in-f».— Le texte français conféré avec celui du Ms est celui de l'édition Vcrard, Paris 1488 f».

APPENDICES 699

et principalement en un liure divisé en II. qui sont appelles éthiques ei politiques. Le livre de éthiques, cest liure de "bonnes meurs, liure do vertus, ouquel il enseig-ne selon raisop naturel bien faire et estrebeneure on cest monde. Et politiques est art et science de g-ouverner royaumes et cites et toutes communites. Et ne treuve len pas de ceste science liures plus raisonnablement artiHcialment et complectement composes que les liures aristote.

Si me semble que nous deuons bénir et loer le roy du ciel, qui a son peuple pourueu de tel roy terrien, plain de si grant sag-esse, et qui auec les autres que il li a données, il li a inspirée la noble volenté que il met sa cure et son entente a si bonnes sciences. Car après la foy catholique en quoy il est suffisamment instruit, et de laquelle il est soubzdieu après le pape principal défenseur, il ne pourroit meilleures choses sauoir ne plus profitables pour son royaume ; et auec ce pour le salut de son ame. . . Car quant est de politiques, cest la science par quoy len scet royaumes et cites et quelconques communites commencier ordener et parfaire et en bon estât maintenir et g-arder, et les reformer quant mestier est. Et auec ce elle uault et aide a faire, composer et establir loys humaines justes et profitables, et a les entendre et interpréter et g'ioser. Et aussi a les corrig-er ou muer, et a savoir quant temps en est, et pourquoy, et comment. Et pour ce, si comme il apperra après par aristote, ceste science appartient par especial aux princes et a leurs conseilliers....

Mes pour ce que les liures morals de aristote furent faiz en g-rec et nous lauons en latin moult fort a entendre, le roi a uolu pour le bien commun faire les translater en françois, afin que il et les conseilliers et autres les puissent miex entendre, mesmement ethiqueset politiques, desquels comme dit est, le premier aprent estre bon homme, et lautre estre bon prince. Parquoy il appert clerenient que nostre bon roy Charles puet estre dict Charles grant en sag-esse ; et que de très sainct mouuement et de très noble ouurag-e il fait, selon laucteur Veg'ece qui dit ep sa doctrine de fais darmes que il nest nul quiconquesa qui siece ou appartieug'ne plus assavoir meilleurs choses et plusieurs, que il appartient au prince.

ÀPPENDICKS

Liber Qui ni us • 'Lectio IX*

Le quint Hure dethiques

En le XI« chapitre il montre parquoyet* comment la forme delà proporcionnalitç* est gardée, et de quoy > vint monnoie.

a) Propter quod omniacomparata oportet aliqualiter esse quorum est commutacio. Ad quod numisma venit, et fît aliqualiter médium Omnia enim mensurat, et superhabundantiam et defectum.

b) Quanta qua^dam utique calciamenta aequale domui, vel cibo, oportuitig'iturquod aedifi cator ad coriarium tanta calciamenta ad domum, vel cibum. Si enim non hoc, non

I. Antiq^d translation texte emprunté à l'édition des Opéra de Saint-Thomas, Koroec, 1570, in-f»

tau tome IV, f« 66 r<»).

T. Et pour ce convient il que toutes choses de quoy len fait commutacion soient comparées aulcunement et avaluees lune a lauUre. Et pour ce fut premièrement trouvée monnoie, et de ce vint elle.

Et est monnoie aulcunement le moien en commutacions ; car par elle mesure len toutes choses, et la superhabondance et la defFaulte*.

Glo. Cest assavoir combien une chose vaultplus ou moins que laultrey

T. Car se le charpentier a fait au cordouennier une maison, il convient que le charpentier ayt du chaucerhent du cordouennier a lequalite ^ et a la value * de la maison, et aussi

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