SCENE III
VINIUS, PLAUTINE.
n’est pas tout , ma fille, un bonheur plus certain, Quoi qu’il puisse arriver met l’Empire en ta main.
PlAUTINÏ,
Flatteriez-vous Othon d’une vainc chimere ?
Vinius.
Non , tout ce que j’ai dit n’est qu’un rapport sincerei Je croîs te voir régner avec ce cher Othon ;
Mais n’espere pas moins du côté Je Pison :
Galba te donne à lui. Piqué contre Camille,
Dont l’amour a rendu son projet inutile.
Il veut que cet hymen , punissant ses refus ,
Réunisse avec moi Martian et Lacus ,
Et trompe heureusement les présages sinistre»
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De la division qu’il voit en scs Ministres.
Ainsi des deux côtés on combattra pour roi >
Le plus heureux des Chefs t’apportera sa foi :
Sans part à ses périls tu l’auras à sa gloire ,
Et verras à tes pieds l’une ou l’autre victoire.
Quoi ! mon coeur par vous-même à ce héros donné , Pourroit ne l’aimer plus , s’il n’est point couronné ?
Et , s'il faut qu’à Pison son mauvais sort nous livre* Pour ce même Pison je pourrois vouloir vivre î
Si nos communs souhaits ont un contraire effet ,
Tu te peux faire encor l’efFort que tu t’es fait ;
Et qui vient de donner Othon au diadème,
Pour régner à son tour , peut se donner soi-même,
Si pour le couronner j’ai fait un noble effort , Dois-je en faire un honteux pour jouir de sa mort ? le me privois de lui sans me vendre à personne ;
Et vous voulez. Seigneur, que son trépas me donne. Que mon cœur, entraîné par la splendeur du rang , Vole après une main fumante (Je son sang ,
Et que , de ses malheurs triomphante et ravie ,
Je sois l’infâme prix d’avoir tranché sa vie 1
Non , Seigneur , nous aurons même sort aujourd’hui :
Vous me verrez régner ou périr avec lui ;
Ce n’est qu’à l’un des deux que tout ce cœur aspire*
Que tu vois mal encor ce que c’est que l’Empire î fi deux jours seulement tu pouvois l’essayer,
Ta ne croirois jamais le pouvoir trop payer;
Et tu verrais périr mille amans avec joie ,
S’il faüoit tout leur sang pour t’y faire une voie. Aime Othon , si tu peux t’en faire un sûr appui » Mais, s’il en est besoin , aime-toi plus que lui;
Et , sans t’inquiéter où fondra la tempête ,
Laisse aux Dieux à leur choix écraser une tête. I»rends le sceptre aux dépens de qui succombera ,
Et regne sans scrupule avec qui régnera.
Plautinb.
Que votre politique a d’étranges maximes !
Mon amour , s’il l’osoit , y trouveroit des crimes.
Je sais aimer , Seigneur; je sais garder ma foi»
Je sais pour un amant faire ce que je doi ,
Je sais à son bonheur m’offrir en sacrifice ,
Et je saurai mourir, si je vois qu’il périsse;
Mais je ne sais point l’art de forcer ma douleur A pouvoir recueillir les fruits de son malheur.
Tiens pourtant Pâme prête à le mettre en usage , Change de sentimens , ou du moins de langage ;
Et , pour mettre d’accord ta fortune et ton cœur , Souhaite pour l’amant, et te garde au vainqueur.... Adieu, je vois entrer la Princesse Camille.
Quelque trouble où tu sois, montre une amc tranquille ; Profite de sa faute , et tiens l’œil mieux ouvert Au vif et doux éclat du trône qu’elle perd.
( Il tort . }