‹ Nicomede tragedie de P. CorneilleChapitre 112 sur 116 · THON · texte numérisé non relu

THON

De grâce.

De me parler tu prends aussi l'audacc, Assassin d’un héros , que je verrois sans toi Donner des loix au monde, et les prendre de moi!

Toi , dont la main sanglante au désespoir me livre.

Si vous aimez Othon , Madame , il va revivre ;

Et vous verrez long-tems sa vie en sûreté.

S’il ne meurt que des coups dont je me suis vanté.

Plautine.

Othon vivroit encore !

Il triomphe , Madame ;

Et maître de l’État, comme vous de son ame ,

Vous l’allez bientôt voir lui même à vos genoux Vous faire offre d’un sort qu’il n’aime que pour vous. Et dans sa passion dédaigneroit la gloire ,

Si vous ne vous faisiez le prix de sa victoire.

L’armée à son mérite a fait enfin raison*,

On porte devant lui la tête de Pison ,

Et Camille tient mal ce qu’elle vient de dire ,

Ou rend grâces pour vous aux Dieux d’un autre Empire, Et fatigue le Ciel par des vœux superflus En faveur d’un parti qu’il ne regarde plus.

Exécrable! ainsi donc ta promesse frivole....

Axticvi.

TRAGÉDIE. Sf

Qui promet de trahir peut manquer de parole.

Si je n’eusse promis ce lâche assassinat ,

Un autre par ton ordre eût commis l'attentat;

It tout ce que j’ai dit n’éroir qu’un stratagème Pour livrer en ses mains l.acus et Galba meme. Galba n’a rien à • craindre , on respecte son nom*

Xt ce n’est que sous lui que veut régner Othon. Quant à Lacus et toi, je vois peu d’apparence Que vos jours à tous deux soient en même assurance,

Si ce n’est que Madame aii assez de bonté Pour fléchir un vainqueur lustement irrité.

Autour de ce Palais nous avions deux cohortes Qui déjà pour Othon en ont saisi les portes :

J’y commande. Madame, et mon ordre aujourd'hui Est de vous obéir et m’assurer de lui....

Qu’on l’emmene, soldats, il blesse ici ma vue.

fut-il jamais disgrâce , ô Dieux 1 plus imprévue ?

I At ficus sort , et les Soldats emmenait Martian. )

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