N I C O XI I D E
C3u Rome à sesagens donne un pouvoir bien large , Ou vous êtes bien long à faire votre charge.
Fla minius.
Je sais quel est mon ordre , et si j’en sors , ou non , C’est « d’autres qu’à vous que j’en rendrai raison.
4<î NICOMEDE,
Allez-y donc , de grâce , et laissez à mîi flamme Le bonheur à son tour d’entretenir Madame.
Vous avez dans son coeur fait de si grands progrès.
Et vos discours pour elle ont de si grands attraits ,
Q' C sans de grands efforts, je n’y pourrai détruire Ce que votre harangue y vouloir introduire.
Flàminius.
Les malheurs où la plonge une indigne amitié Mc faisoient lui donner un conseil par pitié.
Lui- donner de la sorte un conseil charitable ,
C’est ctre Ambassadeur et tendre et pitoyable.... Vous a-t-il conseillé beaucoup de lâchetés.
Madame ?
Flàminius.
Ah! c’en est trop, et vous vous emportez.
Je m’emporte?
Flàminius.
Sachez qu’il n’est point de contrée Où d’un Ambassadeur la dignité sacrée....
N ICO MEDE.
Ne nous vantez plus tant son rang ct«sa splendeur : Qui fait le Co nseiller n’est plus Ambassadeur ;
Il cxccdc sa charge, et lui-meme y renonce ...
Mais dites-moi, Madame, a-t-il eu sa réponse ?
Oui , Seigneur.
Nicouidi,
Sachez donc que je ne vous prends plus Que pour l’agent d’Attalc, et pour Flaminius;
Et si vous me fâchiez, j’ajouterois , peut-être ,
Que pour l’empoisonneur d’Annibal, de mon maître. Voilà tous les honneurs que vous aurez de moi ;
S’ils ne vous satisfont , allez-vous plaindre au Roi. Flaminiu s.
11 me fera justice, encor qu’il soit bon pere ,
Ou Rome, à son refus , se la saura bien faire. Nicomede.
Allez de l’un et l’autre embrasser les genoux.
Flaminius.
Les effets répondront. Prince , pensez à vous.
Nicouide.
Cet avis est plus propre à donner à la Reine.
( Fuimi/iius sort. }