C A MILLE
Mais Othon m’aime-t-il ?
S’il vous aime? Ah 1 Madame !
Camille.
On a cm que Plautine avoit toute son ame.
On l’a dû croire aussi ; mais on s’est abusé ,
Autrement Vinius l’auroit-il proposé ?
Auroit-il pu trahir l’espoir d’en faire un gendre ?
< Camille.
In feignant de l’aimer , que pouvoit-il prétendre î
De s’approcher de vous et se faire en la Cour Un accès libre et sûr pour un plus digne amour»
De Vinius par-là gagnant la bienveillance,
Il a suie jeter dans une autre espérance ,
It le flater d’un rang plus haut et plus certain , S’ildevenoit par vous Empereur de sa main.
Vous voyez à ces soins que Vinius s’applique ,
En même tems qu’Othon auprès de vous s’explique, Camille,
Mais à se déclarer il a bien attendu,
Mon frere jusqucs-là vous en a répondu.
Camille.
Tandis , tu m’as rédtyitc à faire un peu d’avançe.
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À consentir qu’Albin combattît son silence»
Et même Vinius , dès qu’il me l’a nommé ,
A pu voir aisément qu’il pourroit être aimé.
AllUNl.
C’est la gêne où réduit celles de votre sorte , la scrupuleuse loi du respect qu’on leur porte.
11 arrête les vceux, captive les désirs ,
Abaisse les regards» étouffe les soupirs »
Dans le milieu du coeur enchaîne la tendresse »
Et tel est en aimant le sort d’une Princesse »
Que , quelque amour qu’elle ait et qu’elle ait pu donner.
Il faut qu’elle devine et force à deviner.
Quelque peu qu'on lui die , on craint de lui trop dire : A peine on se hasarde à jurer qu’on l’admire •
Et , pour apprivoiser ce respect ennemi ,
Il faut qu’en dépit d’elle elle s’offre à demi.
Voyez-vous comme Othon sauroit encor se taire ,
Si je ne Pavois fait enhardir par mon frere î Camille.
Th le crois donc , qu’il m’aime î
Et qu’il lui seroit doux
Que vous eussiez pour lui l’amour qu’il a pour vous. Camille.
Hélas! que cet amour croit tôt ce qu’il souhaite!
En vaiala raison parle, en vain elle inquiété i En vain la défiance ose ce qu’elle peut ,
Il veut croire, et ne croit que parce qu’il le veut.
Pour Plautinc , ou pour moi , je vois du stratagème >
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Et m’obstine avec joie à m’aveugler moi-meme.
Je plains cette abusée , et c’est moi qui le suis, Peut-être, et qui me livre à d’<îterncls ennuis :
Peut-être en ce moment, qu’il m’çst doux de te croire,' De ses voeux à Plautinç il assure la gloire ;
Peut-être . . . ,