‹ Nietzsche (volume 2)Chapitre 11 sur 99 · L'INFLUENCE DE R I T S C H L · texte numérisé non relu

L'INFLUENCE DE R I T S C H L

du secret intérieur ; et, sous le masque de la méthode, Nietzsche livrait encore une part de sa personnalité . Le mois de novembre apporta la récompense de tant d'efforts : l'Université proclama Nietzsche vainqueur du concours. Un rapport de Ritschl, en latin, fit remarquer que l'érudition, la maturité, le jugement subtil, dont témoignait ce travail, dépassaient les espérances de ses juges. Le programme inaugural de l'Université ajoutait encore aux éloges que méritait cette sagacité dans la recherche. Nietzsche ne manqua point d'envoyer à ses amis, des extraits de ces appréciations élogieuses (').

Bien qu'il ait mis des mois à remanier son mémoire pour l'impression, il est probable que les positions centrales de Nietzsche étaient telles qu'on les voit dans le travail publié (2). Des textes ingénieusement juxtaposés montraient que Diogène Laërce avait dû emprunter à Dioclès de Magnésie tout ce qu'il sait sur la doctrine et la vie des Stoïciens. Mais ce Dioclès n'a-t-il pas été couvert d'invectives par Sotion, philosophe du temps d'Auguste et de Tibère, qui fut le maître de Sénèque? Il a donc dû avoir des sympathies pour les Epicuriens que Sotion poursuivait d'une haine tenace. Et comment Diogène Laërce, si voisin lui-même de la secte épicurienne, aurait-il emprunté à un autre que Dioclès ses renseignements sur Epicure et son école, pour l'amour desquels Dioclès avait été persécuté? Par degrés, Diogène Laërce apparaît donc comme un résumé de Dioclès.

Il le résume en effet, mais non sans interpolations. Favorinus d'Arles, que nous connaissons si bien par Aulu-Gelle, son ami, fut une de ses sources secondaires.

(l) Corr., I, 87; II, 16.

{*) Philologica, t. I, pp. 09-152.

ASDLER. H.

Et la recherche aurait pu se terminer là, si elle n'avait donné un résultat qui dépassait infiniment les données du problème proposé. Car voici ce que l'on découvre.

Les sources de Suidas avaient toujours occupé Nietzsche. Dans les cas fréquents où Diogène coïncide avec Suidas, fallait-il penser, comme on a fait souvent, que Suidas puise dans Diogène ? Un tableau comparatif des renseignements que nous avons sur les parents, les collatéraux, les surnoms, les précepteurs et les disciples des philosophes, et sur leur genre de mort, fait ressortir de curieuses ressemblances entre Suidas, Diogène Laërce et Hésychius. Mais c'est Hésychius qui apporte les renseignements les plus abondants et les plus précis. Il a puisé à une source plus riche ; et, de proche en proche, la conclusion s'impose que cette source est Démétrius de Magnésie. Mais les ressemblances entre Diogène Laërce et Suidas s'expliquent avec une éclatante évidence, si l'on admet que ce même Démétrius a dû être à l'origine de Dioclès, où puise Diogène, et d'Hésychius, où puise Suidas. Ainsi, avec une simplicité lumineuse, Nietzsche débrouille l'écheveau complexe des traditions littéraires grecques et en établit l'union foncière. Dès Noël 1867 cette intuition l'avait obsédé ; et les renseignements s'étaient cristallisés, abondants et pressés, autour de cette hypothèse. Un fait se faisait- jour pour lui : c'est qu'on n'atteint à la vérité profonde que par divination.

Ritschl, par des éloges, par des encouragements, par des collaborations étroites qu'il exigeait de Nietzsche, multipliait les séductions qui devaient attacher à la philologie ce disciple d'élite. Combien de temps Nietzsche lui est-il resté fidèle? En 1866, avec cet impérieux besoin de tenir en tutelle ses amis, il écrivait à Deussen :

11 faut de l'érudition et de la routine ; c'est-à-dire de l'expérience et de l'exercice. Donc apprenons et digérons beaucoup.

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Mais il ajoutait aussitôt : « Cherchons, combinons, inférons. » La philologie n'ouvre les horizons d'une pensée qu'à l'érudit solide. Elle lui fournit un plan de vie intellectuel, et avec lui l'énergie qui guérit la mélancolie inhérente à toute incertitude nerveuse Nietzsche conseille à Deussen, égaré dans la théologie, cette discipline rigoureuse. Il n'a de cesse qu'il ne le sache occupé à quelque travail spécial sur Evagoras de Chypre, sur Photius, ou sur Tacite, par lequel il célèbre « ses noces avec la philologie » (2). Ritschl le retient, par ses qualités humaines, par son magnétisme personnel, plus que par sa doctrine. Nietzsche révère en lui une autorité dénuée de morgue, l'amitié ingénieuse à deviner les besoins et les vœux discrets d'un cadet, et ce tact de la vérité qui faisait son impeccable « conscience scientifique » (3). « Je ne peux donc ni veux me détacher de lui », ajoute-t-il. Mais comment dans la force de cet attachement ne pas apercevoir déjà des tendances contraires? Sa pensée est une arène où se battent des forces opposées. Dès le début l'influence de Ritschl est contrecarrée. Une puissance impérieuse en Nietzsche se soulève contre ceux qu'il aime, dans le temps même où il les aime. Cette puissance hostile n'était pas alors la musique. Schumann restait son délassement plutôt que son étude. Richard Wagner, dont il joua pour la première fois la Walkyrie dans sa retraite de Koesen, où il fuyait le choléra en octobre 1866, lui laissait « des impressions mêlées » (4). La tragédienne Hedwig Raabe venue à Leipzig pour une tournée en juillet 1866, lui laissa au cœur une image puissamment fascinante, mais qui ne le détourna pas de son chemin (5).

(*) P. Deussen, Erinnerungen, pp. 29, 30. — Corr., I, 52. (•) /bid., 31. — Corr., I, 70.

(3) P. Deussen, Erinnerungen, p. 33. — Corr., I, 72. m Corr., I, 25. — (5) Corr., I, 3i.

Il prenait part, comme choriste, à la société des concerts du professeur Riedel, et étudia ainsi la Passion selon saint Jean de Rach et la Missa solemnis de Beethoven. Les blessés de Sadowa bénéficièrent de ces concerts donnés à la Nikolaïkirche au lendemain des batailles (*). Pourtant, ni ces initiatives d'art, ni les événements politiques ne gênèrent la rédaction du Thèognis ; et la vocation de Nietzsche n'en fut pas changée. Une révélation d'une autre sorte faillit tout compromettre : celle de Schopenhauer.

L'illumination fut soudaine, comme celle de Malebranche découvrant Descartes. Un livre trouvé dans la boutique du bouquiniste Rohn, son premier logeur, l'attira magnétiquement. « Je ne sais quel démon me souffla : « Emporte ce livre (*). » Il le lut, et se trouva un autre homme. Ou plutôt il avait vu clair en lui-même. Il sentit en lui l'orgueil qui enivrait les premiers chrétiens après le frisson de la conversion : l'orgueil de se sentir différent, et meilleur, et seul initié. Son sans thuringien de réformateur s'embrasait. Cette ambition éducatrice qui l'avait toujours poussé et qu'il avait crue d'abord celle d'un prédicateur, puis celle d'un professeur, se trouvait être celle du philosophe qui veut légiférer pour une civilisation. Ritschl avait, pour un temps, fixé sa mobilité parla précision des méthodes. Devant Ritschl, il s'était senti petit. A présent, contre Ritschl lui-même, il trouvait no appui. La réforme ritschlienne ne visait qu'à faire des esprits lucides. La méthode de Schopenhauer permettait de changer les hommes dans leur profondeur. Voilà la pensée secrète que couva désormais son courage humble, ombrageux et irrité.

Une intelligence vive, mais trop vagabonde, éclai-

(») Corr., V, 131.

(*) E. Fokrster, Biogr., I, pp. 231-213.

rait cette ambition confuse. Schopenhauer lui apprit que l'univers entier est ainsi aspiration trouble et que sur son besoin se construit son intelligence. Pour pénétrer jusqu'au secret des mondes, il lui avait suffi de regarder en lui-même. Schopenhauer était le prodigieux appareil d'optique qui éclairait jusqu'aux abîmes où reposent les assises de toute vie spirituelle. Non seulement il montrait à Nietzsche son mal, en lui faisant voir que ce mal était nécessaire et universel, mais il justifiait le sentiment qu'il avait de la vie. Il le grisait de la grande émotion mystique des hommes qui savent les derniers secrets. Il faut lire profondément entre les lignes de la confession, où Nietzsche nous dit cette crise de désespoir et d'ambition (1). Il n'y a qu'une consolation pour celui qui souffre de cette grande douleur qui engendre les êtres : c'est d'être capable à son tour de créer, d'enfanter des images qui fascinent divinement les hommes et les forment à leur modèle. Cette très évidente conclusion avait poussé Richard Wagner vers Schopenhauer. Vers qui poussera-elle Nietzsche? Elle le remplit de [la sournoise et enthousiaste attente des hommes qui s<> sentent prédestinés.

Il n'y eut pas de précepte de méthode qu'il n'oubliât dans cette certitude nouvelle. Dès la deuxième année de son séjour, il se risque à demander son doctorat. Infidèle à Ritschl, à l'hellénisme, à la philologie, ivre de métaphysique, il dépose une thèse sur Les schèmes fondamentaux de la Représentation qui résume ses récentes études schopenhauériennes. Elle fut refusée. Nietzsche maudit ses juges. Faut-il le croire sur parole quand il déclare que l'un d'eux avait écarté son travail parce qu'il soutenait .des idées qu'on n'enseignait pas à

(*) E. Foerster, Biogr., I, p. 232.

Leipzig, et l'autre parce qu'elle était contraire au sens commun ? Il crut avoir affaire à ces « professeurs de philosophie » insultés par Schopenhauer ; et, plein d'une révolte sans élégance, il dénia à la Faculté de philosophie la faculté de philosopher :

La vérité a rarement sa demeure aux lieux où on lui a bâti des temples et où l'on a consacré ses prêtres (*).

Puis il prit la résolution de suivre seul son chemin dans la recherche de la vérité. Et quand il la prit, il se connaissait mal. A coup sûr Schopenhauer était pour lui un de ces secrets refuges, où il abritait sa rêverie de promeneur solitaire (s). Il confiait au fidèle Gersdorff sa foi jeune ; et déjà cherchait le moyen de conformer sa vie à sa doctrine. Toutes choses à présent, il les voyait du biais schopenhauérien. Le stoïcisme de Sénèque le lui rappelle (3). Le romancier Spielhagen, dans le roman à' In Reilï und Glied, tout rempli du souvenir de Lassalle, l'émeut parce que les héros y sont poussés « à travers la flamme rouge de la Sansara jusqu'à cette conversion du vouloir » , où consiste avant tout l'état d'âme pessimiste (*). Puis soudain son besoin de prosélytisme le ressaisissait. Il avait prêché la méthode scientifique de Ritschl : à présent il devenait le tourment de ses amis par son insistance métaphysique. Il se réjouit de fonder autour de lui une « franc-maçonnerie » sans insignes, sans mystères et sans formules ; un « club », une petite église fervente et secrète. Un à un, il convertissait ses camarades ; les plus anciens d'abord, ceux de Pforta, le fidèle Gersdorff, le philosophe Romundt et Kleinpaul (5).

Avec l'instinct sûr du névrosé qui cherche dans une

(») Corr., I, 81. — (•) Ibid., I, 25. — (3) Ibid., I, 67. — (*) Ibid., I, 89. — (8) Ibid., I, 82, 124.

affirmation forte le remède à sa naturelle mobilité, il ne discutait même plus sa certitude nouvelle. Albert Lange lui avait enseigné que la philosophie édifie avec des idées abstraites ce que d'autres arts construisent avec des impressions sensibles (*); et qu'elle construisait une demeure pour les besoins de notre cœur. A ses amis dans le deuil il offrait donc comme réconfort le bréviaire schopenhauérien qui enseigne la purification par la douleur, le dépouillement de soi et le total renoncement (*). Cette doctrine lui paraissait venir à la rencontre de ce qu'il avait appris dans Emerson et dans Novalis. Pour celui qui sait les mirages du vouloir- vivre, et qui se dépouille de tout égoisme, les faits du dehorg sont des enveloppes vides qu'il sait remplir d'un contenu d'âme nouveau. Dès lors, il appartient à chacun de créer sa destinée : et les accidents de sa vie ont pour lui tout juste la valeur qu'il veut bien leur accorder. \J évaluation que nous faisons des événements en fait seule la réalité. Il suffirait à l'humanité d'être unanime dans une vision nouvelle du monde, pour que le monde fût changé. Ambitieux idéalisme, que la doctrine schopenhauérienne justifiait. Elle a été la première à encourager en Nietzsche l'orgueil qui a cru recréer le réel par la seule attitude du sentiment qui blâme ou approuve. Son j)rosélytisme natif se légitimait comme une œuvre d'affranchissement intégral de l'hunianité.

Son orgueil même, si solitaire, le poussait donc à la propagande ardente, élargie et organisée. En l'isolant, il intensifiait aussi chez Nietzsche le besoin d'amitié, où depuis il a reconnu une des conditions de la croissance du génie et sa consolation principale. Parmi les très

(*) Corr., I, 48.

(*) Corr., 1, 61.

grandes faveurs de son destin, il faut compter celle qui lui a donné quelques amis capables de le comprendre parfaitement. A Leipzig, il y eut avant tout, Erwin Rohde, qui, lui aussi, était venu de Bonn, avec un peu de retard . à Pâques 1866, pour suivre Ritschl déplacé (*).

Erwin Rohde était en ce temps-là un grand adolescent svelte et brun, d'une figure un peu trop longue, mais finement et fortement découpée avec d'étincelants yeux noirs. Il n'était pas des plus accessibles. Il avait passé ses années d'enseignement secondaire dans l'institut célèbre que Volkmar Stoy dirigeait alors à Iéna; et, après coup, il croyait y avoir souffert comme Nietzsche à Pforta (â). Maintenant sa réserve taciturne et aristocratique marquait une susceptibilité ombrageuse et passionnée. Nietzsche, qui eut toujours le talent d'analyser et d'enjôler les âmes, le conquit. Il fut le seul. Même devant Ritschl, Erwin Rohde demeurait amer et batailleur jusqu'à l'impertinence (3). Il était entré dans la Société philologique créée par Nietzsche. Des travaux sur la littérature latine, sur Ovide, sur Catulle, sur Apulée le menèrent aux sources grecques de ces poètes et lirent de lui bientôt un helléniste, dont la supériorité s'imposa. Gela créait déjà un souci commun. Nietzsche et Rohde devinrent intimes. Des causeries sur Platon, sur les philosophes grecs, sur les écrits esthétiques de Schiller, dont ils avaient fait leur livre de chevet, sur les écrits récents du philosophe Fechner ou d'Albert Lange les mettaient aux prises dans des batailles d'idées, qui

(*) Voir 0. Ghdsius, Erwin Rohde, 1902, p. 11, sq.

(E) Sur le vrai caractère de l'intelligente et large pédagogie de Volkmar Stoy, qui considérait l'école comme « un temple au bord du fleuve de la vie », voir un joli essai d'Erich Schmidt, dans les Charakteristiken, t. II„ p. 251 sq., 1901.

(3) Crusius, ibid., p. 12. — Corr., I, 46.

resserraient leur estime mutuelle. Qui fut le chef ? Erwin Rohde montrait combien les recherches de folk-lore et d'ethnographie, inaugurées à l'Université de Leipzig par Oskar Peschel, étaient propres à renouveler l'interprétation des religions évoluées. Il garda en pareille matière une avance que Nietzsche n'a pas rattrapée, malgré la tentative qu'il fit, à l'époque où il médita sur les cultes grecs et sur la généalogie des croyances morales (1). En revanche, Nietzsche gardait la supériorité musicale et métaphysique. Les ressources de culture musicale que Leipzig offrait si abondamment, Nietzsche seul les lui a ouvertes. Et aux soirs où Nietzsche s'abandonnait à ce don d'improviser sur le piano qu'il eut si magnifique, Rohde sentait la supériorité d'une âme créatrice sur une intelligence qui, malgré toute sa vigueur, n'avait que la nostalgie de l'art et non le talent artiste (a).

Leurs pensées se sentirent d'accord jusque dans leurs sonorités les plus profondes, quand Nietzsche eut initié Rohde à Schopenhauer. Ç'a été la grande harmonie morale qui a traversé leur amitié ; et c'en a été le péril. Car cette amitié a dû se rompre en dissonances douloureuses, le jour où une commune conviction philosophique lui a manqué. L'accompagnement d'une croyance identique a, pendant longtemps, effacé tous les désaccords. Ils aimaient en Schopenhauer, non sa doctrine, mais, chose étrange et significative, sa personnalité surtout, qui subsiste à travers les faiblesses de la pensée ; cette énergie du vouloir, plus forte que la construction intellectuelle par laquelle il réussit à exprimer son âme (a) .

A coup sûr, il y a beaucoup de spleen originel dans

(*) Crusius, Ibid., p. 20.

(2) Corr., II, 4. — Crusius, p. 27.

(») Corr., II, 4, 25, 61, 80, 95, 114.

cette prédilection pour le philosophe du désespoir. Mais c'est le spleen des natures que tourmente une grande ambition secrète, non encore arrivée à se définir. La bonne ville de Leipzig ne les a pas connus tristes. Sardoniquement, ils écoutaient les bourgeois saxons discuter politique au café Kintschy. Ils avaient une martiale allure quand ils revenaient du stand ou du manège où déjà ils s'entraînaient en vue de leur service militaire prochain (*). Ils n'estimaient point que des humanistes modernes dussent avoir l'apparence monacale et chétive ; et au congrès des philologues, à Halle, où Nietzsche assista avec quelques camarades, il notait l'élégance de la tenue et les moustaches militaires prédominantes (2). La notion schillérienne et grecque d'une humanité robuste dans son affmement redevenait pour eux un impératif.

Les Grecs n'ont été ni des savants, ni des gymnastes sans pensée. Sommes-nous donc condamnés à faire un choix ? Le christianisme, là aussi, a-t-il produit dans la nature humaine une lézarde que n'a pas connue le peuple de l'harmonie ?

Nietzsche alors enviait Sophocle, qui avait su exceller à la danse et à la paume autant qu'à la poésie. Mais ce mâle genre de vie n'empêchait pas le travail pénible du Diogène Laërce, que Rohde surveilla et encouragea. Il ne détournait pas ces âmes musiciennes de leur existence intérieure, prolongée à l'unisson. Pour s'y abandonner avant cette fin d'année qui les séparerait, ils allèrent habiter quelques jours au « Jardin italien », au fond du Rosenthal, près de Leipzig; et dans la charmante vallée de la Pleisse, ils choisirent un coin écarté et ombreux qu'ils dénommèrent Nirivana. Leurs conversations fixèrent

(») Corr., II, 7.

(s) Corr., I, 80.

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