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DE CROIX-DE DURBIEZ

Nicolas de Croix-de Durmez, chevalier, seigneur d'Orville et de Clerfayt, premier député de l'état noble du comté de Hainaut et grand-prévôt de Maubeuge, fut créé comte de Clerfayt, en Hainaut, par lettres du roi Charles II du 30 mars 1686. {Nob., p. S38.)

DE CROIX

Pierre de Croyx, écuyer, demeurant à Heddin, acheta, le 28 novembre 1392, de dame Alix de Masinghem, veuve de Mahieu, seigneur d'Azincourt, chevalier, et de Jean, seigneur d'Azincourt, leur fils, la seigneurie de la Carnoy, située près du vieil Hesdin, tenue en fief de Rolencourt. Il épousa une dame dont le nom nous est inconnu et laquelle le rendit père de Hues, qui suit.

Hues de Croix, demeurait à la Carnoy Fan 1412. — Il fut maître-d'hôtel de Jacques de Chastillon, seigneur de Dompière, Rolencourt, etc., gouverneur de Champagne et de Brie, amiral de France, et acheta avec Mehaut Meigrette, sa femme, un fief de 12 mesures, situé à Rolencourt et tenu dudit Rolencourt. — Il avait obtenu, en 1410, sentence à l'élection d'Artois, par laquelle il fut déclaré noble.

Wallerand de Croix, seigneur d'Épinoy, épousa Marie de Coubronne et en eut :

Wallerand de Croix, seigneur d'Épinoy, ou Espinoy, mayeur de S^Omer, lequel épousa Jacqueline Penel, — fille d'Antoine et d'Adrienne de la Cornhuse, — par contrat passé au château de Forets le 5 janvier 1545. — Il transigea, en 1570, avec sa sœur Marie et Charles d'Eschat, seigneur de Neuville, mari de cette dame. — De ce mariage naquit :

Wallerand de Croix, seigneur de l'Espinoy, Warcugny, etc., époux, par contrat du 17 décembre 1573, de Marie de S*-Venart. — Il testa à S^Omer le 29 avril 1600, laissant trois filles, savoir :

1° Claude ou Claudine de Croix, mariée, en premières noces, à Robert de "Wignacourt, seigneur de Fontaine, mort en 1596, — et, en secondes noces, à Jean le Lièvre.

2° Marie de Croix, alliée à Pierre de Grenet.

Et 3° Adrienne de Croix, mariée à Roland de Croix, seigneur de la Mouvarderie, mayeur de S*-Omer, de la même famille, — fils de Charles, seigneur dudit lieu, et d'Anne de Vilers-le Leu.

Armes : de sable à la croix ancrée d'argent (Fig. 666). {Fragm. gênéal., t. I, p. 175.)

DE LA CROIX (de Tournay).

I. Jean de la Croix, épousa Marie de Cordes, dame de Maubray, fille d'Arnould,

seigneur dudit lieu, et de Barbe de Fontaine, dont :

II. Jean-François de la Croix, seigneur de Maubray, Segnoreuil, Gaiges et Berjeau.

Il épousa Catherine-Isabelle de Voocht, morte le 5 février 1682, et inhumée avec lui à S'-Nicolas, dit le Château de Tournay, en la même ville. De ce mariage :

III. Ignace-Alexandre de la Croix, seigneur de Maubray, Segnoreuil, Gaiges et

Berjeau, mort le 22 juillet 1739, âgé de 68 ans (i), et fut inhumé au dit S^Nicolas, avec Jeanne-Françoise van Hoorn, son épouse, décédé le 4 janvier 1753, à l'âge de 83 ans. — Ils n'eurent qu'un enfant, savoir :

IV. Christian-Alexandre-Joseph de la Croix, seigneur de Maubray, etc., épousa

à Wichelen, le 6 avril 1736, Marie-Eugénie-Catherine de Cordes, morte le 28 juillet 1751, et enterrée avec son époux au dit SVNicolas, devant le banc de communion. — Elle était fille de Lancelot-François, seigneur de Wichelen, Cherscamp, etc., et de Françoise-Joséphine van der Dilft. Dont :

V. Alexandre-François-Joseph de la Croix, seigneur de Maubray, Segnoreuil (2),

lequel épousa, le 10 octobre 1763, Philippine des Enfans, fille de Philippe, seigneur de Fermont, et de Chrétienne Liot (3). — Il avait une sœur, nommée Anne-Thérèse-Philippine de la Croix.

Armes : de sable au chef d'argent, semé de croisettes de gueules (Fig, 667).

(Fragm. génàaL, t. I, p. 203.)

DE LA CROIX (en Hainaut).

Jean de la Croix, conseiller de l'empereur Charles-Quint et son receveur-général de Hainaut, mourut le 29 janvier 1521, à 63 ans. Il avait épousé Waudru d'Assonleville, de laquelle il eut :

Antoine de la Croix, seigneur de la Motte, qui épousa Hélène l'Hermite. Dont :

1° Jacques de la Croix, seigneur de la Motte et de Caumont, bailli du noble et illustre chapitre royal de Ste- Waudru, à Mons, armé chevalier par l'archiduc Albert, le 28 février 1600. — Il mourut sans postérité.

2° Catherine de la Croix, mariée, par contrat du 8 février 1566, à Jean du

(1) Il était né à Tournay le 2 juin 1671, et fut grand-bailli de Condé. Sa femme, J.-F van Hoorn, était fille de François, conseiller au parlement de Tournay, et d'Anne van Hurmen.

(2) Ledit Alexandre-François-Joseph de la Croix était aussi seigneur de la vicomte d'Ogimont. — Un de ses fils, Alexandre-Philippe-Joseph de la Croix, seigneur d'Ogimont, fut admis dans la noblesse du royaume des Pays-Bas en 1824, et mourut à Tournay en 1828, ayant épousé Amélie-Thérèse-Adolphine- Colette Vertegans d'Autreppe, laquelle mourut en 1838, ayant eu quatre enfants, dont l'aîné, Arthur- Gaspard-Alexandre de la Croix-d'Ogimont, a épousé, en 1826, Adèle-Clotilde de l'Épine.

(3) Cette dame ne se nommait pas Philippine, mais Angélique-Cécile-Françoise-Josèphe des Enfans ; elle était fille de Philippe-François et de Marie-Louise-Josèphc (et non Chrétienne) Liot.

Buisson, seigneur d'Oisy, d'abord conseiller-pensionnaire des états de Hainaut, puis conseiller de LL. AA. SS., en leur cour et conseil à Mons, en 1604.

Et 3° Isabelle de la Croix, alliée à David de Haulchin.

Armes : d'azur à la croix recroisetée et perronnée de trois marches d'or (Fig. 668). (Suite du Suppl., 1555-1614, p. 142; Vrai Suppl., p. 70; Nob., p. 125; Mélang. de Généal., p. 46.

Il est à remarquer ici, que le Nobiliaire des Pays-Bas, p. 125, par de Vegiano, donne pour armes audit Jacques de la Croix : d'argent à la croix ancrée de sable, — et que le Vrai Suppl. au Nob. blasonne ses armoiries : de sable à trois croix pattées, au pied fiché d'or.

DE LE CROIX

Jean-Joseph de le Croix, avocat au conseil de Hainaut et châtelain de Leuze, fut anobli par lettres du 23 août 1727. Ses armes sont : d'azur au chevron d'argent, chargé de cinq mouchetures d'hermines de sable et accompagné de 3 croisettes d'argent, 2 en chef et 1 en pointe (Fig. 669).

(Nob., p. 717.)

CROMBBEN.

Ignace-Nicolas-Bernard et François-Théodore Crombeen, domiciliés à Courtrai, furent anoblis avec confirmation d'armes et concession d'une couronne au lieu de bourlet, par diplôme de l'empereur Charles VI du 27 juillet 1720, enregistré dans la matricule de l'empire.

Par lettres du 22 février 1736, ledit Ignace-Nicolas-Bernard Crombeen obtint confirmation de noblesse avec rétroaction au 27 juillet 1720. — Ses armes étaient : d'azur à deux fasces ondées d'argent; au chef d'argent, chargé d'une aigle naissante de sable. Cimier : un lion naissant de sable, tenant de ses pattes une colonne naissant d'or (Fig. 670).

(Nob., pp. 683 et 773; Nouv. vrai Suppl., p. 264.)

DE CROMBRUGGE.

I. George de Crombrugge, seigneur de Tenbroucke, épousa, en 1522, Anne van

der Haeghen, fille de Simon et d'Antoinette de Keghele, et en eut :

II. George de Crombrugge, seigneur de Tenbroucke, allié, en 1545, à Catherine

Braem, dame de la Douve, de Tollieu et Looringhe, fille unique de Philippe, seigneur desdits lieux, et de Marguerite van der Straeten. Dont :

III. Philippe de Crombrugge, seigneur de la Douve, etc., bourgmestre de la

châtellenie de Courtrai et haut-pointre de la même châtellenie. Il épousa, en 1570, Gertrude de Gruutere, dame de Loovelde, fille de Jean, chevalier, seigneur dudit lieu, et de Jacqueline de Waele-d'Axpoele.

Cette dame mourut le 18 sept 1638, ayant eu les sept enfants qui suivent :

1° Philippe. Son article suit.

2° Jean, rapporté après la postérité de son frère.

3° Ghiselbrecht ou Gilbert de Crombrugge, seigneur de Leyberghe, époux de Jossine de Meulenaere.

4° Philippote de Crombrugge.

5° Jeanne de Crombrugge.

6° Françoise, religieuse.

Et 7° Florence de Crombrugge, aussi religieuse.

IV. Philippe de Crombrugge, seigneur de Looringe et Tollieu, bourgmestre et

landhouder de Furnes, épousa, en 1606, Hélène Mesdagh, dame de Wulfsberghe, — fille de Gérard et de Jacqueline de Moucheron. — Elle mourut le 25 juillet 1620. — De cette alliance vinrent :

1° George, qui suit.

Et 2° Hélène de Crombrugge, alliée à Pierre-Charles de Nieumunster, seigneur dudit lieu.

V. George de Crombrugge, seigneur de Tollieu, de Loovelde et de Looringhe,

épousa Marguerite van der Meeren, fille de Gilles, chevalier, seigneur d'Asperen, de Singem et de Veerdingem, et de Marguerite van der Saren.

— Il fut créé chevalier par lettres du 20 septembre 1657. — Dudit mariage vinrent :

— 1° Guillaume-Jacques, qui suit.

2° Marie-Marguerite de Crombrugge, dame de Wulfsberghe, alliée à Louis Happaert, seigneur de Dieghem et du pays de Rotselaer.

3° Hélène-Thérèse de Crombrugge, dame de Veerdeghem, femme de N.... van Zuylen, baron d'Erpe.

4° Antoine de Crombrugge, marié : 1° à N.... de Dammartin; et 2° à N.... Cressin.

Et 5° Gilles de Crombrugge, seigneur de Rynsacker, épousa Caroline van der Haghen, fille de Philippe, seigneur de Meere, et de Jeanne Pardo.

— Leur fille Hélène-Thérèse de Crombrugge, mariée à Jean-Baptiste de Vaernewyck, fils d'Emmanuel et de Marie-Barbe Hellin; ses seize quartiers sont :

Crombrugge.

van der Meere.

van der Haeghe.

Pardo.

Gruutere.

van der Zype.

Vierteele (dico Virtal).

Anchemant

Mesdagh.

van der Sare.

Cottrel.

Vuldere.

Moucheron.

van der Varent.

Overbecke.

Wyckhuys.

VI. Guillaume-Jacques de Crombrugge, seigneur de Loovelde, Iseghem, Portes, etc., mort le 13 décembre 1717, et gît aux Dominicains à Gand. — Il avait épousé Madeleine-Aloïse-Thérèse Lamzoete, fille d'Ignace et de Susanne van der Haghen. Leurs enfants furent :

1°' Emmanuel-Jean, qui suit.

Et 2° Louis-Jacques de Crombrugge, seigneur de Loovelde, etc., lequel épousa, le 19 novembre 1724, Justine-Pétronille Sandelin, sans hoirs.

VII. Emmanuel- Jean de Crombrugge, seigneur d'Iseghem, épousa, en 1722, Eléonore-Thérèse van der Camere, fille unique de Charles. — De cette alliance vinrent :

1° Jean-Baptiste de Crombrugge, religieux dominicain à Gand.

2° Une fille, mariée à Guislain-George Balde, seigneur de Cattenaye.

Et 3° Éléonore-Philippine de Crombrugge, alliée, le 3 mars 1753, à Antoine Triest, fils de Jean-Bernard et d'Éléonore-Ermelinde-Jacqueline van den Berghe, dite de.Praet.

IV. Jean de Crombrugge, seigneur de Douvie, Brouck, etc. (fils puîné de Philippe

et de Gertrude de Gruutere), mort le 18 octobre 1734. Il avait épousé, le 15 octobre 1608, Louise Damant, fille de François, grand-bailli de Courtrai, et de Louise Siclers. Elle mourut en 1673, et gît auprès de son mari à Wilsbeke. Leurs enfants furent :

1° Catherine de Crombrugge, laquelle fut mariée à don Pedro Lopez.

2° Anne-Marguerite de Crombrugge, alliée à don Melchior Cassador, capitaine.

3° Marie- Antoinette, femme de don Antonio Torres, gouverneur de Sautleeuw (Zoutleeuw, en français Léau, en Brabant).

4° Gilbert, qui suit.

5° Marie-Louise de Crombrugge, alliée à don Mario marquis de Gayaffa, général de bataille et colonel d'un régiment de cavalerie.

Et 6° Charlotte-Gertrude de Crombrugge, morte sans alliance.

V. Gilbert de Crombrugge, seigneur de Douvie, Brouck, etc., haut-pointre de la

châtellenie de Courtrai, mort le 4 janvier 1675, et gît à l'abbaye de Groeninghe. — Il avait épousé Marie-Anne del Rio, morte le 24 février 1688, fille d'Antoine, chevalier, seigneur d'Eeghem, et d'Adrienne de Wyckhuyse, et en eut les quatre enfants qui suivent :

1° François de Crombrugge, seigneur de Douvie, Brouck et Pontpepers, haut-pointre de la châtellenie de Courtrai, mort le 13 novembre 1719, et enterré à Wilsbeke, avec son épouse Thérèse Piers, morte le 25 juillet 1737,

— fille de Charles, seigneur de Nieuwenhuyse, et d'Antoinette du Hot.

— De ce mariage vinrent :

A. Jacques-Augustin de Crombrugge, seigneur de Douvie, Brouck, etc., chanoine-gradué de S^Bavon à Gand.

Et B. Thérèse de Crombrugge, alliée à Alphonse-Ferdinand van der Brugge, conseiller du conseil en Flandres, mort le 4 janvier 1766.

2° George de Crombrugge, époux de Caroline Balde, dont il eut Marie- Anne de Crombrugge, morte le 10 août 1710.

3° Philippe, qui suit.

Et 4° Marie- Anne de Crombrugge, alliée à Pierre-François del Rio, seigneur d'Eeghem, fils d'Antoine-Gabriel et de Françoise Bokluut.

VI. Philippe de Crombrugge, seigneur de Boelaere, épousa Isabelle de Boot,

morte le 19 avril 1732, — fille de Charles, seigneur de Lisseweghe, et

d'Anne-Péronne de Vooght. De cette alliance vinrent :

1° Alexandre-Bernard de Crombrugge, seigneur de Boelaere, chanoine

et prévôt du chapitre de S^Bavon à Gand.

Et 2° Marie-Isabelle de Crombrugge, mariée à François Megrode de

Lidermans, avoué d'Ypres en 1728. Dont :

Marie-Alexandrine Megrode, fille unique, alliée, le 25 juillet 1747, à

Charles-Louis-Léonard le Poyvre, seigneur de Mullem, fils de Louis,

seigneur dudit lieu et d'Éléonore-Jacqueline van den Berghe, dite Praet.

Armes: de gueules à 3 éperons enferrés, ou 3 molettes d'éperons colletées d'argent;

cimier : un dextrochère posé en pal, vêtu de gueules, la main de carnation, à un anneau

d'or au premier doigt, entre un vol d'argent, à la fasce de gueules (Fig. 671).

{Nob., p. 349; Vrai Suppl., p. 162; Nouv. vrai Suppl., p. 128; Fragm. généal, t. II, p. 269; Alélang. de Généal., p. 106.)

DE CROONENDÀEL.

Paul de Croonendael, seigneur de Vlieringhe, conseiller et commis des domaines et finances des Pays-Bas en 1604, mourut en 1621. — Il avait épousé Catherine Gielis, laquelle mourut en 1597. — Dont :

Henri de Croonendael, seigneur de Vlieringhe, Breedthout, Beveren et la Bruyère, greffier des domaines et finances des Pays-Bas, créé chevalier par lettres du roi Philippe IV du 20 août 1622, mort en 1643, ayant épousé, en 2es noces, Adrienne Immeloot, dame de Steenbrugghe, laquelle lui survécut jusqu'en 1655. De cette alliance vinrent :

1° Paul de Croonendael, seigneur de Vlieringhe et de Breedhout, créé chevalier par lettres du 12 avril 1644.

Et 2° Henri de Croonendael, seigneur de Beveren, la Bruyère et Sourbise, conseiller et receveur-général des domaines et finances des Pays-Bas. Il fut créé chevalier par lettres du roi Philippe IV du 10 octobre 1645. — Ce prince lui accorda, par de nouvelles lettres patentes du 30 août 1651, le droit de faire soutenir ses armes par deux dames coiffées à l'antique, vêtues de robes diaprées d'or et d'un manteau royal de gueules, doublé et rebordé de vair; — et, par d'autres lettres du 3 avril 1660, il obtint la permission de les faire soutenir, à droite par un homme armé d'or de toutes pièces et couvert d'un manteau royal de gueules, doublé et rebordé de vair, tenant de la main dextre l'écusson des armes et de la sénestre une bannière de vair, et à gauche par une dame coiffée en cheveux, vêtue d'une robe diaprée d'or et d'un manteau royal de gueules, doublé et rebordé de vair,

tenant de la main dextre une bannière de gueules, chargée d'une couronne ducale d'or, et de la sénestre l'écusson des armes. — Il mourut le 29 décembre 1665, ayant épousé Marie-Françoise Dennetières, fille de Jacques, premier baron de la Berlière. — De cette alliance naquit Jacques-Henri de Croonendael, seigneur de Vlieringhe, Breedthoudt et Sourbise, conseiller et maître de la chambre des comptes, et intendant de la ville de Gand. — Il fut créé vicomte de Vlieringhe et de Breedthout, en Hainaut, par lettres du roi Charles II du 2 octobre 1681. — Il épousa Jeanne-Isabelle-Austreberte d'Esclaibes, et en eut :

Marie-Ernestine-Austreberte de Croonendael, vicomtesse de Vlieringhe et de Breedthoudt, dame de l'ordre de la croix étoilée, mariée à Antoine-Ignace van der Gracht, seigneur de Fertin, grand-bailli de Tournay et du Tournesis. — Elle resta veuve le 6 novembre 1734, et mourut le 17 mai 1749.

Armes : écartelé; aux 1 et 4 de vair; aux 2 et 3 de gueules à une couronne ducale d'or (Fig. 672).

(Nub., pp. 181, 278, 286 et SIS.)

DE CROT

I. Jacques I, sire de Croy et d'Araines ou d'Araynes, dit l'ancien, épousa Mar-

guerite de Moreuil, fille de Bernard, VIe du nom, seigneur de Moreuil et de Cœuvres, chevalier et conseiller du roi, maréchal de France, et de Mahaud de Nesle, dite d'Offemont. De ce mariage vint :

II. Jacques II, sire de Croy et d'Araines, gouverneur de Picardie, épousa, en

1313, Marie de Pequigny, laquelle le rendit père de :

III. Guillaume, sire de Croy et d'Araines, qui épousa, en 1354, Isabeau de

Renty, fille et héritière d'Adrien, sire de Renty et de Seneghem, et de Marie de Brimeu. — Ce mariage se fit à la condition que les descendants dudit Guillaume écarteleraient de Croy et de Renty, ce qu'ils ont ont toujours observé depuis. — Guillaume de Croy servit dans les armées de Philippe et de Jean, rois de France, à la tête d'une compagnie de gens d'armes. — Isabeau de Renty fut mère de Jean, qui suit.

IV. Jean, sire de Croy et d'Araines, baron de Renty et de Seneghem, chevalier,

fut conseiller et chambellan des ducs de Bourgogne Philippe-le-Hardi et Jean-sans-Peur. — Cette qualité de conseiller lui rapportait 500 francs de pension. « Il est dit dans un compte de Jean de Pressy, receveur-général » de toutes les finances de Bourgogne, de 1408, folio 213, que Messire Jean » de Croy et de Renty, chevalier conseiller et chambellan du duc, et gou- » verneur du comté d'Artois, fit levée de 120 hommes d'armes en l'an 1405, » tantôt après le département de la grande assemblée des gens d'armes, » que ledit seigneur fit lors à rencontre de feu le duc d'Orléans, es mois » de septembre et octobre audit an, pour le bien du roi et de son royaume. » — Il fut aussi grand-bouteiller de France par lettres du roi Charles VI

du 24 juin 1412, et périt à la bataille d'Azincourt, dite depuis la maie journée, le 25 octobre 1415. — Il avait épousé, en 1384, Marguerite de Craon, dame de Tours-sur-Marne, fille de Jean de Craon, seigneur de Dommart et de Bernardville, en Ponthieu, et de Marie de Chatillon, héritière du vidamé de Laon et de la seigneurie de Glacy. Huit enfants naquirent de cette alliance, savoir :

1° Archambaud de Croy, tué auprès de son père à la bataille d'Azincourt. — Sans hoirs.

2° Antoine, qui suit.

3° Jean de Croy, auteur de la Branche des Princes de Chimay, dont nous parlerons dans la suite.

4° Jeanne de Croy, mariée à Jean II, seigneur de Lannoy, de Lys et de Maingoval, puis à Jacques, sire de Sombreffe.

5° Agnès de Croy, grande maîtresse de la maison d'Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, morte sans avoir été mariée.

6° Jacqueline de Croy, dame de Bièvres, alliée à Antoine de Rubempré, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne en 1441 et 1456, fils puîné de Robert I, sire de Rubempré et d'Anthies, et de Colle de Rivery.

7° Marie de Croy, femme de Louis Bournel, seigneur de Thiembronne, Fasques, Beauchamp, Lambersart, etc.

Et 8° Jeanne de Croy, dite la Jeune, mariée à Jean seigneur de Beaurevoir.

V. Antoine, surnommé le Grand, sire de Croy et d'Araynes, comte de Château- Porcéan et de Guines, baron de Renty, Seneghem, Beaumont et Montcornet, seigneur de Chièvres et de Rceux, pair de Hainaut, chevalier, conseiller et chambellan de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, capitainegénéral de ses armées, et gouverneur-général des Pays-Bas. Il se distingua par son courage et par ses services sous le règne de Jean-sans- Peur, et contribua au gain de la sanglante bataille d'Othey, donnée contre les Liégeois l'an 1408. — Dans la suite, ayant suivi Philippe-le-Bon dans la guerre contre les Français, il se trouva à la prise de Melun, de Saint- Riquier et de plusieurs autres places, et commanda dans des conjonctures importantes. — Il eut beaucoup part aux bonnes grâces et à l'estime de ce prince, qui l'admit en 1425 dans son conseil des finances, lequel était composé des principaux seigneurs de sa cour. — Ce même duc le choisit pour être un des vingt-quatre chevaliers qu'il honora du collier de l'ordre de la Toison d'or, à la première création qui se fit à Bruges en 1429. L'année d'après, étant au siège qu'il avait mis devant Compiègne, il lui donna le commandement d'un grand détachement, pour aller repousser les Liégeois qui, à la sollicitation du roi Charles VII, avaient fait diversion dans le comté de Namur avec une armée. Il y eut là quelques places de prises de part et d'autre, mais tout se termina par une trêve. — Antoine de Tome I. 72

Croy fut parrain de Charles-le-Hardi, duc de Bourgogne, et eut l'honneur de faire ce prince chevalier de sa main en son baptême, l'an 1433, en lui donnant l'accolade et le baiser, — Il devint premier chambellan du duc en 1448, charge très importante, car le premier chambellan était le premier officier de la chambre du duc, et en cette qualité il avait la clef de la chambre du prince, le premier appartement après celui du duc, gardait le sceau secret, entrait au conseil de guerre qui se tenait dans sa chambre, et portait à l'armée la bannière de bataille. Il avait sa table, laquelle était servie comme celle du prince, et commandait à tous les officiers de la chambre, qui devaient lui obéir comme au lieutenant du prince. Enfin, cette charge était vénale et héréditaire, et celui qui la possédait en devait reprendre de fief, et elle avait plusieurs droits et prérogatives. — Antoine de Croj eut le gouvernement du duché de Luxembourg en 1452, et fut honoré par le roi Louis XI de la charge de grandmaître de France en 1463, charge dont il se démit en 1465. (Delewarde a cru qu'il avait été grand-chambellan de France, mais il y a sujet de croire qu'il confond cette charge avec celle de grand-maître.) — Antoine de Croy mourut en 1475, à l'âge de 90 ans, ayant épousé, en premières noces, Marie, que d'autres nomment Jeanne, de Roubaix, fille de Jean, seigneur de Roubaix et d'Herzelles, chevalier de la toison d'or, conseiller et premier chambellan de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, et son ambassadeur en Portugal; et d'Agnès de Lannoy. — Il s'était marié, en secondes noces, le 5 octobre 1432, avec Marguerite de Lorraine, dame d'Arschot et de Bierbeke, fille aînée d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont et de Guise, baron de Joinville, et de Marie d'Harcourt, héritière des seigneuries d'Aumale, d'Elbeuf, de Mayenne, d'Arschot et de Bierbeke; et arrière-petite-fille de Jean duc de Lorraine, douzième aïeul direct de l'empereur Joseph IL — De ces deux mariages naquirent :

(Du 1er Lit.)

1° Marguerite, selon d'autres Marie, de Croy, alliée à Henri vicomte de Montfort-sur-l'Issel.

(Du 2d Lit.)

2° Philippe I, sire de Croy, qui suit.

3° Charles de Croy, mort jeune.

4° Jean de Croy, tige des Comtes de Rœux, dont il sera parlé ci-après à la Branche des Princes de Chimay.

5° Jeanne de Croy, mariée avec Louis de Bavière, dit le Noir, comte palatin de Deux-Ponts et de Veldentz, petit-fils de l'empereur Robertle-Petit, et septième aïeul de Charles XII, roi de Suède.

6° Marie de Croy, femme de Guillaume de Looz, comte de Blanckenheim.

7° Isabelle de Croy, mariée à Guyon d'Estoute ville, seigneur de Gascé,

Moyon et autres terres. — Ils eurent de leur mariage Jacqueline d'Estoute ville, dame de Moyon, Briquebec, Hambuie et Gascé, laquelle fut femme de son cousin Jean III, seigneur d'Estouteville, de Vallemont, Trie, etc., dont elle eut : Adrienne, duchesse d'Estouteville, vicomtesse de Roncheville, baronne de Cleuville, Briquebec, Hambuie, Moyon, Gascé et Mesleraut, châtelaine des Loges, dame de Vallemont, Hotot, Foville, Berneval, Beureville, Offrainville, Trie, Chambres, Héricourt, Gasuville, Bec-de-Mortagne, Moreuil, la Rocheguyon en partie, etc.; morte à Trie, en 1560, âgée de 48 ans. La dite duchesse d'Estouteville avait épousé, par contrat passé à Paris, le 9 février 1534, François de Bourbon, 1er du nom, comte de Saint-Pol et de Chaumont, duc d'Estouteville, par sa femme, gouverneur de l'Ile-de-France et de Dauphiné.

8° Jacqueline de Croy, alliée à Jean baron de Ligne, seigneur de Belœil, d'Ollignies et de Roubaix, chevalier de la toison d'or, maréchal du Hainaut, conseiller et chambellan de Maximilien, roi des Romains, depuis empereur Maximilien 1er.

Et 9° Jeanne de Croy, religieuse au Moncel, puis au monastère des Cordelières du faubourg S^Marcel à Paris, où elle fut abbesse durant dix ans, et où elle mourut en 1512.

VIi Philippe Ier, sire de Croy et d'Araines, comte de Château-Porcéan, baron de Renty, Seneghem, Beaumont, Arschot et Montcornet, seigneur de Chièvres, Bierbeke, etc., pair du Hainaut, sénéchal du Boulonnois, chambellan de Louis XI, roi de France, et de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, lieutenant-général du pays de Liège, capitaine-général du Hainaut, gouverneur de Valenciennes, de Thuin, de Marchiennes-au-Pont, etc. — Il se trouva au sacre du même roi Louis XI, en 1461, où il fut fait chevalier, et, depuis, il fut créé chevalier de l'ordre de Saint-Michel. — Il mourut en 1511, ayant épousé Jacqueline de Luxembourg, dame de Barsur- Aube. — Elle était fille aînée de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, Brienne, Roussi, Conversano et Ligni, seigneur d'Enghien, châtelain de Lille, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, connétable de France, et de sa première femme Jeanne de Bar, comtesse de Marie et de Soissons, vicomtesse de Meaux, dame d'Oisy, de Dunkerque, Bourbourg, Gravelines, Warneton, Bornhem, Ghistelles, Montmirail, Anthon, la Bazoche, Alluye et Brou. — De ce mariage naquirent les trois enfants qui suivent :

1° Henri sire de Croy, qui suit.

2° Antoine de Croy, évèque de Thérouanne, mort le 21 septembre 1495, en l'île de Chypre, revenant de la Terre-Sainte, et enterré dans l'église de S^Lazare à Salamine.

Et 3° Guillaume de Croy, surnommé le Sage, seigneur de Chièvres, Rotselaer et Bierbeke, pair du Hainaut, chambellan et sénéchal héréditaire

du Brabant, qui se rendit célèbre sous le nom de Seigneur de Chièvres.

— Il naquit en 1458, et fut fait chevalier, h Aix-la-Chapelle, par Maximilien, roi des Romains, après les cérémonies de son couronnement le 9 avril 1486.

— Il retira des Français, en 1488, la ville de Walcourt, se signala dans la suite en diverses occasions, et reçut le collier de la toison d'or à Bruges, en 1491. — Depuis, il se signala sous les rois de France Charles VIII et Louis XII, à la conquête de Naples, et au recouvrement de Milan, après en avoir obtenu l'agrément de l'archiduc Philippe d'Autriche, fils unique et successeur de Marie de Bourgogne. — La première rupture survint peu de temps après entre la France et l'Espagne, et Jeanne d'Arragon, femme de l'archiduc, étant devenue héritière de la dernière de ces monarchies, Chièvres discontinua dé porter les armes pour les Français, et se retira en 1497 en Hainaut, où il eut le gouvernement et la charge de grandbailli; mais l'archiduc l'en tira pour lui donner une commission, qui marquait assez que ce prince le préférait aux plus grands seigneurs des Pays-Bas. — Il l'y laissa pour gouverneur et capitaine-général, lorsqu'il passa en Espagne en 1506. — Philippe, archiduc et roi de Castille, étant mort, laissa deux fils, dont l'aîné, nommé Charles, qui fut depuis l'empereur Charles-Quint, n'avait que six ans. On lui avait donné le nom de duc de Luxembourg, et il prit les titres d'archiduc et de prince d'Espagne, après la mort de son père. Chièvres fut choisi, en 1509, pour être son gouverneur et son tuteur. Il devint le grand chambellan de ce prince, et conclut en 1516, à Noyon, un traité entre Charles, alors roi d'Espagne, et François Ier, roi de France. — Arthus Gouffier, seigneur de Boissi, négociait pour ce dernier, dont il avait été aussi le gouverneur. — Chièvres travailla à la conclusion de ce traité avec tout le succès que l'on s'était promis de son génie et de sa prudence. Il en donna des preuves en plusieurs occasions et rendit des services très considérables à Charles-Quint, qui l'honora d'une bienveillance toute particulière. Ce monarque érigea en sa faveur la baronnie de Beaumont (en Hainaut) en comté, par lettres de janvier 1518; par autres lettres du mois de novembre de la même année, il érigea la seigueurie d'Héverlé (en Brabant) en baronnie, laquelle unie à celle d'Arschot et aux seigneuries de Bierbeke et de Rotselaer, sous le nom d'Arschot, fut érigée en marquisat. Dans ces dernières lettres patentes, Charles V le qualifie cousin.

— Cet empereur lui fit aussi présent des duchés de Sora et d'Arci, et de la baronnie de Rocca Guglielma, au royaume de Naples. Il fut de plus fait chef de son conseil, contador-mayor d'Espagne, amiral de Naples et capitaine-général de ses armées de mer. Enfin, comblé d'honneurs et de biens et après s'être acquis une grande réputation dans toute l'Europe, il mourut empoisonné à Worms le 28 mai 1521, à 63 ans, sans laisser de postérité de Marie-Madeleine de Hamal, son épouse. Il eut pour héritier son neveu Philippe de Croy, 1er duc d'Arschot, dont la petite-fille, Anne de Croy, porta le duché d'Arschot dans la Maison de Ligne- dArenbergh.

— Le corps de Guillaume de Croy fut transporté dans le couvent des Célestins d'Héverlé, près de Louvain, qu'il avait fondé, et où il fut enterré sous un tombeau de marbre.

VII. Henri, sire de Croy, comte de Château-Porcéan et de Seneghem, baron de Renty, d'Araines et de Montcornet, seigneur de Bar-sur-Aube, conseiller et chambellan de Louis XII, roi de France, mourut en 1514. — Il était veuf, depuis 1509, de Charlotte de Chateau-Briant, dame (baronne?) de Longni en Perche, fille aînée de René de Chateau- Briant, seigneur de Longni en Perche, et d'Hélène d'Estouteville. — De cette alliance naquirent les huit enfants qui suivent, savoir :

1° Philippe II. Son article suit.

2° Guillaume de Croy, cardinal, archevêque de Tolède, primat d'Espagne, chancelier de Castille, évêque et duc de Cambray, prince du S^Empire, comte du Cambresis, abbé d'Affiighem, en Brabant, et de Haut-Mont, en Hainaut. Il mourut à la suite d'une chute de cheval, qu'il fit en retournant de la chasse, au mois de janvier 1521, en la 23e année de son âge (i).

3° Charles de Croy, comte de Château-Porcéan et de Seneghem, baron de Montcornet. — Il épousa Françoise d'Amboise, dame de Renel, en Bussigni, veuve de René de Clermont, seigneur de S^George, et fille de Jacques d'Amboise, seigneur de Bussi, et d'Antoinette d'Amboise, sa première femme. — Le roi François II érigea Renel en marquisat, en faveur de cette dame et de son fils Antoine de Croy, qu'elle eut de son second mariage, par lettres d'octobre 1560, enregistrées le 3 décembre suivant. Ledit Antoine de Croy obtint l'érection de Château-Porcéan en principauté, le 4 juin 1561. Il prit le parti du prince de Condé pendant les guerres civiles, combattit vaillamment à la bataille de Dreux en 1562, et mourut à Paris d'une fièvre chaude en 1564, ou, selon d'autres, le 4 mai 1567. — Il ne laissa point d'enfants de sa femme Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, laquelle se remaria, en secondes noces, l'an 1570, à Henri de Lorraine, Ier du nom, duc de Guise, prince de Joinville, pair et grand-maître de France, chevalier des ordres du roi, général des armées, gouverneur de Champagne et de Brie. — Ladite Catherine de Clèves était fille puînée de François de Clèves, Ier du nom, duc de Nevers, pair de France, comte de Rethel et d'Eu, gouverneur et lieutenantgénéral du roi en ses pays de Champagne, Brie et Luxembourg, et de Marguerite de Bourbon-Vendôme.

4" Robert de Croy, évêque et duc de Cambray, par résignation de son

(I) II fut inhume aux Célestins, à Hévcrlc, près de Louvain, avec cette épitaphe : Guillielmo Croio, Card. lit. S. Mariœ in Aquiro, archiepiscopo Tolctano, Hisp. Primuti, et Castcllœ regni Ctmccllario episcopo Cmncruccnsi, imprrii principi, Cambresii comiti, abbati Af/lcgemcmi. Obiit Wtiormaciœ Carolus V. Imper ante, postridie JS'on. Jun. M. D. XXI.

frère, publia des ordonnances synodales en 1551, et mourut le 31 août 1556.

5° Charles de Croy, évêque de Tournay, abbé d'Afflighem et de Saint- Guislain, et administrateur de l'abbaye de Haut-Mont, mort le 2 déc. 1564.

6° Jacqueline de Croy, femme d'Antoine, marquis de Berghes, comte de Walhain, chevalier de la toison d'or, conseiller et chambellan de l'empereur Charles-Quint, lieutenant, gouverneur et capitaine-général du duché de Luxembourg.

7° Charlotte de Croy, abbesse de Guillenghien, en Hainaut.

Et 8° Hélène de Croy, mariée à Jacques de Luxembourg, IIIe du nom, . comte de Gavre, seigneur de Fiennes, Sottenghien, Armentières, la Hamaide, etc., dont elle n'eut point d'enfants.

VIII. Philippe, IIe du nom, sire de Croy, duc de Sora (ou Soria) et d'Arci (aussi nommé Archi), marquis d'Arschot, comte de Beaumont, baron de Renty, Araines, Rocca Guglielma et Héverlé, seigneur de Chièvres, Rotselaer, Bierbeke, Havre, etc., châtelain héréditaire de Mons, pair de Hainaut, chambellan et sénéchal héréditaire de Brabant. — Il fut héritier de Guillaume de Croy, son oncle, céda Sora, Arci et Rocca Guglielma à l'empereur Charles-Quint, qui érigea pour lui Renty en marquisat, et Arschot en duché, par lettres dans lesquelles ce monarque lui donna le titre de cousin, datées de Gênes, au mois d'avril 1533, avant Pâques. — Ce seigneur fut aussi grand-bailli, gouverneur et capitaine-général de Hainaut, gouverneur de Valenciennes, chef des finances aux Pays-Bas, et généralissime de toutes les bandes d'ordonnances en 1548. — [1 mourut doyen des chevaliers de la toison d'or, au mois d'avril 1549, et fut enterré dans l'église des Célestins d"Héverlé. — Il avait épousé, en premières noces, Anne de Croy, sa cousine au IVe degré, fille aînée et principale héritière de Charles de Croy, prince de Chimay et du Saint-Empire, baron de Quiévrain et d'Estrun, seigneur d'Escaussines et autres terres, chevalier de la toison d'or, et de Louise d'Albret, dame des villes d'Avesnes, de Landrécies, de S1- Venant et de Lilers. — Il épousa, en secondes noces, Anne de Lorraine, veuve de René de Nassau, prince d'Orange, et fille d'Antoine duc de Lorraine et de Bar, et de Renée de Bourbon-Montpensier, issue de S*-Louis, roi de France. — Par cette dernière alliance, Philippe II de Croy fut beaufrère de François duc de Lorraine et de Bar, sixième aïeul de l'empereur Joseph II. — De ces deux mariages naquirent les cinq enfants qui suivent.

(Du 1er Lit.)

1° Charles sire de Croy, duc d'Arschot, prince de Chimay et du Saint- Empire, comte de Beaumont, baron de Quiévrain, et autres terres. Il épousa, en premières noces, Louise de Lorraine, sœur de la reine Marie de Lorraine, femme de Jacques V, roi d'Ecosse, et fille de Claude de Lorraine, duc de Guise, marquis de Mayenne et d'Elbeuf, comte d'Aumale, pair et grand- veneur de France, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur

de Bourgogne, de Champagne et de Brie, et d'Antoinette de Bourbon- Vendôme. — Il épousa, en secondes noces, Antoinette de Bourgogne, fille d'Adolphe de Bourgogne, seigneur de Bevere, la Vere, Flessinghe, Brouwershaven, Westcapelle, Duyveland, et autres terres, chevalier de la toison d'or, amiral de la mer, et d'Anne de Berghes. — Ce duc d'Arschot reçut, l'an 1550, en son château de Beaumont, l'empereur Charles-Quint, avec don Philippe, son fils, et mourut sans laisser d'enfants le 24 juin 1551.

2° Philippe III. Son article suit.

3° Guillaume de Croy, marquis de Renty, vicomte de Bourbourg, seigneur de Chièvres, Meulant, etc,, chevalier de la toison d'or, pair de Hainaut, chef et colonel de mille chevau-légers, mort à son château de Renty le 1 août 1565, à l'âge de 38 ans. Il avait épousé Anne de Renesse-d'Elderen, laquelle mourut à Condé le 11 novembre 1586. De ce mariage vint :

Anne de Croy, marquise de Renty, vicomtesse de Bourbourg, dame de Chièvres, Meulant, etc., mariée deux fois : 1° a\ec Emmanuel-Philibert de Lalaing, baron de Montigny, seigneur de Condé et de Leuze, chevalier de la toison d'or, grand-bailli de Hainaut et amiral de la mer; — 2° avec Philippe de Croy, créé premier comte de Solre, seigneur de Molembais, Cauroy, etc., chevalier de la toison d'or, dont elle fut la 2e femme.

4° Louise de Croy, alliée, en premières noces, à Maximilien de Bourgogne, créé premier marquis de la Vere, chevalier de la toison d'or, dont elle n'eut point d'enfants; 2° à Jean de Bourgogne, seigneur de Fromont et de Han-sur-Sambre, gouverneur de Namur, conseiller d'état et chef des finances aux Pays-Bas, dont elle eut une fille, qui mourut

en bas-âge.

(Du 2d Lit.)

5° Charles-Philippe de Croy, fils posthume, qui forma la Branche des Marquis d'Havre, dont nous parlerons plus bas.

IX. Philippe III, sire de Croy, duc d'Archot, prince du Château-Porcéan, de Chimay et du S^Empire, comte de Beaumont et de Seneghem, baron d'Araines, Montcornet, Bierbeke, Rotselaer, Héverlé, Quiévrain et autres lieux, chevalier de la toison d'or, ambassadeur d'Espagne à la diète de Francfort en 1562, gouverneur de la citadelle d'Anvers en 1577, gouverneur de Flandres en 1577 et 1592, conseiller d'état d'épée et capitaine d'une compagnie de cinquante hommes d'armes. — Il mourut à Venise, le 11 décembre 1595, dans la maison de Charles Helman, après s'être acquit une grande réputation durant les troubles des Pays-Bas, qu'il gouverna pendant l'absence du duc d'Albe. — Il avait épousé : 1° Jeanne, • dame de Halewyn et de Comines (fille de Jean, seigneur de Halewyn et de Cômines, et de Jossine de Lannoy), morte le 6 décembre 1581 ; et 2° Jeanne de Blois, fille aînée de Louis de Blois, seigneur de Trêlon, et de Charlotte de Humières, dont il n'eut point d'enfants. De son premier mariage naquirent :

1° Charles de Croy, dont l'article suit.

2° Anne de Croy, duchesse d'Arschot, qui recueillit la riche succession de son frère, qu'elle porta dans la maison de Ligne-Arenberg, par son mariage, le 4 janvier 1587, avec Charles de Ligne, prince d'Arenberg et du S'-Empire. — Elle mourut le 26 février 1635. (Voyez sa postérité à l'article de Ligne.)

Et 3° Marguerite de Croy, laquelle fut mariée, le 2 septembre 1584, à Pierre de Hennin, comte de Boussu, dont elle n'eut point d'enfants.

X. Charles, sire de Croy, duc d'Archot, prince de Château-Porcéan, de Chimay et du S*-Empire, marquis de Montcornet, comte de Beaumont, baron de Halewyn et autres terres, chevalier de la toison d'or, et grand d'Espagne de la première classe. — Il fut établi gouverneur et grand-bailli de Hainaut et créé duc de Croy, par lettres de Henri IV, roi de France, au mois de juillet 1598. — Il vendit, en 1608, la principauté de Château- Porcéan à Charles de Gonzague, duc de Nevers, et mourut le 13 janvier 1612. — Il avait été marié deux fois, sans, enfants : 1° avec Marie de Brimeu, comtesse de Meghem, qu'il avait épousée en 1583; et 2° avec Dorothée de Croy-Havré, sa cousine, par dispense du Saint-Siège en décembre 1605. — Ledit duc de Croy et d'Arschot eut un fils naturel, nommé François de Croy, qui épousa Dorothée de B^aville, veuve de Godefroid, baron d'Eltz.

Princes de Chimay.

V» Jean de Croy, troisième fils de Jean, sire de Croy et d'Araines, et de Marguerite de Craon, eut pour son partage la seigneurie de Tours-sur- Marne et celle de Chimay, qu'il acheta de Thibaud de Soissons, seigneur de Moreuil, et qui fut érigée en sa faveur en comté, par Charles-le-Hardi, duc de Bourgogne, étant à Bruges en 1470. — Il fut successivement chevalier, conseiller et chambellan de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, chevalier de la toison d'or à l'institution et première promotion de cet ordre, l'an 1429, gouverneur de Namur en 1430, gouverneur et grandbailli de Hainaut depuis 1433 jusqu'en 1456, l'un des chefs qui conduisirent les troupes bourguignones au secours de Charles VII, roi de France, en 1436, ambassadeur vers ce monarque en 1456 et 1460, gouverneur et châtelain d'Ath en 1465. — Il prit part à toutes les grandes expéditions de son temps, et mourut à Valenciennes en 1472. — Sa femme, Marie de Lalaing, dame de Quiévrain et d'Escaussines, était fille de Simon de Lalaing, seigneur de Quiévrain et d'Escaussines, et de Jeanne de Barbançon. — De cette alliance naquirent les quatre enfants qui suivent : 1° Jacques de Croy, prévôt de Liège et chanoine de Cologne, puis évêque de Cambrai et comte de Cambresis, créé duc de Cambrai et prince du Saint- Empire, par diplôme de l'empereur Maximilien Ier du 28 juin 1510, mourut

le jour de l'Assomption 1516, à 80 ans (Cet évêché de Cambray fut érigé en archevêché en 1559, par le pape Paul IV, à la prière de Philippe II, roi d'Espagne, et on lui donna pour suffragants Arras, Tournay, Saint- Omer et Namur.

2° Philippe de Croy. Son article suit.

3° Michel de Croy, seigneur de Sempy, chevalier de la toison d'or, époux d'Isabeau de Rotselaer, et qui mourut sans postérité légitime le 4 juillet 1516.

Et 4° Jacqueline de Croy, mariée, en 1451, à Jean de Nesle, IVe du nom, seigneur d'Offemont et de Mello, dont elle a eu une fille unique, Louise de Nesle, mariée, en premières noces, à Jean sire de Humières, et, en secondes noces, à Jean de Bruges, prince de Steenhuysen, comte de Winchester, sire et béer d'Auxy, seigneur d'Avelghem et de Flavy.

VI. Philippe de Croy, comte de Chimay, seigneur de Quiévrain, d'Escaussines

et de Tours-sur-Marne, conseiller et chambellan de Charles-le-Hardi, duc de Bourgogne, fut établi gouverneur et grand-bailli de Hainaut en 1456.

— Il fut créé chevalier de la toison d'or à Valenciennes, le 1 mai 1473, et se signala à la funeste bataille de Nancy, donnée contre le duc de Lorraine et les Suisses, le 5 janvier 1477, où il demeura prisonnier, et où le duc de Bourgogne fut tué. — Depuis, il signala encore son courage en diverses occasions, sous le règne de l'archiduc Maximilien, qui, satisfait de ses services et de sa fidélité, lui donna le gouvernement du duché de Luxembourg, et le fit son premier chambellan. — Il mourut à Bruges le 13 septembre 1482, ayant épousé Walburge de Meurs, de laquelle il eut les quatre enfants qui suivent.

1° Charles de Croy. Son article suit.

2° Antoine de Croy, estoc de la Branche des Princes de Solre, qui sera rapportée plus loin.

3° Françoise de Croy, mariée à Antoine de Luxembourg, comte de Brienne, Roussi et Ligni, vicomte de Machaut, baron de Rameru, Piney et autres lieux, dont elle fut la seconde femme.

Et 4° Catherine de Croy, mariée, en 1491, à Robert de la Marck, IIe du nom, duc de Bouillon, prince souverain de Sedan, seigneur de Fleuranges, Jamets et autres terres, chevalier de l'ordre de S*-Michel, qui eut guerre contre l'empereur Charles-Quint.

VII. Charles de Croy, comte de Chimay, baron de Quiévrain et d'Estrun, seigneur d'Escaussines et autres lieux, chevalier de la toison d'or et pair de Hainaut, fut créé prince du Saint-Empire, et obtint en sa faveur l'érection en principauté de sa ville et comté de Chimay, par diplôme de Maximilien, roi des Romains, donné à Aix-la-Chapelle au mois d'avril 1486.

— Il eut l'honneur de tenir, en 1500, sur les fonts de baptême l'empereur Charles-Quint, et fut gouverneur de ce prince après la mort de Philippe,

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