‹ Noces d'argent du régiment des Zouaves pontificaux, 1860-1885 [microforme]Chapitre 34 sur 84 · SR A D TS · texte numérisé non relu

SR A D TS

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En France, ils sont tombés pour sauver la patrie agonisante ; et sur le lambeau, laché de sang, eriblé par les balles prussiennes, de li bannière du Sacré-Cœur, Orléans, Brou, Patay, Le Mans, sont tracés en lettres d'or!

Quant à la liste de leurs morts, elle est trop longue pour ètre rappelée.

Honneur donc à ces héros, à ces cœurs de vaillants, à ces patriotes catholiques, aujourd'hui encore possédant une réserve précieuse de sang au service de la France et de Rome!

Honneur trois fois à vous, mon général!

Eu attendant l'heure solennelle, à genoux, au pied de l'autel, ils ont prié, les zouaves pontificaux, et imploré Dieu pour la patrie. Et au moment même où Ferry déclarait qu'il faut faire des colonies, parce que cela rapporte de l'argent, Charette, lui, le noble soldat, disait à ses compagnons d'armes : «€ IE faut être prêt à mourir pour son pays, parce que l'honneur l'exige et parce que Dieu le commande, »

La France peut choisir entre ces deux formules,

J, DE SAriINAUD.

L'ANTT- RADICAL

1er août LES NOCES D'ARGENT DU RÉGIMENT DES ZOUAVES PONTIFICAUX

Le 28 juillet, vers cinq heures et demie du soir, au pied d'un petit tertre, couronné par trois arbres verts, un homme, un héros, fatigué de la chaleur torride de la journée, mais bien plus encore brisé par les émotions sublimes, qui avaient fait battre son grand cœur, se reposait à l'ombre, en buvant une tasse de lait froid.

C'était Charette.

Le moment était venu, pour nous, de quitter celle oasis de la Basse-Motte, qui laissera dans notre cœur, comme dans celui de tous nos camarades, un souvenir ineffaçable de toutes les belles et grandes choses que nous y avons vues et entendues; et nous venions, une fois encore, serrer la main du vaillant défenseur de tous les droits.

« Mon ami, nous dit-il, j'ai ressenti dans ma vie bien des émotions, douces et violentes, consolantes et terribles. Eh bien, foi de Charette, jamais je n’en ai éprouvé de plus vives, de plus profondes qu'aujourd'hui; particulièrement lorsque j'ai vu au pied de cet autel, dominé par le Sacré-Cœur, où notre vieil aumônier,

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Mur Sacré, nous disait la messe, le vieux drapeau poutifical porté par notre colonel d'Albiousse, et notre drapeau du régiment porté par ce petit de Bouillé, dont le père et puis le grand-père, furent tuës en le serrant sur leur cœur, »

Quand un vieux chène est ainsi ému, on doit comprendre l'émotion d'un pauvre l'USCHU,

Aussi nous sentons-nous incapable, manquant du reste de temps, et accablé de fatigue, d'essayer de donner dans ce numéro une idée, la moins imparfaite possible, de cette grande journée du 28 juillet.

Disons seulement que l'impression qu'elle à causée et laissée dans le cœur de notre général, a été la même dans tous les cœurs, les dilatant, les énivrant par les grands sentiments d'amour pour l'Église et pour la patrie, pur des agitations malsaines de la politique, et ravivant en tous, au souvenir du dévouement passé, la soif de dévouements futurs.

Dans notre prochain numéro, nous essayerons d'esquisser les grandes lignes de ce spectacle sublime.

Aujourd'hui essayons d'exprimer les joies, non moins pures et profondes, non moins consolantes et fortifiantes, dont nous avons goûté notre bonne et douce part à Sainte-Anne d'Auray.

LE GAULOIS

Quand je suis parti, je savais que le général de Charette avait donné rendezvous à ses Zouaves pour célébrer avec lui, le © juillet, les noces d'argent du régiment sacré, Si j'avais su qu'il dût me faire l'honneur de me prier à ces agapes de la vieille loyauté française, moi qui n'ai jamais porté l'uniforme qu'en rève et qui n'ai que des blessures sans campagnes dans mes élats de service, j'aurais brûlé mes dernières politesses aux naïades qui ne guérissent que le corps pour aller chez lui, en Bretagne, au foyer de la chevalerie, me réchauffer l'âme.

Quand le levain ne manque pas, et il y en avait à la Basse-Motte assez pour transformer la pâte, lourde comme un couvercle de cercueil, qui pèse sur la poitrine de la France, on peut avoir confiance dans l'avenir. Ce qui doit fermenter fermentera, et ce qui doit revenir reviendra.

Quand seul est incertain.

H. pe PÈXE.

LA VRAIE FRANCE

29 juilict 1885

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