‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste, 1884, discours [microforme]Chapitre 1 sur 7 · PAPA · texte numérisé non relu

PAPA

m'en prendrait ; l’un pourrait aller s'asseoir sur le banc pour me condamner, l’autre pourrait me pendre,

Pourtant non, on n'avait pas tout pris : il restait quelques bribes dont je dus m'accommoder. Cela me fit un plat modeste que je viens partager avec vous. Que voulez-vous ? Si je n'ai pas sa beauté, j'ai du moins la candeur de la jolie fille qui “ne peut donner que ce qu’elle a.” Encore une fois je vais enlever l'encre et la plume des mains de ceux qui s'obstinent à vouloir écrire que je ne parle pas français; je vais en faire l’aveu moi-même en vous parlant... canadien.

Oh! de cette éloquence-là, par exemple, j'en ai; j'en ai plein la bouche, j'en ai plein mon cœur! Et comment n'en serais-je pas pénétré aujourd’hui? Cette éloquence de l’âme tressaillant de patriotisme,

ns O patrie, ineffable mystère, Mot sublime et terrible! Inconcevable amour! ”

cette éloquence, dis-je, a envahi depuis trois jours notre grande ville. Elle y parle une langue que tout le monde comprend, que tout le monde applaudit. Et quelle thèse émouvante! Ce n’est pas seulement une idée, quelque grande qu’elle soit, que ces fêtes évoquent; elles rappellent à nos souvenirs les pages les plus attrayantes de notre histoire. Sous les auspices de la Société Saint- Jean-Baptiste, qui a si grandement fait les choses, la procession nationale a été pour ainsi dire

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