‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste, 1884, discours [microforme]Chapitre 4 sur 7 · RAI · texte numérisé non relu

RAI

auraient pu croire alors que c’en était fait de l'avenir des Canadiens comme peuple et désespérer d’avoir à jouer un rôle important dans le monde. Mais l'esprit aperçoit un autre tableau : la race opprimée de 1834, arrivée en 1884 au plein développement de ses droits, parfaitement assise dans la province de Québec, songeant à étendre ses rameaux au loin et à rapprocher de l'arbre principal ceux que les circonstances et le va-et-vient des événements ont semés un peu partout chez nos voisins. Lorsqu'on lit les journaux de l’époque et ceux du temps actuel, on mesure bien vite, dans l’ordre politique, l’étendue du chemin parcouru. En 1834, MM. Viger et Morin étaient à Londres, plaidant notre cause contre l'absolutisme oligarchique; aujourd'hui, sir Charles Tupper occupe un poste d’ambassadeur à Londres, traite avec les puissances du continent de nos intérêts commerciaux, et l’hon. M. Fabre représente nos nationaux en France avec la sanction du Parlement du Canada, et fonde un journal canadien à Paris. Elles seraient bien étranges aujourd'hui les tirades à la liberté, les cris de mort aux tyrans, que l’on poussait à cette époque troublée. Aujourd’hui nous jouissons incontestablement de plus de liberté qu'aucun peuple de l'univers. C’est à ce point que nous n’y songeons même plus. C’est presqu’un malheur, car nous sommes exposés, à défaut d’ennemis à combattre, à diriger contre nousmêmes les coups que l’on portait alors contre une olignrchie méprisée. C’est là le plus grand danger,

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