‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste [microforme]Chapitre 15 sur 98 · LA GRANDE PROCESSION DU 25 JUIN · texte numérisé non relu

LA GRANDE PROCESSION DU 25 JUIN

La grande procession inscrite en tête du programme de la: journée du 25 Juin, et que l’on attendait avec impatience depuis des mois, a été sans contredit la démonstration nationale ]4 plus brillante dont on ait jusqu'ici été témoin en Amérique. Contrairement à la veille, le temps était clair et frais et tout s’alliait pour nous annoncer une brillante journée. Dès l’heure la plus matinale les rues de Montréal, mais sur-tout celles que devait parcourir la procession, étaient remplies d’une foule enthousiaste et impatiente d'assister au grand spectacle. Le nombre des étrangers surtout était immense, et nos compatriotes de toutes les parties des Etats-Unis venus pour assister à nos fêtes, se comptaient par milliers.

L'heure du départ de la procession avait été fixée à 8.30: heures précises, mais 1l était 9 30 heures, lorsque cette masse immense se mit en marche. Un détachement de la police de- Montréal ouvrait cette marche. Venait ensuite un corps de: musique précédant la grande bannière de l’association St-Jean Baptiste, portée par un détachement des pompiers de la ville et de la banlieue.

Cette bannière, qui sort des ateliers de M. R. Beu!!1c, rue Notre-Dame, à Montréal, est aussi grandiose qu’élégante dans: sa forme, et d’une richesse vraiment insurpassable; elle est digne de la grande association de Montréal, et nous ne pensons pas qu’il s’en trouve une pareille dans le monde entier.

Elle est monumentale ; elle mesure 8 picds de large sur 16 de haut, et peut être portée facilement par 6 hommes, grâce au système d’attaches que nous avons trouvé parfait,

Le couronnement de la bannière est en lui-même une merveille de richesse et de goût. Les guirlandes de feuilles d'erable en bronze doré s’y marient agréablement avec des feuilles d’acanthe et d’autres ornements de haut style en bois sculpté et doré. De chaque côté de ce fronton monumental sont sculptés deux agneaux couchés, et portant chacun une croix en orfêvrerie. Au sommet du couronnement, et surmonté de la croix d’or, se détache le blason de l’association St-Jean- Baptiste. Perti: au 1 d’argent, a un St-Jean-Baptiste de carnation ; au ?, d'azur à trois fleurs de lys d’or posées 2, 7 ; coupé de gueules au lion d’or, le tout sommé d’un castor au naturel entouré de feuilles &’érable.

Ce noble écusson répété des deux côtés de la bannière, est également sculpté en bois et aux couleurs héraldiques.

Sous cet écusson €t au bas du couronnement est un grand médaillon magnifiquement encadré et représentant en relief sur drap d'argent, la noble figure du fondateur de Montréal. P. de Chomedy de Maisonneuve. Sous le relief et faisant corps avec l’encadrement, on remarque un trés-joli faisceau sculpté en bois et composé de deux drapeaux blancs fleurdelysés, réunis par une couronne. Tout cet ensemble forme le plus imposant fronton qui se puisse voir.

A la base du couronnement sont suspendues de riches draperies de soie blanche, aux lambrequins à crépines d’or. De ces draperies s'échappe la bannière elle-même dont le premier aspect cause un véritable éblouissement.

Au centre de la première face apparait le sujet principal, St-Jean-Baptiste, magnifique haut relief de trois pieds de hauteur, décoré aux couleurs nationales, et tenant dans la main la hampe L'une oriflamme en orfêvrerie, L'expression des

traits du Saint Patron est frappante, Ce beau relief est posé au centre d'un paysage représentant le désert où le saint Précurseur prêchait la pénitence. Ce médaiilon grandiose est encadré par la plus jolie guirlande de feuilles d’erable en orfévrerie. Au point de jonction des deux branches est un castor en relief brodé en or.

Autour de ce médaillon central, rayonnent cinq autres médaillons, représentant en relief, sur fond d’or, les personnages suivants :

19, Le Rév. d’Olier de Casson, P.S.Ss,

29, La Rév. Sœur Marguerite Bourgeois.

Tous deux contemporains de Maisonneuve. Ces deux médlaillons sont placés aux deux angles supérieurs de la bannière. Aux angles inférieurs, et au bas du médaillon principal les traits si connus de d’Iberville, Dollard et de Salaberry. La première face de la bannière est aussi ornée des principaux personnages historiques de Montréal. Tous ces médaillons sont entourés de belles broderies en or.

La deuxième face de la bannière représente : au centre, la ville de Montréal, personnifiée par une grande et noble figure de femme, drapée à l'antique, couronnée de feuilles d'érable, assise au milieu des attributs du commerce et de l’industrie. et soutenant l'écusson de la grande ville dont elle est l’em: blême, le tout en haut relief et magnifiquement peint et décoré.

Le fond en peinture, laisse voir en perspective le pont Victoria. d’où sort une locomotive, et le beau fleuve St-Laurent couvert de bateaux et sillonné de vapeurs. Les rives sont encombrées des marchandises que les navires apportent de toutes les parties du monde. Aucune expression ne peut rendre l'effet saisissant de ce médaillon central, qu’entoure une g'irlande de feuilles d’érable aussi riche que celle de la première face. Au-dessus, se lit en lettres brodées en or la devise de l'association : ‘* Rendre le peuple meilleur,’ et au dessous,

sur une belle banderolle en soie cramoisie et aussi brodée en or, l'inscription : ‘Association St-Jean Baptiste.” Au-dessous du grand sujet, se trouve un autre médaillon plus petit, dans lequel se détache sur fond or, et en relief, les traits vénérés de l’illustre fondateur de l'association, M. Ludger Duvernay.

Voilà en quelques mots la description bien incompière de la plus belle banmière qu’il y ait encore eu sur ce continent. Elie cofte plusieurs miliers de piastres et elle est digne de l'association St-Jean-Baptiste de Montréal,

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