‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste [microforme]Chapitre 96 sur 98 · DISCOURS DE M. L'ABBE T. OUIMET, DE CHICAGO · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. L'ABBE T. OUIMET, DE CHICAGO

Prononcé à l'Ile Sainte-Hélène, le 27 juin 1884.

M. le Président, Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d’avoir à vous adresser la parole en cette circonstance. J'ai la bonne fortune de me trouver ici avec M. Charles Thibault—heureux hasard. Quand il faisait cette brillante campagne de Digby,je me trouvais alors en Acadie: aujourd’hui son amour pour les Canadiens des Etats-Unis m'attache encore d'avantage à lui, puisque la Providence a bien vouiu m'appeler à me sacrifier pour eux—et ils en sont dignes. Les Canadiens de Chicago et de l'Ouest, comme veux de l’Est, ne sont pas dégénérés, comme on a parfois voulu le faire croire. Ils sont, en général, restés fidèles à leur foi, à leur patrie, à leurs affections du cœur.

Ministre d’un Dieu de dévouement et d'amour, j'ai eu occasion bien souvent, dans l'exercice de mon ministère, de bien me rendre compte de la position de nos compatriotes de l’exil et de leur attachement à l’Eglise. Vous seriez sur-

pris. comme moi, de constater la vivacité de la foi de vos hôtes.

Cependant, nous vivons aux Etats-Unis dans une atmosphère saturée d’indifférentisme ! Comment avons-nous échappé au désastre qui engloutit ceux qui nous y environnent P

C'est parce que le ciel a des vues spéciales sur notre nation. Aussi voyez notre développement et nos progrès : A Chicago nous sommes non moins de 12,000 Canadiens pratiquant la religion de nos pères, parlant la langue de nos mères, aimant notre cher Canada, nous formant en sociétés Saint-Jean- Baptiste, afin d’en mieux perpétuer le souvenir, afin de réchauffer notre patriotisme, de rallumer notre ardeur.

Aucun sacrifice ne nous coûte quand il s’agit de la Patrie. —Aussi, à votre appel voyez quel empressement nous avons mis à venir célébrer les gloires du Canada.

O vous, qui n’avez pas connu les douleurs de vivre loin de la Patrie, vous ne comprenez pas peut-être la joie du Canadien des Etats-Unis quand il revient voir ses parents, ses amis, les lieux qu’il a aimés, etc.

Rien de grand ne se fonde sans sacrifice. Rien de stable ne s'établit que par des efforts sans cesse renouvellés. Nous sommes les pionniers de la civilisation vers l'Ouest. Les montagnes rocheuses nous abritent et les plaines de l'Ouest nous assurent notre existence. La croix nous ÿ guide, l’épée nous y défend, la charrue nous y nourrit. La religion—cette grande consolatrice des âmes qui souffrent, nous accompagne, nous encourage, nous montre l'espérance: cette vertu sublime qui est toujours au fond de nos âmes.

Que le Canada n'oublie jamais que là-bas, au-délà de la frontière, il y a des frères, et q‘® nous nous prêtions toujours un mutuel secours. C’est le moyen de demeurer unis et forts et de nous faire respecter. C'est par le respect que l’on s’attire la sympathie, puis l'admiration, puis l’amitié. Depuis

20 ans, nous avons fait un chemin considérable aux Etats-Unis et nous monterons bientôt à l'assaut des charges et des distinctions lucratives et honorifiques si nous continuons à bien faire. Pour cela nous avons besoin de votre influence morale, de votre exemple, de vos encouragements.

Prodiguez nous les—et au nom de mes frères absents, je vous promets qu'ils en seront toujours dignes.

Les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste se sont terminées par un splendide feu d’artifice et une iliumination générale de la ville. Cette partie du programme n’a pas été la moins réussie, et elle a été un digne couronnement des démonstrations de cette brillante semaine.

Nous avons maintenant accompli notre tâche. Nous croyons avoir atteint le but que nous avait proposé l’honorable président de l’Association Saint-Jean-Baptiste. Ce but était de consacrer, par une œuvre durable, le souvenir de la célébration des Noces d’Or de la Saint-Jean-Baptiste, C’est là le seul but de cet ouvrage, et c’est à ce titre que nous l’offrons à nos compatriotes canadiens-français.

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