‹ Noces d'or de la Sainte-Enfance à Québec [microforme]Chapitre 8 sur 10 · MISSION DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

MISSION DE MONTRÉAL

Grande avait été la Jibilation des cat l'arrivée de l'Evêque missionnaire celle des catholiques de Montréal, à Québec et & Trois-Rivicres ajout Prédicateur, Tous avaie

Ce fut le 7 décembre que l'Evèque de Nancy fit son entrée à Montréal,‘ Dans deux jours, écrivait-il de Trois-Riv son Coadjuteur, nous serons à M4 ntréal,

iliques de Québec à ;ÿ plus grande peut être fut

Ce qui venait de se passer ait encore à la réputation du nt hâto de le voir et ds l'entenire.

es à heureux s'il nous reste

un peu de voix pour nous faire entendre des dix à douzs mille auditeurs qui, nous dit-on, Peuvent prendre ace dans 14 vaste Eglise de Montré 4, plus que doublée Par les deux étages de tribunes qui en enveloppent jes trois ci 5, et dont les bancs

s’échelonnent en ampbithéâtre sur cinq ou six mètres de pro fondeur,” Voici Comment, de son côté, l'auteur de sa vie raconte son arrivée : I] était six heures, lorsqu'on aborda au port de

Montréal. En cette saison de l'année, l'abordage est difficile à

cause de l'encombrement des glices. Les bateliers, ayant dû relâ‘her assez loin qu rivage, s'occupaient à tranporter les

mulles, quand, pendant qu'on allait Commander des voitures,

l’intrépide Erélat, croyant pouvoir se rendre sel au quai,

S'avança sur la glace. Tout à Soup cette glace s'effondre sous

ses pieds. Or, jeter son Manteau, atteindre un gliçon fl ittant,

saisir le câble d’un radeau voisin, fut pour l'habile nageur “accident n'eut pas fâcheuses. La Popularité même de

l'affaire d’un moment, L de suites plus l'Evêque ne fit que s’en

accroître. On adinirait sa présence d'esprit, son Courage et plus

encore la protection visible du ciel.” Aussi, ce fut au milieu de

l'enthousiasme général que l'Evêque de Nancy fut reçu. La

Lettre pastorale que Mur Bourget, alors Evèque de Montréal,

avait publiée à cette occasion, n'avait pas peu contribué à l'exciter,

Les circonstances étaient donc on ne peut plus favorables pour la mission, Elle s'ouvrit le 15 décembre, presque incontinent après celles de Terrebonne cet du Lac des Deux-Monta- Snes, et dura quarante jours. Tout concourait à en assurer le

succès : et la multiplicité des exercices, et le talent du prédica-

teur et la pompe des cérémonies Les exercices eurent lieu

deux fois par jour, le matin à 7 h,etlesoira 5h. Mgr de

Nancy se ré a les sermons du soir, ct laissa ceux du matin à

M. de Charbonnel dout l’él quence était justement apprécié

Le futur Evêque de Toronto prit pour sujet de ses instructions

Les Commendements de Dion les Sacrements: de l'aveu de tous, il se surpassa en certe Girconstince par la précision et la sûreté de sa doctrine, Mur de N incy, Suivant sa coutume, aborda les grandes vérités de la religion, Ses sermons sur Le salut, le péché, lu mort, L Jugement firent la plus vive impression ; ceux sur l'impuieté, L'inte Mmptiunte, le délai de Lx conversion et l'enfer Eortérent le dernier coup. Toutesces instructions étaient entremêlées de cérémonies inusitées, qui leur dunnaient une nouvelle force. Ce fut d'abord l'Ameu honoiulle à Notre Se gneur Jésus-Christ, pour les péchés commis et l'abus des grâces. Vint ensuite la Rénovocation des Proiresses di Baptéme, suivie de la profession de foi, en présence d'un clergé nombreux et au milieu de pompes inaccoutumées, Quelques âmes résistant encore à la grâce, les cloches qui avaient annoncé le commence ment de la mission, fûrent chargées de sonner chaque soir l'agonie du pécheur, et d'inviter les familles à prier pour les endurcis, Ce que les sermons “avaient pu faire, cs sons lugubres

le firent : les conversions, les retours à Dieu se multiplièrent,

L'Evêque était au comble de la joie, et la population la partageait, Si vaste que fût l'Eglise de Notre-Dame,

souvent trop petite pour e

elle se trouva

ovntenir la foule qui voulait prendre

Part aux exercices. Comme à Québec, toute la population de la

ville et une partie de celle des paroisses voisin: $, ÿ accouraient, Une heure à l'avance, toutes los places étaient occupées, Les Protestauts eux-mêmes ne furent pas les moins empressés à

venir entendre l'illustre prédiciteur, Jus iu'au Gouverneur qui

voulut assister aux instructions. Si nombreux que fussent les

confesseurs de la Paroisse, il fallut leur en uljoindre d'autres,

Aucune classe de la société ne fut sors oublié

les catholiques irlandais eurent leurs exercices à purt ; jusqu'aux prisonniers qui furent évanvélisés par l’infatigible Evèque. C'est

alors qu'à la suite de réunions Particulivres, d

‘abord pour les hommes, et ensuite pour les femmes, eut lieu la cérémonie

si touchante de la Consécrati à à Lu Sainte Vie ‘Je qui fut,

comme le couronnement de ce te longue suite d' Xercices,

Faisant part quelques mois plus tard à l'Evêque de Qué des impressions qu'avait luissées au fond de se n cœæ

bre mission, le prélat disait: + Non certes,

bec ur cette célèje n'ai pas oublié ces chers Canadiens «4 eur d'u cenceloche s d'argent, A New. York comme à Paris, à Paris comme à Rome, je ne cesserai de dire que je ne peuse pas qu'il ÿ ait au monde aussi catholique, cù la foi se soit

une population mieux € “üiservée, et où l'on mette mieux en pratique les vertus chrétiennes. Interr gé ces jours, lequel de tous les Pays qu’ j'ai évangélisés, je trouvais préférable, où J'aimerais mieux vivre, et où j'ai reçu le plus de consolations, je n'ai pas hésité à répondre: Je Conde ; car je crois que c'est là qe Jésus-Christ, mon in tre, servi et le plus aimé,

est le mieux

D'autre part, vivement touché des bontés du Clergé à

son égard et des marques de déférence des protestants, il écrivait à son Coudjnteur : ‘Je ne saurais vous exprimer toutes les marques d'affection que j'ai reçues et que je reçis chaque jour, tant de la p rpulation, que du Clergé, La plupart des protestants eux-mêmes me donnent des marques d'un profond respect, vaincus dans leurs préjugés par le désir de m'entendre ; ceux-là mêmes qui ne savent pas assez le fran- Guis pour m2 comprendre veulent me rois précher. L'attention de ces foules immenses ne se lasse print ; j'en suis le premier surpris. Ce n'est pas, au reste, le <eul sujet de mon étonnement et de ma reconnaissance envers le Se gncur ; car taut de sermons, tant de professions, tant d'abjurations, tant de Baptêmos d'adultes, exigent une dépense de forces et de poitrine à laquelle je ne sais comment J'ai pu résister jusqu'à présent.” Si l’empressement, l'assiduité, la d'icilité des catholiques de Montréal, pendant toute la durée de cette mission, avaient fait une vive impression sur l'esprit de l'Ev'que de Nancy, l'impression que fit sur cux ce grand Evéque aux paroles de feu, au zèle intatigable, ne fut pas moins profonde. 11 faut lire les journaux de cette époque, pour s'en faire une idée, Toute une série d'écrits fut alors publiée pour relater les diverses phases de cette mission, Ÿ % C'est un fait, lisons-nous dans l'un de ce s compte-rendus, que, pendant cs six semaines de prédications, plus de 17,000 personnes ont participé au banquet eucharistique, et que pas moins de 1,209 ont recu le sacrement de Confirmation. Jamais eucore on n'avait vu à Notre-Dame une pareiile affluence de monde, affluence qui se renouvelait sans cesse. Il faut dire aussi que Jamais peut ètre Montréil n'avait possédé un prédiateur comparable à Mgr de Nancy. Rien donc d'étonnant

qu'on le célèbre en prose et en vers. Les souvenirs qu'il laisse

ROUE : Dinan a RCE Re RSR ré ss “2 re

parmi nous, comme Parto où il a passé, souc de ceux qui ne s'effacent jamais, Ceux surt» t qu'il a réconciliés avec Dieu, et ils sont légion, ne sauraient l'oublier, A ln tin de ces mémorables exercices, M. Mondelec, écr, avocat, à présenté à l'illustre prélat, au nom des citoyens de cette ville, ure adresse de remerciements des mieux sentis, Après lui, montant en chaire, et se faisant l'interprète du nombreux Clergé qui se pressait dans le Sanctuaire, M, Quiblier, Supérieur du Séminaire, l'a remercié, à son tour, en termes on ne peut plus délicats. La réponse de l'Evèque, qui a été comme le sermon de clôture, à été de tous points adinirable, On sentait que c'était le cœur d'un père qui parlait, Aussi, bieu des lirmes ont coulé à la pensée qu'on n'enténdrait plus cette voix éloquente, et qu'on ne

verrait plus ce visage ami. L'Evêque est descendu de chaire en

nous doanant à tous rendez rons au ciel," La preuve qu'il n'y a là rien d'evagéré, c'est qu'après plus de quarante Ans, Ceux qui prirent part À ces grandes

assises de la reli

on, et qui vivent ercore, aiment à se rappeler les instructions si fortifinntes de cette luission, les conversions nombreuses qui eurent lieu et les maguifiques cérémonies qui la terminèrent, et en particulier celle de l'installation des nouveaux Chanoines de la Cathédrale, suivie aussi des remerciements chuleureus de Mgr Pourget au prédicateur qui avait fait tant de bien à sa ville épise pale, et celle enfin de la clôture de la mission, le soir, à Notre-Dame.

Mais l'Evêque de Nancy n'était pas homme à se reposer, Il avait à peine fait la clôture de cette mission inoubliable, qu'il en recommençait une autre à Sainte-Scholastique, à laquelle prirent part les paroisses de Saint-Benoit, Saint-Eustache, Saint-Hermas, Saint-Augustin, Saint-Jérôme, ete : Plus de sept

Mille personnes, Après, il prèchait la retraite pastorale ct celle

du collège de Montréal, puis reprenait la route des Etats-Unis pour y terminer des œuvres commencées,

C'est ainsi qu'il prôcha de nouveau à New-York où il décida les catholiques de langue franc .ise à se bâtir une église, souscrivant lui-même la somme de 8500.00, L'évèque visita nussi Philadelphie, Baltimore, Troy. Albany, Plattsburg, Burlirgton et Whitehall, multipliant partout les efforts de son zèle apostolique,

‘‘ Je me porte, vaille que vaille, écrivait-il à un ami, je suis usé, mais je vais mon train. D'ici à deux mois, j'aurai prêché deux cent cinquante à trois cents fois, sans compter les retraites pastorales.”

De fait, l'évêque n'était pas encore au terme de ses prédications et le couronnement devait s'en faire au Canada, C'est là que de toutes parts on le rappelait. Et l'évêque de Québec et l'évèque de Montréal faisaient instance,

Voici le programme dressé par les Evèques eux-mêmes, ct accepté par l'intrépide prédicateur ; il embrasse presque toutes les grandes paroisses, Du 9 juin jusqu'à la fin du mois, mission à l’Acadie, à Chambly, à Sorel, ainsi qu'aux sept paroisses environnantes : Sainte-Marie du Monnoir, Saint-Damase, Saint-Jean, Châiteruguay, ete. Du 2 juillet au 23, mission à Vaudreuil, à Saint-Polycarpe, à Rigaud, à Saint-André, à Saint. François-Régis ; 26 juillet, mission à Varennes, puis à la Rivière-du-Loup, à Maskinongé, à Sainte-Marie de la Beauce, à Saint-Joseph, à Saint-François, à Saint-Georges, à Saint- Gervais, etc, Toutes ces missions furent inaugurées par celle de Saint-Athanase, et ne furent interrompues que par la procession de la Fête-Dieu, 13 juin, et par l'office pontifical à

la Cathédrale, 25 juillet. Chacune devait durer dix jours ;

ais, pour n'en om.ttre aucune, vèque s'adjoignit vingt

prêtres Qui altornaient avec lui, ct su Chargonient des con fussions,

Comment se faisaient ces missions ? A peu pres de ln même Manière, Dis que | Evêque ait annon #, tout se mettait en branle, A] ude de branches d irbres les chemins étaient transformés on a onues, et des centaines de e waliers venaient au de-

pour lui faire escorte { des arcs de triomphe,

vaut du Pontife et là, il y avait nussi

Five lors Commençrient une fois les fi los Où dix mille, l'Eglise les contenir,

iwoc des inseripti

Mons igneur de None ! F

ons comme celle ci :

les Prédications, Si,

wrrivés au nombre de huit

se trouvait trop petite pour les exercices se faisaient en plein air, Après les confessi ms, les SomMUNIONS, venaient les grandes céré. monies : ]n Rénovat on des promesses du Baptème, la plantation d'une croix Pour perpétuer le souvenir de la mission,

s Yeux se ru Mplissuient de milliers de Poitrines s'&

C'est alors que le larmes et que de lancent vers le

ciel ces Protestations d'amour : Fire Jéen

S, ive

st Croir ! A Gus pour toujours ! Le Coude à Jésus toujours !

rs Auciel par le Croire ! Enpossible de compter les retours à Dieu, les Conversions Sinceres, les réconclliations, qui avaient lieu pendant ces saints Jours : c'est par centaines qu'ils se chiffre

Les ialades eux li Non content de fair pécheurs 5 Pater «to Ave

‘nt, êmes n'étaient pas oubli

e réciter pour eux et pour les

apres chaque exercice, de dire la messe pour eux, | Evêque le

ils venaient d'eux-mém de 30, 40, :0,

8 visitait encore, Le plus souvent 8 et entouraient le prélat par groupes

Ds ne rec vain

‘valent pas en Sa bénédiction :

retournaient

plusieurs s'en guéris. C'est

particulier à Sorel Pour une jeune fil]

le atteinte de cécité et Pour un enfant perclus de] usage de ses jambes, E

ce qui s'est vu en

st-il étonnant

après cela que ces missions aient laissé dans toutes ces paroisses un souvenir ineffaçable !

Tant de travaux, et surtout ces prédications en plein air, avaient épuisé les forces de l'Evèque et ruiné sa santé, Lui. même l'avoue dans une lettie à son Condjuteur, après une deuxième mission qu'il venait de donner à Trois-Rivières,

‘Les prédications en plein air m'ont ruiné le tempérament ; une toux opiniâtre et uns fonte de cerveau achèvent de m'abattre. Quelquefois il me vient à lu pensée que je ne résisterai pas à cette maladie d'épuisement, et qu'on u'enverra de moi à Nancy que mon Pauvre cœur, Ce qui me soutient et m'encourage, c'est le spectac'e que j'ai constamment sous les yeux : de dix à douze mille chrétiens tout à Dieu, et jurant de lui rester fidèles, ”

Voyant la santé du prélat si ébranlée, les Evêques jugèrent prudent de lui conseiller de s'arrêter, et de prendre du repos, On lui proposa de faire un petit voyage dans les provinces d'en bas. C'est ce qu'il fit. Mais incapable de se reposer quand il y avait quelque bien à faire, l'Evêque de Nancy ne put voir les bons Acadiens qui le recevaient comme un père et qui ne voulaient plus se séparer de lui, sans leur adresser la parole, les féliciter d'avoir conservé avec leu: foi la simplicité des mœurs, st les encourager à persévérer dans cette voie, C'est

qu'il fit notamment à Halifax et à Pictou. Il avait parcouru le

Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et l'Ile du Prince- Edouard, répandant ainsi partout des paroles de consolation et d'encouragement. 1] eût voulu prolonger plus longtemps son séjour parmi ces bonnes populations, mais il étuit rappelé à Québec pour donner la retraite pastorale,

Ce fut après cette retraite, que, de retour à Montréal, pour terminer tous ses travaux apostoliques au Canada, Mgr de

Rnb, 20 eu MRReR Là 3 te

Forbin-Jiuison S'occupa de l'érection du célèbre Calvaire du Mont Saint-Hil dire. Déjà il en avait donné les plans et tracé les grandes lignes, il y avait plus d'un an

J'ai donné pour base à cette croix, écrivait-il quelques mois Auparavant À son coadjuteur, le pic le plus élevé du Canada. Cette croix de ceni Pieds de haut, sera revétuc de métal, atin de briller au loin et de se faire adorer à vingt lieues à la ronde. Outre la croix colossale, ous aurons les treize autres stations, Le piédestal formera une chapelle avec sa ristie, et l'on montera dans l'intérieur comme dans la colonne Vendôme. {1 est ür que du haut de ce tertre qui domine de 12 à 1500 pieds les plaines les plus lopuleuses du Canada, cette croix, vue de Montréal, de Trois iivières, et de plus de trente lieues sur le Saint-Laurent et lu Richelieu, ne sera que li juste et noble expression des sentiments de plus de 60 ou TÜ paroisses réuénérées par nos retraites de l’année,

Tout étant prêt, on Drocédu à la cérémonie, Elle eut lieu le 6 Octobre. Tous les Evéques, plus de 100 Prètres et 24 paroisses s'y trouvaient, Après une chaleureuse allocution, du haut d'une barque, sur les immicrtels enselgiements de Ja crc ix, sa PUiSsance et sa gloire, l'Evèque donna Je signal d'avancer, Aussitôt tuute cette multitude qu'on boite à près de trente mille personnes, s’'ébrane bannière en tête et en chantant des cantiques, On s'arrôète à chique station, où a lieu une nouvelle allocution. Arrivé au blateau où tous les regards se tournent vers la cro'X monumentale assujettie par de puissantes chaînes, et üù tous mettent Seuou en terre une dernière fois, l'Evèqne prend de nouveau la büurole, Cette fois, c'est Four remercier le Sauveur Jésus des Stices qu'il à accordées à Son peuple, et lui jurer un éternel amcur, À Se Wioment, moment solennel comme on cn trouve rarement dans la vie des peuples, les larmes

Dee poneesne— D 50e y ” ie: ie:

coulent de tous les yeux. Le prédiciteur l'iiméme ne pot Mmuitriser son émocion, Il achève son discour. 1 versant 028 larmes d'attendrissement. 11 était trois heure: Aiuc, nour clore cette cérémonie inoubliable, il entonne le Te Drum, que toute cette multitude poursuit avec des sentiments inexprimables de joie et de bonheur,

Mgr de Nancy prècha encore dans quelques autres -parisses du diocèse de Montréal et retourna aux Etats-Unis pour sum barquer dans les premiers jours de décembre 1841 et retourner en Europe. Après avoir touché à Pau is, 1! se rendit à Rome vour rendre compte de sa mission d'Amérique, et il reçut du Saint.

Père, les plus vives félicitations et les plus sans éloges, (1)

Fondation de la Sainte Enfance à Paris.--Visite à Mademoiselle Jaricot, la fondatrice de ln Pre pagation de la Foi. Voyages en Angleterre ct en Belgique. —Mur Peeci et In Sainte-Enfance, — Règlements, = Mort de l'Evèque de Nancy.

En quittant l'Amérique, l'Evique de Naucy emportait le germe de la malidie de poitrine qui, trois ou quatre ans plus

tard, devait le conduire autombeau, Sestiaraux aux Etats-Unis,

mais surtout ses prédicitions en plein air au Canad: avaient, on l’a vu, triomphé de sa robuste cousti‘ution, Aussi, ricn d'étonnant si la Sainte-Enfance, son ‘œuvre dernière, à été accueillie avec enthousiasme sur le sol itnéricain, par les Pasteur:s

(4) Voiciles quelques lines tue le nouveau Dictionnaire de Larousse consacre aux missions de À de Forbin-Janson en \imerique: Il] partit pour le Canada. A DFCS AV OI éVangélisé avec succés Je Stribus nomades, revint en France ct organisa Œuvre de la Sainte-Enfance. Et c'e tout ! L'auteur de l'article en < dit longe sur le Canada et < 1 ses habitants ! mais il ne faut pas SUlonner de celn, Un francais instruit m'a bien demande un jour si le Canada « tait dans le Senegal, € ertes il ya grand progres depuis quelques annees, mais il ne ut pas se fair sion : aux yeux d Un grand nombre de pa s de fi-bus et d xt longt@nips encore nous passcrons pour des AU VALZES,

rant

par les Institutions et par les fidèles, et si elle s’y est propagée avec célérité. Ici, comme partout, les bons catholiques ont la mémoire du cœur,

Sans se douter qu'il n'avait plus que peu de temps à vivre, le vaillant Evêèque, dès son arrivée à Paris, après son voyage de Rome dont il a été parlé, s'était remis à l'ouvrage ; mais, cette fois, c'était pour ccujer des missions lointaines, et surtout du rachat des enfants abandonnés dans les pays infidèles, ‘Ce saint Evêque, dit Madame Laura DeLisle, directrice de la Sainte-Enfance en Angleterre depuis plus de quarante ans, n’a que deux sujets de conversation : /« Suinte- Enfunce et ses Cana. diens.”" Depuis combien de temps Mgr de Fcrbin-Janson nourrissait-il ces pensées dans son cœur !— C'est ce qu'il est assez diflicile de dire. Sans doute, même avant qu'il fût Evéque, la lecture des lettres des Missionnaires avait fait la plus vive impression sur cette âme dévorée de zèle, Plus tard, les ingénieuses industries de l’un de ses prêtres, M. Moye, qui, pour leur venir en aide, avait transforiné toutes les jeunes filles de sa paroisse en autant d'apôtres, et qui ensuite s'était fait missionnaire lui-même, avaient surtout attiré son attention et tourné de ce côté ses ardeurs. Mais de là à la fondation de la Sainte-Enfance, il y avaic lin encore, Reportant souvent ses regards vers l’Asie, il voyait bien là des milliers d'enfants abandonnés de leurs Parents, et exposés à la mort du temps et de l'éternité ; mais son esprit, tout inventif qu'il fût, ne trouvait pas jour encore pour les secourir. Ce n'est qu'après une deuxième entrevue, à Lyon, avec Mlle Jaricot, la fondatrice de la Propagation de la Foi, que ses pensées s'éclaircissent, et que ses plans se dessinent, Tout, alors, devient lumineux dans son esprit.

A cette époque, l'Œuvre de la Propagation de la Foi, ce

grand arbre qui devait s'étendre à tous les pays catholiques et ombrager de ses rameaux bienfaisants toutes les M ssions de la terre, n'existait encore que depuis dix ans, et n'avait pas reçu tous ses développements. Comment, et à quelle cecasion s'était formée cette Association, faible d abord mais bientôt puissante ? C'est ce qui est peu connu, même aujourd'hui, C’est à l'Amérique, et non à l'Asie ou à l'Afrique, que l'on doit cette prodigieuse création de l'Eglise, la merveille du XIXe siècle. De pauvres Missionnaires de l'Indiana étaient venus à Lyon. Ils

tâchaient d’intéresser à leur œuvreies catholiques de cette ville;

Mais, comme ceux à qui ils s'adressaient étaient peu fortunés, la contribution était faible, Afin de l'augmenter, ceux-ci font appel à la charité de leurs parents et de leurs amis ; et, pour ne pas leur être à charge, il est convenu qu'on n° leur demandera qu’une légère souscription chaque mois. M!le Jaricot est à la tête de ce mouvement de charité, Ce moyen si simple de secourir les Missionnaires est goûté. Ilse propage, et bientôt il s'éter.d à toute la France, et de la France à toute l’Europe. Alors, les ressource :s devenant plus abon lantes, il est décidé qu'on en fera bénéficier toutes les Missions, en ce ‘mmençant par les plus nécessiteuses. C'est ainsi que s'est formée et developpée l'Œuvre de la Propagation de la Foi. En s € ncertant donc avec Mlle Jaricot pour trouver le moyen de sauver l'enfance abandonnée, Mgr de Forbin-Janson ne pouvait mieux s'adresser. Il est résolu que, pour ne pas nuire à là première (Euvre, on s'adresserait plus particulièrement aux enfants, et que, pour avoir plus sûrement leur concours, on ne leur demanderait que douze sous par année. Mlle Jaricot est la première à les donner, C'en est fait : la Sainte-Enfance existe. Son but est défini, et ses moyens d'action sont trouvés. L:s enfants abandonnés,

mais seulement les enfants abandonnés, n'importe sur quelle

plage, seront l'übjet de son zèle, et tous les enfants catholiques seront conviés à faire partie de cette armée ce sauve urs,

De retour à Paris, Mur de Nancy avait hâte de commencer Sa ;ropagaude, mais il lui fallait aller à Londres pour plaider la cause des canadiens condamnés à la déportation à la suite des troubles de 1837. Ce qu'il fit avec zcle et succès. Mais il n'oubliait pas la Sainte-Enfance, dont il jeta tont de suite en

Angleterre les prem'ères sxnences. ‘Pen lant les trois jours

que nous avons eu le bonheur de le posséder an nilieu de nous, dit Madame Laura De Lisle, il n: cessa de nous parler de ses plans pour là Sainte. Enfance, de nous en m mtrer la nécessité et les résultats incalculables. Profitant de la réunion des prêtres q ii étaient venus pour le sacre du Dr Wilson, nouvel évêque d'Hobert.-Town, en Birmanie, il leur fit connaître également le but e: les moyens de son œuvre, et cela avec tant de conviction, qu'il les gagna tous à sa cause.

A peine revenu à Paris, 1 évéque se met en devoir de réaliser ses plans et de donner une forme définitive à la nouvelle association. Il nomme un bureau central compusé d'hommes choisis dans l'Eglise et dans l'Etat, il dresse des règlements, prépare des prospectus et rédire des circulaires.

Afin d'honorer les douze premieres années de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il est statué que chaque série se Composera de douze menbres, et que l’un d'eux en sera le chef; qu’à la tète des chefs de série, il Y aura, autant que possible, un directeur local, et qu'à la tête des directeurs particuliers eux-mêmes il y aura un directeur diocésain. La souscription des associés sera de 12 sous par an, avec la récitation d’un Are Maria chaque jour; pour grossir leur trésor, les associés Pourront avoir, chique année, une petite loterie, où une fêt

de Sainte-Enfance. A chaque membre entrant duns l'œuvre, il

sera Tes Soit une médaille, soit une läre de la Suinte-Hnfance, De même, chaque chef dont la série sera e nnplète, aura droit AUX annales publiées plusieurs fois par an, €(

hivque mois, au siège de l'assosiat ion, il

sera dit deux me

ës, l'uie pour les associés vivants, et l'autre pour les associés défunts. S'il y a des bienfaiteurs, leur ho sera inscrit sur un livre à part, et ils auront droit à des prières particulières. Tous les aus, en lin d'année, |

+ direc

curs diocésains cuverront

les fonds qui leur auront ét Tennis, au Comité central, lequel en fera la répartition entre les différentes MSSIONS, suivant les besoins

qui leur auront été sinus par les chefs de Missions, Telle

So œuvre Myr de Forbin-

shinple et si bien co nbinée, qu'elle est

est l'organisation que donne à

Janson, ors Anisation si encore la méme aujourd'hui,

Tout étant ainsi réuié, et les cireulaires, tra luites en diffé. Ltous les évû 1ues, Myr de

Apres avoir préthé

rentes lanyues, ayant crée nvoyées Nancy se met en Campazne, à Paris dans et gagné à son œuvr

lis re des milliers d

plusieurs «

® personnes, il se rend à Rouen, Dans

cette Capitale de la Ha

Normandie, reque à encore plein succes,

Des centaines de familles

sempressent de faire enrôler leurs enfants dans une ‘uvre qui ne peut que leur porter bonheur, De R un, l'évê

ue passe à Cambrai. Venu là, tout près de LE

lgique, pour baptiser

l'enfant de sa nièce, la duchesse de Beuuf rt, il protite de ce voisinage Pour pousser une pointe dans ectte contrée si foncièrement catholique, Ses prévisions ne sont Pas trompées : toutes ses démarches sont co, rounées de succès, Admis en audience par le roi et par la reine, il a le plaisir de voir

on œuvre patronnée par leurs enfants, le duc de I

rabant, le comte d

Flandre et la princesse Marsuvrite, linfortunée impératrice du Mexique,

C’est à cette occasion, qu'ayant eu avec

ces princes une seconde

entrevue à Ostende, il leur dit ces paroles mémorables : “Lors, que l’âge vous aura conduit au faite des grandeurs, votre suprême concolation sera d'avoir fait le bonheur de vos semblables. Moi aussi j'ai goûté les honneurs ; j'ai porté l'épée, et c'est à Bruxelles même que je l'ai déposée pour embrasser une autre carrière et travailler à faire des heureux. Mon plaisir à présent cst de me rappeler les efforts que j'ai faits pour y parvenir.” Ces faits, port s à la connaissance de tous, lui rallièrent Livge,

bien vite en Hollande, Ce n'était ln toutefois qu'un début,

Tengres, Verviers, d'où la Sainte-Enfance se répandit

Le grand coup qui allait gagner à l’œivre toute la Belgique, devait être porté à Malines où les évêques étaient pour se réunir à l'ocasion de la fête des Saintes Hosties percées par un juif, Les voies avaient été préparées à l'évêque par le Nonce apostoque, Mgr Pecci, aujourd'hui Léon XIIL Il avait écrit au Cardinal de Malines et à tous les autres évèques, leur recommandant fortement li nouvelle œuvre. ‘Il sufit de la connaître, leur disait-il, pour qu’elle inspire de l'intérêt. Je m’estime heureux de pouvoir eontribuer à son développement, et de l'aider à atteindre le but si noble ot si généreux qu'elle se propose.” C'était plus qu'il n’en fallait auprès d’évèques si bien disposés en faveur de Mgr de Nancy. 11 prècha dans la grande Eglise de Nainte Gudule en présence de plus de neuf mille personnes, et s4 pirole enflamnée, brûlante, trouva écho

dans tous les cœæirs. D:s comités se formèrent ; des dames

du plus haut rang. les premières institutions du pays, se mirent à latète. Toute la Belgique, y compris Louvain, Gand, Toirnai, Ostende, etc., émbrassait la Sainte-Enfance ; et depuis, ce dévouement n'a fait que s’ace ntuer chaque année,

Mais c'était de la France que l'œuvre était partie ; c'était de

là qu’elle devait rayonner sur le monde. Mgr de Nancy 80

AR

pv.

hâte done d'y rentrer Aprés avoir Pris ne connaissance sommaire du terrain Sauné à Paris depuis sou départ, il se remet en voyage, Ïi parcourt Succussivement Arras, Amiens, Beau. vais, Soissons, Lau il, Cahors, Nim 8, Avisaion, etc Partout il obtient de nouvelles ot innombrables adhisions grâce à sn parole et aussi aux recommandation. des évêques, et surtout grâce au bon vouloir des Pasteurs secondaires, Pas un qui, Sous prétexte qu'il à d'autres à uvres, lui refuse son concours. Intimement convaincus que la Sainte-Enfance sera une béné-

diction pour le pays et Pour les enfants en particu'i

que,

loin de nuire aux uitres ivres,

le ne fers que les stimuler,

tous se mettent à la disposition de l'éve ie, et le secondent de

toutes leurs fore Encoururés par cet vx mpl

, les maisons

d'étucation, colères, Couvents, séminaires, éc iles, font de

même. Mwrde N ancy était au comble de la joie, A Svissons, Mgr de Simony, son vicil uni, l'attendait à latèts de son clergé, et le lendemain il l'introduisait Lans sa cathélrale, où les enfants de toutes les Paruisses de là ville avaient été réanis, Ja. mais fête ue fut plus belle. Laissant al rs déborder son cœur, l'évèque s'était SUrpassé lui-méme, Ainsi en fut il dans les autres villes. Les enfants \Ccouralent en foule avec leurs

mères ; et celles-ci, touchées jusqu'aux larmes au récit de ce

qui se passait dans les entrées intiléles, se hâtrient de faire inscrire leurs enfants duns li bienfaisinte Société, ‘Faut-il s'étonner, dit à cette OCSaston un journal du temps, si la Sainte

tsielle est établie

Enfance se propre ave: tant de rapidité aujourd'hui dans la plupart des villes 2 Elle est patronnée par un évêque à l'éloquense duquel on ne peut résister, Encore un peu, et la France entière l'aura adoptée”

Après une apparition de quelque jours à Paris, l'évêque

“ontinue sa tournée, Cette fois il se dirige vers Laval, où la

translation des reliques de Saint Tomède avait attiré quantité d'évèques et une foule immense. A la suite d'une allocution chaleureuse, il distribue et f it distribuer des prospectus, des médailles, et l'effet en est merveilleux. Quelques jours plus tard, il était à Cahors, et il n'obtenait pas moins de succès. Lorsque, P'essé par le temps, il ne peut se rendre dans une ville où on le désire, il écrit et sa lettre vaut un sermon. C'est ainsi qu'à Toulon, le curé de Saint-Pierre, vivement impressionné par l'appel de l'évêque, enrôle plusde mille associés dans la nouvelle croisade. Presque dans le même temps, une lettre de son coadjuteur lui apprend que tout son diocèse avait embrassé l'euvre : aucune nouvelle ne pouvait lui être plus agréable,

Assuré de la coopération de ln France et de celle de presque tous les pays catholiques, Mgr de Naicy reporte ses regards vers les missions et expose ses vues aux vicaires apostoliques. En mème temps, il leur demande des renseignements qui bourraient lui être utiles,

Hélas ! Le saint fondateur de la plus touchante œuvre des ten.ps modernes ne devait pas lire les réporses qui seraient faites à sa circulaire : il n'avait plus que quelques mois à vivre, Toutes ces réponses qui ne tarissent pas en louanges et en remerciements, s'acc rdent à dire que cette œuvre admirable de la Sainte-Enfance, inspirée par le ciel, sauver des mullions d'enfon's, et ge par ces enfouts les nations infidèles seront Aainenées à le connaissence de Lt vrai foi. Obligé de suspendre ses courses par suite de son épuisement, l'évêque ne resta cependant pas oisif. De son lit de douleur Où l'avait cloué la maladie qui devait l'emporter, il écrivait au Père Le Vasseur, supérieur des Pères de ja Miséricorde, à Orléans: Mon cher Le Vasseur, la bonne Sœur Guay qui se rend à Orléans, vous remettra

notices et médailles de notre œuvre. Une fluxion de poitrine,

accompagnée de crachements de sang, m'empêch: d'être en ce moment près de vous, comme je l'eusse désiré, J'espère cepen-

dant que notre œuvre ne perdra rien, et que vous saurez me

suppléer aupr

& de Mr Fayet et de votre nombreuse réunion de Dames, En Prouvant que je n'ai Pas mis en vain ma contiance en Vous, vous verserez le baume sur ma pauvre poitrine, Il est sûr que Vous lui ferez grand bien, et que, ce qui vaut mille fois mieux, vous ouvrirez la porte du ciel à dos centaines et à des milliers d'âmes qui ne verraient jamais la face de Dieu, si vous ne vous intéressiez pas en leur faveur. L'œuvre marche à pas de géant, Outre 47 ou 43 Archevèques ou Evê jues rançais, dont j»: me crois sûr ; outre les prélats de Bely'que, de Hollande, de Bavière, de Suisse, d'Italie, de Savoie, nous avons encore l'adhésion de plusieurs Evèêques d'Ansleterre, Priez pour que je me rétablisse un peu. Ch., Er, 4 None.”

En mêm: temps, toujours fécond en ressources ot en inven-

tions, dès qu'il s'agissair du rachat des enfants intiuèles, l'Evêque, afin de gagner aux missions Jes Sympathies de ses visiteurs, transformait ses vastes salons en musées, en chapelles et en salles de conférences. Là, on voyait exposées cangues, chaînes, ivec d'autres instrument: de supplice qui avaient servi aux martyrs : la corde avec laquelle Mgr Jacquard avait été étranglé ; le tapis sur lequel avait roulé la tête 1e M. Cornay ;

les chaînes et les anneaux qui avaient lié M. Clet dans son

cachot ; on y aperccvait aussi des vêtements imbibés du sing de ces généreux confesseurs de la foi. Alors, de sa voix presque éteinte, l'Evêque rappelait l’héroisme de ces intrépides missionnaires, et réfutait d'avance les prétextes qu'on pourrait invoquer Pour ne pas jeur venir en aide. Quand il ne pouvait plus parler,

il appelait des amis à le faire à sa place : le Père de Ravigran,

fur de la Bouillerie, le Père Petetot de l'Oratoire, ete., qui

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tous, entrant dans ses vues, se faisaient un bonheur de Île seconder,

Après plusieu:4 mois d'un afissement ec nnplet, ayant éprouvé un mieux sensible au printemps de 1844, l'Evèque de Nancy se remit en campaune, Le 13 mars, il pré he à Saiat-Roch devant une nombreuse assemblée de mores de famille Le lendemain, il est à Chartres, et le dimanche suivant, il se fait entendre à la Cathédrale devant plus de sept mille personnes. Les efforts surhumains qu'il tit alors faillirent Li coûter la vie. Remis de son indisposition, il ve rent à Béziers, puis à Montpellier, où, quoique exténué de fatigue et erachant ssuelque peu le sang, il ne laisse pas que de prècher plusieurs fois. Dans ceite

derniè

e ville, apprenant qu'une foule considérable l'attendait à li Cathédrale, tout malade qu'il était, il n'hésite pas à monter en chaire, Il y avait près de deux heures qu'il préchait, quand un flot de sang jaillit tout à coup de sa poitrine. Il fallut alors le transporter à la sacristie, et de là le conduire, à sites journées, chez le Marius, son frère, Chemin faisant, | kvèque s'arrêta à Aix, et cela toujours pour plaider la caus: de ses petits protégés. Il lui tardait d'arriv r à Mruscille et de revoir là son intime ami, Mgr de Mazenod. Quand ily arriva, il n'en pouvait plus. Toutefois, surmontant 84 faiblesse extrême, il se traine à la chaire, Alors, excité par la vue de son immense aulitoire, il prêche avec une telle véhémence, que de nouveau le sang s'échappe à flots de sa poitrine, Ce fut son dernier effort et aussi son dernier triomphe. Arrivé enfin au château de la Guillermy, chez son frère, l'Evêque ue fit plus que languir, malgré les soius aflectueux qui lui furent prodigués par toute sa famille. Dans le: intervalles que lui laissait le mal, il s'uccupait encore de son «œuvre, Il la reccmmandait à tou; ceux

qui venaient le voir : il leur faisait remettre des notices, des

Prospoctus, des médailles, C'est ainsi que, jusque dans le bras de la mort, il en entretint M. l'abbé Sibour, frère du futu, Archevêque de Paris, qui était venu expres d'Aix pour avoir de nouveaux renseignements, Dans le mêmes temps, alors qu'il Pouvait encore tenir là plume, il écrivait billets sur billets au Grand-Vicaire James, l'héritier de son aèle, pour lui faire ses recommandations, h

Ce fut à la suite d'une journée ainsi passée, aprés avoir fait la veille ses adieux à Mgr de Mazonod, que, revenant de sa Promenade ordinaire, Mgr de Forbin-Janson s'éteignit douce-

ment entre les bras du Marquis, son frè

, tt du comte, son neveu, Cette mort arriva le 11 juillet 1844 ; l'Evèque était alors dns la cinquante-buitième année de son âge. Le lendemain, la Gare te du Midiannoncçut ainsi su mort à toute ln France : “Le

grand Evèaue qui a laissé partout des traces de son zèle, de son

dévouement et de son inépuisable charité : le prélat qui à rempli la France, l'Oriont et même l'Amérique du bruit de son nm par sa mâle éloquence : l'apôtre invincible qui, jusqu'à ses derniers instants, n'a cessé de travailler pour le bien de la religion et de l'humanité, n'est plus, L'Episcopat perd en lui un de ses m mbres les plus distingués.la France uu de ses enfants les plus illustres, la religion et les Missions un de leurs soutiens les plus sainte. ment dévoués. Il est bien peu de villes, bien peu de pays qui ne l'aient entendu, et qui ne lui soient redevables de quelque bienfait. Aussi, nul doute que les contrées de l'Orient qu'il a visitées, ne s'unissent à la France, ainsi que l'Amérique, pour déplorer sa perte prématurée ; nul doute que prôtres et fidèles, mais surtout les Viciires apostoliques de l'extrême Orient, ne mêlent leurs larmes et leurs prières à celles de 3es collègues dans l’Episcopat. C'est une perte immense, irréparable, que ses excès de travail ont seu's causée,”

Mgr de Marsille voulait faire dans sn Cathédrule à son regretté ami des funérailles dignes de lui 5 Mais, cédant aux instances de sun frere qui, Apres avoir gardé près de lui su dépouille mortelle, tenait à le faite enterrer à Paris dans lo tombiau de famille, il n'insista Pas. Après un premier arvice aux Aygulades, où aseistérent neuf paroisses, avec les nombreux mesnbres de ln famille, et pendant que fous les putres de la ville célébraient ln messe à son inte tion, le corps du défunt fut achemin vers Paris, C'est li que, le 28 juillet, dans l'église de Saint-Thomns d'Aquin, curent lieu les cl sèques solcnrelles. Le service fut chanté Par son inconsolable Condjuteur, Mgr Menjaud, service auquel assistérent les Arche véques de Paris et de Rouen, les Evèques de Versailles, de Gup et de Saint-Dié, un nombre infini de prêtres, des représentants de tous les nrdres religieux et une foule si grande que l'église ne pouvait la contenir, Les cérémonies ichevées, le corps fut conduit et enterré dans le cimeti‘re de Picpus. C'est là que reposent les cendres de Mur de Forbin-Janson, Evèque de Nancy et de

Toul, primat de Lorraine, fi udateur de la Suinte-Enfance.

Mme VITAL TETU

Fondut: is de La Suite Enfuner à Quebec

Madame Têtu, qui établit la Sainte Enfance à Québec, était

née à Carleton, en décembre 1808, de (

iédéon Ahier, marchand, et de Victoire Pain:hu

François Normanl, Son

père était natif de Suint-!té de l'île de Jersey, et il

était protestant, Ce fut M. Lo Jamtel qui, en 1805, le con.

vertit au catholicisme, à Arichat. Virginie Ahier n'avait que Quatre ans quand elle eut le malheur de perdre sa inère, Elle demeura dix ans chez son oncle M. 1

‘abbé Painchau 1, curé de Sainte-Anne de 1

a Pocatière et fonditeur du Collège, e

t c'est dans cette paroisse qu’elle

pousa, le 23 juin 1835, M. Vital

Têtu, riche marchand de Québec, décédé le 2 décembre 1883,

à l'âge de 84 ans. Elle-même était morte, le 29 avril 1876. Voici la nécrologie qui fut publiée le jour de ses funérailles : Les pauvres de Québec viennent de perdre une de leurs plus zélées protectrices dans la personne de Madame Vital Tètu. Sa vie a été une longue chaine de bonnes œuvres, chaîne d'or de la charité, dont le dernier auneru l'a menée dans les cieux. Aider les communautés religieuses, soulager la misère et consoler l’infortune, tel était l'objet dominant de ses pensées et Son occupation habituelle. Elle ne savait pas refuser quand il s'agissait d’une bonne ‘euvre ct sa main était toujours ouverte aux mendiants: Mnum sun aperuit inopi et palmas suas tatendit «dl parperem. Mais elle ne se contentait pas de donner à ceux qui demandaient ; Sa charité était d'une nature plus élevée. Madame Têtu était une de ces femmes admirables dont l'Eglise de Québec est si justement fière, qui savent mendier au rom des pauvres, sacrifier leur temps, leur santé et leur fortune au service des membres souffrants de Jésus Christ, procurer un asile à cells que le monde repousse, les recueillir après le naufrage et leur conserver un nom et un honneur que le crime avait flétris. Elle peut être c nsidérée avec raison comme la fondatrice de l'œuvre de la Sainte-Enfance à Québec, et l’on se rappelle le zèle qu'elle déploya, les démarches qu'elle fit, les sacrifices journaliers qu'elle s'impesa pour asseoir cette belle œuvre sur des bases solides et lui assurer le développement et la durée. Puissamment secondéo Par des p:rsonnes dont les noms, comme le sien, sont bénis par les pauvres de la terre et par les saints du ciel, elle vit le succès couronner les eflorts de son héroïque charité, Depuis 1852, une somme de 840,000 a été versée pour le rachat des enfants infidèles. On peut dire que ce maguitique résultat est dû en grande partie à l'énergie incomparable de Madame Têtu et à l'affection universelle dont

elle jouissait à Québec, Depuis ln fondation de ln Sainte- Enfance, que d'enfants sont Partis pour lecie] allant porter aux

pieds de Dieu Je nom de leur bienfaitrice * Quel brillant cort*-s l'attendait là-haut ! Que nes sanvées ! Que de couronnes !

Modèle des épouses, Muune V. Tétu sut faire le bonheur de celui que sa mort laisse aujourd'hui dans Ja Plus profonde douleur ; modèle des mères, elle Veilla avec soin sur l'éducation de ses enfants et ne laissa à Personn: le soin de former leurs cvurs à la vertu, Qu'elle était belle 1x vie de cette mère ct de cette épouse vraiment chrétienne ! Sue, nil jus et beutissimcm bredicare, ut, éirejus et ludarit cn. Ses enfants se sont levés Pour louer sa tendresse et son dévouement, et son époux a publié sa gloire,

Tranquille et caline sur son lit de more, comme elle l'a été pendant toute sa vie, elle à pu offrir à Dieu une âine enrichie de inérites, et en répassant dans sa mémoire les diverses années de son existence, elle aurait pu se rendre le témoignage que chacune d'elles avait été marquée au sceau divin de la charité, Son humilité l'empéchait sans doute de faire une appréciation AUSSI avantageuse : mais, pendant qu'elle s'abaissait devant Dieu, qu’elle lui offrait le sacrifice de sa Vie ct des êtres chéris qu’elle laissait sur la terre, les saints du ciel Publ'aient et chantaient ses aumônes et en demandaient au Seigneur la récom- Pense éternelle. Eleemosuines UMins craerrabit omnis ecelesiee su netorron.

Madame Marie- Virginie Ahier, épouse de Monsieur Vital Têtu, est décedée samedi, le 29 avril 1876, à l’âze de 67 ane, Son service fut chanté à la Basilique, par M, Têtu, de l'Arche.

vêché. M. le curé de Québec tit la levée du corps, et Mgr

Cazeau chanta l'absoute, Madame u à été inhumée dans la

Chapelle des Ursulines.

TI

LES CHEFS DE :DOUZAINES Sont priés de Juire cireuler de plus possible cette brochure, et de procurer à lŒurvre de lu

Sainte Enfance de nouveau Chefs de Donsaines.

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