LA MESSE
Le 24 au matin le temps était menaçant, et chacun craignait pour le succès de la journée. L'ouverture des fêtes devait se faire par la célébration dune messe solennelle sur les terrains de l'Exposition, au pied du Mont-Royal, mais il avait été annoncé qu'en cas de mauvais temps, cette messe serait célébrée à Notre-Dame. A l'heuie fixée, c'est-à-dire à neuf heures la pluie tombait à torrents et il n'y avait pas à espérer de changement dans la température. En un instant, la vaste basilique de Notre-Dame se trouva remplie de fidèles, mais au moment où les cérémonies allaient commencer, la pluie cessa tout-à-coup, le ternie se remit au beau, et il fut annoncé du haut de la chaire de Notre-Dame que Sa Grandeur Mgr. de Montréal consentait à remettre la messe à onze heures, sur les terrains de l'Exposition,
La foule se porta alors vers le village St. Jean-B.nptiste, et à l'heure indiquée 6,000 personnes au moins se trouvaient sur le terrain.
18 NOCES d'or de la ST-JEAN-UAPTISIE
Nous «nierons au nombre des personnes présentes :
Son Honneur le lieutenant-Gouverneur et le capitaine Sheppard, A. D. C, Son Honneur le maire Btaudry, Hon.T. J. J. Loranger, Président de la Société St-Jcan-Baptiste ; Hon. M. Chapleau ; les honorables Sénateurs Trudel, Thibaudeau et Lacoste, Hon. M. le Shérif Chauveau, M. J. B. Resther, Vice- Président de la Société St-Jean-.Baptiste, Hon. L. l'.caubien, MM. J. Tasse, M. P., J. Royal, M. P., J. C. Coursol. M. P., Alfr'îd Garneau Joseph Ma miette, M. P. P., J. Robillard,M. P., B. Globersky, C.R.; E. Lareau, G. Boivm, J. B. Rolland, T. A Archambaalt, M. l'Echevm Jeannotte, les officiers de la Société St-Jear Baptiste, les délégués, etc., etc., et plusieurs centaines de nienibres du clergé.
La messe fui célébré*- par Sa Grandeur Monseigneur Fabre, évêque de Montrét.1. js& Grandeur était assistée par Messieurs les abbés Str.uisias Ti aucheffiontagne et Eugène Leclerc.
Un Lhœui tonipc^st de 4.00 chantres, uidés d'un puissant orchestre, fourni par le corps de musique de l'Harmonie, a chan'.é durant la messe, plusieurs morceaux de chant sacré.
Des salves d'art it le i n. oncVent à la loule le moment dt rE'évation. Moti ';at solennel et impoaani, imjiossible à dé r'-e. Tou.-' ces iiron>a cjurbés vers la terre; la nation toute entière, j'^préocntée jur ser membres les plus éminents, agenou llte au pied de l'auiel ; ce vénéiable pontife, entouré de ce clergé pauioiique à qu" nous sommes redevables de la conservation de lout ce qui nous est cher, offrant au c:el des prières pour le salut de la nation, la\'cix iniissante du canon tonnant au milieu du silence le |)liis solennel, faisait do celte scène la plus imposante et la phis sublime possible; aussi n'enlrcprendronsnous pas de la décrire.
A l'issue delà messe, Monsieur 1 nbbc Rouleau, curé de la paroisse St-Charles, prononça l'cioijuciite allocution dont ! iiuus reproduisons ici le texte com}<lcl.
NOCFS d'or de la ST-JEAN TAITISTE 19
Et clanges buccinâ in uiiveiâ terra
vestrâ, sain.tidcabUqiw' annum qiiin-
quagesiuniim, Reverjelur ho-
mo ad po>>essiunem suani et unu^quisque ledeat ad fanulùim pre:>tinam,
Lévitiqiie, chap. XXV'.
MOWr.EIGNEUR,
Mes FRERES,
La patrie demande aujourd'hui à la Religion d'inaugurer ce jubilé de la fête nationale. Cet acte remet en ma mérioire les pages du Lévitique où il est dit : " Le Seigneur parla encore à Moïse sur le mont de Sinaï. " Après lui avoir enjoint de célébrer avec le peuple d" Israël l'année sabbatique, il ajoute : " Vous compterez aussi sept semaines d'années, c'est-à-dire sept fois sept, qui font en tout quarante-neuf ans, et au dixième jour du scutième mois, vous ferez sonner du cor dans toute votre terre, vous sanctifi-^rc^ la cinquantième année. Tout homme rentrera .'ans ie bien qu'il yjossèdait et chucua retournera à sa première famille, parceque c'est l'année du jubilé, l'année ciiiquantième. "
La société Saint-Jean-Baptistt qui représente la nation canadienne-française a voulu solenniser le cinquantième anniversaire de sa fondation. Obéissant en quelque manière à l'ordre donné au législateur hébreux, elle a élevé la voix, et, retentissante comme la trompetie, sa parole portée au loin sur les rives de nos fleuves, repercutée par les échos de nos monîagncs, a été entendue de toute la terre de l'Amérique .'^jitentrionale. De l'Orient, de l'Occident; du Midi, du Septentrion sont accourus les descendants des Français pour prendre part à nos pompes et à nos réjouissances. Il me semble qu'ils cherchent à rentrer en possession du bien possédé par leurs ])ères, mais certainement tous ont désiré au moins pour un instant revenir à leur première famille.
Peuple croyant, les Canadiens veulent que ce jubilé soit sanctifié par le sacrifice divin ; comme les anciens patriarcli£s
i„ ont dressé un autel à la face du cel PO" f.
pononcé les sublimes et puissantes oratsons « - « ^ Mugttste Victime a coulé au pied de cet e "«"^''^Viei .p,fel.e les ptem.ets -^^''^^^t Mat" « Ji e - icte. notre œil aperçoit le rap.de «^ "'' f «^"^ ^^^ .bordait le
jadis s'élevait l'humble bourgade d H"ctelag- ;remier França.s, Jacques- Carter. I" '' ^ ^ ' ^ ^^ 1' ' 3„ le navigateur Maloain avant de gravir «"= "°'"'^° ^ ,, ;:;:;;! ,. pUnta .a cro., pre„a„t ainsi posse^ion de c ay qu'il trouva SI beau, et qu'il nomma royal. C es tnn ac ?oi qui remplit la première page de -'- j-f J ! ^ encore un acte de foi qui commencera « chapitre qu sera point ,'un des moins f — ^,t ^ s^s dou.e le
b^i::t:i^-=.t;::;:;e^edévip.
-rrr;:: d'autorité . mon^..ours gmp^.e 1.
c;:r.rp::rerir:pa:;:::ti:^^^^^^
.. ,„i a fondé au milieu d'eux "-^-^'f,,™ ^a flndé " indivisible -, c'est lui qui a fait le Canada et q u ,. ,. Eglise. De telle sorte, que nous appartenons tous ad « .. cités; que nous sommes soumis à deux P;"ssan<:es t .pu= 4oi avis deux patries: la cité éternelle "la ci te. „ ,,.., la puissance spirituelle - '^J-'^^^^^X f P hII .. patrie du sang et la patrie de la foi. .'=''« "^ / .. quoique distinctes ne sont pas ennemies lune d 1 ai tre .. bien loin de là elles fraternisent, -^°™™' '^ ^ ^ ^^^oM .. fraternisent ; elles sont unies comme Ime « '^ P"'''^ ...inis- et de même que l'i.ne aime le «•«"l»' '"•" 1,"= '^ .. .^ ; se révolte souvent contre.de mCmc la patrie de léter.-
NOCES d'or DE LA ST:JEAN- BAPTISTE 21
* nité aime la patrie du temps et prend soin de sa conser- ' vation bien que celle-ci ne réponde pas constamment à son
* amour. Mais il peut arriver que la cité humaine se dévoue
* à la cité divine, qu'un peuple s'honore d'une alliance parti- ' culière avec l'Eglise ; alors l'amour de l'église et l'amour
* de la patrie semblent n'avoir plus qu'un même objet ; le ' premier élève et sanctifie le second et il se forme de tous ' deux une sorte de patriotisme surnaturel dont Saint Paul nous ' a donné l'exemple et l'expression dans ces sublimes paroles
* de son épitre aux Romains, où il demande dêtre séparé du " Christ par l'anathéme en faveur de ses frères." Tous les prophètes sout remplis de ces élans patriotiques, depuis David demandant au Seigneur de se lever et d'avoir pitié de Sion, jusqu'à Jésus-Christ pleurant à la vue de Jérusalem et disant avec une pieuse douleur : " Ah ! si tu avais connu, môme en " ce jour, qui est encore le tien, ce qui peut te donner la paix."
Voilà pourquoi l'Eglise ici-bas est heureuse de s'unir à la patrie et dans ses joies et dans ses douleurs. Si l'épidémie décime les citoyens, si la voix du canon annonce l'invasion par l'ennemi, en; un mot, dans toutes les catastrophes publiques, l'Eglise s'alarme avec la patrie, avec la patrie elle souffre, avec la patrie elle s'empresse de secourir ses enfiints qui périssent sous les coups du fléau, ou tombent frappés par les balles à la défense des frontières. Qu'un citoyen illustre -soit ravi, le deuil de la nation est partagé par l'Eglise, avec la patrie l'Eglise pleure sur la tombe du grand homme. Mai« aussi qu'une joie s'annonce pour le pays, qu'une fête patrio- 'tique viennent réveiller dans l'âme des citoyens des souvenirs -et promettre des espérances ; lorsque le peuple revêtu de ses 'beaux habits quitte le travail et laisse briller sur sa figure ce je ne sais quoi annonçant le bonheur et dans l'enfant et dans le ■vieillard, l'Eglise alors dilate ses entrailles et invite à l'allé-
NOCES d'or de la SÏ-JEANBAPTISIE
„ .miverselle Le ministre da Seigneur, l'organe d, gresse universelle, i- ^j^^ ,^5 ,0,^,^
l-Eglise, '^y^"j'.^Z2'i° àoit aussi lui rappeler de de la nation, ^^X"jXZtr. vers les joies du ciel, tottmer les jo.es de la t"'"^ "="f ,,„,dien peut, etv-
ce cievoir e. a.^ a re ,p. ca le^P ^ ^^ ^^^ ^^^^^^__^^^
toute vente, rendre » ^'' J^^ ji„„es enfants de l'Eglise ; qu'ilssesonttoujoursnontr ie.^= ^^^^ ^^^^^^^
que vous '°-- J»;! j; ^ '^^^ ;°„ des batailles, vous pouvez comme vos pères, d avoir le 1^^ ^^
d,re eue vous — ^^^rî^Hau. ^1 peuple canadien :.::tTo-conltf comme l'enraut du Seigneur, son
humble servant. ., ^^^.^^j^é dit le comte de Maistre,-
la nation a reçu une .nissiou specia^ <1" ^W loit^ J^^^^^^^
""' ''.^TITouTc ^'i fait, ir: i! pour une fin d«ermin.e vrurv::;;:J.uosta,,>e. Danslesœuv^^^^^^^
architecte il n'y a point ^f '-"".V/^ J " ' ^^ 1 plan infi-
A Tout est coordonné dans l idée ciivyie u t hasard. ^^^^^^^^ ?°^^^^ j, ,,i,e de Dieu dans la mamfesniment sage où doit é( la er b puissance et de sa
r,r m™::cr:r-i^^::^'..™anit. tome
o„';lit le peuple Juif chargé de con.rver, nue es et ...ms mettre à travers n^ara^ue s,ec e^, u m e dç^ ^.^^ ^^ ^,.^,
„e„ts des empirescpn^l ; "^ ; 'J. ,e peuple Rouiain pr<
rédompteur futur, be peup.c
p.cnt les voies a-Hr,st.a..sm. 11^^^^^^^^^
toutes les autres nations. L Iv. r ture bamt ^^
messes. Il y a longtemps, mes frères, que uu.u
NOCES d'or de la ST-JEAN-BAP IISIE 23
nations. Le jour même, ce jour éternel, où il disait à son fils : "Tues mon fils, je t'ai engendré aujourd'hui " il ajoutait immédiatenient : " Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage. '* Ainsi le fils de Dieu recevait en même temps de son père la substance divine et le domaine des (hoses créées, la filiation et l'hérédité.
•■* Les nations étant de toute éternité le patrimoine du fils " de Dieu, qu'en fera-t-il? De même qu'un bon maître cultive " et féconde sa terre avant de lui rien demander, le fils de " Dieu fait homme et venu dans le monde pour visiter les " nations de son patrimoine, leur a donné avant de rien leur " demander. Et voici les dons qu'il leur a faits en tant que "nations: premièrement, le don du pouvoir temporel, en " retenant pour lui le pouvoir spirituel ; secondement, Jésus- '* Christ a réglé et adouci la souveraineté en ôtant au pouvoir " son caractère de domination pour l'élever à l'état de service " public.
" A côté du bénéfice se placent ordinairement les charges. " Il avait servi les nations, il avait droit de leur demander " service à son tour. Ce service, c'était d'accepter la loi de *' Dieu, de l'aimer, de la défendre, de la propager, d'en faire " le fond de leurs mœurs et de leurs instruments. Un peuple " n'était plus appelé à faire la guerre, à étendre ses frontières ; " la vocation des races chrétiennes, c'était de répandre " la vérité, d'éclairer les nations moins avancées vers Dieu, de *' leur porter, au prix du travail et au hasard de la mort, les " biens éternels, la foi, la justice, la civilisation, but digne ** du ciel et de la terre, de l'intervention de Dieu et de l'acti- '' vite du genre hupiain."
Eh bien ! le peuple canadien, dont la patrie est la belle vallée du Saint-Laurent, a, lui aussi, une mission, c'est la véritable mission des races chrétiennes, des races baptisées, ça été d'implanter sur ce sol vierge d'Amérique l'étendard du
Z^^^^^I^^^^I^'^^- 1- '"bu. infidèles, e. sa "i^io" encorec-est de travailler à '' «=«--ou du royaume de Wr la forma„on d'une nation avant tout frança.se e cathol que^ Ceux qui pourraient douter de cette miss.on, n ont qu a oavnr les pa«sde l'histoire, assister à la fondation de la colon e, uvrefes progrès ; ils n'ont qu'à parcourir les diverses parfes dt^ys et ils ver ont cette mission tracée en lettres de sang dm^s l'embouchure du Saint-Laurent jusqu'au fond de nos Ïcs séants où il va prendre ses eaux. Dans leurs courses l^dactuses à la conquête de nouvelles terres, •- Portugua.s cherchaient la gloire des découvertes ; les Espagnols, de 1 or , es Sonandais,'des comptoirs pour vendre •— ^^^ -"^-^ l' Anglais la liberté; les Français, nos pères ava.ent 1 amlj.itl dT épandre le nom et l'amour de Jésus-Chnst. Nous voyons les rois de France se proposant, avant tout, lorsqu ,1s . letlen sur nos bords d'intrépides colons, de couvert, les 'malheureux indigènes ; Jacques-Cartier en P°-"' ^ P-^ su " sol plantera de suite la croix, l'étendard delegl.se, . prendra possession dé ces contrées au nom de son Se.gneur e Maître François I, sans doute, mais d'abord au nom de la
" Ce°t"en vain qu'on voudra s'éloigner de ce noble but la Prov detrce ne ie permettra point. Elle englout.ra dans roc a.t les vaisseaux d'un Robervalle. d'un marqu.s de la Ro,he parce que les repris de la justice, qu'on vottlatt donner ^o :: premters habitants à la colonie, «-nt m .g.^s de a mission réservée à lî nation franca.se en Amérique. La Pro "d °ce fe" échouer de même les efforts d'un C hauv.n p,arce r„c dernier n'est point catholique, mai, elle bén.ra les «u- V X .1 un Champlain, d'un Laviol.,tc, d'un Ma.sonneuve v rant ...mme cl céleste envoy.- ,rocurer .aux hommes «
„„„,.,. donnés .=s.>ien^-^»;- t^aétr"™::
rendre heureux, môme en rcilc \ i. » c.ii(.
NOCES d'or de la ST-JEAN-BAPTISTE 25
tion ; y avons-nous répondu ? Car il ne suffit pas d'être appelé Il faut répondre à sa vocation. C'est demander ce que notre patrie a fait pour Jésus-Christ et son église.
L'Eglise canadienne a couru deux grands périls, périls suprêmes; elles eut à combattre le paganisme et le protestantisme ; elle dût lutter contre l'Indien féroce, aveuglé par la superst.t.on et contre les Anglais devenus nos maîtres assez long emps despotiques, après avoir été pendant cinquante ans les rivaux de nos ancêtres et leurs ennemis dans une guerre continuelle.
Le sauvage, l'Eglise canadienne le convertira ; l'Angleterre
•devra céder devant la fermeté du Canadien catholique récla-
^mant de justes droits.
-Foi et honneur! s'écrie le pieux et regretté abbé Ferand ; portant ces deux mots sur les lèvres et dans le cœur •les m.ss.onnaires français ont fait briller le flambeau du christianisme et de la civilisation au milieu des peuplades plongées dans la nuit de l'infidélité." Quelles luttes, quels travaux quelles souffrances! Mais aussi quelles conquêtes et ■quelle gloire! Le martyre, la mort attend le pionnier, le missionnaire; mais le sang répandu pour la foi est fécond et produit au centuple les conversions et appelle sur ses traces d autres missionnaires, d'autres martyrs. Qu'importe, ils sont fidèles a leur mission, ils étendent le règne du Christ
Les Canadiens succomberont dans ce duel de cent cinquante ans contre la puissante Angleterre, mais ils auront utte va, lamment contre le protestantisme dont la domination les faisait trembler ; ils tomberont après avoir subi de <:es défaites qui sont glorieuses à l'envie des victoires, et après avoir vengé dans un suprême effort leur drapeau malheureux aux journées de Monlcalm et de Wolfe, ils seront abandonnés de la mère-patrie; la France alors dans les ^-L ^e la volupté, «'a pas trop à faire que de satisfaire aux plat
2S NOCES d'or de la ST.JEANBAPr.STE
Sirs de son maître. Délaissés de leurs chefs, les Canad.ens
s'™ ont à leurs prêtres, et loin de se décourager en face de
eur^ainqueurs, ils réclanreron. leurs droits ; ds soufTr.ron,,
mais ils sauveront leur nationalité, leur relrgion T,gtmpsl'Angleterre restera souvde,sespré,ugéslu.fa>sa„.
regarde comme suspect tout sujet qui ne reconnatt pas la "pr Lie spirituelle de ses souvera.ns. Mats e,rfi.r ecla.ree, Mifiée iDar les paroles et les actes du grand evêque ra3ie. M pLis; désarmée par la loyauté et la fidélitécanadien, Mgr r , préjugés de sectes et
'/TerX::S au ai^dlplris. 'Uglise catholique-
':; ut so ^rg nisation sera reconnue devant la loi, et
„,r le Canadren dont le cœur était toujours resté attache
Tl F™ c^qtÛperdait jamais l'espérance de revoir ceu.quM
H^ 'nos »ens " le Canadien. dis-je,.eHgieux .avant tout,
Tnt Va gtoerrl de l'avoir arraché violemment à la n,ére-
r? et nar là de l'avoir soustrait aux horreurs de la révo-
Tion f 1, ose e de l'impiété qui avait préparé cette tour-
::,et 1' suivie. Auj<!ur.l'hni, après tm siècle de luttes,
e iKuple canadien est plus fort que jamais et ,1 marche glo
eussent dans la voie que lui a trac^ ^^^^"^ j
.• ^ .rAvaiiLréliser les nations, c est Im qui envoie lc
Cn >---<'-= -'^'"""'''^'^ •'°" répandre les b,en
f'u s. u ch.istianisme depuis l'Atlantique jusqu'aux bords d
Pc .me, et vers les glaces du nord jusque so.,s le cerc
„, r oi le soleil ne .se couche pas en été et ne .se lève ,«
1 hiver Voilà notre mission; pour la réstnner c.nq non
nié. ■-. Jttcques-Cartier, Samuel de Champla.n, Ma.so
i^we Jean tic Brebceuf et Mgr de Laval, non.s unnuirte
nrrîù dan, les fastes de notre histoire, com.ne synonyu,
de tl les dévouentents, de toutes les vertus reUsteuse,
p . °fq es. Puisse notre pays dans '■"--'---;.«
[ sa mission ! Car c'est «n tait encore coust.tte par 1 h.sto,
que tout peuple comme tout individu ne répondant pas à l'appel de Dieu, ne tarde point à sentir les effets de la colère céleste. Le Tout-Puissant frappe le coupable pour le ramener à (le meilleurs sentiments, mais si le coupable continue dans ses dérèglements, Jéhovah le frappe de sa verge et le brise comme un instrument inutile, comme ou brise un vase d'argile. Jusqu'ici le peuple canadien a répondu à sa vocation, il a grandi, prospéré et bientôt, je l'espère, il marchera à l'égal des grandes nations. Pour atteindre à ces destinées quelle ligne de conduite doit-il tenir ?
L'un des plus célèbres économistes de notre temps a consacré sa vie entière à l'étude de la question sociale et politique ; après quarante années de méditations, de voyages, d'observations, il est arrivé à la conclusion que le secret île la force, de l'éiiergie, de la virilité des nations gît dans l'attachement au sol et daiïs l'accomplissement des principes du décalogue. Je le demande avec orgueil, nos pères ont-ils fait autre chose? Après cela, faut-il s'étonner de la vitalité de notre peuple? Qu'il imite donc les ancêtres et il restera vigoureux, puissant en œuvres et il vivra dans une longue suite de générations.
• Comme nos pères, aimons la patrie ; ayons un amour sincère, un amour saintement passionné de la patrie et de tout ce qui touche à la patrie. Oui il faut que le cœur d'un enfant soit attaché au cœur d'une mère; car dans un sens vrai, la patrie est une mère et la langue populaire a consacré cette appellation : les enfants de la patrie.
Entretenons dans nos âmes ce feu sacré du patriotisme, ce dévoutmcnt à la terre où l'on a vu le jour, cet attachement aux objets de la nature qui ont les premiers frappé nos regards et qui ont été témoins des premiers pas dans la vie ; cet amour de la patrie est inné en nous, c'est le produit le plus naturel et le plus spontané de notre humanité telle que le créa-
NOCES d'or de la ST-JEAN BAPTISTE
teur l'a faite. La vie s'attache at-x lieux où elle est née et où, comme l'arbre, elle a poussé ses P'^'*;" ''^"^J ^J^ tois les temps et dans tous les lieux, chez le -8- ^es -Mes brûlants de l'Afrique comme chez l'-l"'"- ''^ '\J^.Y. Glaciale, ce sentiment est aussi fort que la mort Ce sent ment naturel développé, perfectionné par le^nt.ment reUeieux fait les héros et les soutient dans leurs labeurs. ^ La religion est la plus haute école de patriotisme dans niumanitl elle a toujours été l'inspiratrice du pamot^me, elle est comme l'âme divine de cette grande chose humaine , '1 eue en est la sève la plus vivace et la racine la plus pro- .. fonde. Les annales religieuses et patriotiques des peuples " vous montrent partout et toujours les héros les plus dévoues '■au culte de la patrie venant puiser aux autels de leu "religion les plus sincères inspirations, leur patriotisme ; et " vou, entendez retentir à travers toute leur histoire ces deux "mots que proclament les soldats de la religion et de la ..pat e: ^.Lm ./>■", q- les chevaliers ont traduit par ce^deux paroles: Religion et patrie : c'est le cri de rallie, ment de la Saint-Jean-Baptiste.
Mes frères, je ne veux i>as qu'on prenne -' . P"°'"^ t»™ des reproches, qui seraient intempestifs, mais il me sembU qu'il lie comprend pas toufà-fait le patriotisme, le Canadien^ à moins de très graves raisons, le Canadien qui laisse cett< contrée pour aller vivre dans un pays qui n'est plus cehii qu Va vu naître, ni la terre qui porta son berceau et recue.Uit le
cendres de ses aïeux. ,
1 a terre paternelle étant devenue trop petite pour la nom breuse famille, faut-il quitter la paroisse et le clocher de soi enfance ? Alors, pour moi, le véritable patriote, c. es k co "^eux colon qui s'enfonce dans les profondeurs de la for Ion plus connue nos pères, pour y combattre le farouche rc .^uois ou repousser un ennemi envahisseur ; ma.s pour > lu
NOCES D'or de la ST-JTAN-BAPIJRTE
ter pendant des années contre les privations de tout genre, dans Isolement d'abord et dans 1 ennui, se soumettan chaque jour au dur labeur du déf,icl,ement. Voilà ZlTon h„n,b e ,dée, l'exemple du patriotisme le plus pur. uZ^, ces .ourageux p.onn.ers qui ont déjà transfonné en belles et prospères paro.sses une si grande étendue de nos forêts ' Bon neur a ces braves qui, tous les jours encore, se dirig „t ven ■es vallées de l'Ottawa, du Sain,. Maurice et du Saguenay Pou
r^situdr;"'^ "' "°™'"'' conquêtes, dVnc:;::
nchesses ! La ,1s transmettront à leurs descendants, qui les en ben,ront, notre sainte religion, la belle langue franc se no mœurs s, douces, nos usages et nos coutumes si pi s « s b,enve,lla„ts, juste récompense d'un noble patriotisme Comme le satellite de la terre en tournant sur lui-mêm-
autour de notre globe, ainsi l'amour de la pairie emporte avec lu, 1 amour pour tout ce qui tSuche et tien, à la 31 Avec 1 amour de la patrie, mes frères, conserve, et tra,' m : .ez a vos enfants le respect e, l'amour des ancêtres. Le p^sé pour tous les hommes a quelque chose de majestueux et de sacré qu, commande la vénération. Lorsque le passé est glor^ux, ,1 doit devenir comme le pain quotidien qui en.
amez e adm,re. vos pères, ils furent une race robuste parce qn'.ls ont été les observateurs constants du dé -,101"' m,.e,.es,,ls furent des citoyens, amis de la justice'lTd' a parole donnée, soumis à leurs souverains, quels que solnt
au super,eur:.Soye.soum,s aux princes, même aux princes md.gnes, car ,1s son. .oujours les dépositaires de l'autorité '• Le sennent était pour nos ancêtres ce qu'il est réellement a chose la plus sacrée, la base, le seul maintien des 500^^.' «contratre le parjurées, une infamie qui souille, a ti^é
au dernier degré celui qui s'en rend coupable et sa honte reiaiUit sur sa famille, sur ses concitoyens.
Imitons nos pères, ils eurent la vaillance en partage : sous le drapeau français comme sous le drapeau anglais leur valeur fût appréciée. Si la France a pu enregistrer dans ses fastes les journées de Carillon, de la Monongahela, des plaines d'Abraham, l'Angleterre n'est pas moins fière de ses campagnes contre les colonies américaines lors de la guerre de l'indépendance, en i8i 2. ■ . i ^i;
Conservons cette ardeur guerrière ; si la patrie et la leli- .ion le demandent, soyons prêts à offrir notre bras comme ces Intrépides soldats du pape, ces zouaves qui, au dix-neuvième siècle, ont renouvelé les expéditions saintes du moyen âge
Imitons nos ancêtres, ils furent des hommes de fermeté; c'est dans les luttes qu'ils ont grandi et obtenu justice.
Ticnore ce que l'avenir nous réserve; cependant, sans êti4 prophète, je puis affirmer que des combats nous attendent Mais il ne faut point craindre la lutte, quand elle est juste ; car c'est la lutte qui amène la victoire, et la victoire fionne les palmes et les lauriers.
Comme nos pères, soyons fixés inébranlablement a notre foi: défendons-la envers et contre tous. La foi catholique le ilus beau, le plus riche présent fait aux homme, a^i puL-t-elle animer toutes les actions de mes compatriote.! oTaucun d'eux ne fasse l'épreuve de ce grand vide qu ?opèr dans le cœur de chaque homme, de chaque peupU pellnt ce bienfait du ciel ; ce vide est pesant comme ur supplice, fatiguant comme une agonie.
aL la fof, vous fere. d. «nuuie, choses. Pour la conse ver, ne craignez point les peines, ni les "mba s û, n.lelise el la véritt ne peuvent être en repos icba,, . ua .„e'u elles ne sauraient succomber. I:ors jl»- MUe a lu .con.mence, nom devons nous esl,uK-r heu.cux, car no.
NOCES d'or de la. ST-JEAN-BAPTISTE 31
devons estimer que le triomphe est proche. L'orage grandira peut-être encore autour de nous, la foudre éclatera peut-être, mais, fils des croisés, notre âme ne peut faiblir, le courage ne -peut nous manquer, nous ne reculerons jamais.
En agissant ainsi, vous marcherez sur les traces de vos pères, et vous pourrez comme eux, au soir de la vie, vous endormir tranquilles sur vos travaux, comptant que celui qui ne laisse pas sans récompense un verre d'eau donné en son nom. saura vous rendre au centuple ce que vous aurez fait pour lui dans ces beaux combats de la patrie et de la foi.
En terminant, je demanderai au pontife de l'Eglise de faire descendre la bénédiction du ciel sur ce peuple empressé au pied des autels. Que cette bénédiction soit féconde, comme la bénédiction de Dieu au jour de la création, aux jours d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Qu'à mon pays soit accordée la longueur des jours j qu'il ait dans la main gauche les richesses et les prospérités ; dans sa droite la force corporelle et dans sa volonté la vigueur morale et religieuse, gage de la puissance et de la gloire.
L'après-midi du 24 devait se passer en jeux, amusements, etc., sur le terrain de l'exposition, mais la messe était à peine terminée, que le mauvais temps reprenait comme de plus belle," et empêchait la mise à exécution de cette partie du programme.
Il fallut se borner aux amusements à l'intérieur. Parmi ces derniers, le principal inscrit sur le programme était le grand drame Le Courrier de Lyon, joué par les membres du club artistique franco-canadien. C'était la deuxième fois seulement que ces amateurs paraissaient sur la scène, leur club n'ayant été fonde que tout récemment, le 15 Avril dernier. Il est appelé à combler une grande lacune à Montréal et à nous rendre.de grands services au point de vue de l'art. Voici les
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noms de ses fondateurs : MM. Edmond Temple, président ;. Resther président honoraire ; D. Ravaux,. vice- président ;, H. Boisseau, vice-président honoraire; J. E. Tremblay directeur régisseur ; R. Ravaux sous- régisseur ; G. Laudaens, secrétaire-Trésorier, et MM. Ecrément, Victor Temple, Vermond, A. O'Reilly, H. Girard, A. Valeur J. Valeur, E. Rabat, BeaujaUjCoté, St. Louis. Malingre, Stanislas Coté et Corriveau.
La reprise du Courrier de Lyon par le cercle artistique Franco-Canadien nous remet en mémoire cette fameuse affaire Lesurques qui passionna tant l'opinion publique et qui ia passionne encore aujourd'hui. Depuis que le monde est monde on n'a peut-être jamais vu dans les annales judiciaires une erreur aussi monstrueuse, erreur due, on doit le dire, à une suite malheureuse de circonstances tellement extraordinaires qu'elles paraissent tenir plus du roman que de la réalité.
On sait que dans la nuit du 8 floréal, 1792, une troupe de brigands attaqua la malle-poste qui faisait le service de Lyon à Paris. Ces scélérats réussirent leur coup,, le courrier et le postillon furent assassinés près d'une petite auberge du village de Lieusaint et le coffre qui contenait les valeurs fut entièrement dévalisé.
Le crime avait été préparé et accompli par un nommé Dubosc, malfaiteur des plus dangereux et aussi des plus intelligents, homme étrange qui disparaissait parfois un an ou deux sans qu'on pût savoir où il se trouvait pour reparaître quand il y avait un coup fructueux à faire. Aussi, à part quelques complices dévoués, peu pouvaient se vanter de l'avoir vu et de lui avoir parlé ; personne n'aurait pu reconnaître le bandit Dubosc, et la police elle-même, qui connaissait parfaitement son nom comme celui d'un homme dangereux, n'aurait pas été capable de dire quelle personne portait ce nom.
Et alors, et c'est ici que cette affaire devient extrCmemcnt ciirii^iisc, il sf trouva qu'il y avait à Paris, un brave bourgcoi-
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nommé Lesurques, qui était le portrait absolu de Dubosc. Les traits, la voix. la manière de marcher tour était chez cet homme si identique à Dubosc, que les complices même de ce dernier crurent longtemps que Dubosc et Lesurques ne faisait qu'une seule et même personne.
Après l'assassinat du courrier de Lyon, et comme la justice faisait des recherches actives., un garçon d auberge chez qui étaient descendus les assassins peu de temps avant le crime, rencontra par hasard Lesurques à Paris ; il courut le dénoncer à la police. Malgré toute l'étrangeté de l'accusation. Lesurques fut arrêté, mais plutôt pour acquérir la preuve de son innocence, car les juges étaient persuadés qu'il n'avait pas pris part à l'affaire. Cependant les témoins arrivaient de tous côtés, et tous affirmaient que c'était bien Lesurques qu'on avait vu avec des individus de mauvaise mine à Lieusaint, le jour du crime. La servante d'auberge qui avait été témoin de l'assassinat jura sans hésitation qu'elle reconnaissait Lesurques pour celui qui avait tiré un coup de pistolet sur le courrier
Devant de telles affirmations, la justice n'eut plus aucun doute. Par un surcroit de malchance, Lesurques ne put jamais établir d'une façon bien nette ce qa'il avait fait de sa soirée ; s'il avait pu prouver un alibi, il était sauvé ; malheureusement la fatalité qui semblait s acharner contre cet homme lui fit donner des explications hésitantes, souvent contradictoires, ce qui confirma encore 1 opinion de.s juges sur sa culpabilité.
Lesurques fut donc condamné à mort : mais où la légende a pris place à la réalité des faits et où l'opinion publique est dans l'erreur, c'est lorsqu on prétend qu'avant l'exécution la justice eut la preuve de l'innocence de Lesurques, mais que, ne pouvant revenir sur un jugement prononcé, elle fit guillotiner l'accusé, sachant qu'il n'était pas coupable.
Ceci serait monstrueux ! et hâtons-nous de le dire pour
l'honneur de l'humanité et de la justice française, ceci n'a jamais eu heu
La vérité; d'après les documents du dossier est celle-ci ; c'est que peu de jours avant Texécuiion un des complices de Dubosc, pressé par ' - remords, tit venir ie juge d'instruction et lui avoua que Lesurques était innocent, mai? cet homme avait une femme et ies enfants, zt la justice futconvamcue que la famille les Lesurques, qui était dans i aisance, à l'aide d'une grosse somme d argent avait fait parler ainsi cet homme.
La justice poursuivit donc son cours "usqu' lu bout et Lesurques monta à 1 échafaud protestant lusqu mi dernier moment de son innocence (Quelque temps après, on s'aperçut qu'il avait dit vrai ; il était *:rop tard.
Cette déplorable affaire ne fit pas sur le moment tout le bruit qu'elle devait faire plus tard. La France et le peuple passaient alors à travers des temps agités qui ne lui laissaient guère le temps de s'occuper d'autre chose que de la guerre.
Mais sous la restauration, quand les faits furent bien mis au jour, il y eut un moment de stupeur inouï et l'opinion publique eut un cri d'indignation générale contre cette erreur épouvantable.
Par une singulière disposition des lois françaises, malgré les demandes de la famille Lesurques, malgré l'influence des personnes haut placées, on ne put jamais obtenir la réhabilitation officielle de Lesurques, mais on peut dire qu'il fut réhabilité aux yeu.x de l'opinion publique.
En 1837, MM. Moreau, Siraudin et Delancour furent séduits par les situations dramatiques de l'affaire Lesurques, et ce fut sur ces données qu'ils charpeutèrent la pièce du ''Courrier de Lyon," et les succès furent éclatants. Le [)ul)Iic qui savait le fond de l'intrigue vraie pleura aux malheurs des Lcsiirquos et aujourd'hui encore ce drame fait verser bien dc^ larmes.
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Il existe encore en France des descendants de la famille 'Lesurques. Avec une persévérance digne de succès ils s'occupent toujours de la réhabilitation de leur ancêtre, et en 1866 un projet de loi spécial fut présenté à la chambre des députés — 'je projet fut renvoyé à une commission — c'est-à-dire aux calendes grecques et il doit dormir aujourd'hui dans quelque carton poudreux.
Le cercle artistique Franco-Canadien a remporté le 24 au •soir un brillant succès à l'académie de musique, et il s'est acquis du coup une réputation fort aûmirable. Voici comment les rôles étaient distribués :
Lesurques, TosEPH :... ) ^ ^,, ,,. .
DuBosc : I ^'""^^^ ^''^'^
JÉRÔME Lesurques.. Tetnplé Eiivioml
Daubenton Ravaux Damas
Chopard Tremblay P. E.
COURIOLLE.. CReiiiy
JOLIQUET Temple Georges
FOUINARD Coté
Didier Ravaux René
GuERNEAU Ecrément
Lambert Valeur J.
Le Maître de Poste H. Girard
Magloire, Postillon. A. Valeur
Un garçon de Café Laudaens G.
Le Courrier Edmond
Durochat René
•Garçon de ferme Hadrien
Un Agent de Police Rabat
Le Greffier Edmond
Un Geôlier .Joseph
Un Brigadier Léman
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Un Prêtre Aumônier Gustave
Un Gendarme Maxime
Le Bourreau Hébert
Jeanne , Mme Cranter
Julie Lesurques Mlle. H. de Montigny
Le Courrier de Lyon a été enlevé par ces débutants avec un brio et une science de la scène que l'on n était pas en droit d'attendre d'eux. Le deuxième tableau L'attaque de la malleposte a produit un très grand effet , la scène de la Malédiction au cinquième tableau supérieurement jouée par MM. Victor et Edmond Temple a transporté la salle et valu à ces deux artistes un rappel bien mérité. M George Temple a récité d'unemanière exquise une jolie poésie de circonstance quia faitr acclamer le nom de l'auteur : M. Alphonse Christin.
Mlle H. De Montigny, dans le rôle de Julie Lesurques, et Madame Granger, dans celui At. Jeanne, ont été fort applaudies. M. P. E. Tremblay est un Chopard ée première force, et M. O'Reilly nous a fait bien plaisir dans le rôle de Couriolle^ Un parfait juge d'instruction, c'est bien M. Damas Ravaux ; cet amateur joue en véritable acteur. M. René Ravaux. Didier^ a dû faire rêver bien des jeunes cœurs ; on ne peut être un^ plus délicieux amoureux. M. George Temple nous a donné \xv\ Joliquet bien amusant et fort étudié. Nos compliments aux autres artistes : MM. Côté, Ecrément, J. et A- Valeur. H. Girard, Rabat, — agent de police qui connaît bien son métier, G.I^udaens, Edmond, etc., pour l'habileté et le savoir qu'ils ont su montrf.i dans leurs rôles respectifs.
Nos amateurs ont joué devant un public nombreux et choisi, et doivent être fiers du succès qu'ils ont obtenu.
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