‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 21 sur 80 · LE COURRIER DE GRAND’'MERE · texte numérisé non relu

LE COURRIER DE GRAND’'MERE

16 décembre 1909.

Plus tard, c’est Québec, par l'Action Sociale, qui fit

é, et voici en quels termes :

Séminaire de Joliette

Ses Noces de Diamant.

Quand je songe à l'existence d’un Collège, quand je m'en forge un idéal, je le trouve dans la famille dont elle est le prolongement. Mais c'est une famille qui compte, cent, deux cents, trois cents membres. C'est là, il faut l'avouer, une belle compensation, et pour un frère et une soeur quittés à la maison, nous en retrouvons une infinité qui nous aimeront mieux peut-être que nos propres frères, au point qu'on a pu dire: “Amicus est alter ego et ego alter ipse. Mon ami est un autre moi-même et je suis un autre lui-même”. Et cette famille collégiale, comme le f'ot qui s'écoule, se disperse bientôt à travers le monde ; mais chaque membre emporte dans son Coeur, comme un trésor inestimable, les affections de ses confrères et les leçons de ses maîtres, pour s’en nourr:r au besoin.

Entre temps, l’ Alma Mater toujours jeune et féconde, sans perdre de vue ceux qui sont partis, comble les vides du foyer, reçoit Chaque automne de nouveaux enfants qui, à leur tour, vont grossir l’armée des anciens et agrandir la famille extérieure. Ainsi le ‘Collège Joliette, fondé en, 1846, par l’honorable Barthélemy Joliette, Conseiller législatif et seigneur de Lavaltrie, avec l’aide de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, se glorifie de compter dans sa famille plus de quatre mille membres répartis dans toutes les classes de la société.

Comme toutes les oeuvres de zèle et de dévouement, et à l’instar des autres maisons d’éducation Canadiennes, le collège Joliette fut, à son début, l’humble grain de sénevé devenu, lui aussi, un grand arbre où les oiseaux du ciel trouvent un abri protecteur et y chantent, à leur manière, les louanges de Dieu si bon qui a fait fleurir, moyennant soleil et rosée, avec une si merveilleuse abondance, le sol de l’industrie,

M. Joliette, fondateur de la ville qui porte Son nom, en 1828, fit aussi bâtir l'église paroissiale en 1843 et le collège en 1845. La bâtisse primitive, en Pierre, mesurant juste 80 pieds sur 40, avait deux étages percés chacun de huit chassis sur façade, avec mansardes doubles. Un portique de 10 pieds sur 10 encadrait l'entrée principale et soutenait, de ses quatre colonnes, une galerie grande comme la main, qui fut toujours, on peut dire, le seul promenoir à l'usage des professeurs,

Cette façade première ne disparut Jamais, malgré les transfor- Mations nombreuses de ce caméléon que fut l'établissement de Joliette. D'ailleurs chacun tenait à cette maison, comme à un vieux meuble de famille, comme à une relique, et plus d’un, moi du nom. bre, en apprenant la démolition prochaine du “Collège de M. Joliette”, enveloppa, une dernière fois, d’un regard de tendresse et de regret, le vieil édifice qu’il ne croyait plus revoir. Mais, c'est ici qu'on doit être reconnaissant envers nos directeurs, qui ont voulu &arder quelque chose de l’antique façade, dans ces vieilles pierres si éloquentes à nous parler de M. Joliette et de Mgr Bourget, nos fondateurs ;: et voici le procédé qui a servi à mettre en relief les Dierres d'antan, sans les perdre dans le tout. Un cordon de bierre de taille court autour de la maison nouvelle, séparant les deux premiers étages » Sur cette base solide, s’élancent entre chaque fenétre, des pilastres en saillie de six Pouces et tranchant sur le ton de l'édifice entier, lesquels vont se rejoindre en arcades au-dessous de la corniche. Ces ornements d'architecture font très bel effet, brisent la Mmonotomie des lignes et enchâssent en quelque sorte, dans un beau mur, ces reliques du vieux coliège qui en a fourni les blocs.

A l’occasion de l'inauguration de cette maison, Coincidant avec les Noces de Diamant du Séminaire, le R. P. M. Roberge, supérieur, nous appelle à aller revoir la maison paternelle, “L’Aima Mater, dit-il, veut vous rassembler, vous entendre, vous Posséder au moins

bendant quelques heures. Aucun de vous ne voudra la frustrer dans l’espoir qu'elle nourrit de vous embrasser.’

Le vénérable “disparu”, le “Père Supérieur”, comme on appelait toujours le R. P. Beaudry, ne sera pas là pour nous recevoir, Mais, i] faut l’espérer, et les nouvelles sont favorables, le R P, Lajoie, notre “Père commun” sera au milieu de ses epfants.

En attendant, que la devise si chère et si souvent prèchée par le KR, P, Beaudry : “Aimez-vous les uns les autres”, soit tou- Jours, dans l'avenir comme dans le passé, le panache blanc dont chacun de nous pourra dire avec fierté après Henri IV : “Voyez Mon panache blanc” ! et ceux qui nous observeront ajouteront : “Voyez comme ils s'aiment !”

L'appel vient de sonner Par la voix du R. P. Supérie : que Pas un des vivants ne manque d'y être fidèle pour répondre à un second appel nominal par le classique “adsum” de jadis et pour qu'on puisse dire de l’armée Johsctaine, comme autrefois des Israélites: (I Rois 11-17) “Ils marchèrent comme un seul homme”,

Février 1910.

Aux provinces maritimes, le Pays de deux de nos doyens : M. Isidore Bourque,—84 ans—de Shédiac, N.B. et Jean-Bte Bonin, N.P., de Pomquet, N.E., résonna même l'écho du grand appel à nos fêtes. Voici ce que l’un des journaux acadiens publiait :

Collège Joliette.

Au mois de juin prochain, le collège Joliette Célèbrera solennellement le 64e anniversaire de sa fondation par l'honorable Barthélemy Joliette, seigneur de [Lavaltrie, En vue de ces fêtes, un comité général d'anciens élèves de cette maison s’est formé au nom-

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