‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 26 sur 80 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Appels et Réponses.

Quand tout fut prêt, on nous appela par ces mots bibliques : Omnia parata sunt—venite ad nuptias. Le R. Père Supérieur, en Capitaine habile, fit intervenir le cher défunt Père Beaudry, qui fut si aimé de tous. M. l'abbé L. A. La. vigne, curé du Sacré-Coeur à Cohoes, N.-Y., l'a tellement senti que, dans sa réponse, il commence par ces mots : “Votre lettre-circulaire à la Beaudry. . .” —En effet, le Père Roberge prit comme le son de sa voix et se servit de ses Propres paroles. Mais c’est un document officiel à citer tout entier. Tout le monde a remarqué la grande tenue littéraire de la Correspondance et des discours du Père Supérieur,et M. l'abbé A.-O. Houle,curé de Saint-Jacques de l’A.chigan, avait bien raison d'écrire dans sa réponse : “Je demande à Dieu qu'il vous rende la santé (1) et que vous Soyez là, aux jours des grandes glorifications de votre mai- Son, à notre tête, et comme par le passé, toujours pour notre honneur et notre gloire.” —Voici cet appel :

A MM. les Professeurs et aux anciens élèves du Séminaire de Joliette.

Les Directeurs du Séminaire de Joliette vous annonça'ent ré- Temment, par la voie de la presse, leur décision de célébrer, les ?1. 22 et 23 juin prochain, les Noces de Diamant de notre Maison.

(1) Le P, Supérieur fut sérieusement malade durant la Préparation de ces fêtes.

Nous les avons retardées jusqu'à cette date, afin d'avoir à vous offrir un établissement restauré, agrandi et blus confortable, A l'heure qu'il est, vous en aurez sans doute parcouru dans les jour naux les multiples perfectionnements depuis son humble fondation jusqu'à ce jour.

En vérité, Dieu a béni cette oeuvre d'’apostolat ; 1] la bénissait visiblement dans ses Noces d'Or en 1897 ; Il continue de la bénir, et d'une manière toute spéciale, depuis l'intronisation de notre premier évêque, Monse!gneur Archambeauit,

Dès son avènement, notre bien-aimé Pasteur s’est déclaré notre protecteur, et nous favorisa de son haut et puissant patronage jusqu'à Rome, aux pieds du Saint-Siège ; son habile initiative obtenait l'érection de notre Collège en Séminaire diocésain ; c'est également son influence morale et son appui pécuniaire qui nous ont fait entreprendre la restauration de notre Séminaire,

Cet agrandissement complémentaire, le Révérend Père Beaudry, de pieuse mémoire, l'avait longtemps caressé, Le vénérable “disparu” n'a pu l’admtrer de ses yeux ; mais son âme, dans les visions béatifiques, et son coeur pieusement conservé dans notre

chapelle ont dû souvent tressaiilir d'allégresse À mesure que s’éle-

vait l’imposante façade,

Et croyez que c'est encore notre Père vénéré, à l'accueil si cor. dial, que c'est bien toujours lui qui, par notre humble voix, vous convie de nouveau, comme 1] le faisait si éloquemment en 1897, à vous unir pour célébrer les Noces de Diamant de notre Séminaire, l'Alma Mater restée chère à votre coeur. Par notre personne, le Révérend Père Beaudry vous appelle dans cette enceinte où s’est outillée votre jeunesse, où votre volonté s'exerçait aux luttes du devoir, où votre âme s'est épanouie au souffle de la piété,

“Venez, vous répète-t-11 encore, venez revoir, et votre splendide sanctuaire du Sacré-Coeur, confident de vos saintes aspirations, et vos salles d'étude et de jeux, témoins de vos efforts intellectuels Ou de vos bruyantes récréations, et votre cour spacieuse, ombragée,

verdoyante, qui semble avoir gardé quelque chose de vos joyeux entretiens et de vos douces confidences. — Venez revivre les heures délicieuses d'un passé plein d'enthousiasme, et reprendre vos conversat:ons intimes, suspendues à votre sortie du Collège... ;: venez jouir des nouvelles améliorations, au moins en ces quelques jours d'agapes fraternelles,”

A cette pressante et chaleureuse invitation vous répondrez tous !

Vous, les doyens de la famille, Vous viendrez revivre le bonheur des anciens jours et nous communiquer d'où vous vient le rare privilège de paraître encor: ‘sunes gens dans un âge qui ne l'est plus.

Vous viendrez, vous les Benjamins, le coeur toujours débor. dant d'espérance et d'élans 8énéreux, donner le baiser fraternel à ces survivants d'une époque déjà lointaine : et à ce premier con. tact de vos aînés, vous apprendrez que “le soir d'une vie calme et pure a aussi sa douceur et son charme.”

Vous qui gémissez en creusant le sillon d'un rude labeur, vous que les trahisons du sort ont peut-être meurtris, mais dont le courage chrétien a constamment soutenu les Pas, vous viendrez nous dire, qu’en dépit de Vos espoirs envolés, vous acceptez quand même les conditions de l'existence, satisfaits “de construire sur le terrain solide et vrai de l'honneur et de la vertu la maison de votre aveuir.”,

Et vous les choyés, les heureux du siècle, vous qui n'avez eu qu'à paraître sur le champ de lutte pour conquérir les sourires de la fortune et vous élever au faîte des honneurs, vous viendrez également nous entretenir—ce qui ne contristera personne—de la griserie de vos premiers succès s Vous nous direz comment vous

êtes montés aux cîmes ensoleillées de la gloire, et jusqu'où vou: -

vous proposez de Pousser l'ascension de vos rêves à la fois ambitieux et légitimes, À tous Indistinctement, nous réitérons notre cordial appel,

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Parce que vous appartenez tous à la grande famille “Joliettaine,” | vous êtes tous des frères, enfants d’une même Alma Mater.

Comme l'aïeule dont une verte vieillesse restaure la vigueur et rafraîchit la mémoire, votre Alma Mater développée, embellie, vous reste toujours dévouée, et, se répétant chacun de vos noms, elle vit de votre souvenir. Son plus vif désir est de vous rassembler, de vous entendre, de vous posséder, au moins pendant quelques heures, vous tous, les survivants de tant de &énérations qu’elle a formées à la science et à la vertu.

Aucun de vous ne voudra la frustrer dans l'espoir qu’elle nour. rit de vous embrasser et de se réjouir de votre affluence au mois de juin prochain. — Vous répondrez à ses appels pressants, vous accourrez nombreux, très nombreux sous son toit hospitalier, pour évoquer vos juvéniles émotions, constater les perfectionnements accomplis, et faire monter, en un choeur retentissant, jusqu'au tro. ne de Notre-Seigneur, d’éclatantes actions de grâces,

C'est dans cet espoir que je d's à tous et à chacun en particulier : Au revoir, au mois de juin !

Votre bien dévoué confrère et ami,

F-M. ROBERGE, C.S.v., Supérieur.

Séminaire de Joliette, 20 janvier 1910.

N.-B.—Vous êtes instamment priés de m'envoyer une réponse aussitôt que possible,

Aussitôt l'Etoile du Nord répondit par l’un de ses cor=' respondants. On venait de nous dire : “Venez aux Noces !”* On riposta par : “Allons aux Noces !”

Allons aux Noces !/

Quand le nuage formé de l'humidité de Ja terre est gonfié comme une outre, ;i] devient nécessaire qu'il crève en pluie bienfaisante, messagère de la fraîcheur et de la fécondité qui pareront ensuite le sol de fleurs et de fruits. Et ainsi, le nuage et la terre s’en porteront mieux et seront plus ut!les. À certaines époques, le Coeur des anciens élèves de nos collèges, après avoir longtemps aspiré et savouré l'amour et les bienfaits de l’Alma Mater, éprouve le besoin de la voir, de la visiter, de lui exprimer son amour et sa

pe expression bien ancienne mais toujours gracieuse “i] désire re- Voir son pays et la fumée qui sort du toit natal,”

Ceux qui ont eu le bonheur, en 1897, d'assister aux “Noces d'Or” du collège Joliette, se rappellent l'enthousiasme avec lequel fut célébré ce joyeux cinquantena're, L'appel général] fut entendu et, fidèles à la voix du Coeur, des milliers de Joliettains accoururent des quatre Coins du pays,

défaite ; 11 n'a reculé devant aucun sacrifice pour se tenir à la hauteur du mouvement religieux, scientifique et hygiénique, La

Mais pour en arriver là, que de sacr:fices ! Il semble parfois, à 2nOS populations et même À nos élèves, que les Maisons qui abrt

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tent une si intéressante jeunesse, maisons qui paraissent si florissantes, fonctionnent d’elles-mêmes, comme la terre tourne autour de son axe, comme se succèdent les saisons On ne se rend pas compte, ou même, ce qui est plus coupable, on oublie les pauvres débuts, les tâtonnements et les incertitudes des premières années et ce que, pour notre collège en particulier, représentent de sacrifices, de travaux et de fatigues ces soixante-quatre années d'existence.

Il est donc juste de fêter d'une façon grandiose, une prospérits aussi éclatante qu’ininterrompue et une si visible bénédiction.

Rien, il me semble, ne Peut nous tenir en dehors du mouvement et du travail qui se font en vue des Noces de Diamant de notre Séminaire pour 1910. Noë rêves de jeunesse, nous laissant entrevoir un beau collège, une somptueuse chapelle, une superbe cour de récréation, sont à présent complètement réalisés : nous n'avons qu'à venir voir et nous serons convaincus que la réunion de notre collège, de notre chapelle et de notre cour d'amusements, fait, de notre Séminaire, un des établissements de ce genre les plus Complets et les plus confortables.

Voltaire disait : “Mentez, mentez encore, il en restera toujours quelque chose !” Avec la même ardeur, mais dans un meilleur esprit, nous pouvons dire : “Vantez, vantez encore, il en restera toujours quelque chose !” En toute occasion, parlons de notre Alma Mater, mais sans préjudice aux autres maisons ; parlons de son prochain jubilé, vantons ses avantages, ses beautés et ses succès. Soyez des semeurs de vérité à son égard et d’ardents défenseurs en tout temps : encourageons-nous les uns les autres à ré. pondre à l’appel de nos bons directeurs, et que le signal du départ nôus trouve prêts pour les “Noces de Diamant” au mois de juin

Le comité général, dans une de ses nombreuses réunions, avait décidé que le premier appel serait à la charge du R. P. Supérieur, tandis que le second émanerait du Comité lui-même : voilà Pourquoi une seconde circulaire, signée par M. J.-M. Tellier, M.P.P., président du Comité et par le R. P. J. Morin, c.s.v., secrétaire-conjoint du même Comité, fut lancée à tous les anciens élèves, en date du 14 mai. Elle est ainsi conçue :

Aux Anciens élèves et aux Ancieñs Professeurs du Séminaire de Joliette.

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