‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 41 sur 80 · CHICAGO, ILL · texte numérisé non relu

CHICAGO, ILL

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Chicago, IIL, 16 juin 1910.

-M. ROBERGE, C.s.v.,

Supérieur du Séminaire, Joliette, Qué., Canada.

Au Très Révérend Père F

Mon bien cher Père,

Le Frère Séguin sera le représentant de la province de Chi-

et comme nous le désirons tous.

La distance, les occupations d’une fin d’an

nous permettent Pas d'ajouter le nombre à la q drez bien nous excuser.

J'ai l'honneur d'être,

née, la retraite, ne ualité, et vous vou-

Mon très révérend Père, Votre tout dévoué Confrère,

JA. CHARLEBOIS, C.S.v.,

Provincial.

BRUXELLES JETTE-SAINT.PIERRE 18 Rue Léopold

Bruxelles, le 4 juin 1910,

A Messieurs les Membres du Comité d'organisation des Noces de Diamant du Séminaire de Joliette.

Messieurs et bien chers amis,

J'ai reçu en leur temps vos lettres d’invitat'on du 6 avril et du 24 mai, ainsi que celle du R. P, Roberge, supérieur qu Séminaire, en janvier, et celle aussi de M. Beaupré, au nom d’un grand nombre

votre affect:on de fils reconnaissants, J'ai été, Pour votre Alma Mater, l’un—aujourd'hui le seul survi.

toit au qur labeur de l'éducation de la jeunesse, et comme professeur et comme directeur, J'ai dépensé, pour l'aider à sortir de ses langes, les plus ardentes et les plus vigoureuses années de ma vie. Aussi, ce fut avec un profond et vif regret que je la quitta, en 1864, Pour occuper un autre poste. Car déjà je prévoyais Pour cette modeste maison un bel et glorieux avenir. J'avais saisi et je compre- Daie parfaitement bien le but et l'importance de l'oeuvre de l’Honorable Barthélemy Joliette, et de Sa Grandeur Mgr Ignace Bourget d'heureuse et bénie mémoire ; j'aimais cette oeuvre, je lui avais Voué tout mon Coeur.

J'aurais aimé travailler plus longtemps à son épanouissement

et À sa prospérité, lorsque, en 1864, Mgr de Montréal et mes supérieurs m'appelaient à recueillir l'honorable mais onéreuse succèssion du vénéré M. le Grand Vicaire Antoine Manseau, à la cure de Joliette.

Néanmoins, une douce consolation, bien propre à tempérer la Lrofonde douleur que j'éprouvais de quitter notre Cher collège Jo- liette, m'était ménagée par la Providence, J'eus la satisfaction d'en voir la direction confiée immédiatement aux mains de l’un de mes anciens élèves, jeune encore, intelligent, pieux, zélé, tout dévoué à son Alma Mater et déjà très avantageusement connu et fort estimé à Joliette et dans les paroisses environnantes : c'était le jeune P. Cyrille Beaudry, de pieuse et regrettée mémoire, alors vicaire à Joliette et récemment admis dans l’Institut des Clercs de St-Viateur chargés de la direction du Collège Joliette depuis 1847. Vous l'avez tous Connu, vous l'avez vu à l'oeuvre pendant de longues années. Vous savez combien heureusement il sut faire fructifier la succession, bien modeste encore, que je lui remis entre les mains. Mille actions de grâces en soient rendues à Dieu !

Vous pouvez aussi, mes chers amis, juger facilement du bonheur que j'éprouverais de revoir notre bonne et chère petite ville de Joliette que j'ai connue presque au début de son existence, sous le nom de village de l'Industrie, où j'ai vécu près de 30 ans, soit au Noviciat, soit au collège, soit à la cure, dépensant à son servi. ce, pendant ce laps de temps, les prémices de ma vie active. A Joliette aussi j'avais voué une bien sincère affection qui ne s’est jamais effacée de mon coeur; et avec quel bonheur je la reverrais aujourd'hui ! Avec quel vif intérêt je constaterais les progrès étonnants qu’elle n’a cessé de réaliser dans son sein, tant sous le rapport matériel que religieux, principalement depuis son érection en siège épiscopal, l’objet de ses voeux les plus ardents. Visiblement bénie de la Providence, Joliette marche, depuis quelques années, d’un pas plus accéléré et plus sûr, sous l'égide paternelle de son premier Pasteur, son Evêque bien-aimé, Monsei-.

&neur Joseph-Alfred Archambeault, et avec le concours dévoué des hommes intelligents et expérimentés qu'elle a su se choisir pour diriger ses affaires publiques et prendre soin de ses intérêts.

Mes bien chers amis, je me suis longtemps bercé de l'espoir de pouvoir me procurer le plaisir de répondre à vos pressantes et affectueuses invitations. Rien ne pouvait satisfaire mieux et davantage la vive et profonde aspiration de mon coeur toujours rempli du doux souvenir des heureuses années que j'ai passées au collège et à la cure de Joliette. /

Mais, vous le savez, mes bien chers amis, souvent l’homme propose et Dieu dispose. J'ai vieilli ; les années nombreuses que le bon Dieu a bien voulu m'accorder, avec une santé relativement robuste jusqu'à ces derniers temps, ont non seulement blanchi ma tête, . elles ont aussi affaibli peu à peu mes forces physiques et morales. Le poids de ces nombreuses années s’appesantit plus lourd de jour en jour, accompagné naturellement du cortège ordinaire des misères et des infirmités inhérentes à la vieillesse. J'en suis réduit, devuis l'automne dernier principalement, à la stricte obligation de ménager avec beaucoup de soin, dans le calme et la tranquillité, le peu de santé et d'énergie que le bon Dieu veut bien me conserver encore, pour pouvoir remplir les principaux devoirs de ma lourde charge. Je ne me sens pas la force—j'en suis réellement et évi. demment incapable—d'entreprendre un voyage aussi long, aussi fatigant, et aussi mouvementé que celui qu’il me faudrait faire au- Jourd’hui, en Canada, dans les circonstances actuelles.

Je vais vous causer à tous,—je le sais —une douloureuse déception qui vous sera très sensible, Aussi, croyez-le bien, mes chers amis, je n’en suis que plus profondément affligé, plus vivement attristé.

Messieurs et bien chers amis, veuillez, je vous prie, agréer les motifs bien fondés de mon absence de vos belles et splendides f6tes. Veuillez bien être mon interprète auprès des nombreux amis et des anciens élèves du Séminaire de Joliette, et leur exprimer

Pouvoir leur serrer la main dans cette

mon plus vif regret de ne circonstance solennelle,

et les assurer de ma con se amitié.

stante et affectueu-

ves, le R. P. Robert, mon “Alter ego”, vicaire de l'Institut des Clercs de St-Viateur. 1] répondra Parfaitement, j'en suis sû Confiance que je repose en

verez, je n’en doute pas, digne à tous égards.

l’accuei]l Cordial et respectueux dont il est

Veuillez agréer,

Messieurs et bien chers amis, a leurs voeux Dour le

succès de vos fêtes, l’ regret que J'éprouve de ne pouvoir y assist:

rance de mon paternel et affectueux dévoue

vec mes meilexpression du profond er, et la nouvelle assument en N.-8.

P.-D, LAJOIE, ptre,

Supérieur Général des Clercs de St-

Viateur.

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