CHAPITRE XIV
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Conclusion pratique
Les fêtes du souvenir sont passées, mais elles vivront longtemps dans notre mémoire, comme un parfum d’agréable odeur, pour embaumér notre vie. Leur écho résonnera partout et toujours, car de grands avantages découlent de ces fêtes. J'en appelle à l'expérience et aux paroles autorisées de quatre Joliettains qui ont fait leur marque dans le sacerdoce, dans l’enseignement et dans la société civile : les RR. PP. Lajoie et Beaudry, et les honorables juges Baby et de Montigny. :.: ri .. Le R. Père Lajoie énumérait ainsi les bons résultats d'une réunion précédente : “Rattacher le présent au passé ; renouer vos anciennes connaissances ; rappeler à votre souvenir les milles péripéties de votre vie au collège ; établir parmi tous les élèves qui se sont succédé dans l4/ma Mater, depuis sa fondation, un lien étroit et durable : offrir, d’un commun accord, un concert de louanges à l’illustre et généreux fondateur de cette maison, l'honorable B. Joliette, ainsi qu'à tous ses dignes coopérateurs ; présenter à vos anciens directeurs un solennel tribut de reconnaissance ; jeter un plus vif éclat sur la maison où vous avez reçu votre éducation ; soutenir, d’un ferme appui, son avenir qui vous in- téresse au plus haut point : tel est, si je ne me trompe, le noble but dont vous vous êtes inspirés dans l’organisation de cette fête”. ;
Dans une de ses lettres à ses élèves, le R. Père Beaudry disait : “En venant en si grand nombre, ils (les anciens) ont donné au pays entier un éclatant témoignage de l'intérêt et de l'amour qu'ils portent à leur collège. Ils sont venus
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payer un tribut de reconnaissance à cette maison, témoin et protectrice de leur enfance. Ils sont venus relier connaissance avec d'anciens amis, des confrères de classe. Ils sont venus nous consoler des difficultés qui se rencontrent nombreuses dans l'enseignement. Ils ont affirmé qu’ils ne partagent pas les idées fausses, malsaines et peu exactes de certains personnages, sur l'éducation qui se donne dans nos collèges classiques”.
De son côté, l'honorable Juge Baby, dans une circons-
tance solennelle comme celle-ci, finissait ainsi sôn discour: : “Nous sommes venus pour honorer celle qui nous a donné le pain de la science, Pour serrer la main à nos anciens condisciples et saluer nos jeunes frères qui nou font un si chaleureux accueil. Bénie, mille fois bénie, S 2 main qui nous à ainsi ramenés dans ces murs si souve témoin, tantôt de nos joies toujours si pures, de nos chagrins jamais bien cruels ! C'est ; : que l'amour du pays s’est ancré dans nos poitrines et que nous avons été préparés pour être, dans le monde, des hommes selon les désirs de Dieu”.
. “Quand, sur la route de ‘la vie, disah “ionorable juge de Montigny, nous nous rencontrerons, que 1a qualité d’élèves du Collège Joliette soit pour: nous un mot de ralliement, qu’elle soit le blason qui nous oblige à là vertu. Espérons qu'il ne nous sera jamais donné d'entendre dire qu'un élève du Collège Joliette a déshonoré son nom, son collège, sa famille ou son pays”. .
Au pays tout entier, les fêtes de Joliette apportent donc un éclatant témoignage de l'intérêt particulier, de l’amour filial et de la reconnaissance des anciens élèves pour cette maison, “témoin et protectrice de leur enfance”. Ils sont venus nombreux, rendre hommage à l’oeuvre de l'éducation, au dévouement de ceux qui s'y consacrent au prix-de tant-de sacrifices ; ils sont venus les consoler dans leurs peines, les
remercier des services rendus à la cause religieuse et natio-
nale.
Et non seulement les anciens montrent ainsi leur intérêt ‘
à la cause de l'éducation en général, mais ils témoignent de
leur confiance en l'éducation telle qu’elle se donne dans nos
collèges classiques, avec la religion comme base de l’enseignement. Ils veulent prouver qu'ils ne partagent pas les idées des novateurs, heureusement peu nombreux, qui voudraient détruire notre système actuel, sans indiquer de remède efficace à la prétendue faiblesse de son organisme. Qu'il était consolant d'entendre M. Tellier nous dire ce qu'il faut penser de notre système d'enseignement : : “Le Collège Joliette
a compris que le moyen le plus sûr de former de bons citoyens, c'est de commiericer par faire de bons chrétiens.— . Notre premier acte officiel, dans un banquet comme celui-ci, ce doit être un acte de foi.—Il convient que tous les fils de Joliette disent à l’Alma Mater qu’ils sont restés fidèles à ses leçons et qu'ils demeurent des fils dévoués de l'Eglise du Christ : ce sera sa meilleure récompense”. .
Puis, comme le collège est le prolongement de la famille, que nous sornmes tous frères, ces Noces de Diamant éta- | blissent entre tous les membres de la famille un lien étroit et durable, lien d'amitié et-de sympathie entre tous, prêtres, religieux et laïques, selon l'exemple donné par nos fondateurs.
. En effet, ceux qui ont assisté aux fêtes de Joliette n’ont pas manqué d’observer que tous les Joliettains ne forment qu'une seule et même famille, unie dans un même amour. La gaieté exubérante dont l'atmosphère était comme saturée, permettait aux âmes et aux coeurs de respirer à l'aise, d'oublier, pour trois jours, les côtés tristes de la vie, et de faire ample provision de souvenirs heureux pour l’avenir. Les témoins de notre gaieté nous ont reconnus pour
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des frères, et on a dit que “l'amour de la vieille maison familiale était la caractéristique de toutes ces fêtes”. L'esprit du R. Pêre Beaudry planait partout, inondait tous les coeurs, servant, pour ainsi dire, de trait d'union entre les élèves de tous les cours, au point qu'il n’y avait plus là “qu’un coeur et qu’une âme”, comme dans la primitive Eglise.
Mais il faut que ces bons rapports se prolongent, et que le titre d'élèves du même collège soit comme un passeport qui donne droit à l’aide des anciens en faveur des cadets. Que ceux qui sont jeunes, sans appui, aillent donc avec confiance frapper à la porte des aînés, leur demander conseil et protection. Et que ceux-ci, à l'exemple de l’ancien Joseph, le puissant ministre de Pharaon, soient attendris à la vue de leurs jeunes frères, leur souhaitent bonheur et prospérité, s'informent de ceux qui sont à la maison et fassent en corte que les Benjamins aient une part plus grande aux faveurs de la fortune.
Il faut, en plus, soutenir d’un ferme appui l’avenir de la maison qui nous intéresse au plus haut point. Les souscriptions proclament bien haut que cet appel a été compris et que “à l'appui moral, accordé de si &rand coeur, se joint un secours plus positif et plus directement efficace”. Ce n’est pas encore assez. Il faut immortaliser cette oeuvre en fondant l’Association des Anciens Elèves, qui apportera à V'Alma Mater l'appui moral et financier désirable, et formera entre les élèves et le Séminaire un réseau de liens difficiles à rompre.
Cet espoir est réalisé, comme on le verra plus loin.
Mgr l’Evêque de Joliette, le Père Supérieur, le Père Préfet et le Père Procureur font, de droit, partie du Comité de direction. Il est très désirable qu'on adhère de partout à cette Association qui créera “autour de l’A/ma Mater une atmosphère d’ardente et efficace sympathie”.
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Cette fête des ‘Noces du Souvenir” est aussi la fét de la reconnaissance. “Cette fête que nous avons. voulu fair belle et grande, disait, en 1897, le R. Père Beaudry> est sur tout en l'honneur des fondateurs et des bienfaiteurs de cet te maison. Il en fut de même en 1910. Pas un discours n': été prononcé où il ne fut question de nos fondateurs, de no: directeurs, de nos professeurs, de la Communauté des Clercs de Saint-Viateur. Leurs noïns volaient de bouche en bouche ils passaient dans nos chants, ils se murmuraient dans nos prières, et ils sont maintenant gravés en lettres d’or dans le livre de nos souvenirs. :
Espérons que l'exemple donné par Joliette sera suivi Par toutes nos familles collégiales. C’est l'honneur que nous vsons ambitionner four nous. C'est le bonheur jue nous souhaitons à notre chère patrie canadienne.