SUR LA NATIVITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR ET SUR LA SAINTE EUCHARISTIE
Grand Dieu, qui naquîtes mortel, Etant de nature immortelle, Vous passez encore à l'autel Sous l'espèce sacramentelle ; Jésus, l’Amour du Paradis, Qu'êtes-vous maintenant ?
Que fûtes-vous jadis ?
(1) Martial de Brives, poète français, naquit à la fin du r6ième siècle. Il étudia à Paris et suivit un cours de droit à Toulouse où son père était président au parlement. Il y connut le gardien des Capucins et renonça à sa carrière pour entrer dans cet ordre. Il se livra d’abord à la prédication qu'il abandonna pour cause de mauvaise santé, Puis il rentra dans son couvent où la poésie religieuse absorba tous ses loisirs,
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Je n’en puis plus, mon cœur se fend, Je me meurs, j'ai l’âme ravie, Voyant, sous la chair d’un enfant, Votre immensité raccourcie ;
Mais qui restreint plus votre main :
Ou la chair d’un enfant ?
Ou l'espèce du pain ?
Je sens mon esprit ravagé
Par des orages salutaires,
Il est doucement partagé Entre ces deux rares mystères ; Il vous adore également Naissant dessus le foin,
Et sous ce sacrement.
En ces états miraculeux
Vous êtes toujours adorable,
Je reconnais que chacun d'eux, Serait sans l’autre incomparable ; Chacun de mon âme est vainqueur, Toutefois, mon Seigneur
Pour tous deux n’a qu'un cœur !
Des deux mystères de ce jour
Chacun veut que tout mon cœur l'aime, Mais c’est assez d’un seul amour,
Pour deux choses qui sont la même ;
O cieux! ne vous étonnez pas
Si j'aime avec un cœur
Jésus en deux états !
Les Derniers soupirs de la Muse de Martial de Brives n'ont pas la voix distinguée, ni l’accent tragique des alexandrins de Corneille. /e ven purs plus ! Mon cœur se fend ! Je me meurs ! ne sont que de vulgaires exclamations. Il peut être aussi fort utile, au point de vue de l'hygiène morale, que /’esprit soit ravagé par des srages salutaires, maïs le bon goût littéraire, mis à ce régime, en souffre cruellement. Disons de suite, à l'honneur et à la justification du poète capucin, qu’une multitude d'expressions tenues aujourd’hui pour triviales et ampoulées par notre lexicologie, constituaient le langage châtié de la première moitié du dix-septième siècle. Mais
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