CANTIQUE DE NOEL CHANSON POPULAIRE
L'HEUREUSE NOUVELLE LA BONNE AVENTURE Le ciel calme son courroux, Je suis un petit garçon L'heureuse nouvelle ! De bonne figure, Un Sauveur est né pour nous, Qui aime bien le bonbon L'heureuse nouvelle ! Et la confiture.
Allons voir ce Roi si doux Si vous voulez m'en donner, Sa voix nous appelle tous, Je saurai bien les manger, Sa voix nous appelle tous, La bonne aventure, Ô gué ! Sa voix nous appelle. La bonne aventure, La paix revient en ces lieux, Je serai bien sage et bon L'heureuse nouvelle ! Pour plaire à ma mère ; Par cet Enfant glorieux, Je saurai bien ma leçon l'heureuse nouvelle ! Pour plaire à mon père ; Quel éclat brille à nos yeux ! Je veux bien les contenter. Sa voix nous appelle aux cieux, Et s'ils veulent m'embrasser, Sa voix nous appelle aux cieux, La bonne aventure, Ô gué ! Sa voix nous appelle. La bonne aventure, Tout est en joie aujourd'hui, Lorsque les petits garçons L'heureuse nouvelle ! Sont gentils et sages, Contre le trouble et l'ennui On leur donue des bonbons, L'heureuse nouvelle ! De belles images ; Un Dieu sera notre appui ; Mais quand ils se font gronder, Sa voix nous appelle à Lui, C'est le fouet qu’il faut donner Sa voix nous appelle à Lui, La triste aventure, Ô gué ! Sa voix nous appelle. La triste aventure.
Etc., cte. ——
Cette fois encore le condamné à mort tua le bourreau. La chansou enfantine enterra vif le cantique religieux ;
PS ge Re pe pe pen 2
elle le noya dans la confiture, l’écrasa sous le bonbon de son premier couplet. Défunt l’er/-l’ert, bourré de sucre et brûlé de liqueurs, trépassa de la sorte. On meurt souvent ex brave, très rarement ex perroquet; ce qui advint cependant pour la parodie spirituelle de l'éditeur Garnier. Elle le méritait bien.
Il était suprêmement ridicule, en effet, d'exiger de petits enfants qu ils vinsent à oublier leur chanson favorite, Za Bonne aventure, Ô gué ! l'hymne national de la friandise. Et voilà pourquoi le vieux cantique dort, comme un grand de la terre, au tome premier du recueil Garnier, un sommeil qui n’a pas reçu les promesses d'une résurrection glorieuse. Enseveli, depuis 1750, dans le silence des bibliothèques et la poussière des bouquins, il repose en paix tandis que tous les gamins de la France et du Canada, revenant de l’école, chantent encore, chantent toujours :
La bonne aventure, 6 guéë !
La bonne aventure !
J'ai dit, tout à l'heure, que les compositeurs ou les compilateurs de cautiques spirituels—et, en particulier, celui du recueil! Garnier, —pillaient impunément la musique et les couplets de la chanson populaire.
Je prouve mon affirmation d’un saisissant exemple. On cherchera longtemps, je crois, avant que de trouver un spécimen de plagiat pius manifeste, un décalque plus audacieux.
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PASTORALE PARODIE SPIRITUELLE AS OR FAR ES s Fran | Aimable musette ERTHRRGEMPRR Sur l'air | Confidente de mon cœur. Aimable musette, Aimable musette, Confidente de mon cœur, De l’amour d'un Dieu Sauveur . Chantez mon bonheur. Chantez la douceur J'ai pour sceptre une houlette, Ft le sceptre et la houlette, Pour peuple, un tendre troupeau, Tout est égal sous ses loix : Pour sentinelle, On vit sans crainte.
Un chien fidèle, Et sans contrainte,
Pour état, les bords d’un ruisseau. Dès qu’on est docile à sa voix. Puissants rois du monde, Puissants rois du monde
Votre sort est-il plus doux ? Votre sort est-il plus doux ? Régnez sur la terre et sur l'onde, Régnez sur la terre et sur l’onde, Mon cœur n’en sera pas jaloux. Mon cœur n’en sera pas jaloux. Je règne, sans diadème, Sans porter le diadème, Sur mes moutons Le vrai chrétien, Et sur moi-même ; Roi de soi-même, Je suis plus heureux que vous ! Est bien plus heureux que vous !
L'histoire se répète. Ce procédé déshonorant me rappelle le mot cynique d’un compositeur, célèbre dans notre jeune monde littéraire, convaincu d’une imposture identique :—‘ Les paroles ne sont point de moi, wars la musique est d’un autre !” Ce was était exquis ! Toute sa justification tenait dans les quatre lettres de ce petit ad-
verbe, encore plus grand que son excuse. Il ajoutait,
avec un aplomb de pyramide, l'air bonhomime et narquois :—* Eh ! dites donc, mes droits d'auteur sont incontestables ! C’est évident ! ! ”
L'effronté plagiaire fit comme il disait. Il enregistra son ouvrage au département de l'Agriculture et de la Statistique, à Ottawa.
Proudhon aurait-il eu raison d'écrire: Za propriété, c'est le vol ?
“ Je vais vous raconter l’histoire d’une intelligence et d’un cœur. Mon ami s'appelait Jean ; son nom de famille importe peu. Avant de tourner ses yeux vers Dieu il avait dépensé une longue vie à regarder les hommes pour faire fortune et gagner de la renomimée. L'écrivain est un espion involontaire, il viole incessamment autour de lui le secret des consciences. Je parle, bien entendu, ici, de ces écrivains qui ont la passion et le respect de leur art et non pas de ces écorcheurs de papier, noircissant des pages à la sueur du poignet, ne voyant rien par euxmêmes, volant, copiant, plagiant, déshonorant la pensée des maîtres pour la resservir, démarquée et malpropre, à l'innombrable cohue des lecteurs qui ne savent pas lire. Je parle des forts et des dignes, de ces esprits de plus en plus rares qui pensent encore leur propre pensée au lieu de ravager celle d'autrui.”
J'emprunte cette citation au fameux livre de Féval, Etapes d'une conversion. T'illustre romancier catholique appelle /ean cet incomparable ami qu’il devrait plus justement appeler /’aw/, car il n’est autre que lui-même. Mais que nous importe ; au lieu du pseudonyme de Jean ou du prénom de Paul substituez ,Szon-/oseph, et cette page admirable deviendra la première de ‘“ l’histoire d’une intelligence et d’un cœur” qui eurent pour nom de famille celui de Z xUlegrtn.
Il serait audacieux de soutenir que Féval et Pellegrin se ressemblent, dans le monde des lettres, au point d'échanger leurs biographies. L'histoire de leur vie renferme cependant un événement solennel identique, de gravité exceptionnelle, et de capitale importance : je veux parler de leur conversion religieuse. Brusquement, avec l’impétuosité redoutable d'une saute de vent, elle orienta’la voile de leurs Earques sur un point tout opposé de l'horizon, leur faisant, de la sorte, éviter une terre de
renice et famille Dieu il les pour vain est itour de adu, ici, de leur rcissant Jar EUX- | pensée ropre, à pas lire.
plus en au lieu
: Féval, holique ut plus -même.
de Jean et cette histoire ur nom
llegrin t point ur vie ntique,
nt, elle OPPOSÉ erre de
perdition,—{erra miseriæ et lencbrarum—un écueil fatal, un abîme qui n’a jamais rejeté une seule épave du vaisseau englouti : l’impénitence finale. La grâce de Dieu opéra sur l’un et l’autre avec une puissance égale d'efficacité, mais d’une manière fort différente. Dessein providentiel, capricieux en apparence, mais véritablement frappé au sceau de l’Eternelle Sagesse et d’une impeccable équité. Elle vint à celui-là qui ne l'avait jamais connue, mais qui l’accueillit en bon fils quand elle se fut nommée, comme un enfant longtemps perdu retrouvé par sa mère.’ L'autre retourna vers elle, contrit, humilié dans son cœur et dans son âme, l'aimant toujours et la regrettant avec une amère douleur. Pellegrin, prêtre interdit, revint au sanctuaire qu’il avait déserté, retourna, comime le Prodigue, à la maison de son Père : et l'Eglise, suivant la belle parole de saint Augustin, l'Eglise ne se recula point quand il se jeta dans ses bras.
Féval, brebis encore moins égarée qu'’abandonnée, vit venir à lui le Bon Pasteur, qui le chargea sur ses épaules, comme un agneau, et le ramena au bercail.
Ecoutez comme il parle délicieusement à ce Jean qui m'est, véritablement, qu’un autre lui-même, car Paul Féval, très soliloque, aima toujours beaucoup à se donner la réplique.
“Il m'arriva une fois de lui dire à propos du titre de ce livre—Z/apes d'une conversion—: “ Pour parler français, je crois qu’il faudrait mettre : Zes étapes d'un converti.”
‘ Maïs Jean répondit :
‘ À notre insu nos joies et nos douleurs, nos triomphes et nos défaites nous rapprochent de Dieu. Ce n’est pas nous qui marchons vers la Conversion, c’est la Conversion qui vient à nous. J'ai voulu marquer les diverses stations de la mienne et raconter, étape par étape, ce mystérieux voyage de la grâce divine à la rencontre d'une pauvre âme. ’l'el doit être ce livre et le titre en est bon.”
Si l'abbé Pellegrin revenait en ce monde et qu’il lui
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prît fantaisie d'écrire, à l'exemple du romancier parisien, l'histoire de son repentir, il accepterait sûrement l’observation que Féval adressait à son a/{er ego et publierait, à son tour, les Æ/apes d'un converti. ‘A mon insu, dirait-il, en utilisant le mot à mot de la préface de l’illustre écrivain catholique, mes joies et mes douleurs, mes triomphes et mes défaites m'ont rapproché de Dieu: Ce n’est pas la Conversion qui est venue à ma rencontre,
c'est moi qui ai marché vers elle. Je m'étais éloigné de .
l'Eglise, je m'en suis rapproché, j'y suis rentré à temps pour y'vivre et je suis mort dans sa paix. J'ai voulu marquer les diverses stations de mon retour au sanctuaire et raconter, étape par étape, ce miséricordieux voyage de ma pauvre âme, anxieuse de retrouver le repos de sa conscience et la dignité de son sacerdoce.”
Ce repentir profond, sincère, édifiant au possible, explique mieux que tout aufre fastidieux commentaire la ferveur et la constance de son œuvre de réparation. Féval
réédita ses romans sogneusement revus el corrigés ;
Pellegrin fit davantage. Il voulut qu’on oubliât absolument et les libretti de ses opéras et les poésies trop légères de ses vaudevilles.
A cette fin il composa deux volumes de Zoéstes chré-
iennes (1), et mit en vers l'Ancien et le Nouveau T'esta-
ment, les Psauimes, les Dogmes de la religion, les Proverbes de Salomon, l’Imitation de Jésus-Christ, etc., etc. Son œuvre poétique est d’une prodigieuse fécondité. Ses Moëls nouveaux comptent, eux seuls, plus de dix mille vers.
Tout fut extrême chez Pellegrin, le défaut et la qualité. Malgré ce qu’en ont dit ses biographes, sa vanité, qu'ils ont tenue pour sans égale, fut dépassée par cette belle et noble passion des lettres où l’amour du travail
- intellectuel s'enfièvrait d’un prosélytisme. dont la mort
(5) Elles comprennent cinq tédielts de Canéiques spirituels, au nombre-de 221, six recueils de ÆVoëls nouveaux, au nombre de 176,\et.#ois recueils de Chansons spirituelles, aw nombre de 46, dgntant, ai Metl, 443 poésies,
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seule put éteindre l’ardeur et briser l'essor. : Elle fut tardive, en effet, l'heure dernière de Pellegrin. Comme la justice de Dieu avait été patiente, sa miséricorde fut généreuse à son égard. Elle lui accorda une longue vieillesse, donnant ainsi à son repentir le temps d’amasser un trésor de mérites.
J'ai dit précédemment, et je le répète ici avec plaisir, que Pellegrin fut un modèle de probité littéraire. Il le fut au point de faire regarder comme de la fausse modestie, de l’orgueil mal dissimulé, les légitimes indignations de cet honnête écrivain auquel on attribuait la paternité de poésies, d’ailleurs fort remarquables, mais absolument étrangères à sa plume, et qu'il était parfaitement justifiable de répudier. On chercherait en vain, non seulement dans les Zoéstes chrétiennes, mais encore dans l’œuvre entière—toute la lyre—de Pellegrin, un seul exemple de plagiat ou d'imitation servile tel qu’en renferme le recueil Garnier. L'intègre écrivain ne se permit aucune de ces adaptations, encore plus malhonnêtes que faciles, qui ruinent à jamais le crédit et la réputation d’un auteur.
Sans doute les cantiques de Pellegrin n'égalent pas ceux de Corneille, de Racine, de Fénelon, de Fléchier, de Jean-Baptiste Rousseau. ou de Le Franc de Pompignan : ; ils ne sont point classiques. . Maïs, en revanche, leur valeur littéraire, leur caractère religieux dépassent de cent coudées les noëls populaires qu'ils ont si avantageusement remplacés dans la mémoire et sur les lèvres du peuple. J'ai publié trois de ces noëls populaires, verbatim et in extenso, bien en regard de trois noëls nouveaux de Pellegrin (Ça, bergers, assemblons-nous,—V'enez, divin Messie,;—Allons tous à la crèche,). Je m'étais imposé cette tâche et ces frais de copie à la Bibliothèque Nationale de Paris (1) afin de mieux établir, par la vio-
(1) Ouvrages consultés: Vol. n° 6,103,—#ecueils de noëls ; — Vol. n° 14,328,—/Voëls divers Le à au commencement du zéième siècle ;—Vol, n° 14,329,—Cantiques de noëls anciens, Au Mans, Fr. Olivier, (sans date) in-8,
lence du contraste, l’écrasante supériorité de nos cantiques modernes sur la chanson vulgaire des quinzième et seizième siècles. A cette époque, la trivialité est malheureusement la caractéristique du langage français. Certains mots propres—qui ne l’étaient pas du tout—quotidiennement usités dans la conversation, ne choquaient personne, bien que leur crudité, révoltante pour notre bon goût, bravât l'honnêteté encore plus que le latin. Aussi, les Poésies chrétiennes de Pellegrin—les médiocres même—paraissent-elles éminemment distinguées par la noblesse du sentiment et de l’expression, si, comme je l’ai fait, on les rapproche immédiatement du texte des chansons profanes, des noëls populaires qu’elles ont judicieusement relégués dans un oubli aussi convenabie que mérité.
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème,
a dit Boileau. Je crois que l’on pourrait soutenir la même prétention littéraire en faveur du noël religieux. Monsieur Benjamin Sulte réclamait en ce sens dès 1891 : ! ‘“ Je demande que l’on fasse des cantiques d'après la bonne musique en vogue de nos jours, et j'attends des poètes qui sauront écrire des strophes convenables. Ah ! ne vous vantez pas, mes confrères ; composer un cantique valant la peine est une œuvre qui mérite considération.”
J'ai dit que l’abbé Pellegrin composa la majorité de ses Voëls nouveaux—93 sur 176—sur des chants de noëls populaires. Il écrivit le reste—73 en tout—sur la musique des vaudevilles et des airs d’opéras du dix-septième siècle. Leur nombre, sinon leur qualité, excellente pour plusieurs d'entre eux, mérite bien qu'on s’en occupe. Aussi, ai-je cru devoir préparer la liste des airs d’opéras et de vaudevilles sur la musique desquels Pellegrin fit chanter ces soixante-treize Voë/s nouveaux. Ce travail se réduit, en apparence, à une aride nomenclature, aussi fastidieuse à lire peut-être qu'ennuyeuse et
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NOËELS ANCIENS 131
longue à préparer. J'en sais quelque chose. Mais son incontestable utilité m'imposait cette tâche ardue. Cette liste d’airs anciens sera d’un précieux secours à ceux-là qui, plus tard, écriront la grande histoire des NOELS ANCIENS DE LA NOUVELLE-FRANCE.
Ces Voëls nouveaux, que Pellegrin composa ainsi sur la musique des opéras de Lulli, de Campra, de Destouches, des vaudevilles de Pierre {raultier, de Bénigne de Bacillv, de Bousset, de Pibrac, se chantaient par toute la Nou- | velle-France, et plus particulièrement à Québec, de pré- | férence peut-être aux Voë/s nouveaur que le même au- | teur avait écrits sur les chants d'église et les airs des | ÆVoëls anciens. Ce qui me confirme, ou plutôt m’entraîne, dans cette opinion, est le passage suivant de l’ÆZrs{oire de l'Ælôtel-Dieu de Québec où la célèbre Mère Juchereau de Saint-Ignace parle de l’Intendant Raudot (1) qui venait, ti} en 1711, d’être rappelé en France. |
“ C'était un vieillard pl ‘1 d'esprit, d’une conversation agréable et aisée, qui parliit bien de toutes choses. Il | possédait l’histoire de tous les pays et s’entretenait | familièreinent avec tout le monde. Il aimait beaucoup la jeunesse et lui procurait chez lui d’honnêtes plaisirs. | Son divertissement était un concert mêlé de voix et | d'instruments. Comme il était obligeant, il voulut nous faire entendre cette symphonie, et plusieurs fois il envoya ses musiciens chanter des motets dans notre église. On ne chantait presque chez lui que des AIRS A LA LOU- ANGE DU ROI, 04 des NOELS, dans la saison.” (2)
(1) Il s'agit ici de Jacques Raudot, et non pas de son fils Antoine Raudot, rappelé l'année précédente, en 1710. Les deux KRaudot se partagèrent, de 1705 à 1710, les fonctions de leur charge. Le père se réserva la justice, la police et les affaires générales ; le fils s'occupa des finances, de la marine et du commerce, Jacques Raudot avait succédé à M. de Beauharnoiïis à l'Intendance ; il y fut remplacé par Michel Bégon.
(2) Juchereau : /7isloire de l'Hôtel-Dieu de Québec, édition de 1751, page 463.
Ces détails intéressants pour l'histoire de la musique reli-
Ces airs que l’on chantait à Québec, au Palais des Intendants de la Nouvelle-France, sous l’administration de Messires Jacques et Antoine Raudot, ne les cherchez pas ailleurs qu'aux répertoires de Lulli, de Campra, de Destouches, dont les opéras, uniquement composés pour flatter et tenir l'oreille du maître, étaient autant de recueils de cantates écrites à la louange éternelle, à la gloire incomparable, à l’apothéose permanente de ce soleil éblouissant, fascinateur, qui se nommaïit Louis XIV dans le ciel politique de la France. Au dix-septième siècle, le théâtre, l’opéra, les beaux-arts, les belles-lettres n’ont qu’une voix pour acclamer le dieu-monarque !
Or, ce fut sur les plus beaux airs de cette musique adulatrice que Pellegrin écrivit près de la moitié de ses Noëls nouveaux. J'ai donc lieu de croire que ces cantiques furent à la mode à Québec, du moins au temps des Raudot, qui donnaient le ton— c’est bien le cas de le dire—à l’aristocratique société de la capitale. Les Raudot administrèrent, en leur qualité d’intendants, de 1705 à 1711 ; ces six années correspondent à celles des éditions des recueils des MVoë/s nouveaux publiées par Pellegrin, à Paris, chez Nicolas Leclerc. (1) Cette coïncidence de dates ajoute encore aux raisons de vraisemblance qui militent en faveur de ma prétention.
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Voici, maintenant, la liste des airs d’opéras et de vau- :
devilles sur lesquels furent écrits les noëls de l'abbé Pellegrin. J'ai suivi, pour la récapitulation des motifs empruntés au répertoire de Lulli, l’ordre chronologique des œuvres de ce grand musicien.
gieuse au Canada m'en rappellent un autre également précieux. D'après M. Ernest Gagnon, le premier orgue de la cathédrale de Québec fut inauguré sur la fin de l’année 1664, probablement le jour de Noël.
(1) Les Poésies chrétiennes, contenant les Voëls nouveaux, les Chansons et les Cantiques spiriluels, parurent en 1701. Les Lettres de Privilège, datées le 16 mai 1701, furent accordées à Leclerc pour huit ans, Le 21 avril 1700, elles furent renouvelées par dix autres années consécutives,
lais des Inistration de herchez pas pra, de Despour flatter recueils de oire incoméblouissant, le ciel poli- , le théâtre, qu’une voix
te musique oitié de ses e ces canti- 1 temps des cas de le tale. Les endants, de À celles des ibliées par ette coïncie vraisemmn.
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