ACTE I, SCENE V
JULES
Vous être éloignée de moi!... n'avoir pas même ■daigné me dire pourquoi celte brusque absence... Oh! vous ne m'avez jamais aimé !
Je suis partie, M.Jules, parce qu'un devoir sacré me l'ordonnait, elaussi, je l'avoue, parce que j'avais peur.
JULES
Peur?,..
Oui , peur de vous, peur de moi peut-être; j'ai fui devant un amour auquel je n'aurais pu répondre.
JULES
Mais, cet amour était pur comme vous, chaste comme vous. Je vous aimais assez pour attendre le jour où 5 maître de moi-même, maître de mes actions el de ma volonté, je viendrais votrs dire : ^'oéulie , je ne puis vous donner qu'une fortune et un litre, à vous qui pouvez me donner le bonheur... Noémie , voulez-vous être ma femme?
^oÉMlE, à part.
Moi, moi sa femme!... [Haut.) Si vous m'aviez dit cela, M. Jules... mon devoir m'eût dicté un refus.
JULES
Un refus !
Un refus? Pourquoi donc? Il me semble que monsieur ferait un très- bon petit mari.
M. Jules, le vicomte de Mornas ne peut pas épouser
une pauvre orpheline , une lille sans fortune et sans nom : voilà ce que j'aurais répondu , il va un mois... ^iais, aujourd'hui, dans quelques heures î... peut-être aurai-je de meilleures paroles à vous dire.
JULtS.
Aujourd'hui, comuieul se fail-il ?
liN DOuiiSTiQUE, culrant.
M™* Marguerite prévient ces demoiselles qu'on est sorti de table, et qu elles peuvent se présenter chez monsieur.
NOÉMIE. bas.
Je vais le voir. . lui... mon père. Oh! mon Dieu,
mon Dieu !...
Elle chancelle.
JULES
Qu'avez-vous, Noémie?...
ANETTE
Eh ben! eh ben ! v'ià que tu te trouves mal à présent.
NOÉuiE, à Jules.
Ce n'est rien... [Bus à AncHe.) Mais... le voir... lui parler... Oh !... l'émotion... je n'ai plus de force. Ta main... souiiens-uioi, ma sœur... soutiens-moi !
JULES
Ah!... ciel !
ANETTE
Eh bien! remeis-toi d'abord. . Tiens!... là... dans ce pavillon... c'est la chauibrede celte dame... EISSEMBLE.
AïK de M tiorinille.
Elle pâlit, elle chancelle, Vile, aidez-moi... ma pauvre sœur.