ACTE IL SCENE I
j^. donne dans l'idylle , je tourne au trumeau!... .I-iste comme toi, naguère... Le trumeau est contagieux...
JULES
Oh ! moi, c'est fini ! ...
ÉLÉON'ORE.
Et si lu connaissais ma nouvelle conquête... une naïveté... une innocence surtout!...
JULES
Oui... une innocence qui accepte les toilettes que tu lui donnes... qui purie les cacliemires que tu lui donnes... ei qui se pare dv^ Jiamans que tu lui donnes !...
ÉLÉONORE
Justement!... Et voila le beau, le sublime de son caractère... Juge loi même à quel point elle est simple et candide .. D'abord , elle est venue à Paris pour y chercher... une condition, comme elle dit, et quand je lui ai propo.sé d'occuper chez moi la place de demoiselle de confiance, elle a accepté cela... de confiance... comme la chose la plus naturelle du monde ; et depuis, elle ne voit dans loul ce que je lui offre, que de simples à-couipies sur ses gages... Elle croit, la pauvre enfant, que ces riches toilettes ne coûtent pas plus que de modestes robes d'indienne ; qu'un superbe cachemire revient au même prix qu'un tartan , et que son bel écrio de diamans ne vaut guère plus que ses anneaux d'oreilles et sa petite croix d'or.
Air :
Telle est sa crédule innocence, Ou'elle reçoil, sans hésiler,
Tout c« que ma munificence.
Chaque jour, lui fait accepter.
Elle refuserait, sans doute ; Mais je sais, aimable vaurien, Lui déguiser ce que ça coûte.
Surtout quand ça ne coûte rien.
JDLES.
Mais pour prix de tant de sacriBces...
ÉLÉONORE
Du tout , mon cher !... Quand, par hasard, j'essaie de lui glisser en tremblant un pauvre petit mot d'amour, elle se fâche et me demande son compte.
JULES
Ah bah ! Comment... sans plaisanterie. . tu te ruines pour une inhumaine ?...
ÉLÉONORE
Ilélas! ouiî... Le lion s'est fait épagneul... Auprès d'elle, mon aplomb m'abandonne, je [>erds la tête .. juste comme toi autrefois... Quand elle me parle , je balbutie, je suis troublé , interdit , comme toi autrelois î ... LnGn , mon cher , depuis deux mois, je ne me reconnais plus, je dcvieLs bète... oh! mais, tête... comme toi... autrefois.
JULES
Je te remercie!... Ah ! ça, et ton oncle?...
ÉLÉONORE
Aujourd'hui, je lui donnerai ma première enveloppe, celle aux créanciers , et quand il sera bien entrain détonner contre moi... sois tranquille, tu verras l'effet de la seconde... Embrassemens, pardon, reconnaissance !...riLii n'y manquera... El cela, grâce à elle!...