ACTE II, SCENE VI
VALENTINE
Moi? que voiilez-vous dire?
d'avrigny.
Qu'il ne fallait pas ainsi brusquer celte pauvre enfant.
VALENTINE
Mais, ne me comprenez-vous pas, monsieur? d'avrigny.
Je couiprends que vous ne l'aimez guère , puisque voire mauvaise luiineiir s'exhale dans un pareil moment... quand nous venons d apprendre...
VALENTINE
bh bien ! c'est vrai, monsieur; la présence de cette jeune lille m'irrite et me blesse...
d'avrigny.
Comment, c'est vous qui parlez ainsi ?
VALENTINE
Je sais combien elle se montre prévenante et allentlve auprès de vous... Mais. . si je voyais avec peine les soins qu'une autre vous donne, si j'étais... jalouse... d'avrigny.
Jalouse !..
VALENTINE
Si j'étais jalouse de tous ceux qui vous entourent... si la reconnaissance que vous donnez à d'autres, je la voulais toute entière... pour moi seule... d'avrigny.
Comment, chère Yalenline, ce serait là le motif...
VALENTINE
Enfin... celte jeune fille... si je vous demandais de l'éloigner...
6î NOÉMiE.
d'avrigny.
L'éloigner !...
VALENTINE
Oh ! nous ne serons ni méchansni ingrats, nous assurerons son avenir... Ne me refusez pas, mon ami. Donnez-lui de l'argent, beaucoup d'argent... Mais... qu'elle parle...
Quelle parle!... qu'elle parte !...
VALENTINE
Vous hésitez...
d'avrigny.
Ce que vous me demandez esl injuste... et je ne puis, sans 'motifs...
VALENTINE
Monsieur... mon ami, je vous en conjure... d'avrigny.
Vous voulez que je la renvoie , parce que son affection pour moi est trop vive... parce que ses soins sont trop touchans. Vous voulez que je la chasse , parce qu'elle a passé des nuits de fatigues et de larmes à mon chevet!... Qu'elle parte, avez-vous dit. et nous ne serons ni méchans ni ingrats... Qu'elle parle ! Oh ! tenez, avec ce mot -là, vous venez d'éveiller en moi je De sais quel sentiment inconnu ; vous venez de m'apprendre toute la reconnaissance , toute l'affection que j'ai pour elle.
VALENTINE
Oh !... assez, monsieur, assez... J'ai eu tort... Je ne vous en parlerai plus.