NORBERT, SOEUR MONIQUE
Tenez , ma sœur, écoulez ce que j'écris au papa : voilà qui est fait. (// relit.) Je suis chez vous depuis quatre joxirs : c'est ma mère qui m'a envoyé; parce que , dit-elle , feu mon père a pris avec vous l'engagement que j'épouserais- mademoiselle votre fille. Mais mon avis à moi, c'est qu'on n'est obligé de tenir que les engagemens qu'on a pris soi-même : et comme je crains que mademoiselle Virginie ne soit pas heureuse avec moi, je ne crois pas aller contre la volonté de mon père en refusant sa main.
Votre serviteur , Norbert.
[A saur Monique, en pliant la lettre.) C'est une manière honnête et «Irtournée de lui faire comprendre... C'est égal... ça me coûte de ne pas parler... là... Iranehenient.
SGEUft MONIQtE.
Mais... je ne vois pas trop ce que vous pourriez dire de plus...
Ah bah ! laissez donc... si c'était pas au père que j'écris... j'aurais un fier chapelet à défiler...
SCrrR MONIQUE.
Notre chère Virginie vous déplaît donc beaucoup ?
C'est vrai qu'elle ne me plaît pas.
SOEIR MONIQUE.
Pourquoi ?.. Vous ne la trouvez pas jolie ?..
Jo'.ie ?.. si; mais ce n'est pas comme ça que je me l'étais imaginée... Je me figurais mademoiselle Virginie comme une })onne grosse fille qui allait me rire du premier moment qu'elle m'aurait vu... avec laquelle j'aurais été tout de suite à mon aise... et ça n'est pas ça du tout. Au reste, c'est tout simple... et je suis sûr que de son côté elle me trouve bien désagréable.
SOECR MONIQtJE.
Pourquoi donc ça?., un beau garçon...
Oh ! ne cherchez pas à me dorer la pilule.. . je me connais : je ne suis pas ce qu'il lui faut; je n'ai pas le ramage de son monsieur Léon.
SOEUR MONIQUE
Vous croyez que M. Léon ?..
M. Léon... ou un autre... je ne sais pas moi... mais ce sera toujours un oiseau de celte espèce-là, qu'elle voudra avoir. (Donnant la lettre à Sœur Monique.) Quoiqu'il en soit, voilà qui arrangera les affaires... que le papa Monval ait ma lettre aujourd'hui...