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SCÈNE PREMIÈRE

AGÉNOR, CLODOMIR, appuyés sur l'autel.

AGENOR. ù Quoi ! dans la mème nuit d’un prodige pareil Les dieux ont effrayé ton innocent sommeil ?

CLODOMIR. | Oui, mon frère. | | AGÉNOR.

. Ton rêve à mon rêve ressemble ?

CLODOMIR

Oui, que présage-t-il ?

AGÉNOR. | | Je l’ignore et je tremble.

CLODOMIR

Tu m'as dit bien souvent qu’un songe était trompeur ; Je t’ai vu bien souvent sourire de ma peur, Lorsqu’au grand Irminsul adressant mes hommages... AGÉNOR.

Jamais songe n'’offrit de semblables images.

CLODOMIR , €//rayé.

Auprès de notre mère allons porter nos pas.

| AGÉNOR

Je crains que son aspect ne nous rassure pas. Elle dort... 1mplorons contre ces noirs mensonges

Le dieu de ces forêts qui triomphe des songes. Ce bois mystérieux est plein de l’immortel :

Les premiers feux du-jour éclairent son autel. Tournés vers l’orient plaçons-nous sous sa garde. . « Si c'est nous qu'aujourd'hui ce présage regarde, « Défends, quand fe jour naît à l'horizon vermeil,, « Deux enfans menacés par le dieu du sommeil ! « Irminsul , recois-nous sous ton auguste auspice ! » CLODOMIR.

De ce dieu courroucé fais-nous un dieu propice.

| AGÉNOR. | Monte dans ces forêts et viens nous secourir.

CLODOMIR. Vois, nous sommes encor trop jeunes pour mourir.

Notre mort coûterait trop de larmes amères.

Oui, la mort des enfans brise le cœur des mères. Nous faisons tout l’orgueil de la nôtre. et toujours Son amour tutélaire a veillé sur nos jours.

C’est elle! un dieu propice auprès de nous l'envoie.

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