ACTE II, SCENE IL
CLODOMIR
Un vain présage, un songe , une crainte éphémère... NORMA.
Ne pouviez-vous la fuir dans les bras d’une mère? AGÉNOR.
Ce n'était point encor l'heure de déposer Sur le front maternel notre premier baiser ; Et pour calmer l’effroi de notre ame éperdue, Sous l'arbre d’Irminsul nous t'avons attendue. NORMA. | | Mais cet effroi si grand, qui l’a cause ?
AGÉNOR
Les dieux.
Nous expliqueras-tu ce prodige odieux ?" . Toi pour qui la hature écarte tous ses voiles; Toi qui lis l'avenir sur le front des étoiles ; Nous diras-tu pourquoi notre esprit effrayé À vu le même songe à tous déux envoyé?
À ce présage affreux pourras-tu nous soustraire ? | | NORMA .
Ce songe, quel est-il ?
° CLOPOMTR.
Raconte-le mon frère.
AGENOR.
Moi, je n’oserais pas.
| Quoi! tu trembles encor, Mais! qu'as-tu vu? | AGÉNOR.
J'aivu..
NORMA. | . Parle, parle, Agénor.
AGÉNOR
D'un grand hymen dans Rome on célébrait la fête .
Dans Rome... d’un hymen?.….
AGÉNOR
‘ ‘ Oui... des fleurs sur leur tête,
Les vierges d'Italie, en mvoquant son nom, Conduisaient deux époux au temple de Junon.
Pour eux , du myrie verd l'enceinte était ornée, Et moi , je m'essayais à des chants d’hyménée ; J'effeuillais devant eux des roses sous leurs pas, Je demandais leurs noms qu'on ne me disait pas. Ébloui d'une pompe à mes yeux étrangère, :
Je m'afiligeais pourtant de n’y pas voir ma mère, Et mon pieux amour, à ces solennités Voulait qu’on invitât tes regards enchantés.
Mais j'ai vu tout à coup, Ô prodige terrible, La fête se changer en sacrifice horrible ! | Une femme en fureur, se déchirant le flanc, À couvert les époux des flots noirs de son sang ! Et sur l’autel d'hymen » dépouillé de guirlande, ” Deux enfans é égorgés ont remplacé l'offrande. Je crois les voir encor!
CLOBOMIR.
Eh bien?
| Quel-songe affreut !
| | AGÉNOR Voistu! ! !
Moi, qui commande aux esprits ténébreux ,
Moi, pour qui l’avenir n' a jamais de mensonge ,
J'en cherche en vain le sens... . tous deux le même songe! CLODOMIR.
Tous deux..: ’ ti
: ‘ Réséurer-vous danses bras maternels;