ACTE III, SCÈNE III
Recueillez leur misère ; Ne les punisses pas du crime de leur ère ; Souvenez-vous encore au nomi de vatre amour, Que c’est de Poltion qu’is ont reçu le jour.
Le jour... on a voulu le leur ravir... peut-être. Le péril est passé, mais il pourrait renaître. Oh! qu'ils croient retrouver leur mère entre vos bras. Ce sont mes fils... mes fils... Vous ne comprenez pas. Et lorsqu’a votre tour heureuse, et sans alarmes, De l’amour maternel vous connaîtrez les charmes, Qu'ils trouvent en vos fs des frères caressans ; Ne les exilez pas de leurs jeux imocens.
Pollion me trahit, je péris sa vietime , Vous pouvez à ce prix effacer tout sovr crime ; Vous pouvez à ce prix, quand je meurs d'abandon, Appeler sur ses jours le céleste pardon.
Je ne demande point à vos soins tutélaires Des grandeurs pour mesfils; les faisceaux consulaires, Non ! tous ces vains honneërs ne sont plus faits pour eux ; Je réclame les soins qe'on doit aux malheureut… Je demaade qu’au moins, sur un autre rivage, Mes enfans ne soient pas traînés en esclavage; Qu'en échange d’un sôrt qui dût être st beau, Ils puissent quelquefois pleurer sur mon tornbeau : Je demande qu'ils soiént sauvés dé l’anathème, Et soufferts à vos pieds, cote j'y suis moi-même ; Moi qui de ma rivale embrasse les genoux, Qui ne me souviens plus qu'on me trahit pour vous, - Et qu reçoit de vous la ort la plus affreuse, En demandant aux diéux qué vous soyÿéz heureuse.
eo: ADALGISE. |
Moi, vous séparer d'eux ! ah! r’ouvrez-leur vos bras; Qu'ils réstent près de vois.
5a ,: : NORMA,
Ne le souhaitez pas.
Vous ne connaissez pas la sombre frénésie Des divers mouvemens dont leur mère est saisie, Et ma raison près d'eux. Protégez-les toujours. J'ai votre serment?
ADALGISE
Oui.
Vous veillez sur leurs jours.
Partez. | | ADALGISE.
Je partirai , sûre de ma victoire; :
J'irai vers Pollion , mais pour sauver si gloire, Pour lui rendre sacrés les feux qu'il alluma.. NORMA.
Ton serment.
ADALGISE
J'ai juré le bonheur de Norma ; Et je le jure encor. Quoi! d’une ame commune Songeant à mon amour devant tant d’infortune, Couronnant vos malheurs, et sur votre tombeau, De cet ingrat hymen allumant le flambeau, J'irais..… Ah! que plutôt aux pieds de nos dieux sombres Le voile d’Irminsul me couvre de ses ombres ; Qu'il attache à mon front les glaces du trépas.… NORMA. . .
Quoi! l'amour dans ton cœur!!! :.
ADALGISE
Qui! mot... je n'aime pas:
Pollion, lorsqu' ici tant d’amour l’énvironné 5. “i Resterait étranger à la mort qu’il vous donne ; Et ce héros si fier n'aurait d'autre valeur, - : ‘ Que d’insulter une ame ct de briser un cœur !
LS