SCÈNE III
ADALGISE, Puis AGENOR.
ADALGISE
Ah! Je fuis pour toujours le temple inexorable Où le remords n’a pas d'asile secourable.
Oui, je change d’autels, et sans savoir ton nom, Dieu qui viens révéler le culte du pardon, J’invoque pour Norma, dans mes tristes alarmes, Ce ciel du repentir toujours ouvert aux larmes : Quoi ! repoussant les pleurs dont mes s yeux sont noyés, L’inflexble vieillard.
AGÉNOR , de loin. | Oh ! qui que vous soyez.
ADALGISE
Agénor!!! | | AGÉNOR.
Adadgise ! ! entends ina plainte amère,
76 j: ‘ NORMA,
Et pour me secourir viens, viens sauver ma mère ; Ses transports inconnus , ses affreuses douleurs , Son rire amer, mêlé d’intarissables pleurs ; La pâleur de ses traits où la mort est vivante ; Jusques entre ses bras m'ont glacé d' ‘époavante : : Immobile, l'œil fixe , et les cheveux épars, On chercherait en vain son ame en ses regards. Sans souvenir, en proie au chatiment céleste, Sa veille douloureuse est un rêve funeste :
Elle voit des objets que l’œil n’aperçoit pas, -Frémit, les interroge, et leur répond tout bàs: : J'ai voulu lui parler. elle a dans sa misère, A force de tourmens, oublié qu’elle :est mère. A ses yeux, à son cœur étranger désormais ADALGISE.
Juste ciel ! sa raison.
AGÉNOR
| Éteinte pour jamais.
Elle habite à présent cet antre funéraire Où le sommeil dans l'ombre avait surpris mon frère ; Car ces horribles lieux nous servent de prison.
y | ADALGISE.. doter te La voix de.son époux: rappelant sa raison. titre
ie AGÉNORE | ces
soi di;
. + La voix de son époux doit-elle encor r entendre? |
| | ADALGISE. Lis
- mi cf.
Les dieux : m'inspirent ; oui, près d'elle vain: ’atiéidre. Pollion peut encor, d’un pas silencieux, Franchir les noirs sentiers du bois fallacieux. . Sans gardes; seule ici. de ces rocs solitaires, Je sais tous les détours, je sais tous les mystères ; Nous la délivrerons : ne m’abandonne pas, Dieu juste, et dans ces bois marche devant nies pas.